Rejetées par leurs proches, les femmes devenues fistuleuses souvent à la suite d'un viol, ont bien du mal à vivre. A Kisangani, où elles sont nombreuses, une centaine d'entre elles sont actuellement soignées gratuitement.
"Je suis devenue deuxième bureau (on appelle ainsi la deuxième femme en RDC, ndlr) depuis que je souffre de fistule. Il y a une année, mon mari m’a répudiée", déclare M.M., une jeune fille de 20 ans, admise à l’hôpital général de référence de Kisangani, au nord-est de la République démocratique du Congo. Elle est arrivée depuis octobre d’Ubundu en amont du fleuve Congo, à 125 km de Kisangani. "Mon mari n’entrait plus dans ma chambre. Il fallait que mon père intervienne pour qu’il me donne à manger. Il a fini par me renvoyer", ajoute-t-elle, éplorée. L’unique enfant né de leur union lui a même été ravi. Selon les médecins, la fistule vésico-vaginale ou vésico-recto-vaginale est une déchirure des muqueuses qui se crée entre le vagin et la vessie ou le rectum à la suite d'un viol subi par la femme ou lors d'un accouchement difficile sans assistance médicale. La femme ainsi malade laisse couler ses urines et matières fécales de façon incontrôlée. Sale, dégageant de mauvaises odeurs, tout le monde la fuit.Une centaine de cas de femmes fistuleuses sont connus à Kisangani et dans ses environs. Mais honteuses de leur état, les plus nombreuses vivent cachées. Depuis janvier, plus de 80 cas de fistule ont été portés à la connaissance de l’antenne provinciale de l'UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) à Kisangani. Ces femmes sont pour la plupart des pauvres et des analphabètes vivant dans les zones rurales les plus reculées. Dans la Province Orientale comme dans tout l’est de la RDC, les fistuleuses sont nombreuses à cause principalement des viols et violences sexuelles perpétrés par les hommes en arme. A cela s’ajoutent les grossesses précoces et l’absence de consultation prénatale.
Pas une maladie satanique"Les cas de fistule qui arrivent dans mon centre, proviennent majoritairement des zones périphériques (Il s’agit des axes routiers Banalia, Ubundu, Bafwasende et Opala - zones minières en proie à des bandes armées)", affirme Adelard Lofungula, médecin directeur de l’hôpital général de référence de Kisangani qui dit avoir réparé quelques 19 cas depuis mars dernier. "Les fistules ne sont pas incurables", rappelle le docteur. Après une intervention chirurgicale, il parvient à remettre en état les muqueuses vaginales et la malade peut revivre normalement.Mi-novembre, dans le même centre hospitalier, trois autres femmes violées ont été opérées. "Ma belle sœur était devenue insupportable", avoue une femme d’une cinquantaine d’année, assise, l’air hagarde, devant l’hôpital. Elle et son frère ont dû s’éloigner de la malade pendant longtemps avant de se raviser et de l’accompagner à l’hôpital, "tant elle sentait très mauvais à cause des urines et des selles qui dégoulinaient de son appareil génital et on la soupçonnait d’avoir une maladie satanique".Même le personnel soignant doit faire preuve d'héroïsme pour assister ces malades. Une infirmière témoigne que certains gardes malades de fistule désertent l’hôpital pour toujours, prétextant partir chercher un approvisionnement. Très longue, pas moins de deux mois, l’hospitalisation des fistuleuses, bien que gratuite depuis la prise en charge des victimes des violences sexuelles par l’UNFPA en RD Congo, est pourtant onéreuse pour la famille. Elles sont souvent abandonnées par leurs proches qui ne peuvent supporter leur restauration durant l'hospitalisation.
La communauté s’implique "Je me bats très difficilement pour chercher juste une botte de pondu (feuille de manioc), pour nourrir ma femme", témoigne, angoissé et gêné, ce jeune homme de Bafwasende (300 km à l’est de Kisangani) dont l’épouse souffre de cette affection qu’il n’ose nommer en public. Pour tenter de résoudre cette situation, une sensibilisation est menée auprès des commerçants et autorités politiques de Kisangani. Mi-novembre courant, un plaidoyer a été lancé auprès de la Fédération des entreprises du Congo/Kisangani (FEC). "Nous avons collecté plus de mille dollars américains", explique le Dr Giselle Lowa, coordinatrice de la synergie de lutte contre les violences sexuelles en Province Orientale. "Les images et les statistiques projetées sur l’ampleur des violences sexuelles, surtout la fistule nous ont fort interpellés et nous nous sommes engagés à nous impliquer", affirme Jean-Claude Kassongo, directeur d’une entreprise brassicole de la place. Depuis le 20 novembre, à Kisangani, une équipe récolte les fonds auprès des opérateurs économiques ayant souscrit volontairement pour venir en aide aux femmes fistuleuses internées à l’hôpital. Le médecin directeur de l’hôpital de référence où sont soignées ces femmes, suggère l’institution d’un programme national pour la prévention et la réinsertion des femmes fistuleuses.
Ernest MukuliKisangani, 30/11/2007 (Syfia Grands Lacs, via mediacongo.net)
vendredi 30 novembre 2007
Accord de Nairobi: RDC- Rwanda : 1er décembre, date fatidique
(Le Potentiel 30/11/2007)
On joue les ultimes minutes du derby visant le rétablissement de bonnes relations entre le Rwanda et la République démocratique du Congo. Au-delà, la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs. Ultimes minutes qui seront cette fois marquées par la concrétisation des engagements contenus dans l’Accord de Nairobi signé le 9 novembre dans la capitale kenyane entre les deux pays. En présence des délégués des Etats-Unis, de l’Union européenne et de l’Onu. Accord qui porte sur la neutralisation des forces négatives, FDLR et insurgés Nkundistes compris.
Ce 1er décembre, la République démocratique du Congo présentera au Rwanda, en présence des délégués des Etats-Unis, de l’Union européenne et de l’Onu le « Plan d’action » visant la neutralisation des forces négatives qui écument en République démocratique du Congo. Un plan d’action qui doit convaincre toutes les parties.
Dans les milieux proches du gouvernement, l’élaboration de ce plan est terminée après avoir bénéficié de l’expertise de la Monuc. Il serait même transmis au président de la République pour appréciation. Tant mieux. La RDC éviterait ainsi de porter le chapeau du report de cette rencontre.
Dans sa dernière déclaration faite à la presse, le ministre congolais de la Défense, Chikez Diemu, a précisé que ce plan ne fait pas de distinction et met dans le même panier à crabes, les rebelles rwandais mieux connus sous l’appellation des Interahamwe, FDLR, et les insurgés de Laurent Nkunda, cet officier dissident qui a pris prétexte de protéger son ethnie pour combattre l’autorité congolaise. Il est entré en rébellion avec le soutien du Rwanda dans le but de déstabiliser les institutions légitimes de la République.
C’est ce 1er décembre donc que la République démocratique du Congo lèvera le pan de voile sur ce « plan d’action ». L’acte qui sera posé est d’une haute importance politique tant il est vrai qu’il déterminera la suite des événements en prévision d’un retour effectif des relations de confiance entre la RDC et le Rwanda. Mais, ce 1er décembre devra ouvrir également une nouvelle ère de paix et de stabilité dans la région des Grands Lacs. Une date fatidique donc pour tourner définitivement une page sombre de l’histoire entre la RDC et le Rwanda. Sinon, on reviendrait à la case départ. Si le Rwanda ne renonce pas de son côté à soutenir les insurgés de Nkunda.
LE PLUS DUR RESTE A FAIRE
Cependant, la présentation de ce « plan » ne résoudra pas automatiquement tous les problèmes. Ce serait trop beau pour croire à cette éventualité en minimisant les raisons profondes qui ont sous-tendu toute cette période meurtrière et destructive, émaillée d’insécurité, d’instabilité, de méfiance entre la RDC et le Rwanda, au-delà toute la région des Grands Lacs.
Il est important de continuer toujours à retenir, surtout du côté congolais, que toutes ces tueries, ces prétextes fallacieux de protection de minorité ont été planifiés. Ils s’inscrivent dans un vaste complot de balkanisation de la République démocratique du Congo. Ils ont constitué des « coups de boutoir » visant à fragiliser la RDC pour qu’elle cesse d’exister en tant qu’Etat et Nation. Si ce « Plan d’action » pour neutraliser les Interahamwe n’a pas pris en compte ce complot, il est voué d’avance à l’échec. Car, il sera toujours combattu par les auteurs de ce complot international et ces « groupes identitaires » obsédés par la création des « Etats nains » en vue de contrôler les richesses du Congo.
Ce qui revient à dire, par ricochet, qu’il s’est agi d’une « affaire de gros sous ». C’est la deuxième cause profonde. Devant cette évidence, il est acquis qu’on retrouve les « ennemis de la RDC et de toute l’Afrique » dans les deux camps : au Congo et au Rwanda. Parce qu’au-delà, il est important de retenir que se joue également en ces moments la carte du régime en place au Rwanda. D’où la question : sur quelle pyramide est bâtie le pouvoir de Kigali ?
En effet, les discussions porteront sur le concept de « neutralisation » - alors que l’Accord de Lusaka parlait de « traquer » - des forces négatives. Ce concept n’aura pas la même signification à Kinshasa et à Kigali. Dans cette dernière ville, il a toujours été soutenu que les « FDLR combattaient aux côtés des FARDC. Si neutralisation voudrait dire «éliminer physiquement » les Interahamwe ou les « emprisonner à vie », certainement que le Rwanda approuverait cette initiative. Mais si neutralisation consisterait à « éloigner, désarmer et réinsérer les rebelles rwandais dans la vie sociale », avec possibilité d’ouvrir l’espace politique rwandais au terme d’un compromis interne, cette approche serait rejetée par Kigali. Car, le régime de Kigali existe également et soutenu dans ses revendications de par « l’existence aussi des Interahamwe en RDC ». Qu’on ne se méprenne donc pas. Qu’adviendrait-il si les Interahamwe continuaient à exister, même ailleurs qu’en RDC ? A-t-on tenu compte de cette donne dans l’élaboration de ce « plan » ? Interrogations tout aussi pertinentes.
LE RESPECT DES ENGAGEMENTS
Le moment est crucial dans le cadre des relations entre la RDC et le Rwanda. Cette symphonie mirobolante a trop duré qu’il est temps que l’on change de partition. Maintenant ou jamais. Ce qui expliquerait certainement cette autre rencontre prévue à Addis Abeba entre les présidents Kabila, Kagame et Museveni, sous les auspices des Etats-Unis. Mais avec certainement la participation de l’Union africaine et de la Commission européenne.
Une rencontre qui tomberait à propos tant qu’elle permettrait de donner la dimension africaine et internationale au « plan d’action » de la RDC et aux engagements pris par chacune des parties signataires de l’Accord de Nairobi.
De toute façon, l’administration Bush a tout intérêt à rapprocher le cas de la RDC et du Rwanda à la situation au Proche-Orient. Si Bush s’est investi pour convoquer le sommet d’Annapolis, mettant face-à-face chefs israéliens et arabes pour pacifier cette région, il devrait agir avec la même détermination pour la région des Grands Lacs. Nairobi et Addis Abeba pourraient également être « l’Annapolis des Grands Lacs » en prévision d’un retour effectif de la paix dans cette région. Bush partirait ainsi en beauté, en novembre 2008, après avoir réussi ses « deux camps David ». Sinon à quoi auront servi « ses Accords de Washington » qui ont institué la « Tripartite Plus » ? Washington a un mot à dire, le dernier, pour avoir donné l’impression aux Congolais d’avoir été plus proche de Kigali que de Kinshasa dans l’examen et la recherche de solution dans ce différend. Une façon pour chaque camp de respecter les engagements pris lors de la signature de l’Accord de Nairobi.
© Copyright Le Potentiel
On joue les ultimes minutes du derby visant le rétablissement de bonnes relations entre le Rwanda et la République démocratique du Congo. Au-delà, la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs. Ultimes minutes qui seront cette fois marquées par la concrétisation des engagements contenus dans l’Accord de Nairobi signé le 9 novembre dans la capitale kenyane entre les deux pays. En présence des délégués des Etats-Unis, de l’Union européenne et de l’Onu. Accord qui porte sur la neutralisation des forces négatives, FDLR et insurgés Nkundistes compris.
Ce 1er décembre, la République démocratique du Congo présentera au Rwanda, en présence des délégués des Etats-Unis, de l’Union européenne et de l’Onu le « Plan d’action » visant la neutralisation des forces négatives qui écument en République démocratique du Congo. Un plan d’action qui doit convaincre toutes les parties.
Dans les milieux proches du gouvernement, l’élaboration de ce plan est terminée après avoir bénéficié de l’expertise de la Monuc. Il serait même transmis au président de la République pour appréciation. Tant mieux. La RDC éviterait ainsi de porter le chapeau du report de cette rencontre.
Dans sa dernière déclaration faite à la presse, le ministre congolais de la Défense, Chikez Diemu, a précisé que ce plan ne fait pas de distinction et met dans le même panier à crabes, les rebelles rwandais mieux connus sous l’appellation des Interahamwe, FDLR, et les insurgés de Laurent Nkunda, cet officier dissident qui a pris prétexte de protéger son ethnie pour combattre l’autorité congolaise. Il est entré en rébellion avec le soutien du Rwanda dans le but de déstabiliser les institutions légitimes de la République.
C’est ce 1er décembre donc que la République démocratique du Congo lèvera le pan de voile sur ce « plan d’action ». L’acte qui sera posé est d’une haute importance politique tant il est vrai qu’il déterminera la suite des événements en prévision d’un retour effectif des relations de confiance entre la RDC et le Rwanda. Mais, ce 1er décembre devra ouvrir également une nouvelle ère de paix et de stabilité dans la région des Grands Lacs. Une date fatidique donc pour tourner définitivement une page sombre de l’histoire entre la RDC et le Rwanda. Sinon, on reviendrait à la case départ. Si le Rwanda ne renonce pas de son côté à soutenir les insurgés de Nkunda.
LE PLUS DUR RESTE A FAIRE
Cependant, la présentation de ce « plan » ne résoudra pas automatiquement tous les problèmes. Ce serait trop beau pour croire à cette éventualité en minimisant les raisons profondes qui ont sous-tendu toute cette période meurtrière et destructive, émaillée d’insécurité, d’instabilité, de méfiance entre la RDC et le Rwanda, au-delà toute la région des Grands Lacs.
Il est important de continuer toujours à retenir, surtout du côté congolais, que toutes ces tueries, ces prétextes fallacieux de protection de minorité ont été planifiés. Ils s’inscrivent dans un vaste complot de balkanisation de la République démocratique du Congo. Ils ont constitué des « coups de boutoir » visant à fragiliser la RDC pour qu’elle cesse d’exister en tant qu’Etat et Nation. Si ce « Plan d’action » pour neutraliser les Interahamwe n’a pas pris en compte ce complot, il est voué d’avance à l’échec. Car, il sera toujours combattu par les auteurs de ce complot international et ces « groupes identitaires » obsédés par la création des « Etats nains » en vue de contrôler les richesses du Congo.
Ce qui revient à dire, par ricochet, qu’il s’est agi d’une « affaire de gros sous ». C’est la deuxième cause profonde. Devant cette évidence, il est acquis qu’on retrouve les « ennemis de la RDC et de toute l’Afrique » dans les deux camps : au Congo et au Rwanda. Parce qu’au-delà, il est important de retenir que se joue également en ces moments la carte du régime en place au Rwanda. D’où la question : sur quelle pyramide est bâtie le pouvoir de Kigali ?
En effet, les discussions porteront sur le concept de « neutralisation » - alors que l’Accord de Lusaka parlait de « traquer » - des forces négatives. Ce concept n’aura pas la même signification à Kinshasa et à Kigali. Dans cette dernière ville, il a toujours été soutenu que les « FDLR combattaient aux côtés des FARDC. Si neutralisation voudrait dire «éliminer physiquement » les Interahamwe ou les « emprisonner à vie », certainement que le Rwanda approuverait cette initiative. Mais si neutralisation consisterait à « éloigner, désarmer et réinsérer les rebelles rwandais dans la vie sociale », avec possibilité d’ouvrir l’espace politique rwandais au terme d’un compromis interne, cette approche serait rejetée par Kigali. Car, le régime de Kigali existe également et soutenu dans ses revendications de par « l’existence aussi des Interahamwe en RDC ». Qu’on ne se méprenne donc pas. Qu’adviendrait-il si les Interahamwe continuaient à exister, même ailleurs qu’en RDC ? A-t-on tenu compte de cette donne dans l’élaboration de ce « plan » ? Interrogations tout aussi pertinentes.
LE RESPECT DES ENGAGEMENTS
Le moment est crucial dans le cadre des relations entre la RDC et le Rwanda. Cette symphonie mirobolante a trop duré qu’il est temps que l’on change de partition. Maintenant ou jamais. Ce qui expliquerait certainement cette autre rencontre prévue à Addis Abeba entre les présidents Kabila, Kagame et Museveni, sous les auspices des Etats-Unis. Mais avec certainement la participation de l’Union africaine et de la Commission européenne.
Une rencontre qui tomberait à propos tant qu’elle permettrait de donner la dimension africaine et internationale au « plan d’action » de la RDC et aux engagements pris par chacune des parties signataires de l’Accord de Nairobi.
De toute façon, l’administration Bush a tout intérêt à rapprocher le cas de la RDC et du Rwanda à la situation au Proche-Orient. Si Bush s’est investi pour convoquer le sommet d’Annapolis, mettant face-à-face chefs israéliens et arabes pour pacifier cette région, il devrait agir avec la même détermination pour la région des Grands Lacs. Nairobi et Addis Abeba pourraient également être « l’Annapolis des Grands Lacs » en prévision d’un retour effectif de la paix dans cette région. Bush partirait ainsi en beauté, en novembre 2008, après avoir réussi ses « deux camps David ». Sinon à quoi auront servi « ses Accords de Washington » qui ont institué la « Tripartite Plus » ? Washington a un mot à dire, le dernier, pour avoir donné l’impression aux Congolais d’avoir été plus proche de Kigali que de Kinshasa dans l’examen et la recherche de solution dans ce différend. Une façon pour chaque camp de respecter les engagements pris lors de la signature de l’Accord de Nairobi.
© Copyright Le Potentiel
Un TPI pour la RDC ?
APA - 30/11/2007
Plusieurs dizaines de femmes de la République Démocratique du Congo ( R.D.C) ont demandé, jeudi à Paris, le soutien de la France pour la création d’un Tribunal Pénal International (TPI) spécifique, en vue de juger les crimes de guerre et de violences sexuelles, qui ont cours dans le pays depuis plus d’une décennie, a constaté l’APA dans la capitale française.Ces Congolaises réunies au sein de l’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo R.D.C (Apareco) justifient leur démarche par le fait que le président français a placé le volet des Droits de l’Homme, au cœur de la coopération entre son pays et le continent africain."On a demandé l’aide de la France parce qu’elle siège au Conseil de sécurité de l’Onu. Nous estimons donc qu’elle peut user de son influence et faire une pression pour la mise en place de ce TPI", a expliqué jeudi à Paris, Candide OKEKE, conseillère principale chargée des relations publiques de l’Apareco, au cours d’une conférence de presse."Nous vous lançons cet appel comme écho de vos différents messages sur le type de relations que vous souhaitiez voir se développer entre la France et l’Afrique", déclarent-elles à l’adresse de Nicolas Sarkozy, rappelant au chef de l’Etat français son engagement en matière de défense des droits de l’Homme, comme axe de la nouvelle coopération de Paris avec le continent.Les auteures de l’appel veulent une juridiction, à l’instar de celles consacrée aux dossiers du Rwanda, de l’ex- Yougoslavie et du Liban.Selon les Congolaises, "la justice inexistante (dans leurs pays) depuis plus d’une décennie". Ainsi, estimen-elles, la RDC "n’est pas en mesure de juger tous ces criminels, parce que l’Etat congolais a démissionné dans son rôle de protection de ses populations".Pour cette raison, ont-elles encore affirmé, "l’installation de ce TPI spécial pour le R.D.C est une urgence parce que, non seulement "en 5 ans, la Cour Pénale Internationale n’a pu procéder qu’à l’arrestation de deux de ces milliers de criminels", mais en même temps elle ne juge pas les crimes commis avant 2001.Or, à en croire Mme Yani, Secrétaire nationale exécutive chargée de la condition féminine de l’Apareco, "la plupart de ces crimes et viols sur les femmes âgées de 6 mois à 80 ans, ont été commis depuis 1996".
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Plusieurs dizaines de femmes de la République Démocratique du Congo ( R.D.C) ont demandé, jeudi à Paris, le soutien de la France pour la création d’un Tribunal Pénal International (TPI) spécifique, en vue de juger les crimes de guerre et de violences sexuelles, qui ont cours dans le pays depuis plus d’une décennie, a constaté l’APA dans la capitale française.Ces Congolaises réunies au sein de l’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo R.D.C (Apareco) justifient leur démarche par le fait que le président français a placé le volet des Droits de l’Homme, au cœur de la coopération entre son pays et le continent africain."On a demandé l’aide de la France parce qu’elle siège au Conseil de sécurité de l’Onu. Nous estimons donc qu’elle peut user de son influence et faire une pression pour la mise en place de ce TPI", a expliqué jeudi à Paris, Candide OKEKE, conseillère principale chargée des relations publiques de l’Apareco, au cours d’une conférence de presse."Nous vous lançons cet appel comme écho de vos différents messages sur le type de relations que vous souhaitiez voir se développer entre la France et l’Afrique", déclarent-elles à l’adresse de Nicolas Sarkozy, rappelant au chef de l’Etat français son engagement en matière de défense des droits de l’Homme, comme axe de la nouvelle coopération de Paris avec le continent.Les auteures de l’appel veulent une juridiction, à l’instar de celles consacrée aux dossiers du Rwanda, de l’ex- Yougoslavie et du Liban.Selon les Congolaises, "la justice inexistante (dans leurs pays) depuis plus d’une décennie". Ainsi, estimen-elles, la RDC "n’est pas en mesure de juger tous ces criminels, parce que l’Etat congolais a démissionné dans son rôle de protection de ses populations".Pour cette raison, ont-elles encore affirmé, "l’installation de ce TPI spécial pour le R.D.C est une urgence parce que, non seulement "en 5 ans, la Cour Pénale Internationale n’a pu procéder qu’à l’arrestation de deux de ces milliers de criminels", mais en même temps elle ne juge pas les crimes commis avant 2001.Or, à en croire Mme Yani, Secrétaire nationale exécutive chargée de la condition féminine de l’Apareco, "la plupart de ces crimes et viols sur les femmes âgées de 6 mois à 80 ans, ont été commis depuis 1996".
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VIOL DES FEMMES EN RD CONGO: QUID APRES LA MARCHE DE BRUXELLES?
Elles l’ont décidé, elles l’ont fait. Renforcées par une poignée d’hommes et des femmes d’autres nationalités, près d’une centaine de femmes congolaises de Belgique ont marché le lundi 26 novembre 2007 du square Frère Orban au rond-point Schuman.
Le but ? Soutenir un groupe de femmes au Congo qui ont déclenché une grève de la faim suite aux viols répétés dont les femmes congolaises sont victimes : et de la part des éternels rebelles pro-rwandais ou rwandais en terre congolaise, et de la part de nos propres militaires souvent impayés ou touchant une solde de misère.
Après une heure de marche suivant la trajectoire convenue avec la police, les manifestantes ont fait un sit-in devant la commission européenne, assez loin des fenêtres des décideurs européens, la meilleure place ayant été occupée par d’autres manifestants qui s’en prenaient aux ministres européens de l’agriculture, en réunion à l’intérieur.
Et là, les Congolaises donneront libre cours à leur colère face à ce que subissent quotidiennement d’autres femmes au pays, de la part des hommes en arme. Au-delà de cet élan de solidarité fort louable, le temps n’est-t-il pas venu d’aborder les problèmes du Congo dans toute sa globalité ?
Des marches à Bruxelles, il y en a eu. Quel en a été l’impact, le résultat ? Il y a peu, 35.000 belges étaient dans la rue pour l’unité du royaume. Trois cent cinquante fois plus nombreux ! Cela a-t-il réussi à pousser les politiciens belges à accélérer la mise sur pied d’un gouvernement ? Dans ces conditions, comment cent bonnes femmes dans les rues de Bruxelles vont-elles influer sur le comportement des hommes du général déchu Kundabatware ou des bidasses en guenilles du duo Kabila-Gizenga ?
C’est bien de pleurer, de se lamenter sur notre sort. Y aura-t-il un jour changement si les vrais coupables ne sont pas inquiétés ? Qui sont les vrais responsables de toute cette catastrophe humaine ? Sont-ils inconnus des pouvoirs belges ? Sont-ils inconnus de l’Union européenne ou de l’ONU ?
Il y a peu, l’ambassadeur belge au Congo disait exactement ceci, à propos du pouvoir congolais : un pouvoir caractérisée par « des situations de corruption, de mégestion, de mauvaise gouvernance, d’improvisation, de manque d’assiduité, de manque de vision, de manque de communication » N’est-ce pas là le germe de l’insécurité et partant, de tous ces viols dont sont victimes les congolaises , surtout à l’est du pays ?
En marge de la journée mondiale de la lutte contre les violences à l’encontre des femmes, la sénatrice belge du PS, Anne-Maire Lizin essaie d’être plus explicite dans une lettre envoyée à Luis Amado ministre portugais des affaires étrangères. Elle avance même une proposition : « La création d’une commission d’enquête sur les violations des femmes dans l’Est du Congo, comme ce fut le cas de la commission Warbuton pour l’ex-Yougoslavie en 1993 » Le Portugal assure actuellement la présidence de l’Union européenne.
Présent à la marche, le MR Daniel Ducarme l’a bien stigmatisé dans son mot aux femmes : L’impunité doit cesser. Qui sont ces impunis, n’est-ce pas ceux qui ont été soutenus à bout de bras dans le processus électoral congolais tant décrié ? L’homme d’Etat belge saura-t-il convaincre les autres membres de son parti qui ont été impliqués jusqu’au cou, et depuis très longtemps, dans la marche politique cahotante du Congo d’aujourd’hui ?
La Belgique officielle aura-t-elle le courage et de reconnaître son erreur dans sa politique vis-à-vis du Congo, et de revoir ses alliances, en prenant langue avec les véritables forces progressistes du Congo ?
Ce fébrile soubresaut politique augure-t-il une ère durant laquelle les pesanteurs extérieures cesseront enfin d’empêcher les congolais de s’occuper de leur pays ? Ils en ont les capacités.
Avec l’arrivée des chinois au Congo, les milieux politico-économiques belges se sont-ils rendus compte qu’on leur a enlevé le bifteck de la bouche, pour peut-être très longtemps ?
Les forces politiques progressistes congolaises ont-elles à leur tour perçu les différents changements de la donne politique congolaise ? Mettent-elles déjà en place des stratégies pour donner l’estocade à un pouvoir désormais incapable de décoller, d’assurer un semblant de sécurité et encore moins de procurer le minimum vital aux soixante millions de congolais ? Ces forces éviteront-elles enfin les sempiternelles querelles de clocher ou de positionnement personnel, de diabolisation au rabais avec comme conséquence la division et l’émiettement du contrepouvoir ? Sauront-elles enfin différencier l’essentiel de l’accessoire ? Pourront-elles devenir plus pragmatiques en privilégiant l’unité et l’intérêt du plus grand nombre ? Si depuis l’indépendance le Congo est médiocrement dirigé, ceux qui prétendent combattre la médiocrité le font-ils de moins médiocre façon ?
Ce cri de détresse des femmes congolaises ne devrait-il pas servir de déclic pour une approche profonde et sans complaisance de la tragédie humaine congolaise. Les forces politiques progressistes ont le beau rôle. À elle d’ouvrir les yeux. Faute de quoi, il n’est pas nécessaire de demander aux gens d’user le talon de leurs chaussures.
En politique, la cécité se paie cache. Wait and see.
Cheik FITA
Bruxelles, le 29 novembre 2007
Le but ? Soutenir un groupe de femmes au Congo qui ont déclenché une grève de la faim suite aux viols répétés dont les femmes congolaises sont victimes : et de la part des éternels rebelles pro-rwandais ou rwandais en terre congolaise, et de la part de nos propres militaires souvent impayés ou touchant une solde de misère.
Après une heure de marche suivant la trajectoire convenue avec la police, les manifestantes ont fait un sit-in devant la commission européenne, assez loin des fenêtres des décideurs européens, la meilleure place ayant été occupée par d’autres manifestants qui s’en prenaient aux ministres européens de l’agriculture, en réunion à l’intérieur.
Et là, les Congolaises donneront libre cours à leur colère face à ce que subissent quotidiennement d’autres femmes au pays, de la part des hommes en arme. Au-delà de cet élan de solidarité fort louable, le temps n’est-t-il pas venu d’aborder les problèmes du Congo dans toute sa globalité ?
Des marches à Bruxelles, il y en a eu. Quel en a été l’impact, le résultat ? Il y a peu, 35.000 belges étaient dans la rue pour l’unité du royaume. Trois cent cinquante fois plus nombreux ! Cela a-t-il réussi à pousser les politiciens belges à accélérer la mise sur pied d’un gouvernement ? Dans ces conditions, comment cent bonnes femmes dans les rues de Bruxelles vont-elles influer sur le comportement des hommes du général déchu Kundabatware ou des bidasses en guenilles du duo Kabila-Gizenga ?
C’est bien de pleurer, de se lamenter sur notre sort. Y aura-t-il un jour changement si les vrais coupables ne sont pas inquiétés ? Qui sont les vrais responsables de toute cette catastrophe humaine ? Sont-ils inconnus des pouvoirs belges ? Sont-ils inconnus de l’Union européenne ou de l’ONU ?
Il y a peu, l’ambassadeur belge au Congo disait exactement ceci, à propos du pouvoir congolais : un pouvoir caractérisée par « des situations de corruption, de mégestion, de mauvaise gouvernance, d’improvisation, de manque d’assiduité, de manque de vision, de manque de communication » N’est-ce pas là le germe de l’insécurité et partant, de tous ces viols dont sont victimes les congolaises , surtout à l’est du pays ?
En marge de la journée mondiale de la lutte contre les violences à l’encontre des femmes, la sénatrice belge du PS, Anne-Maire Lizin essaie d’être plus explicite dans une lettre envoyée à Luis Amado ministre portugais des affaires étrangères. Elle avance même une proposition : « La création d’une commission d’enquête sur les violations des femmes dans l’Est du Congo, comme ce fut le cas de la commission Warbuton pour l’ex-Yougoslavie en 1993 » Le Portugal assure actuellement la présidence de l’Union européenne.
Présent à la marche, le MR Daniel Ducarme l’a bien stigmatisé dans son mot aux femmes : L’impunité doit cesser. Qui sont ces impunis, n’est-ce pas ceux qui ont été soutenus à bout de bras dans le processus électoral congolais tant décrié ? L’homme d’Etat belge saura-t-il convaincre les autres membres de son parti qui ont été impliqués jusqu’au cou, et depuis très longtemps, dans la marche politique cahotante du Congo d’aujourd’hui ?
La Belgique officielle aura-t-elle le courage et de reconnaître son erreur dans sa politique vis-à-vis du Congo, et de revoir ses alliances, en prenant langue avec les véritables forces progressistes du Congo ?
Ce fébrile soubresaut politique augure-t-il une ère durant laquelle les pesanteurs extérieures cesseront enfin d’empêcher les congolais de s’occuper de leur pays ? Ils en ont les capacités.
Avec l’arrivée des chinois au Congo, les milieux politico-économiques belges se sont-ils rendus compte qu’on leur a enlevé le bifteck de la bouche, pour peut-être très longtemps ?
Les forces politiques progressistes congolaises ont-elles à leur tour perçu les différents changements de la donne politique congolaise ? Mettent-elles déjà en place des stratégies pour donner l’estocade à un pouvoir désormais incapable de décoller, d’assurer un semblant de sécurité et encore moins de procurer le minimum vital aux soixante millions de congolais ? Ces forces éviteront-elles enfin les sempiternelles querelles de clocher ou de positionnement personnel, de diabolisation au rabais avec comme conséquence la division et l’émiettement du contrepouvoir ? Sauront-elles enfin différencier l’essentiel de l’accessoire ? Pourront-elles devenir plus pragmatiques en privilégiant l’unité et l’intérêt du plus grand nombre ? Si depuis l’indépendance le Congo est médiocrement dirigé, ceux qui prétendent combattre la médiocrité le font-ils de moins médiocre façon ?
Ce cri de détresse des femmes congolaises ne devrait-il pas servir de déclic pour une approche profonde et sans complaisance de la tragédie humaine congolaise. Les forces politiques progressistes ont le beau rôle. À elle d’ouvrir les yeux. Faute de quoi, il n’est pas nécessaire de demander aux gens d’user le talon de leurs chaussures.
En politique, la cécité se paie cache. Wait and see.
Cheik FITA
Bruxelles, le 29 novembre 2007
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