jeudi 31 janvier 2008

10ans de prison ferme pour viol

Evoloko Antshuamo condamné à 10ans de prison ferme pour viol

Kinshasa, 31/01/2008 / Musique http://www.digitalcongo.net
La vedette de la chanson congolaise bien connue Evoloko Lay Lay Antshuamo vient d’écoper d’une peine de prison de 10 ans pour viol d’une fille de 14 ans. Le fait est d’une gravité telle qu’ils ne pouvait rester impuni. 10 ans de prison ferme, voilà le verdict exemplaire pris par le Tribunal de Grande Instance de Kasa-Vubu, le mardi 29 janvier 2008 contre l’artiste musicien Evoloko Atshuamo dit Joker Lay Lay, 54 ans, pour viol d’une fille de 14 ans, élève en 5ème primaire. Humiliée, toute la famille musicale a vidé la salle d’audience.C’est sur la pointe des pieds et avec un visage contrit, couvert de honte que Tabu Ley, ancien musicien et aujourd’hui, ministre provincial chargé de la Culture et Jeunesse, et par de la, toute la famille musicale congolaise, ont quitté, le 29 janvier 2008, la salle d’audience du Tribunal de Grande Instance de Kasa­-Vubu/Assoss.« Aux fonds auspices, la condamnation à 10 ans de prison ferme de l’artiste musicien Evotoko Lay Lay pour viol d’une jeune fille de 14 ans, élève en 5ème primaire. Le tribunal qui n’a pas lésiné sur les faits infractionnels a fixé les dommages et intérêts à hauteur de 70.000 dollars en faveur de la famille de la victime. L’inculpé devrait également s’acquitter de frais d’instance.Que s’est-il passé pour que l’on en arrive là ?Il ressort des faits allégués au cours de l’instance que l’artiste musicien Evoloko Atshuarno a violé, le dimanche 27 janvier dernier, une fille mineure âgée de 14 ans. Le fait s’est produit sur l’avenue Wafanya à Yolo­ Nord, dans la commune de Kalamu, dans la résidence du condamné.Selon les témoignages de la victime, le patron de l’orchestre Langa langa Rénové l’avait enfermé dans sa résidence où ne loge ni femme, ni enfants et ce, après avoir utilisé plusieurs subterfuges.C’est après l’avoir libéré dans l’après-midi de ce dimanche-là que la famille, informée du drame survenu s’est empressée de saisir un poste de police. Sans ménagement, une procédure fut déclenchée conduisant à l’arrestation de l’intéressé. Au Tribunal où il fut conduit, la procédure de flagrance engagée a débouché sur sa condamnation pour 10 ans de prison ferme.Des sources concordantes affirment que ce n’est pas la première fois que l’auteur de la célèbre chanson, « Fièvre Mondo » peut commettre un tel acte scandaleux. Désolation dans la famille musicale!.Gros plan sur l’artisteIl était mineur quand Evoloko Jocker, à commencé la musique en 1969 dans le groupe Zaiko Langa Langa. La première cuvée de Zaiko porte l’estampillage d’Evoloko et de nombreux musiciens congolais ont fourbi leurs armes à ses côtés avant d’atteindre aujourd’hui les rivages où ils sont.Atshuamo est un artiste de facture respectable. Il fut fureur dans les années soixante-dix avec sa chorégraphie et son look. il est l’un des élèves du style fiesta. Joker Lay Lay est le seul musicien congolais de sa génération dont on sent la ressemblance à travers ses chansons.Avec sa voix aiguë et limpide, très charmant, il est parvenu à créer toute une école. La musique congolaise lui doit beaucoup et tous les musiciens de la RDC, notamment Papa Wemba, Nyoka Longo, le Grand-père Benz Bozi Boziana... reconnaissent en lui, une étoile brillante de la musique d’une certaine époque.(Milor)Jordache Diala/Prospérité

Province Orientale : lenteur dans l'instruction des dossiers sur les violences sexuelles
Province Orientale Politique et Citoyen 29 Janvier 2008 à 09:31:53

Dans leurs rapports d’activités, les ONG de lutte contre les violences sexuelles s’insurgent contre la lenteur dans l’instruction des dossiers de viols au parquet et au Tribunal de grande instance de Buta. D’après ces organisations de la société civile, seuls trois dossiers sur une trentaine enregistrés au cours du dernier semestre de l’année dernière ont été fixés au tribunal, rapporte radiookapi.net
La plupart des cas concernés viennent de l’intérieur du district de Bas Uélé notamment d’Aketi, Bondo et Ango. D’après ce rapport, l’élasticité de la période d’instruction des dossiers décourage les victimes. Ces derniers se sentent découragées et préfèrent regagner leurs villages. Pendant ce temps, les présumés auteurs de ces actes de violence restent moins d’un mois en prison et s’évadent facilement suite à la quasi inexistence d’établissement pénitentiaire. Les familles des victimes déplorent aussi cette situation. Ce qui, aux yeux de certains observateurs, favorise l’impunité et incite certaines familles à recourir à l’arrangement à l`amiable. Elles se disent découragées et ne sont plus prêtes à continuer à saisir la justice car les bourreaux ne sont pas punis, affirme la même source. Pour sa part, le procureur de la république près le tribunal de grande instance de Buta justifie cette lenteur par les difficultés liées au fonctionnement de la justice dans cette partie de la Province Orientale. Au nombre de ces difficultés, le procureur de la république cite le manque des fournitures, les évasions des parties accusées dans les prisons de Buta. Devant ces difficultés, le procureur de la république ad intérim près le tribunal de grande instance de Buta sollicite l’intervention de gouvernement ainsi que d’autre partenaires comme la Monuc afin de doter l’appareil judiciaire de Buta des machines à écrire.

The Greatest Silence: Rape in the Congo


WMM's Latest Acquisition Garners Sundance Prize

THE GREATEST SILENCE: RAPE IN THE CONGO
by Lisa F. Jackson
Women Make Movies 462 Broadway Suite 500E New York, NY 10013 tel: 212.925.0606 fax: 212.925.2052info@wmm.com www.wmm.com
January 30, 2008THE GREATEST SILENCE Wins Special Jury Prize at the 2008 Sundance Film Festival

Lisa F. Jackson’s extraordinary film, THE GREATEST SILENCE: RAPE IN THE CONGO, has won the Special Jury Prize: Documentary at the 2008 Sundance Film Festival. A recent acquisition of Women Make Movies and a project from our Production Assistance Program, this intimate and piercing film explores the epidemic of rape in the Democratic Republic of Congo (DRC). Produced in association with HBO Documentary Films and the Fledgling Fund, THE GREATEST SILENCE: RAPE IN THE CONGO will have its broadcast premiere on HBO in April 2008.
Shot in the war zones of the DRC, THE GREATEST SILENCE: RAPE IN THE CONGO documents the shocking plight of the many tens of thousands of women and girls being systematically kidnapped, raped, mutilated and tortured by soldiers from both foreign militias and the Congolese army. Until now, the stories of these women have never been told to the rest of the world. This is the second consecutive year that a WMM release has won an award at the Sundance Film Festival. ENEMIES OF HAPPINESS by Eva Mulvad and Anja Al-Erhayem won the World Cinema Jury Prize: Documentary in 2007.Click here to read the full press release.
Catalog New Releases Production Assistance
About WMM:Women Make Movies is the world’s leading distributor of independent films by and about women, with a focus on cutting-edge documentaries that give depth to today’s headlines, as well as artistically and intellectually challenging works in all genres. Our films are showcased in prestigious exhibition venues and festivals both nationally and internationally and are broadcast by television and cable stations in the U.S. and abroad. The Women Make Movies collection of more than 500 films and videotapes is also used by thousands of educational, community and cultural organizations annually. Visit our website www.wmm.com.

The Greatest Silence: Rape in the Congo

A film by Lisa F. Jackson
2007, 76 minutes, Color, VHS/DVD, French, Swahili, Lingala, Mashi, Subtitled Order No. W08930
Shot in the war zones of the Democratic Republic of Congo (DRC), this extraordinary film shatters the silence that surrounds the shocking plight of women and girls caught in this country’s intractable conflict. Since 1998 a brutal war has ravaged the DRC, killing over 4 million people and resulting in many tens of thousands of women and girls being systematically kidnapped, raped, mutilated and tortured by soldiers from both foreign militias and the Congolese army. Until now, the stories of these women have never been told to the rest of the world. A survivor of gang rape herself, Emmy-Award winning filmmaker Lisa Jackson travels through the DRC to understand what is happening and why. This moving documentary, produced in association with HBO Documentary Films and the Fledgling Fund, features interviews with activists, peace keepers, physicians, and even – chillingly – the indifferent rapists who are all soldiers of the Congolese Army. But the most moving and harrowing moments of the film come as dozens of survivors recount their stories with an honesty and immediacy pulverizing in its intimacy and detail. Heart-wrenching in its portrayal of the grotesque realities of life in Congo, this powerful film also provides inspiring examples of resiliency, resistance, courage and grace.

Documentarian Lisa Jackson went to the Congo to take the testimony of women and girls being raped and sexually assaulted for the last decade in her new film, The Greatest Silence: Rape in the Congo, which premiered at Sundance this week. It will air on HBO in April.
Lisa spoke to me from Sundance on the eve of her world premiere.
Melissa Silverstein: Why did you want to make this movie?
Lisa Jackson: It's an invisible story as a lot of women's stories are, the horrific tale of the systematic rape and mutilation of hundred and thousands of women. It's just stunning to me that nobody was reporting it. The NY Times did one story on this angle of the war. But what they are doing to women…not only the militias from the neighboring countries but the Congolese army itself. I interviewed soldiers who were raping the very women they were supposed to be protecting.
MS: It was amazing that when you were talking to the rapists how they had a complete and total disconnect from the harm they were actually causing.
LJ: They [the Congolese army] see themselves as just "raping" whereas the militias are the one who mutilate the women and fire guns into their vaginas. But the end result is exactly the same. The women are shunned, turned out from their villages and abandoned. So the end result is exactly the same and that they parse the difference is just ridiculous, the disconnect is pretty profound.
MS: You made yourself a character in the film. Why did you do that?
LJ: It wasn't something I was initially going to do but people who saw rough cuts said that I absolutely had to because it was through telling them my story [of being raped] that the barriers between us came down.
MS: What compelled you to go to the Congo?
LJ: Here was this story, the stories of these women and no one was telling it. It seemed important to me not to have some hand wringing piece but to actually listen to the women's stories. These are women who are silent and to be able to share their story with someone who was not judging them was an experience none of them ever had.
I went to Kinshasa on frequent flyer miles and with documentaries you never know what you are getting into. I don’t have much experience shooting in conflict zones but a friend working with the UN Peacekeepers was able to get me a UN credential. I then made my way east to where the real nightmare was unfolding.
My radar is particularly attuned to those voices, which are the other side of war. I thought for years of doing a survey film on the fate of women and girls in conflict zones because of the ongoing devastating effects of war. So I went to the worst place first to shoot.
I am continuing the theme and have been to Colombia twice in the last three months doing a film on displaced women. It is said that 60% of the women in Colombia have suffered either physical or sexual violence. This is another one of those invisible stories, and it is a requirement of a documentary to find stories that otherwise you would never hear about.
MS: How did it feel being a first world white woman going into a third world country?
LJ: I thought that through before I went. I was a white woman in the bush with a camera. I might as well have been dumped from a spaceship. I thought that as much as I could it was important to let them know I was one of them so I brought photographs to demystify where I was coming from and I shared my story of rape. They kept asking me about the war [thinking that rape only occurs in timer of war]. They asked lots of questions including, did you family know you were raped? How was it is you got married? They were fascinated that I had a boyfriend, and they were stunned to hear that I chose not to have children.
Their questions pointed to how different we really were. I feel an intense responsibility to them. It was the rare woman who would tell me her story without pleading for help for her and her sisters.
MS: Why do you think that women directors are so well represented in documentaries versus features?
LJ: I've only made documentaries for 35 years, but the thing about docs especially now, is that you have the option of doing it on your own. On this film I shot it, did the sound, directed, and edited it -- I was a one-person band. I tried for almost a year to get funding. I have never done a doc this way but you really do have that option especially working on a small scale. You have a lot more control. This is also a film that nobody would have funded because it's such a bummer subject, but once people see it they are shocked that nobody has done it before. I knew that once I got over there are started filming that I would get support because people would see from the women's faces hear their stories and realize what a compelling subject it was.
MS: What can people do to help?
LJ: We are putting together an outreach strategy around the culture of impunity to hopefully pressure the Congo government to prosecute rapists. We will provide resources where people can donate money. But also it's important for the first world to look at its role. This is an economic war. The blood of Congolese women are on our cell phones. It's important to understand that it's not just a bunch of crazy Africans killing each other. There is an economic imperative behind the pillaging, killing and rape.
To strike at the women is to strike at the heart of the culture. If you destroy women the civilization collapses.
For more information and to see the trailer: http://www.thegreatestsilence.org/
Submitted by Melissa Silverstein January 24, 2008 - 2:25pm
mardi 30 octobre 2007
En toute impunité Fémicide au Congo

par Élaine Audet
"Un véritable fémicide a lieu en ce moment dans la République démocratique du Congo", a déclaré Stephen Lewis, ancien ambassadeur du Canada à l’ONU et envoyé spécial de l’ONU pour le VIH/SIDA en Afrique, lors d’une conférence à l’Université de Montréal, le 9 octobre 2007. On assiste à une barbarie indicible sous l’œil du monde sans que personne n’intervienne. La violence est si extrême qu’il est impossible de la décrire à la radio, ajoute Aline Gobeil de Radio-Canada. Il n’y a aucun équivalent sur terre, selon Stephen Lewis. Ce qui se passe dans l’est du Congo est la continuation du génocide au Rwanda. Des miliciens hutus ont trouvé refuge au Congo, depuis 1994, attirés par ses richesses, et y perpètrent en toute impunité, à la face de l’opinion mondiale, viols, mutilations, cannibalisme.
L’année dernière, Sisyphe avait publié un article de Rory Carroll affirmant qu’en huit ans, des dizaines de milliers de Congolaises ont été violées et torturées par des militaires et des proches. Le 7 octobre dernier, le New York Times publiait un article parlant d’"épidémie de viols au Congo" ! Un médecin travaillant dans l’épicentre de cette "épidémie" déclare qu’on ne sait pas pourquoi ces viols ont lieu, mais qu’une chose est claire : "Ils ont pour but de détruire les femmes."
Du film The Greatest Silence : Rape in the CongoSelon les Nations Unies, 27 000 agressions sexuelles ont été rapportées en 2006 dans la province du Sud Kivu seulement, et cela n’est qu’une fraction de l’ensemble de ces crimes dans tout le pays. Malteser International, un organisme européen de lutte contre le sida qui opère des cliniques médicales dans l’est du Congo, estime qu’il y a un risque de 8 000 cas de viol cette année, comparé à 6 338, l’année dernière. L’organisme déclare que "dans la seule ville de Shabunda, 70% des femmes ont subi des brutalités sexuelles."
Causes inconnues ?
Les médecins, le personnel de lutte contre le sida, les chercheuses et chercheurs tant congolais qu’étrangers ne peuvent expliquer un tel déchaînement de violence. Plusieurs Congolais nient que le problème soit culturel et insistent pour dire que ces viols en série n’ont pas pour cause la façon dont les hommes traitent les femmes dans la société congolaise. Si tel était le cas, on s’en serait rendu compte depuis longtemps, déclarent-ils. L’épidémie de viols s’est déclarée au milieu des années 90, au moment de l’arrivée massive des réfugiés hutus, après l’extermination de 800 000 Tutsis et Hutus modérés au Rwanda. Un consultant canadien travaillant dans le domaine de la prévention du sida qualifie le phénomène des viols massifs de "valeurs inversées", de tels comportements pouvant se développer, selon lui, dans des régions traumatisées par des conflits interminables comme dans l’est de la République démocratique du Congo.
Dans un article paru dans Libération le 8 mars 2007 et intitulé "Congo, le viol comme arme de guerre", Juliana Gristelli raconte que, dans l’hôpital situé à l’extrême est du Congo, "La plus jeune des patientes a 5 ans. Les viols rituels sur des enfants ou des femmes âgées ont toujours existé dans la région. Mais la plupart des femmes opérées à Panzi ont été victimes de campagnes massives où le viol a été utilisé comme une arme de guerre, visant à détruire le tissu familial et social par la transmission du VIH et la mutilation."
En 2005, 3 600 femmes ont été opérées à Panzi, 3 550 en 2006. Et on va d’histoire d’horreur en histoire d’horreur : "Tes jambes ne te servent à rien, je vais te les brûler". C’est ce que le mari de Mélanie lui a dit lorsqu’elle est rentrée chez elle, en lui racontant qu’elle avait été violée dans les champs où elle travaillait. Furieux, au lieu de la consoler, le mari l’a accusée de ne pas avoir couru. Il l’a aspergée de combustible et a craqué une allumette. Marie a été violée avec sa fille de 8 ans. Euralie, elle, a été violée devant ses propres enfants par huit soldats, qui venaient de tuer son mari.
Agir
En lisant ces articles et témoignages, on se demande ce qu’il faudrait faire pour venir en aide à nos sœurs congolaises pourchassées par des assassins qui, en toute impunité, cherchent à les effacer de la surface de la terre. On ne saurait s’en étonner quand on voit la montée de la violence sexiste aux quatre coins de la planète. Qu’il s’agisse de femmes manquantes, comme en Inde ou en Chine où l’on avorte systématiquement des fœtus féminins, de "l’épidémie" de violence maritale dans les pays occidentaux alors que le viol tarifé dans la prostitution y est de plus en plus banalisé et légalisé. La vie d’une femme ne vaut décidément pas cher en ce début du 21e siècle qui devait être marqué par le triomphe de la démocratie et la répartition équitable de la richesse mondiale. Alors que le système capitaliste néolibéral fait l’objet de critiques virulentes, il y a une énorme tolérance face au système patriarcal, responsable de tant d’injustices et de violences au nom de la suprématie masculine, de la tradition et de la religion.
Pas moins de 13 compagnies minières canadiennes ont des actifs de 1,5 milliard de dollars en République démocratique du Congo, nous apprend l’émission Maisonneuve en direct, du 12 octobre 2007. L’animateur a réussi le tour de force d’examiner d’un œil critique le comportement des compagnies canadiennes dans ce pays "si instable" sans souffler mot du sort réservé aux Congolaises. C’est au Congo que les investissements miniers canadiens sont les plus considérables. Un puissant moyen d’action serait d’exiger du gouvernement canadien qu’il force les compagnies minières à se retirer de ce pays tant qu’il n’aura pas mis fin à la violence envers les femmes et les fillettes et au massacre comme moyen de résoudre les conflits.
La cinéaste Lisa F. Jackson a tenté pour sa part d’alerter l’opinion mondiale sur ce fémicide dans un film intitulé The Greatest Silence : Rape in the Congo. Dans ce film bouleversant, des femmes courageuses brisent le silence sur ce qu’elles ont vécu.
On peut également appuyer les organisations de femmes congolaises qui luttent sur le terrain comme le fait Christine Schuler Deschryver ou l’Unicef qui a lancé une campagne : "Arrêtez de violer notre plus grande ressource : pouvoir aux femmes et aux filles de la République démocratique du Congo." Ou téléphoner au Premier Ministre Harper : (613) 992-4211, ou lui envoyer un courriel, ainsi qu’à notre député-e en exigeant que le gouvernement fasse pression au plan international pour mettre fin au fémicide dans la République démocratique du Congo.
Si vous avez d’autres suggestions, veuillez les ajouter en cliquant sur l’onglet "Commenter l’article" ci-dessous. Notre solidarité à chacune peut faire toute la différence !

vendredi 25 janvier 2008

23 février 2008 : Le Club Soroptimist de Soignies convie Pie Tshibanda à Neufvilles au profit de l'AFEDE

"Je ne suis pas sorcier "



de et par




PIE
TSHIBANDA


Samedi 23 février 2008 à 19h30





Salle de spectacle du Centre Reine Fabiola,
455, rue de Neufvilles à Neufvilles




20 € (1 boisson comprise)




Réservation : 270-0294267-22 avant le 20 février

Organisé par le club Soroptimist
de Soignies au profit de


Pour information et contact :
Joëlle Petit: 067/34.10.16
Emilie-Flore Faignond: 067/336749

mercredi 23 janvier 2008

Résolution du Parlement européen du 17 janvier 2008 sur la situation dans la République démocratique du Congo et le viol comme crime de guerre

Situation en République démocratique du Congo et le viol comme crime de guerre
(B6-0022, 0030, 0035, 0037, 0043 et 0044/2008)

Résolution du Parlement européen du 17 janvier 2008 sur la situation dans la République démocratique du Congo et le viol comme crime de guerre
Le Parlement européen,
– vu ses résolutions précédentes sur les violations des droits de l’homme dans la République démocratique du Congo (RDC),
– vu la résolution de l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE du 22 novembre 2007,
– vu le statut de Rome de la Cour pénale internationale adopté en 1998, et en particulier ses articles 7 et 8 qui définissent le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée et la stérilisation forcée ou toute autre forme de violence sexuelle comme des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre et les assimile à une forme de torture et à un crime de guerre grave, que ces actes soient perpétrés systématiquement ou non durant des conflits internes ou internationaux,
– vu le vingt-quatrième rapport du secrétaire général des Nations unies sur la mission des Nations unies dans la République démocratique du Congo, du 14 novembre 2007,
– vu la déclaration de la mission des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC), du 27 juillet 2007,
– vu la publication de l'organisation "Human Rights Watch" intitulée "Nouvelle crise au Nord-Kivu", d’octobre 2007,
– vu la publication de l'organisation "Human Rights Watch" intitulée "En quête de justice: poursuivre les auteurs de violences sexuelles commises pendant la guerre du Congo ", de mars 2005,
– vu le rapport d’Amnesty International pour l’année 2007,
– vu le plan d’Action Humanitaire 2008 pour la République démocratique du Congo, soutenu par les Nations unies, du 11 décembre 2007,
– vu les « nouvelles et analyses humanitaires » du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires, du 13 décembre 2007,
– vu l'article 115, paragraphe 5, de son règlement,

A. considérant que la guerre et les troubles à l’Est de la RDC ont généré des violences sexuelles à l’égard des femmes, perpétrées, à grande échelle et à un niveau alarmant, par des groupes rebelles armés, ainsi que par des forces gouvernementales, armées et de police ;
B. considérant que, à l’Est de la RDC, des femmes sont systématiquement attaquées à une échelle sans précédent et que, selon le sous-secrétaire général des Nations unies pour les affaires humanitaires, la violence sexuelle dans la RDC est la plus grave au monde ;
C. considérant que des viols sont également commis dans les camps de personnes déplacées, où de nombreux civils se sont réfugiés pour se protéger des combats qui ont amené plus de 400 000 personnes à quitter leurs foyers et villages pour la seule année 2007 ;
D. considérant que, d’après le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, les atrocités contre les femmes prennent la forme de viols, de viols collectifs, de l’esclavage sexuel et du meurtre, qui ont des conséquences profondes notamment en portant atteinte aux femmes tant physiquement que psychologiquement ;
E. considérant que selon le plan d’Action Humanitaire 2008 pour la RDC, il y a eu 32353 viols enregistrés durant l’année 2007, ce qui ne constitue probablement qu’une partie du chiffre total ;
F. considérant que la résolution 1325(2000) du Conseil de sécurité des Nations unies souligne la responsabilité de tous les États pour mettre fin à l’impunité et pour poursuivre les responsables de crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, notamment ceux qui impliquent des violences sexuelles et d'autres violences à l’égard des femmes et des filles,
G. considérant que le viol semble être utilisé comme moyen pour humilier les femmes devant leurs familles et leurs communautés et détruire ainsi l’intégrité, le moral et la cohésion de ces communautés ;
H. préoccupé par le fait que les femmes et les filles qui sont victimes de viol subissent dans une large mesure la discrimination sociale et le rejet de la part de leurs familles et communautés, alors que les coupables restent impunis, ce qui explique aussi pourquoi seule une partie des viols est signalée par les victimes ;
I. profondément préoccupé par l’insuffisance des efforts déployés pour mener des investigations approfondies sur ces crimes, par l’absence de mesures de protection des témoins, des victimes et des familles des victimes, le manque d’informations concernant les affaires et l’absence de soins médicaux appropriés pour les victimes;
J. considérant que la nouvelle loi sur la violence sexuelle adoptée par le parlement de la RDC en 2006, conçue pour accélérer les poursuites en cas de viol et imposer des sanctions plus sévères, a eu jusqu’à présent peu d’effet ;
K. considérant la déclaration commune du Rwanda et de la RDC, signée à Nairobi le 10 décembre 2007, pour une solution globale à la présence de groupes armés au Kivu, qui sont responsables de violences sexuelles et d’autres violations des droits de l’homme ;
L. considérant que les nombreuses années de conflit armé ont engendré directement et indirectement 4 millions de victimes directes et indirectes et provoqué le déplacement d’au moins 1,5 million de personnes, la plupart étant des femmes et des enfants, ainsi que la destruction de l’infrastructure socio-économique de la RDC ;

1. condamne résolument le recours au viol comme arme de guerre et rappelle que la Cour pénale internationale est , tout comme la RDC, compétente pour juger ces actes;
2. demande instamment, en particulier, que les coupables de violences sexuelles à l’égard des femmes soient dénoncés, identifiés, poursuivis et punis conformément au droit pénal national et international ;
3. demande au gouvernement de la RDC de mettre fin à l’impunité et de mettre en œuvre la nouvelle loi adoptée par son parlement condamnant les violences sexuelles, qui prévoit des sanctions plus sévères pour leurs auteurs ;
4. exhorte la communauté internationale à prendre toutes les mesures nécessaires pour aider les autorités nationales compétentes à enquêter sur ces actes et à poursuivre les coupables,
5. demande à l’Union européenne d’allouer des fonds substantiels pour fournir une aide médicale, juridique et sociale aux victimes d’abus sexuels et donner plus de pouvoir aux femmes et aux filles pour empêcher de nouveaux abus sexuels ;
6. demande à toutes les forces en présence dans les conflits qui se déroulent dans l’Est de la RDC de respecter les droits de l'homme et le droit humanitaire international, de mettre fin à toutes les attaques contre les femmes et d’autres civils et de permettre aux agences humanitaires de venir en aide aux victimes ;
7. demande à l’Union européenne et aux Nations unies de reconnaître le viol, la grossesse forcée, l’esclavage sexuel et toute autre forme de violence sexuelle comme crimes contre l’humanité, crimes de guerre graves et comme une forme de torture, qu’ils soient ou non perpétrés de manière systématique ;
8. demande à tous les pays membres des Nations unies d’envoyer du personnel à la mission de maintien de la paix de la MONUC pour pour assurer le suivi de toutes les plaintes pour abus sexuel et exploitation sexuelle, en particulier celles qui concernent des mineurs, et de traduire en justice le plus vite possible les auteurs d’abus sexuels; demande dès lors que soit renforcé le mandat de la MONUC du point de vue de la protection des civils contre les violences sexuelles;
9. demande aux Nations unies, à l’Union africaine et à l’Union européenne ainsi qu'aux autres partenaires de la RDC de mettre tout en œuvre pour instaurer un mécanisme de surveillance efficace permettant de rassembler des preuves sur les violences sexuelles en RDC et d’apporter une aide et une protection efficaces et adéquates pour les femmes, en particulier à l’Est du pays ; 10. exprime sa profonde préoccupation face au fait que la violence sexuelle cause un immense exode rural et souligne que la violence sexuelle systématique et une “culture de la violence sexuelle” générale détruisent tous les réseaux sociaux et représentent une véritable menace à l’échelle nationale;
11. se félicite de l’ouverture de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement à Goma (Nord-Kivu) et espère que la cessation des hostilités durant la conférence soit la première étape de l’établissement de la confiance entre les belligérants; exhorte les participants à aborder la question de la violence sexuelle à l’égard des femmes et des filles et à s’engager à traduire les responsables en justice;
12. demande à la Commission d’apporter son aide, notamment financière, pour la tenue d’une conférence pour la paix au Kivu en vue de permettre à la population de participer à la recherche de solutions durables;
13. invite le gouvernement de la RDC et la MONUC à garantir un niveau approprié de sécurité pour les membres des organisations humanitaires;
14. charge son président de transmettre la présente résolution à la Commission, aux gouvernements des États membres de l’UE, aux gouvernements de la RDC et des pays des Grands lacs, aux institutions de l’Union africaine et au secrétaire général des Nations unies.