Jean-Tobie Okala / MONUC 24 mar. 08 - 16h45
Tout y était, ou presque: défilé, table ronde et réflexions sur le statut de la femme policière congolaise, réjouissances diverses… : la police civile de la MONUC Equateur a tenu, à sa manière à célébrer la femme, dans le cadre du Mois de la Femme.
Du 21 au 22 mars dernier, la Police civile de la MONUC/Equateur (CivPol) a organisé une série d’activités à l’intention des femmes policières congolaises. Tout avait commencé au Centre Isidore Bankadja par un atelier de réflexion sur la condition de la femme au sein de la Police nationale congolaise (PNC). Ainsi, près d’une centaine de policières, tous grades confondus, s’étaient réunies sous l’encadrement de la CivPol, pour un examen sans complaisance de leur situation au sein de la PNC; brisant les tabous et la loi du silence, ces femmes policières ont fait le constat de conditions de travail à la fois dégradantes et humiliantes.
Les policières dénoncent, pêle-mêle: la soumission à des exercices et travaux durs et forcés, même pendant la période de grossesse ou de menstruations, ce qui provoque des avortements et accouchements prématurés; la transmission délibérée des infections sexuellement transmissions par les chefs hiérarchiques à qui la femme policière s’attache comme secrétaires ou hôtesses, du fait de «l’obéissance aveugle au chef»; discriminations de toutes sortes, avec une loi d’airain qui limite la femme policière la plus gradée au rang de capitaine; des dotations qui ne concerneraient que les officiers masculins; harcèlement et esclavage sexuels, qui se traduisent par exemple des danses et chants obscènes pendant la période de formation…
Au centre de formation même, les policières dénoncent l’accueil qui n’est pas toujours ce à quoi elles auraient pu s’attendre, puisque leur quotidien est synonyme de brimades et d’humiliations; une policière a ainsi déclaré: «le jargon de notre centre d’instruction nous appris que nous étions là pour l’utilisation: mais quelle utilisation? A chacun de deviner la réponse», conclut-elle, le visage grave et la voix pleine de tremblante.
Bref, les femmes policières de l’Equateur ont profité de cet atelier de réflexion pour dire haut et fort leur indignation et leurs frustrations, face à des chefs et collègues masculins qui profitent de leurs rangs et position pour obtenir des faveurs sexuelles en échange de menues promotions.
Dès lors, pas étonnant dans ces conditions qu’à l’Equateur, par exemple, il n’y ait aucun commandant féminin de grande unité; ou qu’il y ait zéro officier supérieur féminin parmi les 316 policières que compte l’Inspection provinciale de la Police de la province.
Que faire donc pour rendre à la femme policière sa dignité? Les recommandations de cet atelier n’ont pas manqué; c’est au cours d’un défilé haut en couleurs sur le parvis de la Mairie de Mbandaka que les policières ont remis solennellement au Gouverneur de Province leur mémorandum. Où l’on retrouve, entre autres: le respect de la parité lors du recrutement, de la formation (recyclage, renforcement des capacités, stage,...) en cours de service, de la composition des commissions d’avancement en grades, de la mise en place et de l’accès au poste de commandement à tous les niveaux; la nécessité que les officiers de Police judiciaire soient formés en matière de lutte et répression de violences sexuelles faites à la femme; la nécessité de donner un salaire conséquent et d’accorder les avantages sociaux à la femme policière au même titre que son collègue masculin.
Les femmes policières demandent aussi à suivre des formations accélérées en vue de rehausser leur niveau; mais surtout, elles insistent pour qu’il soit mis fin à l’impunité pour dissuader les auteurs des violences sexuelles. Enfin, les policières exigent qu’elles soient prises en charge sur le plan médical au même titre que leurs collègues masculins, ainsi que la construction des installations sanitaires séparées hommes-femmes.
Pour terminer, le Chef de Bureau de la MONUC/Equateur Guirane Ndiaye, tout en saluant la bravoure de ces femmes policières, a invité les autorités provinciales «à prendre très au sérieux ces recommandations»; car a-t-il dit, les Nations Unies préfèrent l’action aux discours. Quant au Gouverneur de Province José makila, il a demandé aux femmes policières de «faire leur travail sans complexe» et d’occuper toute leur place tant dans la société que dans la PNC.
lundi 24 mars 2008
vendredi 21 mars 2008
Les dix pires pays où être femme
JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES
Les dix pires pays où être femme
L’image de la femme du 21e siècle est celle d’une femme co nfiante, prospère, éclatante de santé et de beauté.
Mais pour beau co up des 3,3 milliards d’occupantes féminines de notre planète, les avantages du cyber -âge ne sont jamais arrivés. Alors que la Journée des Femmes est célébrée aujourd’hui, elles co ntinuent à subir les co ups de toujours de la violence, de la répression, de l’isolement, de l’ignorance et de la discrimination qui leur sont imposés.
« Ces choses sont universelles, » dit Taina Bien-Aime, directrice exécutive de Equality Now, basé à New York. « Il n’y a pas un seul pays où les femmes se sentent tout à fait en sécurité. »
Malgré des progrès réels en matière de droits des femmes dans le monde – des lois plus favorables, une participation politique, une éducation et un revenu – les problèmes de base qui ont harcelé les femmes pendant des siècles, demeurent. Même dans les pays riches, il existe des poches de souffrance privée où les femmes ne sont pas protégées, et attaquées.
Certains pays, souvent les plus pauvres et le plus victimes de co nflits, co nnaissent un niveau de violence qui rend la vie insupportable pour les femmes. Des pays plus riches peuvent les accabler de lois répressives, ou mettre sous le tapis les problèmes des moins avantagés. Dans chaque pays, les femmes réfugiées sont les plus vulnérables.
Les désavantages sont si largement répandus qu’il est difficile d’épingler les pires places du monde pour les femmes. Certaines enquêtes estiment leurs problèmes en fonction de la qualité de vie, d’autres par des indicateurs de santé. Les groupes de droits humains épinglent les pays où les violations sont si graves que même le meurtre est routinier.
L’alphabétisme est un des meilleurs indicateurs pour le statut des femmes dans leur pays. Mais la militante des droits des femmes d’Amnistie international, Cheryl Hotchkiss, dit que la co nstruction d’é co les ne résout pas le problème d’une éducation égale.
« Il existe toute une série de barrières que ren co ntrent les femmes pour recevoir une éducation. Elle peut être gratuite et accessible, mais des parents n’y enverront pas leurs filles si elles peuvent être kidnappées ou violées. »
La santé est un autre indicateur important, y co mpris les soins aux femmes enceintes qui sont parfois forcées d’entrer dans un mariage et des grossesses pré co ces désastreux, ainsi que des infections au HIV/sida. Mais de nouveau, les statistiques n’indiquent pas toute la co mplexité de l’histoire.
« Sur un lac local, en Zambie, j’ai ren co ntré une femme qui n’avait pas dit à son mari qu’elle était séropositive, » dit David Morley, directeur de « Sauvez les Enfants, Canada » « Elle vivait déjà en marge parce qu’elle n’avait pas d’enfants. Si elle le lui disait, elle serait chassée de l’île et envoyée seule sur la terre ferme. Elle avait l’impression de ne pas avoir le choix, parce qu’elle n’avait pas de pouvoir du tout. »
Des défenseurs sont d’accord que mettre du pouvoir dans les mains des femmes est le plus grand défi pour améliorer leur vie dans chaque pays. Qu’il s’agisse des pays les plus pauvres d’Afrique, ou des plus répressives du Moyen-Orient ou d’Asie, le manque de co ntrôle sur leur destinée détruit la vie des femmes dès leur tendre enfance.
Voici dix des pays du monde où c’est le pire d’être une femme aujourd’hui :
- L’Afghanistan : La fille afghane moyenne vivra jusqu’à 45 ans – un an de moins qu’un homme afghan. Après trois décennies de guerre et de répression basées sur la religion, un nombre atterrant de femmes est illettrée. Plus de la moitié des mariées ont moins de 16 ans, et une femme meurt en donnant naissance toutes les ½ heures. La violence domestique est si co mmune que 87% des femmes re co nnaissent l’avoir subie. Mais plus d’un million de veuves sont dans la rue, souvent forcées de se prostituer. L’Afghanistan est le seul pays où le taux de suicides des femmes est supérieur à celui des hommes.
- La République démocratique du Congo : Dans l’est de la RDC, une guerre qui a co ûté plus de trois millions de vie s’est rallumée, avec les femmes sur la ligne de front. Les viols sont si brutaux et systématiques que les investigateurs ONU l’ont appelé sans précédent. Beau co up de victimes meurent ; d’autres sont infectées par le HIV et abandonnée pour s’occuper seule des enfants. Fourrager pour de la nourriture et de l’eau expose les femmes à en co re plus de violence. Sans argent, sans transport et sans co nnexions, elles n’ont aucun moyen d’y échapper.
- L’Irak : L’invasion dirigée par les US pour « libérer » l’Irak de Saddam Hussein a emprisonné les femmes dans un enfer de violence sectaire qui vise les femmes et les filles. Le taux d’alphabétisme, autrefois le plus élevé dans le monde arabe, est à présent parmi les plus bas car les familles craignent le risque de kidnapping et de viol en envoyant les filles à l’é co le. Les femmes qui autrefois se rendaient au travail restent à la maison. Entre temps, plus d’un million de femmes ont été déplacées de leur maison, et des millions d’autres sont incapables de gagner suffisamment pour se nourrir.
- Népal : Des mariages et des grossesses pré co ces épuisent les femmes mal nourries du pays, et une sur 24 mourra lors de la grossesse ou l’ac co uchement. Les filles qui ne sont pas offertes en mariage, peuvent être vendues à des trafiquants avant qu’elles n’atteignent leur adolescence. Les veuves sont co nfrontées à des mauvais traitements et une discrimination extrêmes si on les qualifie de bokshi, qui signifie sorcières. Une guerre civile de basse intensité entre le gouvernement et les rebelles maoïstes a co ntraint les femmes rurales à rejoindre des groupes de guérilla.
- Le Soudan : Alors que des femmes soudanaises ont fait de grands progrès sous des lois réformées, la situation critique de celles du Darfour, dans le Soudan occidental a empiré. Les enlèvements, les viols et les déplacements forcés ont détruit plus d’un million de vies de femmes depuis 2003. Les milices janjaweed ont utilisé systématiquement le viol co mme arme démographique, mais l’accès à la justice est presque impossible pour les victimes féminines de violence.
- D’autres pays dans lesquels la vie des femmes est significativement pire que celle des hommes co mprennent le Guatemala, où une sous-classe féminine appauvrie est co nfrontée à la violence domestique, le viol et a le deuxième taux le plus élevé de HIV/sida après l’Afrique sub-saharien. Une épidémie de meurtres épouvantable non résolus a provoqué la mort de centaines de femmes, certaines ac co mpagnée de messages de haine.
Au Mali : un des pays les plus pauvres du monde, peu de femmes échappent à la torture de la mutilation génitale, beau co up sont forcées dans des mariages pré co ces, et une sur 10 meurt à cause d’une grossesse ou un ac co uchement.
Dans les régions frontières tribales du Pakistan, les femmes subissent des viols de gang en punition pour des crimes d’hommes. Mais les meurtres d’honneur sont plus répandus et une vague renouvelée d’extrémisme religieux vise les politiciennes, les travailleurs des droits humains et les avocats.
- En Arabie saoudite, riche en pétrole, les femmes sont traitées co mme des dépendantes pendant toute leur vie, sous le gardiennage d’un parent masculin. Privée du droit de co nduire une voiture ou de se mêler aux hommes publiquement, elles sont co nfinées dans une vie strictement ségréguée sous peine de punitions sévères.
- Dans la capitale somalienne Mogadiscio, une guerre civile vicieuse a placé les femmes qui étaient traditionnellement le pilier de la famille, sous attaque. Dans une société qui s’est effondrée, les femmes sont quotidiennement exposées au viol, à des soins de santé en cas de grossesse dangereusement pauvres, et à des attaques par des bandes armées.
« Alors que les aptitudes des femmes sont re co nnues au niveau international » dit la directrice exécutive de l’Organisation mondiale de la Santé, Margaret Chan, « ce potentiel ne sera pas réalisé à moins que les co nditions ne s’améliorent « parfois de façon spectaculaire » dans des pays et des co mmunautés. Trop de facteurs co mplexes, souvent enracinés dans des normes sociales et culturelles, co ntinuent à handicaper la capacité des femmes et des filles de réaliser leur potentiel et de bénéficier d’avancées sociales. »
Les meilleurs pays où être femme
Les mesures de bien-être incluent l’espérance de vie, l’éducation, les pouvoirs d’achat et la qualité de vie. Sans surprise les 10 pays au sommet sont parmi les plus riches du monde.
1. L’Islande
2. La Norvège
3. L’Australie
4. Le Canada
5. l’Irlande
6. La Suède
7. La Suisse
8. Le Japon
9. Les Pays-Bas
10. La France
SOURCE: l’ index du développement lié au sexe de l’UNDP
--------------------------------------------------------------------------------
Ecarts dans les revenus
La pauvreté signifie de la souffrance pour les hommes et les femmes, mais dans le monde entier, ce sont les femmes qui souffrent le plus d’un manque de revenus. Dans ces pays, les femmes gagnent moins de 50 % de ceux des hommes :
Bénin 48 %
Bangladesh 46 %
Sierra Leone 45 %
Guinée équatoriale 43%
Togo 43 %
Erythrée 39 %
Cap Vert 36 %
Yémen 30 %
SOURCE: Rapport du développement humain de l’UNDP
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Ecarts dans l’alphabétisation
Meilleure est l’éducation d’une femme, et meilleure sera sa chance qu’elle et ses enfants survivront é co nomiquement, en se protégeant eux-mêmes et en bénéficiant d’une vie saine. Dans ces pays, le taux d’alphabétisation des femmes est inférieur à 50% de celui des hommes :
Mali 49 %
Bénin 49%
Yémen 47 %
Mozambique 46 %
Ethiopie 46%
Guinée 42 %
Niger 35%
Tchad 31 %
Afghanistan 28 %
Pays avec un taux d’alphabétisation inférieur à 70% de celui des hommes.
Inde 65 %
Maroc 60 %
Pakistan 55 %
SOURCES: UNDP, UNESCO, UNICEF
Malgré des progrès réels en matière de droits des femmes dans le monde, les problèmes de base qui ont harcelé les femmes pendant des siècles, demeurent.
Mars 08, 2008 04:30 AM
Olivia Ward
Journaliste Affaires étrangères
Les dix pires pays où être femme
L’image de la femme du 21e siècle est celle d’une femme co nfiante, prospère, éclatante de santé et de beauté.
Mais pour beau co up des 3,3 milliards d’occupantes féminines de notre planète, les avantages du cyber -âge ne sont jamais arrivés. Alors que la Journée des Femmes est célébrée aujourd’hui, elles co ntinuent à subir les co ups de toujours de la violence, de la répression, de l’isolement, de l’ignorance et de la discrimination qui leur sont imposés.
« Ces choses sont universelles, » dit Taina Bien-Aime, directrice exécutive de Equality Now, basé à New York. « Il n’y a pas un seul pays où les femmes se sentent tout à fait en sécurité. »
Malgré des progrès réels en matière de droits des femmes dans le monde – des lois plus favorables, une participation politique, une éducation et un revenu – les problèmes de base qui ont harcelé les femmes pendant des siècles, demeurent. Même dans les pays riches, il existe des poches de souffrance privée où les femmes ne sont pas protégées, et attaquées.
Certains pays, souvent les plus pauvres et le plus victimes de co nflits, co nnaissent un niveau de violence qui rend la vie insupportable pour les femmes. Des pays plus riches peuvent les accabler de lois répressives, ou mettre sous le tapis les problèmes des moins avantagés. Dans chaque pays, les femmes réfugiées sont les plus vulnérables.
Les désavantages sont si largement répandus qu’il est difficile d’épingler les pires places du monde pour les femmes. Certaines enquêtes estiment leurs problèmes en fonction de la qualité de vie, d’autres par des indicateurs de santé. Les groupes de droits humains épinglent les pays où les violations sont si graves que même le meurtre est routinier.
L’alphabétisme est un des meilleurs indicateurs pour le statut des femmes dans leur pays. Mais la militante des droits des femmes d’Amnistie international, Cheryl Hotchkiss, dit que la co nstruction d’é co les ne résout pas le problème d’une éducation égale.
« Il existe toute une série de barrières que ren co ntrent les femmes pour recevoir une éducation. Elle peut être gratuite et accessible, mais des parents n’y enverront pas leurs filles si elles peuvent être kidnappées ou violées. »
La santé est un autre indicateur important, y co mpris les soins aux femmes enceintes qui sont parfois forcées d’entrer dans un mariage et des grossesses pré co ces désastreux, ainsi que des infections au HIV/sida. Mais de nouveau, les statistiques n’indiquent pas toute la co mplexité de l’histoire.
« Sur un lac local, en Zambie, j’ai ren co ntré une femme qui n’avait pas dit à son mari qu’elle était séropositive, » dit David Morley, directeur de « Sauvez les Enfants, Canada » « Elle vivait déjà en marge parce qu’elle n’avait pas d’enfants. Si elle le lui disait, elle serait chassée de l’île et envoyée seule sur la terre ferme. Elle avait l’impression de ne pas avoir le choix, parce qu’elle n’avait pas de pouvoir du tout. »
Des défenseurs sont d’accord que mettre du pouvoir dans les mains des femmes est le plus grand défi pour améliorer leur vie dans chaque pays. Qu’il s’agisse des pays les plus pauvres d’Afrique, ou des plus répressives du Moyen-Orient ou d’Asie, le manque de co ntrôle sur leur destinée détruit la vie des femmes dès leur tendre enfance.
Voici dix des pays du monde où c’est le pire d’être une femme aujourd’hui :
- L’Afghanistan : La fille afghane moyenne vivra jusqu’à 45 ans – un an de moins qu’un homme afghan. Après trois décennies de guerre et de répression basées sur la religion, un nombre atterrant de femmes est illettrée. Plus de la moitié des mariées ont moins de 16 ans, et une femme meurt en donnant naissance toutes les ½ heures. La violence domestique est si co mmune que 87% des femmes re co nnaissent l’avoir subie. Mais plus d’un million de veuves sont dans la rue, souvent forcées de se prostituer. L’Afghanistan est le seul pays où le taux de suicides des femmes est supérieur à celui des hommes.
- La République démocratique du Congo : Dans l’est de la RDC, une guerre qui a co ûté plus de trois millions de vie s’est rallumée, avec les femmes sur la ligne de front. Les viols sont si brutaux et systématiques que les investigateurs ONU l’ont appelé sans précédent. Beau co up de victimes meurent ; d’autres sont infectées par le HIV et abandonnée pour s’occuper seule des enfants. Fourrager pour de la nourriture et de l’eau expose les femmes à en co re plus de violence. Sans argent, sans transport et sans co nnexions, elles n’ont aucun moyen d’y échapper.
- L’Irak : L’invasion dirigée par les US pour « libérer » l’Irak de Saddam Hussein a emprisonné les femmes dans un enfer de violence sectaire qui vise les femmes et les filles. Le taux d’alphabétisme, autrefois le plus élevé dans le monde arabe, est à présent parmi les plus bas car les familles craignent le risque de kidnapping et de viol en envoyant les filles à l’é co le. Les femmes qui autrefois se rendaient au travail restent à la maison. Entre temps, plus d’un million de femmes ont été déplacées de leur maison, et des millions d’autres sont incapables de gagner suffisamment pour se nourrir.
- Népal : Des mariages et des grossesses pré co ces épuisent les femmes mal nourries du pays, et une sur 24 mourra lors de la grossesse ou l’ac co uchement. Les filles qui ne sont pas offertes en mariage, peuvent être vendues à des trafiquants avant qu’elles n’atteignent leur adolescence. Les veuves sont co nfrontées à des mauvais traitements et une discrimination extrêmes si on les qualifie de bokshi, qui signifie sorcières. Une guerre civile de basse intensité entre le gouvernement et les rebelles maoïstes a co ntraint les femmes rurales à rejoindre des groupes de guérilla.
- Le Soudan : Alors que des femmes soudanaises ont fait de grands progrès sous des lois réformées, la situation critique de celles du Darfour, dans le Soudan occidental a empiré. Les enlèvements, les viols et les déplacements forcés ont détruit plus d’un million de vies de femmes depuis 2003. Les milices janjaweed ont utilisé systématiquement le viol co mme arme démographique, mais l’accès à la justice est presque impossible pour les victimes féminines de violence.
- D’autres pays dans lesquels la vie des femmes est significativement pire que celle des hommes co mprennent le Guatemala, où une sous-classe féminine appauvrie est co nfrontée à la violence domestique, le viol et a le deuxième taux le plus élevé de HIV/sida après l’Afrique sub-saharien. Une épidémie de meurtres épouvantable non résolus a provoqué la mort de centaines de femmes, certaines ac co mpagnée de messages de haine.
Au Mali : un des pays les plus pauvres du monde, peu de femmes échappent à la torture de la mutilation génitale, beau co up sont forcées dans des mariages pré co ces, et une sur 10 meurt à cause d’une grossesse ou un ac co uchement.
Dans les régions frontières tribales du Pakistan, les femmes subissent des viols de gang en punition pour des crimes d’hommes. Mais les meurtres d’honneur sont plus répandus et une vague renouvelée d’extrémisme religieux vise les politiciennes, les travailleurs des droits humains et les avocats.
- En Arabie saoudite, riche en pétrole, les femmes sont traitées co mme des dépendantes pendant toute leur vie, sous le gardiennage d’un parent masculin. Privée du droit de co nduire une voiture ou de se mêler aux hommes publiquement, elles sont co nfinées dans une vie strictement ségréguée sous peine de punitions sévères.
- Dans la capitale somalienne Mogadiscio, une guerre civile vicieuse a placé les femmes qui étaient traditionnellement le pilier de la famille, sous attaque. Dans une société qui s’est effondrée, les femmes sont quotidiennement exposées au viol, à des soins de santé en cas de grossesse dangereusement pauvres, et à des attaques par des bandes armées.
« Alors que les aptitudes des femmes sont re co nnues au niveau international » dit la directrice exécutive de l’Organisation mondiale de la Santé, Margaret Chan, « ce potentiel ne sera pas réalisé à moins que les co nditions ne s’améliorent « parfois de façon spectaculaire » dans des pays et des co mmunautés. Trop de facteurs co mplexes, souvent enracinés dans des normes sociales et culturelles, co ntinuent à handicaper la capacité des femmes et des filles de réaliser leur potentiel et de bénéficier d’avancées sociales. »
Les meilleurs pays où être femme
Les mesures de bien-être incluent l’espérance de vie, l’éducation, les pouvoirs d’achat et la qualité de vie. Sans surprise les 10 pays au sommet sont parmi les plus riches du monde.
1. L’Islande
2. La Norvège
3. L’Australie
4. Le Canada
5. l’Irlande
6. La Suède
7. La Suisse
8. Le Japon
9. Les Pays-Bas
10. La France
SOURCE: l’ index du développement lié au sexe de l’UNDP
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Ecarts dans les revenus
La pauvreté signifie de la souffrance pour les hommes et les femmes, mais dans le monde entier, ce sont les femmes qui souffrent le plus d’un manque de revenus. Dans ces pays, les femmes gagnent moins de 50 % de ceux des hommes :
Bénin 48 %
Bangladesh 46 %
Sierra Leone 45 %
Guinée équatoriale 43%
Togo 43 %
Erythrée 39 %
Cap Vert 36 %
Yémen 30 %
SOURCE: Rapport du développement humain de l’UNDP
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Ecarts dans l’alphabétisation
Meilleure est l’éducation d’une femme, et meilleure sera sa chance qu’elle et ses enfants survivront é co nomiquement, en se protégeant eux-mêmes et en bénéficiant d’une vie saine. Dans ces pays, le taux d’alphabétisation des femmes est inférieur à 50% de celui des hommes :
Mali 49 %
Bénin 49%
Yémen 47 %
Mozambique 46 %
Ethiopie 46%
Guinée 42 %
Niger 35%
Tchad 31 %
Afghanistan 28 %
Pays avec un taux d’alphabétisation inférieur à 70% de celui des hommes.
Inde 65 %
Maroc 60 %
Pakistan 55 %
SOURCES: UNDP, UNESCO, UNICEF
Malgré des progrès réels en matière de droits des femmes dans le monde, les problèmes de base qui ont harcelé les femmes pendant des siècles, demeurent.
Mars 08, 2008 04:30 AM
Olivia Ward
Journaliste Affaires étrangères
lundi 17 mars 2008
Kinshasa : lancement mardi de la campagne nationale contre les violences sexuelles
Kinshasa | 17 Mars 2008 à 16:42:31
Cette campagne d’information, de sensibilisation et de plaidoyer contre les violences sexuelles a pour thème : "Violences sexuelles : Ensemble, disons non au silence coupable pour la dignité des congolais". Cette campagne s’étendra sur une période d'un mois. L’annonce a été faite ce lundi par le représentant adjoint du Fond des nations unies pour la population, FNUAP, Dr Ouedraogo Koudaogo, au cours d’un point de presse, rapporte radiookapi.net
Ouedraogo Koudaogo décrit les activités de cette campagne : « Pour le lancement de la campagne proprement dite, nous envisageons une caravane composée de UNFPA, UNDP et de la FAO, et nous nous rendrons ensemble à N’sele, en présence de madame la ministre du genre et famille. Pendant ce mois nous ne comptons pas seulement organiser des activités à Kinshasa, mais il y aura aussi des caravanes au niveau des provinces, des conférences publiques et des vidéos forum, avec des films qui portent sur la question des violences sexuelles. Ces films seront suivis des débats avec des gens qui prennent en charge ces personnes victimes des violences sexuelles ».
Il y aura aussi pendant cette campagne le lancement de la ligne verte Vodacom pour les personnes qui veulent avoir les informations sur la prise en charge des victimes et les lois qui les protègent.
Par Editeur Web
John Numbi: « si un policier commet des abus sexuels, il doit être puni sévèrement »
Kinshasa | 17 Mars 2008 à 15:40:17
L’inspecteur Général de la police, John Numbi, l’a déclaré ce lundi à l’issue de l’atelier de réflexion organisé par la section genre de la Monuc en collaboration avec la police nationale. La cérémonie de ce jour avait pour objectif la remise officielle de recommandations des policières aux autorités, rapporte radiookapi.net
A la clôture de cette formation, les policières revendiquent le respect de la parité lors de formation et recyclage, l’accès au poste de commandement, et la fin des violences sexuelles dont elles sont victimes dans leur lieu de travail. L’inspecteur général de la police promet de jeter un regard favorable à ces revendications et de punir sévèrement les auteurs de l’harcèlement sexuel à l’égard des femmes policières.
John Numbi explique que lorsque le gouvernement décide de la parité, lui à son niveau ne peut que suivre la volonté des autorités de la République: « Nous devons essayer de respecter la parité homme - femme. Moi, j’ai une attention particulière aux revendications des femmes policières. Elles vont obtenir gain de cause. Nous sommes en train de mettre des mesures assez sévères pour protéger la femme et nous accordons une attention particulière dans la promotion et même dans les nouvelles affectations qui vont intervenir d’ici 15 jours. Nul ne peut être au-dessus de la loi et nous policiers, nous devons être exemplaires, c’est -dire que si un policier commet des abus sexuels, il doit être puni sévèrement ».
Kisangani : 1000 cas de mortalité maternelle enregistrés en 2007
Province Orientale | 17 Mars 2008 à 09:30:07
La plupart des cas, sont ceux qui ont été enregistré dans les zones de santé confrontés aux violences sexuelles. Le manque d’équipement approprié, des médicaments, ainsi que la non qualification du personnel sanitaire serait à la base de cette situation, rapporte radiookapi.net
Les femmes enceintes dépourvues des moyens financiers, préfèrent recourir aux traditionalistes. Ces médecins de fortune exigent le payement des soins en nature.
Selon le programme provincial de la santé de la reproduction, seul l’appui à ces zones de santé, l’intégration des activités de la santé de reproduction, ainsi que l’implication de la communauté contribuerait à améliorer la situation. Et pour le docteur Doudou Mbengi, assistant technique au programme provincial de la santé de la reproduction. « il faut commencer par un plaidoyer au niveau des partenaires pour étendre les interventions de la santé de la reproduction dans les autres zones de santé. Sensibiliser les communautés à consulter et venir accoucher dans les structures. Renforcer les capacités institutionnelles. Réhabiliter les équipements, et approvisionner en médicament .»
Violences sexuelles : augmentation des cas, l’impunité bat son plein à coté des croyances fétichistes
RDC | 18 Février 2008 à 08:39:29
Des Violences sexuelles sont devenues monnaies courantes dans l’arrière pays de la RDC. Si à Opala, en Province Orientale le centre d’assistance médico-psycho-social, CAMPS, souligne 59 cas pour janvier 2008. Au Kasaï Oriental, le rapport annuel du fond des nations unies pour la population, publié le week-end dernier fait état de 858 cas de Violences sexuelles faites aux femmes et jeunes filles au cours de l’année 2007, rapporte radiookapi.net
Dans le territoire d’Opala, ces cas de viols sont commis par des Maï-Maï, des policiers et certains civils, les victimes habitant la cité de Opala sont pris en charge par l’Hôpital général de référence et sont également suivis par l’ONG CAMPS. Cependant, le volet judiciaire est quasiment inexistant car le territoire ne dispose pas des institutions judiciaires. Voilà pourquoi, les violeurs arrêtés par la police sont relâchés après le paiement des amendes souvent fixées en nature.
Pour Alexis Onango, chef d’antenne CAMPS territoire d’Opala, cette pratique favorise l’impunité et fait que les auteurs des viols après leurs libérations reposent souvent le même crime. Alexis Onango : ‘‘je vous précise qu’à la police quand on arrête le violeur, on lui demande soit un 100 dollar, soit une chèvre et il est relâché ’’.
La police locale reconnaît, pour sa part, qu’elle n’est pas habilitée à juger un dossier de viol et dit être confronté à des difficultés logistiques. Ce qui ne lui permettent pas de respecter la procédure normale. Balola Nsiambu, commandant de la police au commissariat du territoire d’Opala indique ce qui suit : ‘‘ nous avons un problème d’évacuation des détenus, Opala est très éloigné de Kisangani et les policiers sont contraints de parcourir cette distance à pied avec les détenus. Ils profitent souvent de cette fatigue de ces policiers pour s’évader en cours de route ’’.
Comme moyen de lutte contre ce phénomène, l’ONG CAMPS plaide pour l’organisation des chambres foraines par le parquet de Kisangani. Elle ajoute par ailleurs que la population ainsi que la police doivent être sensibilisées sur certaines notions liées aux violences sexuelles.
Si à Opala, l’impunité est l’une des raisons qui justifie la propension du phénomène des violences sexuelles. Au Kasaï Oriental, des raisons fétichistes en sont l’une des causes à coté du règne de l’impunité. C’est ce qu’a indiqué le docteur Joseph Kayembe, chef d’antenne de cette agence des nations unies au Kasaï Oriental à l’issue d’un atelier de formation des membres de la synergie de lutte contre les Violences sexuelles. Pour lui, ‘‘ le nombre des cas a plus que doublé par rapport à l’année 2006. D’après un rapport publié à l’issue d’un atelier de formation des membres de la synergie de lutte contre les violences sexuelles, le plus grand nombre des cas ont été enregistrés dans la ville de Mbuji Mayi avec à peu près 58 % des cas suivi du district de SankuruSankuru avec 35 % des cas.
Par rapport à l’année 2006, il y a doublement du nombre des cas. Il y a certainement un plus grand nombre des cas qui ne sont pas notifiés parce que ce sont des problèmes qui touchent à la vie intime des personnes
Dans beaucoup des cas où il y a des petites filles qui sont violées, à la base il y a des problèmes des fétichisme, des gens à qui on fait croire que s’ils ont des rapports sexuels avec des très jeunes filles vierges, ils auront de la chance de devenir très riche, il y a l’impunité qui règne ’’.
Kanyola-Kalehe : enlèvements, meurtres et pillages attribués aux rebelles hutus rwandais
Nord Kivu | 17 Mars 2008 à 12:03:25
Deux jeunes filles ont été enlevées dans le village de Tchisaza, trois personnes tuées, dont le chef du village de Tchamishasha, groupement de Nyawaronga, dans le territoire de Kalehe, et du bétail et des biens de valeur pillés la nuit de samedi à dimanche derniers. C’est le bilan des attaques attribuées à des combattants hutus rwandais, rapporte radiookapi.net
Selon l’administrateur du territoire de Walungu, ce groupe d’assaillants a attaqué le village de Tchisaza, à Kanyola, cette nuit. Ils ont enlevé 2 jeunes filles de moins de 20 ans d’une même famille. Le colonel Nyirabaka de la 10e région militaire confirme l’information. Il annonce que des militaires de la 11e brigade ont été lancés aux trousses de ces combattants.
Dans la nuit de samedi à dimanche, un autre groupe supposé être des Rastas a attaqué le village de Tchamisasa dans le groupement de Nyawaronga, territoire de Kalehe, à 70 kilomètres au nord de Bukavu. Selon l’administrateur de ce territoire, ces combattants ont tué le chef du village, enlevé plusieurs personnes et emporté dans la forêt plusieurs têtes de bétails et des biens de valeurs.
D’autres sources signalent l’enlèvement de 12 personnes. Deux autres corps auraient été découverts à côté de celui du chef du village.
Kikwit : violences sexuelles, 23 enfants de moins de 18 ans violés et rendues mères
Bandundu | 13 Mars 2008 à 16:53:56
C’est ce que révèle une récente enquête publiée par la « Synergie de lutte contre les violences sexuelles» dans les deux grands hôpitaux de la ville. La recrudescence de viols pose un sérieux problème de prise en charge, rapporte radiookapi.net
La coordination de la Synergie de lutte contre les violences sexuelles affirme que ces filles-mères précoces et chefs de ménages vivent, pour la plupart, dans de conditions misérables. Elles n'ont aucun soutien et ne bénéficient d'aucune prise en charge sérieuse. Souvent elles sont atteintes d'anémie faute d’une bonne nutrition
Pour la Synergie, le mariage précoce constitue une forme de violence faite aux mineurs et s'identifie à une violation pure et simple de leurs droits. Parmi ces fillles figurent celles qui vendent dans les rues. Elles y sont envoyées par les parents pour la survie de la famille ou simplement. D’autres encore sont cueillies dans la rue et ont des relations sexuelles sans leur consentement. La recrudescence de ces cas et l'absence de partenaires dans la prise en charge de ces filles inquiètent de plus en plus la coordination de la Synergie. Cette ONG envisage pour l’instant une sensibilisation soutenue de la population autour de lois sur les violences sexuelles. Mais les moyens font défaut. C'est pourquoi elle sollicite assistance pour pouvoir mener à bout sa lutte.
Alan Doss : « il faut reconnaître la force, la capacité et le dévouement de la femme »RDC | 09 Mars 2008 à 11:47:57
Le représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en RDC a pris part aux manifestations organisées en l’honneur de la femme dans la grande salle du ministère des Affaires étrangères. Dans son mot de circonstance, Alan Doss a félicité le gouvernement congolais pour le soutien qu’il apporte aux femmes, constate radiookapi.net
Alan Doss dénonce les violences dont les femmes congolaises sont victime, alors que, selon lui, elles sont remplies de compétences pour le développement du pays. « Je voudrais sincèrement féliciter le gouvernement congolais pour avoir ratifier la CEDF, consacré la parité dans sa constitution et promulgué la loi sur les violences sexuelles. Cependant, force est de constater que les femmes congolaises continuent de supporter, de façon disproportionnée, les violences sous toutes les formes : les violences sexuelles, physiques, psychologiques, politiques, économiques et culturelles. Sur le plan politique, la sous-représentativité des femmes dans les nouvelles institutions est très visible. Et pourtant, les compétences féminines ne font pas défaut. Quant à la question des violences sexuelles, elles sont toujours utilisées comme armes de guerre par des groupes armés. Les femmes et les filles de toutes les branches d’âge voient leurs droits bafoués. Elles sont blessées et surtout atteintes dans leur dignité humaine. Ne pas en parler, c’est être complice dans ce crime, et surtout de l’impunité qui l’accompagne. Je pense qu’on a souvent parlé des femmes comme des victimes. Mais quand je vois ce matin toutes les femmes ici, je pense qu’il faut aussi reconnaître leur force, leur capacité et leur dévouement. »
Cette campagne d’information, de sensibilisation et de plaidoyer contre les violences sexuelles a pour thème : "Violences sexuelles : Ensemble, disons non au silence coupable pour la dignité des congolais". Cette campagne s’étendra sur une période d'un mois. L’annonce a été faite ce lundi par le représentant adjoint du Fond des nations unies pour la population, FNUAP, Dr Ouedraogo Koudaogo, au cours d’un point de presse, rapporte radiookapi.net
Ouedraogo Koudaogo décrit les activités de cette campagne : « Pour le lancement de la campagne proprement dite, nous envisageons une caravane composée de UNFPA, UNDP et de la FAO, et nous nous rendrons ensemble à N’sele, en présence de madame la ministre du genre et famille. Pendant ce mois nous ne comptons pas seulement organiser des activités à Kinshasa, mais il y aura aussi des caravanes au niveau des provinces, des conférences publiques et des vidéos forum, avec des films qui portent sur la question des violences sexuelles. Ces films seront suivis des débats avec des gens qui prennent en charge ces personnes victimes des violences sexuelles ».
Il y aura aussi pendant cette campagne le lancement de la ligne verte Vodacom pour les personnes qui veulent avoir les informations sur la prise en charge des victimes et les lois qui les protègent.
Par Editeur Web
John Numbi: « si un policier commet des abus sexuels, il doit être puni sévèrement »
Kinshasa | 17 Mars 2008 à 15:40:17
L’inspecteur Général de la police, John Numbi, l’a déclaré ce lundi à l’issue de l’atelier de réflexion organisé par la section genre de la Monuc en collaboration avec la police nationale. La cérémonie de ce jour avait pour objectif la remise officielle de recommandations des policières aux autorités, rapporte radiookapi.net
A la clôture de cette formation, les policières revendiquent le respect de la parité lors de formation et recyclage, l’accès au poste de commandement, et la fin des violences sexuelles dont elles sont victimes dans leur lieu de travail. L’inspecteur général de la police promet de jeter un regard favorable à ces revendications et de punir sévèrement les auteurs de l’harcèlement sexuel à l’égard des femmes policières.
John Numbi explique que lorsque le gouvernement décide de la parité, lui à son niveau ne peut que suivre la volonté des autorités de la République: « Nous devons essayer de respecter la parité homme - femme. Moi, j’ai une attention particulière aux revendications des femmes policières. Elles vont obtenir gain de cause. Nous sommes en train de mettre des mesures assez sévères pour protéger la femme et nous accordons une attention particulière dans la promotion et même dans les nouvelles affectations qui vont intervenir d’ici 15 jours. Nul ne peut être au-dessus de la loi et nous policiers, nous devons être exemplaires, c’est -dire que si un policier commet des abus sexuels, il doit être puni sévèrement ».
Kisangani : 1000 cas de mortalité maternelle enregistrés en 2007
Province Orientale | 17 Mars 2008 à 09:30:07
La plupart des cas, sont ceux qui ont été enregistré dans les zones de santé confrontés aux violences sexuelles. Le manque d’équipement approprié, des médicaments, ainsi que la non qualification du personnel sanitaire serait à la base de cette situation, rapporte radiookapi.net
Les femmes enceintes dépourvues des moyens financiers, préfèrent recourir aux traditionalistes. Ces médecins de fortune exigent le payement des soins en nature.
Selon le programme provincial de la santé de la reproduction, seul l’appui à ces zones de santé, l’intégration des activités de la santé de reproduction, ainsi que l’implication de la communauté contribuerait à améliorer la situation. Et pour le docteur Doudou Mbengi, assistant technique au programme provincial de la santé de la reproduction. « il faut commencer par un plaidoyer au niveau des partenaires pour étendre les interventions de la santé de la reproduction dans les autres zones de santé. Sensibiliser les communautés à consulter et venir accoucher dans les structures. Renforcer les capacités institutionnelles. Réhabiliter les équipements, et approvisionner en médicament .»
Violences sexuelles : augmentation des cas, l’impunité bat son plein à coté des croyances fétichistes
RDC | 18 Février 2008 à 08:39:29
Des Violences sexuelles sont devenues monnaies courantes dans l’arrière pays de la RDC. Si à Opala, en Province Orientale le centre d’assistance médico-psycho-social, CAMPS, souligne 59 cas pour janvier 2008. Au Kasaï Oriental, le rapport annuel du fond des nations unies pour la population, publié le week-end dernier fait état de 858 cas de Violences sexuelles faites aux femmes et jeunes filles au cours de l’année 2007, rapporte radiookapi.net
Dans le territoire d’Opala, ces cas de viols sont commis par des Maï-Maï, des policiers et certains civils, les victimes habitant la cité de Opala sont pris en charge par l’Hôpital général de référence et sont également suivis par l’ONG CAMPS. Cependant, le volet judiciaire est quasiment inexistant car le territoire ne dispose pas des institutions judiciaires. Voilà pourquoi, les violeurs arrêtés par la police sont relâchés après le paiement des amendes souvent fixées en nature.
Pour Alexis Onango, chef d’antenne CAMPS territoire d’Opala, cette pratique favorise l’impunité et fait que les auteurs des viols après leurs libérations reposent souvent le même crime. Alexis Onango : ‘‘je vous précise qu’à la police quand on arrête le violeur, on lui demande soit un 100 dollar, soit une chèvre et il est relâché ’’.
La police locale reconnaît, pour sa part, qu’elle n’est pas habilitée à juger un dossier de viol et dit être confronté à des difficultés logistiques. Ce qui ne lui permettent pas de respecter la procédure normale. Balola Nsiambu, commandant de la police au commissariat du territoire d’Opala indique ce qui suit : ‘‘ nous avons un problème d’évacuation des détenus, Opala est très éloigné de Kisangani et les policiers sont contraints de parcourir cette distance à pied avec les détenus. Ils profitent souvent de cette fatigue de ces policiers pour s’évader en cours de route ’’.
Comme moyen de lutte contre ce phénomène, l’ONG CAMPS plaide pour l’organisation des chambres foraines par le parquet de Kisangani. Elle ajoute par ailleurs que la population ainsi que la police doivent être sensibilisées sur certaines notions liées aux violences sexuelles.
Si à Opala, l’impunité est l’une des raisons qui justifie la propension du phénomène des violences sexuelles. Au Kasaï Oriental, des raisons fétichistes en sont l’une des causes à coté du règne de l’impunité. C’est ce qu’a indiqué le docteur Joseph Kayembe, chef d’antenne de cette agence des nations unies au Kasaï Oriental à l’issue d’un atelier de formation des membres de la synergie de lutte contre les Violences sexuelles. Pour lui, ‘‘ le nombre des cas a plus que doublé par rapport à l’année 2006. D’après un rapport publié à l’issue d’un atelier de formation des membres de la synergie de lutte contre les violences sexuelles, le plus grand nombre des cas ont été enregistrés dans la ville de Mbuji Mayi avec à peu près 58 % des cas suivi du district de SankuruSankuru avec 35 % des cas.
Par rapport à l’année 2006, il y a doublement du nombre des cas. Il y a certainement un plus grand nombre des cas qui ne sont pas notifiés parce que ce sont des problèmes qui touchent à la vie intime des personnes
Dans beaucoup des cas où il y a des petites filles qui sont violées, à la base il y a des problèmes des fétichisme, des gens à qui on fait croire que s’ils ont des rapports sexuels avec des très jeunes filles vierges, ils auront de la chance de devenir très riche, il y a l’impunité qui règne ’’.
Kanyola-Kalehe : enlèvements, meurtres et pillages attribués aux rebelles hutus rwandais
Nord Kivu | 17 Mars 2008 à 12:03:25
Deux jeunes filles ont été enlevées dans le village de Tchisaza, trois personnes tuées, dont le chef du village de Tchamishasha, groupement de Nyawaronga, dans le territoire de Kalehe, et du bétail et des biens de valeur pillés la nuit de samedi à dimanche derniers. C’est le bilan des attaques attribuées à des combattants hutus rwandais, rapporte radiookapi.net
Selon l’administrateur du territoire de Walungu, ce groupe d’assaillants a attaqué le village de Tchisaza, à Kanyola, cette nuit. Ils ont enlevé 2 jeunes filles de moins de 20 ans d’une même famille. Le colonel Nyirabaka de la 10e région militaire confirme l’information. Il annonce que des militaires de la 11e brigade ont été lancés aux trousses de ces combattants.
Dans la nuit de samedi à dimanche, un autre groupe supposé être des Rastas a attaqué le village de Tchamisasa dans le groupement de Nyawaronga, territoire de Kalehe, à 70 kilomètres au nord de Bukavu. Selon l’administrateur de ce territoire, ces combattants ont tué le chef du village, enlevé plusieurs personnes et emporté dans la forêt plusieurs têtes de bétails et des biens de valeurs.
D’autres sources signalent l’enlèvement de 12 personnes. Deux autres corps auraient été découverts à côté de celui du chef du village.
Kikwit : violences sexuelles, 23 enfants de moins de 18 ans violés et rendues mères
Bandundu | 13 Mars 2008 à 16:53:56
C’est ce que révèle une récente enquête publiée par la « Synergie de lutte contre les violences sexuelles» dans les deux grands hôpitaux de la ville. La recrudescence de viols pose un sérieux problème de prise en charge, rapporte radiookapi.net
La coordination de la Synergie de lutte contre les violences sexuelles affirme que ces filles-mères précoces et chefs de ménages vivent, pour la plupart, dans de conditions misérables. Elles n'ont aucun soutien et ne bénéficient d'aucune prise en charge sérieuse. Souvent elles sont atteintes d'anémie faute d’une bonne nutrition
Pour la Synergie, le mariage précoce constitue une forme de violence faite aux mineurs et s'identifie à une violation pure et simple de leurs droits. Parmi ces fillles figurent celles qui vendent dans les rues. Elles y sont envoyées par les parents pour la survie de la famille ou simplement. D’autres encore sont cueillies dans la rue et ont des relations sexuelles sans leur consentement. La recrudescence de ces cas et l'absence de partenaires dans la prise en charge de ces filles inquiètent de plus en plus la coordination de la Synergie. Cette ONG envisage pour l’instant une sensibilisation soutenue de la population autour de lois sur les violences sexuelles. Mais les moyens font défaut. C'est pourquoi elle sollicite assistance pour pouvoir mener à bout sa lutte.
Alan Doss : « il faut reconnaître la force, la capacité et le dévouement de la femme »RDC | 09 Mars 2008 à 11:47:57
Le représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en RDC a pris part aux manifestations organisées en l’honneur de la femme dans la grande salle du ministère des Affaires étrangères. Dans son mot de circonstance, Alan Doss a félicité le gouvernement congolais pour le soutien qu’il apporte aux femmes, constate radiookapi.net
Alan Doss dénonce les violences dont les femmes congolaises sont victime, alors que, selon lui, elles sont remplies de compétences pour le développement du pays. « Je voudrais sincèrement féliciter le gouvernement congolais pour avoir ratifier la CEDF, consacré la parité dans sa constitution et promulgué la loi sur les violences sexuelles. Cependant, force est de constater que les femmes congolaises continuent de supporter, de façon disproportionnée, les violences sous toutes les formes : les violences sexuelles, physiques, psychologiques, politiques, économiques et culturelles. Sur le plan politique, la sous-représentativité des femmes dans les nouvelles institutions est très visible. Et pourtant, les compétences féminines ne font pas défaut. Quant à la question des violences sexuelles, elles sont toujours utilisées comme armes de guerre par des groupes armés. Les femmes et les filles de toutes les branches d’âge voient leurs droits bafoués. Elles sont blessées et surtout atteintes dans leur dignité humaine. Ne pas en parler, c’est être complice dans ce crime, et surtout de l’impunité qui l’accompagne. Je pense qu’on a souvent parlé des femmes comme des victimes. Mais quand je vois ce matin toutes les femmes ici, je pense qu’il faut aussi reconnaître leur force, leur capacité et leur dévouement. »
mercredi 12 mars 2008
Femmes du Kivu: il y a du mensonge dans l’air…
posté le 5 mars 2008 | http://blogs.lesoir.be/colette-braeckman/
Dépêcher au Sud Kivu des chirurgiens et des médicaments. Augmenter les crédits (et veiller à ce qu’ils arrivent) organiser des conférences, émouvoir l’opinion. Tout cela c’est bien, c’est nécessaire. Mais cela ne suffira pas à mettre fin à la terreur qui décime les femmes de l’Est du Congo et gangrène toute la société. En 1994, ceux qui ne lisaient dans le génocide des Tutsis qu’un paroxysme de la « violence tribale » avaient tout faux. Comme ceux qui aujourd’hui assurent que les femmes du Kivu seraient victimes d’ « excès de violence», de débordements aveugles…
Au delà de la compassion, de l‘indignation et même de l’indispensable solidarité, il faut mesurer les vrais enjeux de cette guerre qui a pour terrain le ventre des femmes, pour objectifs les valeurs fondamentales d’une société, sa cohérence, ses facultés de résistance. Ici comme souvent, les enjeux s’appellent la terre, les ressources, le contrôle d’une région. Il s’agît de dominer des hommes et des femmes, de briser leur résistance de la plus atroce des façons, par le sadisme des violences sexuelles. En face de cette terreur qui se prolonge et s’enracine, questions et contradictions se bousculent.
Alors qu’en 1994, les réfugiés hutus avaient été poussés au Kivu par l’Opération Turquoise et entretenus par l’aide internationale, aujourd’hui, c’est une armée congolaise faible et toujours frappée d’embargo sur les armes, qui, seule, doit se charger de neutraliser ces hommes aguerris, une tâche d’autant plus difficile qu’elle a quelquefois collaboré avec eux ! Quant au Rwanda, s’il réclame à juste titre le retour volontaire ou forcé de ses citoyens, on peut se demander pourquoi son armée, présente au Kivu de 1998 à 2002, n’a pas rempli cette mission prioritaire ? Et comment comprendre que la Mission des Nations unies au Congo, qui avait déployé en Ituri les forces spéciales qui ont réussi à désarmer les milices, avoue son impuissance au Kivu face à quelques milliers d’hommes? La Belgique non plus n’a pas fière allure : nos soldats font du renseignement au Tchad, en Afghanistan, au Kosovo, mais ils sont absents du Congo, le seul endroit au monde où ils seraient non seulement bien accueillis, mais susceptibles d’être vraiment efficaces…N’y aurait il pas du mensonge dans l’air ? Une formidable hypocrisie ?
Il faudrait pourtant se rappeler que si le « scandale des mains coupées », une tragédie du 19 eme siècle, est régulièrement évoqué, les femmes du Kivu au ventre lacéré et leurs enfants nés du viol risquent à leur tour de hanter longtemps les mémoires et de peser sur les consciences…
Sud Kivu. Quand le corps des femmes devient champ de bataille
posté le 5 mars 2008 | http://blogs.lesoir.be/colette-braeckman/
Kaniola,
En mai 2007, 27 villageois ont été massacrés à Kaniola. Des Hutus rwandais sortis de la forêt se sont jetés sur le village. Des corps ont été coupés à la machette, des femmes ont été éventrées. Les cadavres ont été alignés, pour que le lendemain les Casques bleus ne manquent pas de les trouver. Le drame a secoué l’opinion et tout le monde a conclu qu’il était urgent d’en finir avec la peur, avec l’insécurité qui rongent le Sud Kivu, avec cette guerre qui ne dit pas son nom et dont le corps des femmes est le champ de bataille. Mais depuis lors, rien ne s’est passé, même si l’armée congolaise s’est installée dans le village martyr, la peur rode toujours à Kaniola.
Le major Adrien campe sous une tente kaki et abrite Pacifique, le chef de groupement dont le toit a été volé par les assaillants. Le major est un ancien Mayi Mayi, l’un de ces Kivutiens qui s’étaient opposés à l’invasion rwandaise. Démentant ceux qui présentent les Mayi Mayi comme des paysans illettrés, il est universitaire, historien de formation. Lorsqu’il s’est engagé au début des années 2000, il a vendu sa maison de Bukavu pour s’acheter une arme et un uniforme et rejoindre les groupes de combattants qui défendaient leur terre. Depuis ce temps, l’armée rwandaise s’est officiellement désengagée du Congo, des élections ont eu lieu en 2006 et les Kivutiens ont massivement voté pour la paix. Mais le major est découragé car les Hutus rwandais arrivés au Kivu après avoir participé au génocide des Tutsis en 1994 sont toujours là. Ils occupent la forêt de Mugobo, qui commence à la périphérie des hautes terres de Kaniola et se prolonge jusque dans la cuvette congolaise. S’il devait respecter les engagements pris par les autorités, le major Adrien devrait, d’ici le 15 mars prochain, engager le combat afin d’obliger ces groupes de Hutus soit à rentrer de leur plein gré au Rwanda soit accepter d’être cantonnés en attendant d’être déplacés ailleurs dans le pays, loin du Kivu et de la frontière rwandaise.
A Kaniola, tout le monde sait déjà que cette promesse ne sera pas tenue : « voici trois mois que la région militaire de Bukavu ne nous a pas payés » dit le major. « Rien, même pas un grain de maïs. Seul le président de l’Assemblée, Vital Kamerhe, originaire de Walungu, nous a donné quelque chose lors de son dernier passage. » Amer, le jeune officier qui avait mené des patrouilles en forêt pour tenter de poursuivre les assaillants assure qu’il a du mettre fin à toutes les opérations, faute de moyens. L’administrateur du territoire de Walungu, un philosophe de formation, confirme : « Notre patience a des limites. Le Sud Kivu est en ébullition. Depuis 1994, nous accueillons ces Hutus rwandais réfugiés ici et protégés à l’époque par la communauté internationale. Et aujourd’hui, c’est à nous qu’on demande de les désarmer, de les ramener au Rwanda. Alors qu’au même moment, l’embargo sur les armes qui frappe le Congo est prolongé… »
A Kaniola, le dimanche où une délégation belge composée de parlementaires et de représentants d’ONG (Justice et paix, Pax Christi, Eurac, CNCD 11-11-11 et Entr’aide et Fraternité) s’est déplacée jusqu’au village, toute la population s’est rassemblée dans la grande salle de l’école primaire. Pour l’occasion, hommes et femmes portaient des vêtements impeccables, s’exprimaient posément. Mais d’être aussi calmement exprimée, leur terreur quotidienne n’en était que plus frappante. « Chaque soir », a expliqué Damien, un militant des droits de l’homme, « les gens quittent leur maison, se rassemblent autour du camp des militaires en espérant être protégés. » Mukereza décrit le calvaire des femmes : « Les cibles, c’est nous. Lorsque les groupes attaquent, ils pillent les maisons et emportent les femmes du village. Près de mille femmes ont ainsi été enlevées, rien qu’à Kaniola, 400 ont été tuées. Ma propre fille a été ligotée, attachée à un cadenas, puis emmenée dans la forêt. » Germaine explique qu’elle est revenue au village après avoir réussi à fuir, mais deux de ses compagnes ont été reprises, torturées, attachées aux arbres, leurs enfants ont été tués sous leurs yeux. Un homme raconte l’histoire de son voisin : « les assaillants l’ont obligé à violer sa propre fille, sous peine de mort. Depuis, il erre comme un fou… »
Les témoignages s’enchaînent, hallucinants, interminables : des filles sont enlevées puis revendues par leur ravisseur, elles passent d’homme en homme jusqu’à ce qu’elles deviennent malades, souvent contaminées par le Sida. Des femmes sont violées, tailladées, au couteau, à la machette, leur vagin a explosé sous les coups et l’urine se mêle au sang. Elles sont désormais prisonnières de leur corps, traitées comme des pestiférées dont tout le monde se détourne. Celles qui en ont la force se traînent alors jusqu’à l’hôpital de Panzi, à Bukavu, ou l’hôpital Doc’s à Goma, où des médecins spécialistes de la fistule essaient de les réparer. Le Dr Mukwege,qui opère douze heures par jour, est découragé : « 500 femmes attendent mon intervention… Bien souvent, lorsque je renvoie les opérées au village, en voie de guérison, elles sont violées à nouveau… »
Les enfants assistent au calvaire de leur mère, les hommes, sous la menace, doivent participer au crime. A voix basse, on chuchote même des histoires de cannibalisme. Les bourreaux ne dédaignent pas le commerce : il arrive qu’ils acceptent de relâcher des villageois moyennant une rançon. Lorsque les femmes qu’ils ont enlevées, utilisées comme domestiques ou esclaves sexuelles se retrouvent enceintes, elles sont renvoyées vers le village. A Kaniola, tous les témoignages concordent : « ces Hutus jettent les femmes après usage, mais tiennent beaucoup aux enfants, surtout les garçons. Ils essaient toujours de savoir ce qu’ils deviennent. » Comme si ces gamins, en grandissant, devaient devenir de nouvelles recrues, ou fournir à ces hommes l’ « ancrage congolais » qu’ils revendiqueront pour ne pas être obligés de quitter le pays…
Sous le regard approbateur des hommes, un chef de quartier assène : «ces enfants, les enfants des serpents, nous n’en voulons pas. Un jour ils vont nous trahir… Ils sont une bombe à retardement…» A quelques mètres de là, dans la parcelle du pharmacien Byamungu, qui accueille des rescapées revenues de la forêt et que leur famille refuse d’accueillir, de jeunes femmes silencieuses donnent le sein aux enfants du viol, de la violence, de la trahison.
A Bukavu, l’archevêque Mgr Maroy confirme : « il n’y a pas de mariages mixtes volontaires entre les Congolaises et ces gens venus du Rwanda, pas un mariage avec dot et cérémonie n’a été enregistré dans les paroisses. »
Pour la seule année 2006, 14.000 cas de viols ont été enregistrés au Sud Kivu, mais les chiffres réels sont probablement plus élevés.
A Kabare, Désiré, le Mwami a quitté la clandestinité pour regagner sa maison, malgré les risques. Il explique que plusieurs Mwamis de la région ont été assassinés par les Rwandais, «les chefs traditionnels sont un facteur de résistance, lorsqu’ils sont tués, la population est désemparée et se soumet plus facilement… »Une sorte d’ «omerta » règne sur la région : « dans la plupart des cas, les viols sont passés sous silence, car lorsque cela se sait, une fille non mariée perd sa valeur, qui se calcule en vaches. Et une femme mariée sera rejetée par son mari, comme si elle était coupable… »
Si la plupart des viols, des crimes sadiques sont commis par des hommes qui s’expriment en kinyarwanda, les autorités reconnaissent aussi qu’il y a un effondrement général des valeurs, que les militaires congolais commettent aussi des viols, ainsi que de simples civils. L’épidémie se propage d’autant plus facilement que la justice est inexistante, 0,2% seulement des victimes y ont recouru et les défenseurs des droits humains s’opposent violemment au fait que, pour « arranger » les choses à l’amiable, les familles obligent les filles à épouser leur violeur, si ce dernier est un Congolais.
Le Mwami de Kabare décrit aussi l’économie particulière de cette présence des Hutus rwandais. Lui, il ne minimise pas leur présence, à l’inverse de la Mission des Nations unies au Congo, qui ose affirmer que les Rastas, qui forment le plus cruel des groupes, seraient moins de dix hommes et qu’au total, le nombre de combattants FDLR ne dépasserait pas les 10.000 hommes. Désiré, qui vit dans le milieu, constate qu’ « à Walikale, sur seize groupements, treize sont contrôlés par les Rwandais : ils coupent les routes avec des barrières, perçoivent des taxes. Parfois ils exigent des rançons pour libérer les villageois qu’ils ont enlevés. Au vu de leur emprise sur le milieu, ils sont bien plus nombreux qu’on ne le croit, et ne partiront jamais… »
Pourquoi partiraient ils en effet ? Ces hommes bien armés (on se demande par qui ?) qui portent des sobriquets révélateurs (Ben Laden, Oussama, Bemba et même…Mitterrand…) ont acquis le monopole de l’exploitation du coltan, le colombo tantalite utilisé dans les portables qui se trouve à fleur de sol dans toutes les forêts du Kivu.
Le double jeu du Rwanda est amplement dénoncé : « c’est vers Kigali que remonte ce minerai qui alimente ceux que Kagame présente comme ses ennemis jurés. De Kigali à Walikale, il y a deux vols par jour… » dit d’administrateur du territoire de Walungu, tandis qu’André relève que « des Hutus que j’ai remis entre les mains de la Monuc, qui les a ramenés au Rwanda, je les ai retrouvés deux mois plus tard. Encore plus forts, mieux armés qu’avant… »A Bukavu, un religieux, le Père Franco Borginon confirme : «Cinq pour cent seulement du coltan exporté par le Rwanda vient de ses propres carrières, tout le reste sort du Congo. »
Alors que l’armée congolaise est souvent accusée de collaborer avec les Hutus rwandais, que certains analystes étrangers assurent que ces derniers vont finir par se fondre dans la population locale, du Kivu profond monte une seule revendication : « Qu’ils partent. Tous. Les FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda), qui se présentent comme une mouvement politico militaire. Les Rastas, ces brutes qui se coiffent avec des « dreadlocks » comme des Jamaïquains… »
Alors qu’au Nord Kivu le général Laurent Nkunda, un Tutsi congolais assure que lui, il se bat contre les FDLR, des « génocidaires » et que ses troupes sont également accusées de nombreuses exactions contre les civils (recrutement d’enfants soldats, viols, enlèvements) et ont provoqué le déplacement de centaines de milliers de civils, la plupart des Congolais, refusent désormais de faire la distinction. Pour eux, « tous ces gens ne sont que les deux faces d’une même médaille, celle de la volonté d’expansion du Rwanda vers le Congo tus ne vivent que de l’exploitation des ressources du Kivu… »
Alors qua protection des populations civiles figure explicitement dans le mandat de la Mission des Nations unies au Congo, les populations congolaises dénoncent le rôle ambigu des Casques bleus. « Non seulement ils n’interviennent qu’avec beaucoup de retard lorsqu’on les appelle à l’aide, mais ils entretiennent d’étranges contacts avec les FDLR. A Bukavu comme à Kaniola, plusieurs femmes ayant réussi à s’échapper des campements où elles étaient retenues expliquent, avec force précisions, qu’alors qu’elles se trouvaient dans la forêt, il leur arrivait de voir des hélicoptères blancs se poser au milieu du camp. «Après leur départ, des rations militaires circulaient et aussi des bouteilles d’eau minérales, de celles qu’utilisent les Onusiens ».
A Bukavu, Patient Bagenda, l’un des leaders de la société civile, confirme : « dans certains campements qu’ils avaient réussi à démanteler, les militaires ont découvert des groupes électrogènes, des fûts de carburant, du matériel lourd, qui ne pouvait être amené que par avion. Soit ces appareils venaient de Bukavu ou Goma et ils ont déjoué la surveillance de la Monuc, soit ce matériel a été amené par les Casques bleus eux-mêmes… »
Affabulations, fantasmes… A Bukavu, Luc Henkinbrant, chargé des droits de l’homme, est rouge d’indignation. « Comment ose-t-on propager de telles rumeurs ? » Si le démenti st catégorique, le porte parole explique cependant, longuement, pourquoi les Casques bleus pakistanais, de soldats expérimentés et bien équipés, qui se sont déployés dans des bases mobiles proches des villages, ne réussissent pas à neutraliser les groupes armés qui terrorisent les populations, pas plus qu’ils ne réussiront à s’emparer de ces Hutus qui devraient, d’ici le 15 mars, être obligés de rentrer au Rwanda ou être cantonnés : « ils ne parlent pas la langue, sont dispersés dans une région immense. S’ils veulent passer à l’offensive, l’autorisation doit venir de… New York. »
Il conclut : « dans le seul Kosovo, il y a plus de Casques bleus qu’au Congo. N’exagérez pas les capacités militaires de la Monuc. » Cette illusion là, les femmes du Kivu l’ont perdue depuis longtemps…
Dépêcher au Sud Kivu des chirurgiens et des médicaments. Augmenter les crédits (et veiller à ce qu’ils arrivent) organiser des conférences, émouvoir l’opinion. Tout cela c’est bien, c’est nécessaire. Mais cela ne suffira pas à mettre fin à la terreur qui décime les femmes de l’Est du Congo et gangrène toute la société. En 1994, ceux qui ne lisaient dans le génocide des Tutsis qu’un paroxysme de la « violence tribale » avaient tout faux. Comme ceux qui aujourd’hui assurent que les femmes du Kivu seraient victimes d’ « excès de violence», de débordements aveugles…
Au delà de la compassion, de l‘indignation et même de l’indispensable solidarité, il faut mesurer les vrais enjeux de cette guerre qui a pour terrain le ventre des femmes, pour objectifs les valeurs fondamentales d’une société, sa cohérence, ses facultés de résistance. Ici comme souvent, les enjeux s’appellent la terre, les ressources, le contrôle d’une région. Il s’agît de dominer des hommes et des femmes, de briser leur résistance de la plus atroce des façons, par le sadisme des violences sexuelles. En face de cette terreur qui se prolonge et s’enracine, questions et contradictions se bousculent.
Alors qu’en 1994, les réfugiés hutus avaient été poussés au Kivu par l’Opération Turquoise et entretenus par l’aide internationale, aujourd’hui, c’est une armée congolaise faible et toujours frappée d’embargo sur les armes, qui, seule, doit se charger de neutraliser ces hommes aguerris, une tâche d’autant plus difficile qu’elle a quelquefois collaboré avec eux ! Quant au Rwanda, s’il réclame à juste titre le retour volontaire ou forcé de ses citoyens, on peut se demander pourquoi son armée, présente au Kivu de 1998 à 2002, n’a pas rempli cette mission prioritaire ? Et comment comprendre que la Mission des Nations unies au Congo, qui avait déployé en Ituri les forces spéciales qui ont réussi à désarmer les milices, avoue son impuissance au Kivu face à quelques milliers d’hommes? La Belgique non plus n’a pas fière allure : nos soldats font du renseignement au Tchad, en Afghanistan, au Kosovo, mais ils sont absents du Congo, le seul endroit au monde où ils seraient non seulement bien accueillis, mais susceptibles d’être vraiment efficaces…N’y aurait il pas du mensonge dans l’air ? Une formidable hypocrisie ?
Il faudrait pourtant se rappeler que si le « scandale des mains coupées », une tragédie du 19 eme siècle, est régulièrement évoqué, les femmes du Kivu au ventre lacéré et leurs enfants nés du viol risquent à leur tour de hanter longtemps les mémoires et de peser sur les consciences…
Sud Kivu. Quand le corps des femmes devient champ de bataille
posté le 5 mars 2008 | http://blogs.lesoir.be/colette-braeckman/
Kaniola,
En mai 2007, 27 villageois ont été massacrés à Kaniola. Des Hutus rwandais sortis de la forêt se sont jetés sur le village. Des corps ont été coupés à la machette, des femmes ont été éventrées. Les cadavres ont été alignés, pour que le lendemain les Casques bleus ne manquent pas de les trouver. Le drame a secoué l’opinion et tout le monde a conclu qu’il était urgent d’en finir avec la peur, avec l’insécurité qui rongent le Sud Kivu, avec cette guerre qui ne dit pas son nom et dont le corps des femmes est le champ de bataille. Mais depuis lors, rien ne s’est passé, même si l’armée congolaise s’est installée dans le village martyr, la peur rode toujours à Kaniola.
Le major Adrien campe sous une tente kaki et abrite Pacifique, le chef de groupement dont le toit a été volé par les assaillants. Le major est un ancien Mayi Mayi, l’un de ces Kivutiens qui s’étaient opposés à l’invasion rwandaise. Démentant ceux qui présentent les Mayi Mayi comme des paysans illettrés, il est universitaire, historien de formation. Lorsqu’il s’est engagé au début des années 2000, il a vendu sa maison de Bukavu pour s’acheter une arme et un uniforme et rejoindre les groupes de combattants qui défendaient leur terre. Depuis ce temps, l’armée rwandaise s’est officiellement désengagée du Congo, des élections ont eu lieu en 2006 et les Kivutiens ont massivement voté pour la paix. Mais le major est découragé car les Hutus rwandais arrivés au Kivu après avoir participé au génocide des Tutsis en 1994 sont toujours là. Ils occupent la forêt de Mugobo, qui commence à la périphérie des hautes terres de Kaniola et se prolonge jusque dans la cuvette congolaise. S’il devait respecter les engagements pris par les autorités, le major Adrien devrait, d’ici le 15 mars prochain, engager le combat afin d’obliger ces groupes de Hutus soit à rentrer de leur plein gré au Rwanda soit accepter d’être cantonnés en attendant d’être déplacés ailleurs dans le pays, loin du Kivu et de la frontière rwandaise.
A Kaniola, tout le monde sait déjà que cette promesse ne sera pas tenue : « voici trois mois que la région militaire de Bukavu ne nous a pas payés » dit le major. « Rien, même pas un grain de maïs. Seul le président de l’Assemblée, Vital Kamerhe, originaire de Walungu, nous a donné quelque chose lors de son dernier passage. » Amer, le jeune officier qui avait mené des patrouilles en forêt pour tenter de poursuivre les assaillants assure qu’il a du mettre fin à toutes les opérations, faute de moyens. L’administrateur du territoire de Walungu, un philosophe de formation, confirme : « Notre patience a des limites. Le Sud Kivu est en ébullition. Depuis 1994, nous accueillons ces Hutus rwandais réfugiés ici et protégés à l’époque par la communauté internationale. Et aujourd’hui, c’est à nous qu’on demande de les désarmer, de les ramener au Rwanda. Alors qu’au même moment, l’embargo sur les armes qui frappe le Congo est prolongé… »
A Kaniola, le dimanche où une délégation belge composée de parlementaires et de représentants d’ONG (Justice et paix, Pax Christi, Eurac, CNCD 11-11-11 et Entr’aide et Fraternité) s’est déplacée jusqu’au village, toute la population s’est rassemblée dans la grande salle de l’école primaire. Pour l’occasion, hommes et femmes portaient des vêtements impeccables, s’exprimaient posément. Mais d’être aussi calmement exprimée, leur terreur quotidienne n’en était que plus frappante. « Chaque soir », a expliqué Damien, un militant des droits de l’homme, « les gens quittent leur maison, se rassemblent autour du camp des militaires en espérant être protégés. » Mukereza décrit le calvaire des femmes : « Les cibles, c’est nous. Lorsque les groupes attaquent, ils pillent les maisons et emportent les femmes du village. Près de mille femmes ont ainsi été enlevées, rien qu’à Kaniola, 400 ont été tuées. Ma propre fille a été ligotée, attachée à un cadenas, puis emmenée dans la forêt. » Germaine explique qu’elle est revenue au village après avoir réussi à fuir, mais deux de ses compagnes ont été reprises, torturées, attachées aux arbres, leurs enfants ont été tués sous leurs yeux. Un homme raconte l’histoire de son voisin : « les assaillants l’ont obligé à violer sa propre fille, sous peine de mort. Depuis, il erre comme un fou… »
Les témoignages s’enchaînent, hallucinants, interminables : des filles sont enlevées puis revendues par leur ravisseur, elles passent d’homme en homme jusqu’à ce qu’elles deviennent malades, souvent contaminées par le Sida. Des femmes sont violées, tailladées, au couteau, à la machette, leur vagin a explosé sous les coups et l’urine se mêle au sang. Elles sont désormais prisonnières de leur corps, traitées comme des pestiférées dont tout le monde se détourne. Celles qui en ont la force se traînent alors jusqu’à l’hôpital de Panzi, à Bukavu, ou l’hôpital Doc’s à Goma, où des médecins spécialistes de la fistule essaient de les réparer. Le Dr Mukwege,qui opère douze heures par jour, est découragé : « 500 femmes attendent mon intervention… Bien souvent, lorsque je renvoie les opérées au village, en voie de guérison, elles sont violées à nouveau… »
Les enfants assistent au calvaire de leur mère, les hommes, sous la menace, doivent participer au crime. A voix basse, on chuchote même des histoires de cannibalisme. Les bourreaux ne dédaignent pas le commerce : il arrive qu’ils acceptent de relâcher des villageois moyennant une rançon. Lorsque les femmes qu’ils ont enlevées, utilisées comme domestiques ou esclaves sexuelles se retrouvent enceintes, elles sont renvoyées vers le village. A Kaniola, tous les témoignages concordent : « ces Hutus jettent les femmes après usage, mais tiennent beaucoup aux enfants, surtout les garçons. Ils essaient toujours de savoir ce qu’ils deviennent. » Comme si ces gamins, en grandissant, devaient devenir de nouvelles recrues, ou fournir à ces hommes l’ « ancrage congolais » qu’ils revendiqueront pour ne pas être obligés de quitter le pays…
Sous le regard approbateur des hommes, un chef de quartier assène : «ces enfants, les enfants des serpents, nous n’en voulons pas. Un jour ils vont nous trahir… Ils sont une bombe à retardement…» A quelques mètres de là, dans la parcelle du pharmacien Byamungu, qui accueille des rescapées revenues de la forêt et que leur famille refuse d’accueillir, de jeunes femmes silencieuses donnent le sein aux enfants du viol, de la violence, de la trahison.
A Bukavu, l’archevêque Mgr Maroy confirme : « il n’y a pas de mariages mixtes volontaires entre les Congolaises et ces gens venus du Rwanda, pas un mariage avec dot et cérémonie n’a été enregistré dans les paroisses. »
Pour la seule année 2006, 14.000 cas de viols ont été enregistrés au Sud Kivu, mais les chiffres réels sont probablement plus élevés.
A Kabare, Désiré, le Mwami a quitté la clandestinité pour regagner sa maison, malgré les risques. Il explique que plusieurs Mwamis de la région ont été assassinés par les Rwandais, «les chefs traditionnels sont un facteur de résistance, lorsqu’ils sont tués, la population est désemparée et se soumet plus facilement… »Une sorte d’ «omerta » règne sur la région : « dans la plupart des cas, les viols sont passés sous silence, car lorsque cela se sait, une fille non mariée perd sa valeur, qui se calcule en vaches. Et une femme mariée sera rejetée par son mari, comme si elle était coupable… »
Si la plupart des viols, des crimes sadiques sont commis par des hommes qui s’expriment en kinyarwanda, les autorités reconnaissent aussi qu’il y a un effondrement général des valeurs, que les militaires congolais commettent aussi des viols, ainsi que de simples civils. L’épidémie se propage d’autant plus facilement que la justice est inexistante, 0,2% seulement des victimes y ont recouru et les défenseurs des droits humains s’opposent violemment au fait que, pour « arranger » les choses à l’amiable, les familles obligent les filles à épouser leur violeur, si ce dernier est un Congolais.
Le Mwami de Kabare décrit aussi l’économie particulière de cette présence des Hutus rwandais. Lui, il ne minimise pas leur présence, à l’inverse de la Mission des Nations unies au Congo, qui ose affirmer que les Rastas, qui forment le plus cruel des groupes, seraient moins de dix hommes et qu’au total, le nombre de combattants FDLR ne dépasserait pas les 10.000 hommes. Désiré, qui vit dans le milieu, constate qu’ « à Walikale, sur seize groupements, treize sont contrôlés par les Rwandais : ils coupent les routes avec des barrières, perçoivent des taxes. Parfois ils exigent des rançons pour libérer les villageois qu’ils ont enlevés. Au vu de leur emprise sur le milieu, ils sont bien plus nombreux qu’on ne le croit, et ne partiront jamais… »
Pourquoi partiraient ils en effet ? Ces hommes bien armés (on se demande par qui ?) qui portent des sobriquets révélateurs (Ben Laden, Oussama, Bemba et même…Mitterrand…) ont acquis le monopole de l’exploitation du coltan, le colombo tantalite utilisé dans les portables qui se trouve à fleur de sol dans toutes les forêts du Kivu.
Le double jeu du Rwanda est amplement dénoncé : « c’est vers Kigali que remonte ce minerai qui alimente ceux que Kagame présente comme ses ennemis jurés. De Kigali à Walikale, il y a deux vols par jour… » dit d’administrateur du territoire de Walungu, tandis qu’André relève que « des Hutus que j’ai remis entre les mains de la Monuc, qui les a ramenés au Rwanda, je les ai retrouvés deux mois plus tard. Encore plus forts, mieux armés qu’avant… »A Bukavu, un religieux, le Père Franco Borginon confirme : «Cinq pour cent seulement du coltan exporté par le Rwanda vient de ses propres carrières, tout le reste sort du Congo. »
Alors que l’armée congolaise est souvent accusée de collaborer avec les Hutus rwandais, que certains analystes étrangers assurent que ces derniers vont finir par se fondre dans la population locale, du Kivu profond monte une seule revendication : « Qu’ils partent. Tous. Les FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda), qui se présentent comme une mouvement politico militaire. Les Rastas, ces brutes qui se coiffent avec des « dreadlocks » comme des Jamaïquains… »
Alors qu’au Nord Kivu le général Laurent Nkunda, un Tutsi congolais assure que lui, il se bat contre les FDLR, des « génocidaires » et que ses troupes sont également accusées de nombreuses exactions contre les civils (recrutement d’enfants soldats, viols, enlèvements) et ont provoqué le déplacement de centaines de milliers de civils, la plupart des Congolais, refusent désormais de faire la distinction. Pour eux, « tous ces gens ne sont que les deux faces d’une même médaille, celle de la volonté d’expansion du Rwanda vers le Congo tus ne vivent que de l’exploitation des ressources du Kivu… »
Alors qua protection des populations civiles figure explicitement dans le mandat de la Mission des Nations unies au Congo, les populations congolaises dénoncent le rôle ambigu des Casques bleus. « Non seulement ils n’interviennent qu’avec beaucoup de retard lorsqu’on les appelle à l’aide, mais ils entretiennent d’étranges contacts avec les FDLR. A Bukavu comme à Kaniola, plusieurs femmes ayant réussi à s’échapper des campements où elles étaient retenues expliquent, avec force précisions, qu’alors qu’elles se trouvaient dans la forêt, il leur arrivait de voir des hélicoptères blancs se poser au milieu du camp. «Après leur départ, des rations militaires circulaient et aussi des bouteilles d’eau minérales, de celles qu’utilisent les Onusiens ».
A Bukavu, Patient Bagenda, l’un des leaders de la société civile, confirme : « dans certains campements qu’ils avaient réussi à démanteler, les militaires ont découvert des groupes électrogènes, des fûts de carburant, du matériel lourd, qui ne pouvait être amené que par avion. Soit ces appareils venaient de Bukavu ou Goma et ils ont déjoué la surveillance de la Monuc, soit ce matériel a été amené par les Casques bleus eux-mêmes… »
Affabulations, fantasmes… A Bukavu, Luc Henkinbrant, chargé des droits de l’homme, est rouge d’indignation. « Comment ose-t-on propager de telles rumeurs ? » Si le démenti st catégorique, le porte parole explique cependant, longuement, pourquoi les Casques bleus pakistanais, de soldats expérimentés et bien équipés, qui se sont déployés dans des bases mobiles proches des villages, ne réussissent pas à neutraliser les groupes armés qui terrorisent les populations, pas plus qu’ils ne réussiront à s’emparer de ces Hutus qui devraient, d’ici le 15 mars, être obligés de rentrer au Rwanda ou être cantonnés : « ils ne parlent pas la langue, sont dispersés dans une région immense. S’ils veulent passer à l’offensive, l’autorisation doit venir de… New York. »
Il conclut : « dans le seul Kosovo, il y a plus de Casques bleus qu’au Congo. N’exagérez pas les capacités militaires de la Monuc. » Cette illusion là, les femmes du Kivu l’ont perdue depuis longtemps…
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