Fathya Waberi / MONUC 05 mai. 08 - 09h18
La section de l’Information publique/Aru, en partenariat avec le Bureau Genre, Famille et Enfant, le Forum des Mamans d’Aru et plusieurs ONG œuvrant sur la question des violences sexuelles, a initié, le 2 mai 2008, une campagne de sensibilisation dans le territoire.
Le programme a débuté dans le camp Odro, situé à 5 km d’Aru et quartier général de la 1ère Brigade de l’Ituri. Trois heures durant, quelque 150 éléments des FARDC - soldats, officiers et sous-officiers - ont suivi une séance de vulgarisation de la loi du 20 juillet 2006 relative aux violences sexuelles, ses innovations, la description des infractions et les peines encourues.
L’attention des militaires a été particulièrement attirée sur le fait que leur mission, très honorable de protection du territoire et des populations, a pour corollaire qu’ils soient souvent passibles de peines plus lourdes devant l'Auditorat militaire... par rapport à celles qui seraient infligées ailleurs aux civils pour les mêmes violations.
Après les interventions des sensibilisateurs, la question du relèvement de l’âge des victimes de violences sexuelles, passé de 14 ans à 18 ans dans la nouvelle loi, a longuement suscité le débat. Les militaires ont fait valoir que cette partie du texte entrait en conflit avec les coutumes de plusieurs groupes ethniques au Congo. Et spécialement en territoire d’Aru, où la plupart des communautés ne réprouvent pas ouvertement d’épouser ou d’avoir des relations avec une fille de 15, 16 ou 17 ans.
Sur ce volet, Maitre Jean-Louis Nzokana, membre de la Synergie contre les violences sexuelles-section d’Aru, s’est montré très clair en précisant que le consentement d’une mineure n’est jamais reconnu par le législateur, et que tout contrevenant s’inscrirait de facto dans une démarche hors-la-loi. Dans un second temps, il s’est aussi voulu rassurant, ajoutant que la loi émane de Congolais, et qu’elle est destinée à régir cette société. Il demeure donc parfois possible de se marier avec une mineure, si toutefois il existe un consentement parental, et si le tout est avalisé par le juge, en l’occurrence ici le Tribunal de paix.
Cette journée de sensibilisation à l’adresse des militaires sera suivie par deux autres dans la cité d’Aru. Lundi 5 mai, le groupe d'organisateurs ira à la rencontre des policiers dans leur quartier général, et mercredi 7 mai une conférence-débat réunira les leaders d’opinion et religieux, les chefs de quartiers, les responsables d’institutions scolaires et universitaires, sans oublier la société civile. Par la suite, le convoi contre les violences sexuelles prendra la route pour poursuivre la campagne dans les huit collectivités du territoire: Ondolea, Ariwara, Ingbokolo, Otsé, Yuku, Adranga, Biringi et Mado.
A. Doss à Mbandaka: Il n'y aura pas de développement sans Etat de droit et bonne gouvernance
Jean-Tobie Okala / MONUC 08 mai. 08 - 20h15
Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nation Unies en RD Congo, Alan Doss, a effectué, le 8 mai 2008, sa première visite officielle à Mbandaka, Chef-lieu de la Province de l’Equateur, depuis sa prise de fonction en janvier 2008. Le but de cette visite était d’abord de prendre contact avec les autorités provinciales; mais aussi de s’imprégner des réalités et des conditions de travail du personnel onusien dans cette Province.
Au menu de cette visite, quatre grandes étapes: une rencontre avec le Gouverneur intérimaire de Province, une autre avec l’ensemble du personnel de l’équipe intégrée des Nations Unies à l’Equateur (MONUC et Agences du Système des Nations Unies), une allocution devant l’Assemblée provinciale, une visite à l’Hôpital Général de Référence de Wangata de Mbandaka où M. Doss a procédé au lancement officiel des activités de mobilisation sociale pour la campagne de vaccination contre la Poliomyélite et la supplémentation en Vitamine A. Il y remettra aussi un important lot de médicaments et de matériel.
Trois principaux messages ont été délivrés par le Représentant spécial à ses différents hôtes. D’abord, que la Province de «l’Equateur et l’Ouest de la RDC en général ne sont pas ignorés ou oubliés». Comme en témoigne sa visite de ce jour. Si, a-t-il affirmé, pour des raisons évidentes, la MONUC concentre à l’Est du pays l’essentiel de ses moyens, l’Est n’est pas la RDC; dès lors, l’Ouest et l’Equateur ne devraient pas y voir une forme d’abandon par la mission onusienne. Ensuite, Alan Doss a beaucoup insisté sur la bonne gouvernance et l’Etat de droit. Pour lui, «il n’y aura pas de développement économique et social au Congo sans Etat de droit et sans bonne gouvernance, conditions nécessaires à l’établissement de la confiance».
Le temps de la guerre armée est terminé, a lancé A. Doss, est venu maintenant celui de la guerre du développement. Se disant résolument optimiste sur l’avenir de l’Afrique et du Congo, le Représentant spécial a déclaré que pendant plus de quarante ans, l’Afrique a beaucoup souffert: maintenant, c’est le tour du Congo et de l’Afrique, lesquels regorgent de tant de potentialités. Mais pour réussir le pari du développement, il faut créer un climat de confiance pour attirer les investisseurs. Une confiance qui passe donc nécessairement selon lui, par l’instauration de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance. «Sans cela, aucun investisseur ne viendra à l’Equateur ou même au Congo», a-t-il conclu.
Troisième et dernier message délivré aux Equatoriens par le Représentant spécial: la lutte contre les violences sexuelles faites à la femme et à la jeune fille. Profitant de la remise d’un important lot de médicaments à l’Hôpital général de Référence de Wangata à Mbandaka, Alan Doss a fermement condamné toutes formes de violences sexuelles à l’égard des femmes. Il a demandé aux hommes et aux autorités de protéger les femmes, et a affirmé que «les Nations Unies sont derrière les femmes dans leur lutte contre ce fléau».
Citant quelques exemples de cet appui des Nations Unies, le RSSG a rappelé, entre autres, l’Initiative Conjointe de Lutte Contre les Violences sexuelles, réponse coordonnée de la communauté internationale face à cette barbarie des temps modernes, et sa présence en ce jour à l’Hôpital général de Wangata pour la remise de médicaments.
Les autorités provinciales se sont dites satisfaites de cette visite qui honore la Province, car ont-elles souligné, l’Equateur a été choisi pour la première sortie officielle du Représentant spécial dans l’Ouest du pays. Diverses doléances ont été adressées à Alan Doss, notamment la lancinante question des démobilisés dont la prise en charge tarde, avec tous les risques d’insécurité que cela génère et la manipulation dont ces (anciens) soldats peuvent être l’objet; la pauvreté endémique qui ronge les populations, alors que la Province regorge de tant de ressources (eau, foret, minerais…), avant de demander une assistance accrue des Nations Unies dans leurs efforts de reconstruction de cette Province qui a payé un lourd tribut à la guerre civile des années 90-2000.
Le Représentant spécial a aussi rencontré les responsables de l’équipe intégrée de l’ONU à l’Equateur, composée de la MONUC et des Agences du Système des Nations Unies (UNICEF, PAM, PNUD, OMS, UNFPA et FAO). M. Alan Doss a pu ainsi s’informer des conditions et de l’environnent dans lesquels ces Agences travaillent, des résultats obtenus mais aussi des leçons apprises et des défis à venir. Puis, il a échangé avec l’ensemble du personnel de cette même équipe intégrée qu’il a félicité pour les résultats obtenus à l’Equateur, dans des conditions de travail parfois difficiles. Il l’a exhorté à «continuer dans ce sens pour aider la RDC à retrouver sa place aussi bien en Afrique que dans le monde».
Le RSSG a clôturé cette rencontre par un appel à tout le personnel des Nations Unies, quel qu’il soit, à afficher un comportement exemplaire en tout lieu et tout le temps, dans la stricte application de la politique des Nations Unies de tolérance zéro en matière d’abus et d’exploitation sexuels
RDC : L’avocate Kazadi Ditabala et la juge Bokashanga Kwete expliquent comment le viol fait partie de stratégies militaires
jeudi 1er mai 2008 Botowamungu Kalome (AEM)
De gauche à droite : Honorine Christine Boshakanga Kwete, juge au tribunal de commerce et Bestine Kazadi Ditalaba, avocate et écrivaine(Photo : AEM)
Dans les plénières et les allées du « Congrès international de la femme noire », organisé la semaine dernière à Paris, deux femmes de conviction ont été brillantes et convaincantes dans le plaidoyer en faveur de la femme congolaise, victime des violences sexuelles dans les zones de guerre : Bestine Kazadi Ditabala et Honorine Christine Bokashanga Kwete, soutenues par Olive Lembe Kabila la femme du président congolais. Dès que la question est évoquée, les deux dames ne contiennent pas leurs passions. La première, avocate et écrivaine, est un esprit vif, une intelligence alerte, dotée d’un phrasé qui crépite… le genre d’avocat qui, quelque soit la solidité de son dossier, mieux vaut l’avoir comme son conseil plutôt que de le voir dans le camp d’en face. Charmante et coquette, Maître Bestine Kazadi Ditabala ne laisse nul temps à ses interlocuteurs de s’appesantir sur son irrésistible beauté : elle a l’incroyable talent de fixer toutes les attentions sur les sujets qu’elle développe avec passion et humour selon que le sujet est grave ou léger. Quant à Honorine Christine Bokashanga Kwete, juge au tribunal de commerce de Kinshasa/Matete, allure élégante et indolente, son accent chantant des Anamongo apaise sans atténuer la force de son propos. Dans un entretien croisé avec Afriqu’Echos Magazine (AEM), les deux dames évoquent la femme congolaise, les droits de l’homme et l’avenir de la RD Congo.
AFRIQU’ECHOS MAGAZINE(AEM) : Voudriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Maître BESTINE KAZADI DITABALA (BKD) : Je m’appelle Bestine Kazadi Ditabala, je suis avocate au barreau de Kinshasa et écrivaine.
HONORINE CHRISTINE BOKASHANGA KWETE (HCBK ) : Je suis juge au tribunal de commerce de la commune de Matete à Kinshasa.
AEM : Maître, j’ai suivi votre intervention et j’ai le sentiment que, pour vous et pour d’autres oratrices qui vous ont précédée, le combat des femmes ne concernerait que les femmes et qu’il n’y aurait pas d’homme féministe…
BKD : Non pas du tout, nous sommes venues participer à un congrès qui concernait la consolidation du leadership féminin de la femme noire d’Afrique et d’Amérique, c’était vraiment un moment privilégié puisque c’était la rencontre entre l’Afrique et l’Amérique noire des femmes mais à côté des hommes. Notre souci était de montrer l’importance d’un réseautage, la pertinence également dans les échanges des expertises et des expériences dans nos pays respectifs. Nous voulions également identifier les femmes qui sont des leaders dans leurs pays dans leurs domaines respectifs. Les hommes étaient les bienvenus, d’ailleurs ils étaient à côté de nous et nous ont couvertes de leurs encouragements et félicitations.
AEM : Vous avez évoqué le leadership féminin en RDC où l’on parle beaucoup de cinq chantiers du président Joseph Kabila, le sixième chantier « oublié » ne serait-il pas celui des droits humains pour ce pays qui sort d’une longue et pénible guerre précédée par une dictature inouïe ? À ce propos, Madame la juge, y aurait-il un apport féminin spécifique dans l’action de la magistrature en RD Congo ?
HCBK : Dans les cinq chantiers il y a le social, et dans le social la femme, l’enfant et leurs droits sont concernés. Quant à la magistrature, il faudra noter la quête de la justice qui est permanente chez la femme, une quête très prononcée dans le contexte particulier d’aujourd’hui dans notre pays. Et je parle ici de la justice dans son acception la plus large dont on a besoin jusque dans des choses d’apparence banale dans la vie de tous les jours jusqu’au sein de la cellule familiale.
BKD : En ce qui concerne les droits de l’homme, nous sommes venues là également pour prêter notre voix à Madame Olive Lembe Kabila qui est très sensible aux questions de la violence faite aux femmes et aux violations des droits de l’homme, c’est ainsi que dans mon intervention j’ai demandé à l’assistance de rendre hommage à toutes ces femmes et jeunes filles connues ou anonymes qui ont donné de leurs vies et qui donnent toujours de leurs vies pour la consolidation de la paix. Vous savez en RDC, les femmes sont les principales victimes de toutes les violences, particulièrement les violences sexuelles. Comme je l’ai dit et répété, et comme je le répéterai jusqu’à la fin de ce massacre, c’est quelque chose d’indescriptible utilisé comme une arme de guerre contre la femme au quotidien. En venant à ce congrès, c’est ce message de paix au monde entier que la première dame de la RDC nous a recommandé de faire passer, car ces violences empêchent les hommes, les femmes, la nation de se construire. Et comme vous le savez, sans la paix il ne peut y avoir sécurité, et sans sécurité il ne peut y avoir développement. Dans un cadre de guerre, on ne peut sécuriser l’investissement et cela empêche la productivité de rehausser le niveau de vie.
AEM : Vous qualifiez les violences sexuelles d’arme de guerre, pensez-vous que c’est une stratégie militaire pensée, délibérée ou simplement une folie criminelle qui s’est emparée des hommes, la guerre faisant et à force de côtoyer et de vivre intimement, matin et soir, avec la mort et la violence ?
BKD : Je pense que c’est conscient et planifié. Vous savez, je travaille beaucoup avec des femmes de l’Est à travers des ONG et associations, je prête souvent mon expertise pour réfléchir sur les dispositions légales à prendre pour empêcher l’impunité. Les récits de personnes que je rencontre, les rapports que je lis, attestent que ces hommes sont conscients et le font exprès pour enlever la part d’humanité à la femme, pour la rendre petite, pour affaiblir également les hommes. Vous savez quand on touche à une femme, on touche en même temps à la mère, à la sœur, à l’épouse… du coup l’homme est fragile, fragilisé. Ce n’est pas une folie meurtrière qui s’est emparée des gens, c’est un plan étudié contre la femme, contre le Congo. Au congrès j’ai insisté encore sur le fait que le monde entier reste muet face à ces violences qui sont intraduisibles par des mots… C’est comme si on violait, on endeuillait le visage de l’humanité.
HCBK : Je suis complètement d’accord avec Maître Kazadi et je souligne que ces violences sont un crime contre l’humanité. Les violences sexuelles sont une arme de guerre car, lorsqu’une femme est violée, elle est démoralisée et son mari qui est au front l’est tout autant et perd du coup la rage de se battre, de défendre son pays. Rendez-vous compte que certains violeurs vont plus loin en utilisant des objets métalliques, contondants sur les parties intimes de la femme. A ce congrès, nous sommes venues également dire aux femmes du monde entier que, chaque fois qu’on viole une femme au Congo, ce sont toutes les femmes dans le monde entier qui doivent se sentir violées.
Concernant l’arsenal juridique congolais, il me paraît adéquat mais notre préoccupation c’est l’application effective des jugements et arrêts que nous rendons.
BKD : La question de l’impunité soulevée par Madame la juge est essentielle, il faudra que bourreaux et victimes sachent que ces crimes odieux ne resteront pas impunis. La réforme, récemment, du code pénal nous a beaucoup aidé avec la qualification du viol qui nous permet, nous praticiens du droit, de pouvoir l’utiliser comme outil pour poursuivre et pour dire aux femmes victimes de violences sexuelles qu’il y a une sanction a la clé contre les auteurs de ces drames.
Quant aux violences utilisées à des fins militaires, il faudra que la communauté internationale prenne conscience de ce génocide face auquel elle ne doit plus détourner son regard. Nous ferons tout pour cela et nous sommes heureuses de pouvoir compter sur un soutien sans relâche de Madame Olive Lembe Kabila qui y consacre des moyens conséquents.
AEM : Sur la sécurité dans tout le pays, les perspectives sont-elles rassurantes ?
BKD : Les décideurs y travaillent, vous savez le retour de la paix ce n’est pas du jour au lendemain. Il faut mettre des moyens forts pour arriver à atteindre la paix et je pense que la paix ne pourra sortir que d’une démarche collective des Congolais réunis autour d’une table car sans la paix, il sera impossible d’atteindre le développement.
HCBK : Il y a lieu d’être optimiste, moi qui suis juge au tribunal de commerce, je constate notamment qu’il existe des dispositions légales qui sécurisent les investissements nationaux et étrangers. Il faut croire au Congo.| Interview réalisée à Paris par Botowamungu Kalome (AEM)
Etats-Unis: Nous sommes préoccupés par les abus de libertés individuelles
Nina Yacoubian / MONUC 30 avr. 08 - 18h08
L’Ambassade des Etats-Unis en RDC a organisé, le 29 avril 2008 dans la Maison des droits de l’Homme du Centre Carter à Kinshasa, un forum d’échange avec des représentants d’organisations de la société civile de défense des droits de l’Homme en RDC. Lors de cet échange, l’Attaché politique de l’Ambassade américaine en RDC, Steven Kenoyer, a expliqué le rôle des Etats-Unis en matière de droits de l’Homme en RDC.
«Nous contribuons au financement des ONG nationales. Nous pensons que la société civile a un rôle très important dans le renforcement de la démocratie et le développement de la culture congolaise», a affirmé M. Kenoyer.
L’Attaché politique américain a réitéré l’engagement des Etats-Unis dans le domaine de droit de l’Homme. «Les droits de l’Homme font partie de notre culture et nous sommes votre partenaire dans ce domaine», a-t-il dit.
M. Kenoyer a exprimé la préoccupation des Etats-Unis sur divers sujets touchant aux droits de l’Homme, notamment les crimes de guerre, les violences sexuelles faites aux femmes et le recrutement des enfants par les groupes et forces armés. A cet effet, il a rappelé que le Département d’Etat américain publie chaque année sur son Site Internet un rapport sur les droits de l’Homme en RDC, et que le plus récent date du mois dernier: http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrpt/2007/100475.htm
M. Kenoyer a également rappelé l’appui des Etats-Unis lors de la Conférence de paix à Goma en janvier dernier. «Nous sommes ici pour aider la RDC. Nous avons des programmes de bonne gouvernance, de lutte contre la corruption, de santé publique, de formation des militaires et surtout des programmes pour la formation des procureurs et de magistrats militaires congolais en vue d’enquêter sur les crimes de violence sexuelle», a-t-il dit.
Le diplomate américain s’est également dit préoccupé par les abus de libertés individuelles. «Nous sommes en train de dialoguer avec le gouvernement congolais pour les encourager à voter une nouvelle loi sur la liberté individuelle conformément à la Constitution. Pour le moment, il y a un vide entre ce que la Constitution dit et la loi congolaise en vigueur», a-t-il dit. «Nous sommes en faveur des réformes, mais, parce que la RDC est un pays souverain et indépendant, nous ne pouvons que faire des recommandations et il revient aux Congolais de mettre en place ces réformes».
Interrogé pourquoi les Etats-Unis n’ont pas ratifié le Statut de Rome qui a institué la Cour pénale internationale, M. Kenoyer a expliqué qu’il n’y a aucune garantie ni aucun mécanisme pour éviter d’éventuelles poursuites contre les soldats américains qui sont engagés dans certains actions militaires à travers le monde.
Lorsque interrogé sur le rôle des Etats-Unis dans la mort de l’ancien premier ministre Patrice Lumumba en 1961, l’Attaché politique américain a expliqué que c’était pendant la guerre froide où les mentalités et le contexte politique étaient différents. «Malheureusement, il y a eu des fautes et des erreurs et nous devions sortir de ce contexte de guerre froide et nous en sommes sortis», a-t-il dit.
A ce sujet, il a invité les Congolais à se concentrer sur le présent qui est caractérisée par l’engagement des Etats-Unis en faveur des droits de l’Homme et de l’appuie à la démocratie notamment en RDC.
Finalement, sur les allégations concernant la responsabilité des Etats-Unis dans l’émergence du terrorisme avec sa politique d’«écrasement» des pays faibles. M. Kenoyer a répondu que son pays n’est pas responsable du terrorisme dans le monde. «Il faut plutôt voir la situation en rapport avec la pauvreté et la manipulation de la religion ainsi que les systèmes politiques qui ne sont pas toujours des systèmes libéraux», a-t-il dit.
L’Ambassade des Etats-Unis alloue chaque année la somme de 100.000 dollars pour promouvoir les actions des ONG congolaises de défense des droits de l’Homme et le développement de la démocratie.
Cette conférence diplomatique intervient dans le cadre des activités périodiques que la Maison de droit de l’Homme organise dans le but de mettre en rapport la société civile congolaise avec les représentations diplomatiques et les ambassades présentes à Kinshasa.
La Maison des droits de l’Homme du Centre Carter, inaugurée à Kinshasa le 11 mars 2008, a été financée par le gouvernement du Pays-Bas en collaboration avec le Centre Carter. Elle a pour objectif de servir comme centre d’information et de ressources pour l’ensemble du public ainsi que pour renforcer les capacités organisationnelles, institutionnelles et opérationnelles des ONG des droits de l’Homme et de la société civile.
vendredi 9 mai 2008
lundi 28 avril 2008
L’alphabétisation contre les violences sexuelles
24-04-2008
par Taylor Toeka Kakala RD Congo
(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Par l’initiation à la lecture et à l’écriture, des femmes du Nord-Kivu victimes de violences sexuelles sont devenues des actrices de la lutte contre l’impunité. Des efforts qui commencent à marquer des points.
"Au lieu de fondre en larmes, nous avons éclaté de rire. Pourtant, le sketch traduisait les différentes souffrances que connaissent nos grands-mères, nos mères, nos sœurs et nos filles par ce que nous avons appelé, depuis tout ce temps, la cruauté humaine", raconte Julien Paluku, le gouverneur de la province du Nord-Kivu, après avoir assisté début avril à un sketch du Collectif Alpha Ujuvi. Ce groupe de femmes victimes de violences sexuelles s’exprime par la chanson, l’image, la danse folklorique, les poèmes et le sketch humoristique afin de pousser les décideurs politiques et militaires du Nord-Kivu à leur rendre justice.
À l’initiative de religieuses catholiques, le Collectif Alpha Ujuvi rassemble une trentaine de femmes par formation, où elles apprennent à dénoncer tout auteur de ce crime odieux, en s’appuyant sur la lecture et l’écriture. Avec l’appui du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa), ces femmes ont placé des panneaux géants dans la ville, portant des images liées à la loi de 2006, qui renforce les peines pour les auteurs de violences sexuelles. Leurs messages indiquent : "Pas d’arrangements à l’amiable" (Ndlr : entre auteurs et familles des victimes, au détriment de l’honneur de celles-ci), "Viol égal 20 ans de prison", etc. Pour ces femmes longtemps analphabètes, s’exprimer et plus encore dénoncer les viols, sujet traditionnellement tabou, est déjà une victoire. En outre, certains dossiers pénaux sont désormais ouverts devant les instances judiciaires par le truchement de la Commission provinciale de lutte contre les violences sexuelles.
Conscientiser en alphabétisant
Pour la coordinatrice du Collectif, la sœur Deodata Bunzigiye, l’alphabétisation peut aboutir à ces résultats si elle va au-delà de la lecture et l’écriture. "Nous avons compris que l’alphabétisation concerne aussi la lutte contre les violences sexuelles", a-t-elle indiqué. Avant d’ajouter que 70% des femmes violées au Nord-Kivu sont analphabètes. "Il faut combattre les violences sexuelles par les vertus morales", a-t-elle renchéri. Le Collectif applique depuis mai 2007 l’approche dite conscientisante. Cette méthode, inventée dans les années 1960 par le Brésilien Paulo Freire, consiste à choisir, pour l’apprentissage technique de la lecture et de l’écriture, des mots qui ont aussi un contenu idéologique permettant le débat.
Dans Alpha Ujuvi, chaque fazila (module) est connoté d’une valeur morale. Ainsi, fazila tuungane prône l’unité, fazila tumaini, l’espérance et fazila amani, la paix. Les victimes de violences sexuelles ont ainsi appris que l’unité, qui donne de l’espérance, leur donne aussi une force pour arriver à la paix. Des notions élémentaires sur la connaissance des violences sexuelles sont également développées pendant la formation.
C’est ce qui leur a permis de témoigner devant les médias et surtout, de dénoncer le fléau à visage découvert, dans des manifestations publiques. "Dois-je avoir honte de m’exprimer alors que je suis blessée dans mon amour propre ?", s’est demandée une victime. "C’est parce que nous ne pouvions pas nous exprimer que ce fléau nous a tant ravagées", a ajouté une autre.
Répudiées…
Le prix de la prise de parole est parfois élevé. Comme si elles étaient responsables du malheur qui s’est abattu sur elles, deux femmes sur trois, selon les experts, sont d’office répudiées par leurs maris après le viol. Et cela, en dépit de tentatives de conciliation menées par les associations de prise en charge psychosociale.
C’est le cas de la plupart des femmes réunies au sein du Collectif Alpha Ujuvi, qui se soucie dès lors de leur survie en les initiant à l’apprentissage d’un métier. C’est ainsi que les habitants de Goma et des environs trouvent désormais des uniformes pour élèves, du matériel scolaire, des objets d’arts… en vente sur les étalages du Collectif. Les produits fabriqués par ces femmes sont vendus moins cher que ceux trouvés sur le marché. L’activité leur a permis de payer le loyer et les frais scolaires pour celles qui ont été chassées avec leurs enfants.
L’idée de mettre sur pied le Collectif Alpha Ujuvi pour la formation des analphabètes a surgi à l’occasion de la treizième édition de la Journée internationale de l’alphabétisation, en septembre 2003. Avant de s’intéresser aux violences sexuelles, le Collectif, avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), a, pendant le processus électoral, alphabétisé plus de 26 000 personnes dans tout le Nord-Kivu pour qu’elles émettent un "vote responsable".
Aujourd’hui, il est appuyé par le Fnuap (Fonds des Nations unies pour la population) qui, dans son Rapport 2007, indique que 40% des cas de violences sexuelles en RD Congo ont été commis au Nord-Kivu.
Mbandaka - Les détenus sortent de la prison pour aller voler à la cité
Le Potentiel (Kinshasa) Publié sur le web le 25 Avril 2008 Véron-Clément Kongo
Kinshasa
La population de cette ville se plaint d'une recrudescence de l'insécurité, principalement des cas de vol. Mais les voleurs ne sont pas ceux que l'on pourrait croire.
Dans la nuit de dimanche à lundi, un détenu a été pris la main dans le sac. Les prisonniers justifient ces actes par leurs mauvaises conditions de détention. Quant à la police, elle dénonce l'état de délabrement avancé de la prison, rapporte radiookapi.net. Selon les sources policières, ces vols sont pour la plupart attribués aux détenus de la prison centrale. Ces prisonniers sortent la nuit pour se livrer à des cas de vol à travers la ville. Dernier cas en date, celui où des détenus ont été pris en flagrant délit dans la nuit de dimanche à lundi dernier au quartier Ikongo-Wassa. Les objets volés ont été récupérés, mais le malfaiteur s'est évadé dans la nature. Selon un détenu, ce sont les mauvaises conditions carcérales qui les poussent à de tels comportements. « Ici en prison, nous manquons et l'eau, et la nourriture.
On n'a même pas d'endroit pour se soulager. Donc, sachez que des détenus s'évadent de la prison à cause du manque de nourriture ». Le directeur adjoint de la prison, Thomas Boka, rejette la responsabilité sur la police chargée, selon lui, d'assurer la sécurité dans cette maison de détention. Quant à la police, elle justifie l'évasion de ces prisonniers par l'état de délabrement très avancé de la prison. Selon le sous- lieutenant Norbert Inga Nzula, c'est ce qui facilite l'évasion des détenus.
« Le service de garde joue bien son rôle en dépit des difficultés liées au sous effectif mais aussi au mauvais état des murs qui aide les détenus à s'évader en escaladant les murs ». En attendant la résolution de cette situation, les Mbandakais continuent de vivre dans la crainte.
Nouvelles violences dans l’est du Congo; des milliers de déplacés
Posté le 27 avril 2008 (A.P. 26/04/2008) http://kakaluigi.unblog.fr
Des affrontements ont opposé vendredi des troupes congolaises à des milices hutu rwandaises, jusqu'ici alliées, dans l'est du Congo-Kinshasa, où plus de 11.000 personnes ont été déplacées en raison des violences au cours de la semaine passée, selon les Nations unies.
Les milices hutu rwandaises sont officieusement alliées à l'armée congolaise depuis plusieurs années, et les affrontements de vendredi semblent marquer un changement majeur de politique de la part du gouvernement congolais.
Les violences ont opposé les troupes congolaises aux milices hutu ainsi qu'aux alliées de celles-ci, les milices congolaises Mai Mai dans les villages de Kinyandoni et Ngwenda, à environ 80km au nord-est de la capitale régionale Goma, Selon Caroline Draveny, porte-parole de l'Office de coordination des affaires humanitaires de l'ONU. Des combats ont également été signalés quelques kilomètres plus à l'ouest, entre des partisans du chef rebelle Laurent Nkunda d'un côté, et les milices rwandaise et Mai Mai de l'autre.
Plus de 10.000 personnes ont été déplacées depuis le début de la semaine dans le Nord-Kivu, théâtre d'affrontements entre rebelles, milices et armée régulière, en violation de l'acte d'engagement de paix signe en janvier dernier.
Les combats se déroulent depuis le début de la semaine dans deux zones de quatre villages.
“Des affrontements ont encore été signales ce jour”, a déclaré vendredi Caroline Draveny. “Hier avant-midi, 300 nouveaux déplacés étaient enregistres, s'ajoutant aux 1.400 autres qui étaient arrives au village de Busanza (80kms au nord-est de Goma) en provenance des villages de Kinyandoni et Ngwenda”, a précisé à l'Associated Press, la porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) à Goma, Yonekawa Masako.
Un autre groupe de déplacés a fui le village de Irangi, à 100kms au nord-ouest de Goma, où les mêmes groupes s'affrontent, signalent encore les responsables humanitaires. “Ils sont 2.200 ménages (11.000 personnes) qui se sont diriges vers le village de Bulindi”, a indiqué Caroline Draveny.
AP - Vendredi 25 avril
L'abbé Malu Malu réclame la fin des violences sexuelles
Le président de la conférence de paix dans les Kivu (est de la République démocratique du Congo), l'abbé Apollinaire Malu Malu, a lancé jeudi un appel à tous les hommes de la région pour que cessent les violences sexuelles à l'égard des femmes, alors que le viol est devenu dans l'est congolais une "arme de guerre".
"Nous devons combattre ce fléau avec la dernière énergie", a-t-il dit lors d'une réunion publique dans la localité de Masisi, au nord-ouest de Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, a constaté l'agence BELGA.
"Abandonnons la mauvaise habitude de violer les femmes", a lancé l'abbé, qui dirige le programme Amani ("paix" en swahili) dans les Kivu, lancé jeudi sur le terrain, dans la foulée de la conférence de paix de Goma, en janvier dernier.
"Vous n'avez pas honte, vous les hommes, de vivre comme des animaux, de cette sauvagerie, de cette barbarie", a-t-il dit, en présence des ministres belges des Affaires étrangères et de la Coopération au développement, Karel De Gucht et Charles Michel, en visite en RDC pour une semaine.
"Nous sommes venus ici pour vous dissuader de continuer ces atrocités", infligées "à des femmes, à des mamans, à des soeurs", a-t-il ajouté, s'exprimant alternativement en français et en swahili et suscitant des réactions enthousiastes des femmes présentes.
"C'est une honte pour tout le monde, pour l'humanité tout entière", a encore dit l'abbé Malu Malu, qui est également le président de la Commission électorale indépendante (CEI) congolaise.
Il a réclamé la "tolérance zéro" envers ses violences sexuelles, commises sur une large échelle. Il a ainsi appelé les responsables des Forces armées de la RDC (FARDC) et de la police nationale congolaise (PNC) à combattre ce fléau.
Les forces de sécurité congolaises, mal payées et peu disciplinées, sont en effet souvent responsables d'exactions contre les populations, y compris des viols.
24/04/08 22h39
RDC: De Gucht et Michel auprès des victimes de violences sexuelles
26/04/2008 18:14
Les ministres belges des Affaires étrangères et de la Coopération au développement, Karel De Gucht et Charles Michel, sont allés samedi à la rencontre de femmes victimes de violences sexuelles dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), où la coopération belge tente d'apporter une aide aux femmes ainsi souillées.
Les deux ministres se sont rendus, en compagnie de Mme De Gucht, à l'hôpital de Panzi à Bukavu, le chef-lieu de la province du Sud-Kivu, où un chirurgien belge, le Dr Frank Hoffman, est venu renforcer l'équipe de médecins locaux. Cet hôpital accueille des jeunes filles et des femmes victimes de violences sexuelles, qui sont devenues une véritable arme de guerre dans les provinces encore troublées de la RDC, principalement dans l'est. Dans la seule province du Sud-Kivu, près de 17.000 cas ont été recensés en 2007, a expliqué le directeur de l'hôpital, le Dr Mukwege, aux deux ministres belges. (GFR)
Lutte contre la violence faites aux femmes
Actualités - Société
Tunisie - Le Comité des femmes de l'Union africaine (CFUA) s'est engagé vendredi soir à Tunis, la capitale de la Tunisie, à faire de la lutte contre les violences faites aux femmes le pilier de son plan d'actions pour la période 2008-2009 adopté à l'issue d'une réunion de deux jours.
Au cours de sa rencontre, le CFUA a déploré les conflits en Afrique et décidé d'envoyer des missions au Darfour, en République démocratique du Congo (RDC) et en Somalie.
"Dans plusieurs pays du continent, il y a des massacres, des viols et un embrigadement de petites filles comme soldats, l'esclavage sexuel et autres sévices", a déclaré la présidente de l'association algérienne SOS femmes en détresse et membre du CFUA, Mme Meriem Lalali.
"Je crois qu'on doit absolument axer notre travail sur le problème des violences sexuelles à l'égard des femmes et des enfants car, que ce soit au moment des conflits ou en période de post-conflits, il y a une recrudescence des violences sexuelles à l'égard des femmes", a-t-elle ajouté.
Evoquant la situation dans son pays, Mme Lalalo a déclaré que "c'est devenu presque normal qu'après les périodes de terrorisme et post-conflits qu'il y ait des situations aggravantes par rapport aux violences faites aux femmes et aux enfants".
La réunion du CFUA a aussi porté sur les problèmes rencontrés par les femmes africaines immigrés et les difficultés qu'elles rencontrent, notamment en Europe.
"Même au niveau de notre continent, les femmes africaines migrantes rencontrent beaucoup de problèmes, par exemple en Afrique du Nord, notamment en Algérie et au Maroc», souligne le CFUA.
Le CFUA a indiqué qu'il présentera au président de l'UA des recommandations «très concrètes» de ses missions en RDC, au Darfour et en Somalie et qu'il va interpeller les chefs d'Etat des pays membres de l'organisation sur les différentes atteintes aux droits de la femme et de l'enfant.
Tunis - 26/04/2008
Panapress
Mbuji-Mayi : le travail des enfants fait vivre les familles
24-04-2008
par Mohamed Ey'ekula RD Congo
(Syfia Grands Lacs/RD Congo) A Mbuji-Mayi, la vie est faite de contraste. Le chômage frappe les familles faute de débouchés autres que l’exploitation de diamant. Du coup, pour palier à l’incapacité des parents à assumer leurs charges, des enfants suppléent en travaillant.
Cases et maisonnettes en terre jaune, ruelles trop étroites qui s’entrecoupent, sol boueux, eaux stagnantes…Tsasasa, l'un des 149 quartiers de Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental, donne, ce vendredi matin de fin mars, l’air d’un village planté au milieu d’une ville. "Ici, la vie a un visage hideux", clame Roger Ngoy. D’après ce jeune résident au chômage, la plupart des habitants de ce quartier survivent. "Dans bien des foyers, ce sont des petits garçons comme filles qui soutiennent leur famille". A Mbuji-Mayi, hormis les creuseurs, une poignée de gens qui font la pluie et le beau temps, bien des hommes ne travaillent pas. Car, en dehors du secteur de diamant, la ville ne dispose pas d'industrie.
Sous un grand arbre, non loin de Dibindi, une de cinq communes de la ville, de petits garçons, besaces en main, torses et pieds nus, devisent. "Ceux-là mendient pour nourrir leur famille", informe Roger. Deux ruelles plus loin, assises sur deux bancs en bois devant une maison en dur, rare dans le quartier, six jeunes filles de 13 et 17 ans se partagent un plat de Ndakala (fretins très prisés ici). "Celles-là se prostituent la nuit", ajoute-t-il. Mais la panoplie d’activités que mènent les enfants à Tsasasa comme dans d’autres quartiers de la ville, est loin de se limiter là. Ils sont creuseurs, portefaix et même, bons à tout faire.
Mendicité, prostitution et travail des enfants, la "capitale congolaise du diamant" cultive le contraste. Créée dans les années 60, cette ville aujourd’hui peuplée de 3 millions d’âmes, n’était au départ qu’une cité minière. Toute son activité a ainsi été centrée sur l’exploitation du diamant. La Miba (5000 travailleurs) est longtemps restée la principale pourvoyeuse d’emplois. Mais depuis 2001, elle connaît des difficultés. "Quand la Miba tournait à plein régime, les salaires étaient régulièrement versés et ça se répercutait sur la vie des gens ici, renseigne Jean Muamba, un vendeur de diamant. Mais, depuis que sa production est en chute libre, tout va mal".
Des gamins au charbon
La crise de la Miba n'est pas sans conséquences. Appauvries, bien des familles vivent désormais du travail des enfants. "Dans la journée, je ne fais rien. Je dors chez moi. Mais chaque soir, je me prostitue à Tshibuyi dans un hôtel où vivent des creuseurs de diamant, témoigne M.M., 15 ans. "Si je fais ça, c’est parce que ma mère est malade, mon père ne travaille pas". Elles sont des centaines de filles, très souvent mineures à se prostituer dans les bars, hôtels et campements miniers.
Pour ceux qui opèrent dans d’autres secteurs, c’est le même refrain. "Je mendie parce qu’on est pauvre. On reste parfois un jour sans manger," soutient Charles M, 13 ans. "Mais quand je sillonne la ville, je rentre souvent avec 2000 Fc (environ 4$) qui permettent à la famille de manger", explique-t-il. Paul K, 14 ans, est carrément le chef de sa famille. Cet orphelin qui gagne entre 50 et 100 $ par semaine entretient sa mère et ses quatre sœurs.
Si des enfants assument ainsi des responsabilités qui dépassent leur âge, c’est parce que les parents sont sans emploi. Et, même lorsqu’ils travaillent, les salaires sont insignifiants. "Pour tout salaire, je gagne 20$ par mois. Avec cet argent, il m’est difficile de payer le loyer, de scolariser mes enfants et, surtout de les nourrir’’, explique François Mbuyi, vigile dans un hôtel.
Timide prise de conscience
Dans les mines de diamant, les enfants paient les prix. "Les filles, mineures de surcroît, sont la proie désignée des pédophiles dans les campements miniers tandis que les garçons eux, ne sont pas toujours payés par rapport à leur rendement. Mais, seulement, personne n’ose lever le petit doigt", accuse le responsable d’une ONG locale. Selon Save The Children, une Ong de protection des enfants qui, début février a tiré la sonnette d’alarme, au moins 11 000 enfants sont dans cette situation à Mbuji-Mayi.
Interpellées, les autorités s’activent. Maire de la ville, Marie-Thérèse Tshisako Mutole Kazadi annonce des mesures pour mettre un terme à l’exploitation des enfants en ville comme dans les mines. "Sur instruction du gouverneur, des équipes travaillent sur le phénomène pour nous éclairer sur la conduite à prendre, soutient-elle. Mais déjà la police a reçu des instructions fermes pour traquer et arrêter des personnes qui abusent sexuellement des filles mineures et exploitent les enfants". Les autorités ont parallèlement initié un programme de conscientisation en partenariat avec les propriétaires des mines, les Eglises et les ONG pour sortir les enfants de ce cercle vicieux
par Taylor Toeka Kakala RD Congo
(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Par l’initiation à la lecture et à l’écriture, des femmes du Nord-Kivu victimes de violences sexuelles sont devenues des actrices de la lutte contre l’impunité. Des efforts qui commencent à marquer des points.
"Au lieu de fondre en larmes, nous avons éclaté de rire. Pourtant, le sketch traduisait les différentes souffrances que connaissent nos grands-mères, nos mères, nos sœurs et nos filles par ce que nous avons appelé, depuis tout ce temps, la cruauté humaine", raconte Julien Paluku, le gouverneur de la province du Nord-Kivu, après avoir assisté début avril à un sketch du Collectif Alpha Ujuvi. Ce groupe de femmes victimes de violences sexuelles s’exprime par la chanson, l’image, la danse folklorique, les poèmes et le sketch humoristique afin de pousser les décideurs politiques et militaires du Nord-Kivu à leur rendre justice.
À l’initiative de religieuses catholiques, le Collectif Alpha Ujuvi rassemble une trentaine de femmes par formation, où elles apprennent à dénoncer tout auteur de ce crime odieux, en s’appuyant sur la lecture et l’écriture. Avec l’appui du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa), ces femmes ont placé des panneaux géants dans la ville, portant des images liées à la loi de 2006, qui renforce les peines pour les auteurs de violences sexuelles. Leurs messages indiquent : "Pas d’arrangements à l’amiable" (Ndlr : entre auteurs et familles des victimes, au détriment de l’honneur de celles-ci), "Viol égal 20 ans de prison", etc. Pour ces femmes longtemps analphabètes, s’exprimer et plus encore dénoncer les viols, sujet traditionnellement tabou, est déjà une victoire. En outre, certains dossiers pénaux sont désormais ouverts devant les instances judiciaires par le truchement de la Commission provinciale de lutte contre les violences sexuelles.
Conscientiser en alphabétisant
Pour la coordinatrice du Collectif, la sœur Deodata Bunzigiye, l’alphabétisation peut aboutir à ces résultats si elle va au-delà de la lecture et l’écriture. "Nous avons compris que l’alphabétisation concerne aussi la lutte contre les violences sexuelles", a-t-elle indiqué. Avant d’ajouter que 70% des femmes violées au Nord-Kivu sont analphabètes. "Il faut combattre les violences sexuelles par les vertus morales", a-t-elle renchéri. Le Collectif applique depuis mai 2007 l’approche dite conscientisante. Cette méthode, inventée dans les années 1960 par le Brésilien Paulo Freire, consiste à choisir, pour l’apprentissage technique de la lecture et de l’écriture, des mots qui ont aussi un contenu idéologique permettant le débat.
Dans Alpha Ujuvi, chaque fazila (module) est connoté d’une valeur morale. Ainsi, fazila tuungane prône l’unité, fazila tumaini, l’espérance et fazila amani, la paix. Les victimes de violences sexuelles ont ainsi appris que l’unité, qui donne de l’espérance, leur donne aussi une force pour arriver à la paix. Des notions élémentaires sur la connaissance des violences sexuelles sont également développées pendant la formation.
C’est ce qui leur a permis de témoigner devant les médias et surtout, de dénoncer le fléau à visage découvert, dans des manifestations publiques. "Dois-je avoir honte de m’exprimer alors que je suis blessée dans mon amour propre ?", s’est demandée une victime. "C’est parce que nous ne pouvions pas nous exprimer que ce fléau nous a tant ravagées", a ajouté une autre.
Répudiées…
Le prix de la prise de parole est parfois élevé. Comme si elles étaient responsables du malheur qui s’est abattu sur elles, deux femmes sur trois, selon les experts, sont d’office répudiées par leurs maris après le viol. Et cela, en dépit de tentatives de conciliation menées par les associations de prise en charge psychosociale.
C’est le cas de la plupart des femmes réunies au sein du Collectif Alpha Ujuvi, qui se soucie dès lors de leur survie en les initiant à l’apprentissage d’un métier. C’est ainsi que les habitants de Goma et des environs trouvent désormais des uniformes pour élèves, du matériel scolaire, des objets d’arts… en vente sur les étalages du Collectif. Les produits fabriqués par ces femmes sont vendus moins cher que ceux trouvés sur le marché. L’activité leur a permis de payer le loyer et les frais scolaires pour celles qui ont été chassées avec leurs enfants.
L’idée de mettre sur pied le Collectif Alpha Ujuvi pour la formation des analphabètes a surgi à l’occasion de la treizième édition de la Journée internationale de l’alphabétisation, en septembre 2003. Avant de s’intéresser aux violences sexuelles, le Collectif, avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), a, pendant le processus électoral, alphabétisé plus de 26 000 personnes dans tout le Nord-Kivu pour qu’elles émettent un "vote responsable".
Aujourd’hui, il est appuyé par le Fnuap (Fonds des Nations unies pour la population) qui, dans son Rapport 2007, indique que 40% des cas de violences sexuelles en RD Congo ont été commis au Nord-Kivu.
Mbandaka - Les détenus sortent de la prison pour aller voler à la cité
Le Potentiel (Kinshasa) Publié sur le web le 25 Avril 2008 Véron-Clément Kongo
Kinshasa
La population de cette ville se plaint d'une recrudescence de l'insécurité, principalement des cas de vol. Mais les voleurs ne sont pas ceux que l'on pourrait croire.
Dans la nuit de dimanche à lundi, un détenu a été pris la main dans le sac. Les prisonniers justifient ces actes par leurs mauvaises conditions de détention. Quant à la police, elle dénonce l'état de délabrement avancé de la prison, rapporte radiookapi.net. Selon les sources policières, ces vols sont pour la plupart attribués aux détenus de la prison centrale. Ces prisonniers sortent la nuit pour se livrer à des cas de vol à travers la ville. Dernier cas en date, celui où des détenus ont été pris en flagrant délit dans la nuit de dimanche à lundi dernier au quartier Ikongo-Wassa. Les objets volés ont été récupérés, mais le malfaiteur s'est évadé dans la nature. Selon un détenu, ce sont les mauvaises conditions carcérales qui les poussent à de tels comportements. « Ici en prison, nous manquons et l'eau, et la nourriture.
On n'a même pas d'endroit pour se soulager. Donc, sachez que des détenus s'évadent de la prison à cause du manque de nourriture ». Le directeur adjoint de la prison, Thomas Boka, rejette la responsabilité sur la police chargée, selon lui, d'assurer la sécurité dans cette maison de détention. Quant à la police, elle justifie l'évasion de ces prisonniers par l'état de délabrement très avancé de la prison. Selon le sous- lieutenant Norbert Inga Nzula, c'est ce qui facilite l'évasion des détenus.
« Le service de garde joue bien son rôle en dépit des difficultés liées au sous effectif mais aussi au mauvais état des murs qui aide les détenus à s'évader en escaladant les murs ». En attendant la résolution de cette situation, les Mbandakais continuent de vivre dans la crainte.
Nouvelles violences dans l’est du Congo; des milliers de déplacés
Posté le 27 avril 2008 (A.P. 26/04/2008) http://kakaluigi.unblog.fr
Des affrontements ont opposé vendredi des troupes congolaises à des milices hutu rwandaises, jusqu'ici alliées, dans l'est du Congo-Kinshasa, où plus de 11.000 personnes ont été déplacées en raison des violences au cours de la semaine passée, selon les Nations unies.
Les milices hutu rwandaises sont officieusement alliées à l'armée congolaise depuis plusieurs années, et les affrontements de vendredi semblent marquer un changement majeur de politique de la part du gouvernement congolais.
Les violences ont opposé les troupes congolaises aux milices hutu ainsi qu'aux alliées de celles-ci, les milices congolaises Mai Mai dans les villages de Kinyandoni et Ngwenda, à environ 80km au nord-est de la capitale régionale Goma, Selon Caroline Draveny, porte-parole de l'Office de coordination des affaires humanitaires de l'ONU. Des combats ont également été signalés quelques kilomètres plus à l'ouest, entre des partisans du chef rebelle Laurent Nkunda d'un côté, et les milices rwandaise et Mai Mai de l'autre.
Plus de 10.000 personnes ont été déplacées depuis le début de la semaine dans le Nord-Kivu, théâtre d'affrontements entre rebelles, milices et armée régulière, en violation de l'acte d'engagement de paix signe en janvier dernier.
Les combats se déroulent depuis le début de la semaine dans deux zones de quatre villages.
“Des affrontements ont encore été signales ce jour”, a déclaré vendredi Caroline Draveny. “Hier avant-midi, 300 nouveaux déplacés étaient enregistres, s'ajoutant aux 1.400 autres qui étaient arrives au village de Busanza (80kms au nord-est de Goma) en provenance des villages de Kinyandoni et Ngwenda”, a précisé à l'Associated Press, la porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) à Goma, Yonekawa Masako.
Un autre groupe de déplacés a fui le village de Irangi, à 100kms au nord-ouest de Goma, où les mêmes groupes s'affrontent, signalent encore les responsables humanitaires. “Ils sont 2.200 ménages (11.000 personnes) qui se sont diriges vers le village de Bulindi”, a indiqué Caroline Draveny.
AP - Vendredi 25 avril
L'abbé Malu Malu réclame la fin des violences sexuelles
Le président de la conférence de paix dans les Kivu (est de la République démocratique du Congo), l'abbé Apollinaire Malu Malu, a lancé jeudi un appel à tous les hommes de la région pour que cessent les violences sexuelles à l'égard des femmes, alors que le viol est devenu dans l'est congolais une "arme de guerre".
"Nous devons combattre ce fléau avec la dernière énergie", a-t-il dit lors d'une réunion publique dans la localité de Masisi, au nord-ouest de Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, a constaté l'agence BELGA.
"Abandonnons la mauvaise habitude de violer les femmes", a lancé l'abbé, qui dirige le programme Amani ("paix" en swahili) dans les Kivu, lancé jeudi sur le terrain, dans la foulée de la conférence de paix de Goma, en janvier dernier.
"Vous n'avez pas honte, vous les hommes, de vivre comme des animaux, de cette sauvagerie, de cette barbarie", a-t-il dit, en présence des ministres belges des Affaires étrangères et de la Coopération au développement, Karel De Gucht et Charles Michel, en visite en RDC pour une semaine.
"Nous sommes venus ici pour vous dissuader de continuer ces atrocités", infligées "à des femmes, à des mamans, à des soeurs", a-t-il ajouté, s'exprimant alternativement en français et en swahili et suscitant des réactions enthousiastes des femmes présentes.
"C'est une honte pour tout le monde, pour l'humanité tout entière", a encore dit l'abbé Malu Malu, qui est également le président de la Commission électorale indépendante (CEI) congolaise.
Il a réclamé la "tolérance zéro" envers ses violences sexuelles, commises sur une large échelle. Il a ainsi appelé les responsables des Forces armées de la RDC (FARDC) et de la police nationale congolaise (PNC) à combattre ce fléau.
Les forces de sécurité congolaises, mal payées et peu disciplinées, sont en effet souvent responsables d'exactions contre les populations, y compris des viols.
24/04/08 22h39
RDC: De Gucht et Michel auprès des victimes de violences sexuelles
26/04/2008 18:14
Les ministres belges des Affaires étrangères et de la Coopération au développement, Karel De Gucht et Charles Michel, sont allés samedi à la rencontre de femmes victimes de violences sexuelles dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), où la coopération belge tente d'apporter une aide aux femmes ainsi souillées.
Les deux ministres se sont rendus, en compagnie de Mme De Gucht, à l'hôpital de Panzi à Bukavu, le chef-lieu de la province du Sud-Kivu, où un chirurgien belge, le Dr Frank Hoffman, est venu renforcer l'équipe de médecins locaux. Cet hôpital accueille des jeunes filles et des femmes victimes de violences sexuelles, qui sont devenues une véritable arme de guerre dans les provinces encore troublées de la RDC, principalement dans l'est. Dans la seule province du Sud-Kivu, près de 17.000 cas ont été recensés en 2007, a expliqué le directeur de l'hôpital, le Dr Mukwege, aux deux ministres belges. (GFR)
Lutte contre la violence faites aux femmes
Actualités - Société
Tunisie - Le Comité des femmes de l'Union africaine (CFUA) s'est engagé vendredi soir à Tunis, la capitale de la Tunisie, à faire de la lutte contre les violences faites aux femmes le pilier de son plan d'actions pour la période 2008-2009 adopté à l'issue d'une réunion de deux jours.
Au cours de sa rencontre, le CFUA a déploré les conflits en Afrique et décidé d'envoyer des missions au Darfour, en République démocratique du Congo (RDC) et en Somalie.
"Dans plusieurs pays du continent, il y a des massacres, des viols et un embrigadement de petites filles comme soldats, l'esclavage sexuel et autres sévices", a déclaré la présidente de l'association algérienne SOS femmes en détresse et membre du CFUA, Mme Meriem Lalali.
"Je crois qu'on doit absolument axer notre travail sur le problème des violences sexuelles à l'égard des femmes et des enfants car, que ce soit au moment des conflits ou en période de post-conflits, il y a une recrudescence des violences sexuelles à l'égard des femmes", a-t-elle ajouté.
Evoquant la situation dans son pays, Mme Lalalo a déclaré que "c'est devenu presque normal qu'après les périodes de terrorisme et post-conflits qu'il y ait des situations aggravantes par rapport aux violences faites aux femmes et aux enfants".
La réunion du CFUA a aussi porté sur les problèmes rencontrés par les femmes africaines immigrés et les difficultés qu'elles rencontrent, notamment en Europe.
"Même au niveau de notre continent, les femmes africaines migrantes rencontrent beaucoup de problèmes, par exemple en Afrique du Nord, notamment en Algérie et au Maroc», souligne le CFUA.
Le CFUA a indiqué qu'il présentera au président de l'UA des recommandations «très concrètes» de ses missions en RDC, au Darfour et en Somalie et qu'il va interpeller les chefs d'Etat des pays membres de l'organisation sur les différentes atteintes aux droits de la femme et de l'enfant.
Tunis - 26/04/2008
Panapress
Mbuji-Mayi : le travail des enfants fait vivre les familles
24-04-2008
par Mohamed Ey'ekula RD Congo
(Syfia Grands Lacs/RD Congo) A Mbuji-Mayi, la vie est faite de contraste. Le chômage frappe les familles faute de débouchés autres que l’exploitation de diamant. Du coup, pour palier à l’incapacité des parents à assumer leurs charges, des enfants suppléent en travaillant.
Cases et maisonnettes en terre jaune, ruelles trop étroites qui s’entrecoupent, sol boueux, eaux stagnantes…Tsasasa, l'un des 149 quartiers de Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental, donne, ce vendredi matin de fin mars, l’air d’un village planté au milieu d’une ville. "Ici, la vie a un visage hideux", clame Roger Ngoy. D’après ce jeune résident au chômage, la plupart des habitants de ce quartier survivent. "Dans bien des foyers, ce sont des petits garçons comme filles qui soutiennent leur famille". A Mbuji-Mayi, hormis les creuseurs, une poignée de gens qui font la pluie et le beau temps, bien des hommes ne travaillent pas. Car, en dehors du secteur de diamant, la ville ne dispose pas d'industrie.
Sous un grand arbre, non loin de Dibindi, une de cinq communes de la ville, de petits garçons, besaces en main, torses et pieds nus, devisent. "Ceux-là mendient pour nourrir leur famille", informe Roger. Deux ruelles plus loin, assises sur deux bancs en bois devant une maison en dur, rare dans le quartier, six jeunes filles de 13 et 17 ans se partagent un plat de Ndakala (fretins très prisés ici). "Celles-là se prostituent la nuit", ajoute-t-il. Mais la panoplie d’activités que mènent les enfants à Tsasasa comme dans d’autres quartiers de la ville, est loin de se limiter là. Ils sont creuseurs, portefaix et même, bons à tout faire.
Mendicité, prostitution et travail des enfants, la "capitale congolaise du diamant" cultive le contraste. Créée dans les années 60, cette ville aujourd’hui peuplée de 3 millions d’âmes, n’était au départ qu’une cité minière. Toute son activité a ainsi été centrée sur l’exploitation du diamant. La Miba (5000 travailleurs) est longtemps restée la principale pourvoyeuse d’emplois. Mais depuis 2001, elle connaît des difficultés. "Quand la Miba tournait à plein régime, les salaires étaient régulièrement versés et ça se répercutait sur la vie des gens ici, renseigne Jean Muamba, un vendeur de diamant. Mais, depuis que sa production est en chute libre, tout va mal".
Des gamins au charbon
La crise de la Miba n'est pas sans conséquences. Appauvries, bien des familles vivent désormais du travail des enfants. "Dans la journée, je ne fais rien. Je dors chez moi. Mais chaque soir, je me prostitue à Tshibuyi dans un hôtel où vivent des creuseurs de diamant, témoigne M.M., 15 ans. "Si je fais ça, c’est parce que ma mère est malade, mon père ne travaille pas". Elles sont des centaines de filles, très souvent mineures à se prostituer dans les bars, hôtels et campements miniers.
Pour ceux qui opèrent dans d’autres secteurs, c’est le même refrain. "Je mendie parce qu’on est pauvre. On reste parfois un jour sans manger," soutient Charles M, 13 ans. "Mais quand je sillonne la ville, je rentre souvent avec 2000 Fc (environ 4$) qui permettent à la famille de manger", explique-t-il. Paul K, 14 ans, est carrément le chef de sa famille. Cet orphelin qui gagne entre 50 et 100 $ par semaine entretient sa mère et ses quatre sœurs.
Si des enfants assument ainsi des responsabilités qui dépassent leur âge, c’est parce que les parents sont sans emploi. Et, même lorsqu’ils travaillent, les salaires sont insignifiants. "Pour tout salaire, je gagne 20$ par mois. Avec cet argent, il m’est difficile de payer le loyer, de scolariser mes enfants et, surtout de les nourrir’’, explique François Mbuyi, vigile dans un hôtel.
Timide prise de conscience
Dans les mines de diamant, les enfants paient les prix. "Les filles, mineures de surcroît, sont la proie désignée des pédophiles dans les campements miniers tandis que les garçons eux, ne sont pas toujours payés par rapport à leur rendement. Mais, seulement, personne n’ose lever le petit doigt", accuse le responsable d’une ONG locale. Selon Save The Children, une Ong de protection des enfants qui, début février a tiré la sonnette d’alarme, au moins 11 000 enfants sont dans cette situation à Mbuji-Mayi.
Interpellées, les autorités s’activent. Maire de la ville, Marie-Thérèse Tshisako Mutole Kazadi annonce des mesures pour mettre un terme à l’exploitation des enfants en ville comme dans les mines. "Sur instruction du gouverneur, des équipes travaillent sur le phénomène pour nous éclairer sur la conduite à prendre, soutient-elle. Mais déjà la police a reçu des instructions fermes pour traquer et arrêter des personnes qui abusent sexuellement des filles mineures et exploitent les enfants". Les autorités ont parallèlement initié un programme de conscientisation en partenariat avec les propriétaires des mines, les Eglises et les ONG pour sortir les enfants de ce cercle vicieux
jeudi 17 avril 2008
AFEDE asbl a célébré la Journée Internationale de la femme ce 08 mars 2008
CELEBRATION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME
08 MARS 2008 AUX ECURIES DE LA MAISON HAUTE A WATERMAEL-BOITSFORT, BRUXELLES
A l’initiative de l’AFEDE asbl, cette journée a été marquée par l’engagement des artistes comme Johan Baggio qui a dédié pour la circonstance, une superbe toile aux actions menées par cette association pour les survivantes des violences sexuelles en République Démocratique du Congo.

Dévoilée au moment où Jean Bofane – le modérateur de la journée, rappelait que la mobilisation de tous est nécessaire afin de proposer des pistes pour mettre fin au cycle des violences sexuelles en République Démocratique du Congo - RDC. Il a insisté sur la gravité du phénomène ainsi que la douleur engendrée sur les populations locales.
Joëlle Sambi est revenue sur la motivation qui l’a conduite à écrire son livre ‘Le Monde est gueule de chèvre’ ; suivie par Emilie-Flore Faignond dont la lecture du poème ‘Les femmes pleurent’ a rappelé combien il est important que les femmes congolaises d’ici et d’ailleurs, marchent ensemble pour que stoppent les violences sexuelles dont sont victimes leurs sœurs en RDC.
La justesse ainsi que la pertinence de ses propos ont maintenu le public dans un silence empli d’émotion.
Charles Michel - le ministre belge de la coopération au développement, a rappelé que les femmes sont un enjeu important si on veut concrétiser des projets envers les populations : elles sont le ciment des familles et des communautés. La mise à l’évidence de l’égalité entre les hommes et les femmes ainsi que la promotion de l’autonomie de celles-ci imprègnent la politique belge de coopération au développement à telle enseigne qu’il se fait l’avocat du Congo auprès des instances internationales afin de mobiliser plus de moyens pour soutenir les associations, les ONG ainsi que les agences des Nations Unies qui oeuvrent sur le terrain. Il en appelle à plus de concrétisation avec des actes et non une profusion de discours et de déclarations d’intention. S’inscrire dans une logique de paix, de sécurité et de stabilité à travers un dialogue politique parce que la violence engendre l’échec. La mobilisation doit être générale afin ‘que les femmes ne pleurent plus mais qu’elles nous illuminent de leur rire, de leur paix, de leur douceur’, a – t’il conclut.
Eric Remacle – professeur de sciences politiques à l’ULB qui dirige le pôle Bernheim, a mis l’accent sur l’intervention européenne en RDC qu’il qualifie de laboratoire des actions militaires et de police européennes ; notamment en 2003 avec l’opération Artémis à Bunia puis la mission de police Eupol à Kinshasa en 2005 – 2006. Il a tenu à souligner que les universitaires réunis autour du livre ‘l’Afrique des Grands Lacs, des conflits à la paix’ se sont rendus compte qu’il était utile de se mettre en commun pour comprendre les mécanismes de la guerre et de maintien de la paix. Ayant une liberté d’appréciation que les acteurs impliqués dans ces processus ne sauront pas utiliser, il a répondu aux nombreuses questions du public très au fait de la situation qui prévaut sur le sol congolais.
Joseph Mbungu – journaliste et témoin privilégié de l’émergence des premières femmes congolaises sur la scène publique, a rappelé que les femmes rencontraient déjà dans les années 50 des difficultés à participer à la vie de la cité et leur mérite ne leur ouvrait pas non plus les portes de la reconnaissance ! Le regard de la société sur leur condition leur imposait un rôle secondaire : elles dépendaient de leurs maris ; pour celles qui embrassaient une carrière politique, bien souvent celle-ci était tributaire des nominations. Le manque de moyens financiers réduisant leur champ d’action. Par contre, dès qu’elles ont pu participer au processus de décision politique par exemple, elles savaient peser de tout leur poids afin d’empêcher le vote de loi ou d’articles mettant à mal l’égalité des genres.
Yvette Tabu et Isabelle Kidisho – rejointes par Cécile Charot de la cellule stratégique du ministre Charles Michel, ont répondu avec brio aux attentes du public en matière d’implication de la diaspora congolaise dans les programmes d’accompagnement des survivantes de violences sexuelles en RDC.
Dread Litoko a ému l’assemblée avec la lecture du ‘Pistolet bleu’, poignant plongeon dans la réalité quotidienne d’un enfant soldat.
La journée s’est achevée aux alentours de 18 heures sur les airs musicaux de Dju Bébé qui a célébré les victimes congolaises présentes dans la salle ce 08 mars 2008.
Pour AFEDE asbl, l’intervention du ministre de la coopération au développement se situe dans la droite lignée de celle de ces prédécesseurs ayant participé à la célébration de la Journée Internationale de la Femme organisée par l’association.
En effet, déjà en 2006, Monsieur Aldo Ajello, alors Représentant Spécial de l’Union Européenne pour la région des Grands Lacs rappelait que le processus de paix engagé en RDC était le résultat d’une pression internationale. Il soulignait alors que les efforts seraient vains si la RDC ne se dotait pas d’une armée et d’une Police formées et nationales d’une part, et d’autre part si le pays ne réforme pas son appareil judiciaire. Notamment en fustigeant les conséquences de l’insécurité et la présence des forces négatives sur la vie des femmes et des enfants en RDC.
Dans la même lignée, Madame Nathalie Gilson - Députée Bruxelloise, stigmatisait les sévices sexuels utilisés comme une « arme de guerre et de destruction ». Pour cette violence, avait-elle enchaîné, les coupables utilisent trois armes : le fusil, la corruption et le viol ; et plaidait pour la poursuite pénale des violeurs.
En 2007, Madame Angélique Moyabo, députée congolaise au sein du Parlement de la Transition pointait que le viol est la conséquence d’un problème qu’il faut attaquer dans ses racines. Il s’agit d’un « problème éminemment politique » martelait-elle, en plaidant pour l’accompagnement judiciaire des victimes et le rétablissement d’une justice équitable. « La victime doit obtenir réparation et le violeur puni », tranchait-elle.
Madame la Ministre congolaise des droits humains Marie-Madeleine Kalala s’exprima quant à elle sur la nécessité d’une prise en charge tant psychologique que sociale des survivantes des violences sexuelles.
La secrétaire d’Etat Belge à la Famille, Gisèle Mandaila avait elle aussi exhorté les femmes congolaises à rester mobilisées et à mener des actions concrètes au bénéfice de leurs sœurs du Congo.
Pour AFEDE asbl, la participation des politiques aux activités de l’association est un baromètre efficace pour évaluer leur engagement à résoudre et mettre fin à la tragédie que vivent les populations de la République Démocratique du Congo.
La société civile ainsi que la diaspora congolaises et les ONG internationales dénoncent avec véhémence ce drame afin de faire progresser la question des droits humains. En 4 ans, Sylvie Mbombo - EMECOJ, Karin Heisecke - UNFPA, Brice De Le Vingne et Christine Lebrun - MSF, Raf Custers, Christine Deschryver et Pie Tshibanda se sont succédés à la tribune d’AFEDE asbl, chacun avec ses mots a dit combien il était urgent d’investir pour les femmes, les filles et les petites filles de la RDC pour une paix et un développement durables.
Rendez-vous pris en 2009 pour une nouvelle édition de la Journée Internationale de la Femme avec AFEDE asbl. En espérant que nous n’aurons plus à rappeler qu’au Congo, des femmes pleurent … mais qu’elles sont DEBOUT !


08 MARS 2008 AUX ECURIES DE LA MAISON HAUTE A WATERMAEL-BOITSFORT, BRUXELLES
A l’initiative de l’AFEDE asbl, cette journée a été marquée par l’engagement des artistes comme Johan Baggio qui a dédié pour la circonstance, une superbe toile aux actions menées par cette association pour les survivantes des violences sexuelles en République Démocratique du Congo.

Dévoilée au moment où Jean Bofane – le modérateur de la journée, rappelait que la mobilisation de tous est nécessaire afin de proposer des pistes pour mettre fin au cycle des violences sexuelles en République Démocratique du Congo - RDC. Il a insisté sur la gravité du phénomène ainsi que la douleur engendrée sur les populations locales.
Joëlle Sambi est revenue sur la motivation qui l’a conduite à écrire son livre ‘Le Monde est gueule de chèvre’ ; suivie par Emilie-Flore Faignond dont la lecture du poème ‘Les femmes pleurent’ a rappelé combien il est important que les femmes congolaises d’ici et d’ailleurs, marchent ensemble pour que stoppent les violences sexuelles dont sont victimes leurs sœurs en RDC.
La justesse ainsi que la pertinence de ses propos ont maintenu le public dans un silence empli d’émotion.
Charles Michel - le ministre belge de la coopération au développement, a rappelé que les femmes sont un enjeu important si on veut concrétiser des projets envers les populations : elles sont le ciment des familles et des communautés. La mise à l’évidence de l’égalité entre les hommes et les femmes ainsi que la promotion de l’autonomie de celles-ci imprègnent la politique belge de coopération au développement à telle enseigne qu’il se fait l’avocat du Congo auprès des instances internationales afin de mobiliser plus de moyens pour soutenir les associations, les ONG ainsi que les agences des Nations Unies qui oeuvrent sur le terrain. Il en appelle à plus de concrétisation avec des actes et non une profusion de discours et de déclarations d’intention. S’inscrire dans une logique de paix, de sécurité et de stabilité à travers un dialogue politique parce que la violence engendre l’échec. La mobilisation doit être générale afin ‘que les femmes ne pleurent plus mais qu’elles nous illuminent de leur rire, de leur paix, de leur douceur’, a – t’il conclut.
Eric Remacle – professeur de sciences politiques à l’ULB qui dirige le pôle Bernheim, a mis l’accent sur l’intervention européenne en RDC qu’il qualifie de laboratoire des actions militaires et de police européennes ; notamment en 2003 avec l’opération Artémis à Bunia puis la mission de police Eupol à Kinshasa en 2005 – 2006. Il a tenu à souligner que les universitaires réunis autour du livre ‘l’Afrique des Grands Lacs, des conflits à la paix’ se sont rendus compte qu’il était utile de se mettre en commun pour comprendre les mécanismes de la guerre et de maintien de la paix. Ayant une liberté d’appréciation que les acteurs impliqués dans ces processus ne sauront pas utiliser, il a répondu aux nombreuses questions du public très au fait de la situation qui prévaut sur le sol congolais.
Joseph Mbungu – journaliste et témoin privilégié de l’émergence des premières femmes congolaises sur la scène publique, a rappelé que les femmes rencontraient déjà dans les années 50 des difficultés à participer à la vie de la cité et leur mérite ne leur ouvrait pas non plus les portes de la reconnaissance ! Le regard de la société sur leur condition leur imposait un rôle secondaire : elles dépendaient de leurs maris ; pour celles qui embrassaient une carrière politique, bien souvent celle-ci était tributaire des nominations. Le manque de moyens financiers réduisant leur champ d’action. Par contre, dès qu’elles ont pu participer au processus de décision politique par exemple, elles savaient peser de tout leur poids afin d’empêcher le vote de loi ou d’articles mettant à mal l’égalité des genres.
Yvette Tabu et Isabelle Kidisho – rejointes par Cécile Charot de la cellule stratégique du ministre Charles Michel, ont répondu avec brio aux attentes du public en matière d’implication de la diaspora congolaise dans les programmes d’accompagnement des survivantes de violences sexuelles en RDC.
Dread Litoko a ému l’assemblée avec la lecture du ‘Pistolet bleu’, poignant plongeon dans la réalité quotidienne d’un enfant soldat.
La journée s’est achevée aux alentours de 18 heures sur les airs musicaux de Dju Bébé qui a célébré les victimes congolaises présentes dans la salle ce 08 mars 2008.
Pour AFEDE asbl, l’intervention du ministre de la coopération au développement se situe dans la droite lignée de celle de ces prédécesseurs ayant participé à la célébration de la Journée Internationale de la Femme organisée par l’association.
En effet, déjà en 2006, Monsieur Aldo Ajello, alors Représentant Spécial de l’Union Européenne pour la région des Grands Lacs rappelait que le processus de paix engagé en RDC était le résultat d’une pression internationale. Il soulignait alors que les efforts seraient vains si la RDC ne se dotait pas d’une armée et d’une Police formées et nationales d’une part, et d’autre part si le pays ne réforme pas son appareil judiciaire. Notamment en fustigeant les conséquences de l’insécurité et la présence des forces négatives sur la vie des femmes et des enfants en RDC.
Dans la même lignée, Madame Nathalie Gilson - Députée Bruxelloise, stigmatisait les sévices sexuels utilisés comme une « arme de guerre et de destruction ». Pour cette violence, avait-elle enchaîné, les coupables utilisent trois armes : le fusil, la corruption et le viol ; et plaidait pour la poursuite pénale des violeurs.
En 2007, Madame Angélique Moyabo, députée congolaise au sein du Parlement de la Transition pointait que le viol est la conséquence d’un problème qu’il faut attaquer dans ses racines. Il s’agit d’un « problème éminemment politique » martelait-elle, en plaidant pour l’accompagnement judiciaire des victimes et le rétablissement d’une justice équitable. « La victime doit obtenir réparation et le violeur puni », tranchait-elle.
Madame la Ministre congolaise des droits humains Marie-Madeleine Kalala s’exprima quant à elle sur la nécessité d’une prise en charge tant psychologique que sociale des survivantes des violences sexuelles.
La secrétaire d’Etat Belge à la Famille, Gisèle Mandaila avait elle aussi exhorté les femmes congolaises à rester mobilisées et à mener des actions concrètes au bénéfice de leurs sœurs du Congo.
Pour AFEDE asbl, la participation des politiques aux activités de l’association est un baromètre efficace pour évaluer leur engagement à résoudre et mettre fin à la tragédie que vivent les populations de la République Démocratique du Congo.
La société civile ainsi que la diaspora congolaises et les ONG internationales dénoncent avec véhémence ce drame afin de faire progresser la question des droits humains. En 4 ans, Sylvie Mbombo - EMECOJ, Karin Heisecke - UNFPA, Brice De Le Vingne et Christine Lebrun - MSF, Raf Custers, Christine Deschryver et Pie Tshibanda se sont succédés à la tribune d’AFEDE asbl, chacun avec ses mots a dit combien il était urgent d’investir pour les femmes, les filles et les petites filles de la RDC pour une paix et un développement durables.
Rendez-vous pris en 2009 pour une nouvelle édition de la Journée Internationale de la Femme avec AFEDE asbl. En espérant que nous n’aurons plus à rappeler qu’au Congo, des femmes pleurent … mais qu’elles sont DEBOUT !


mercredi 16 avril 2008
ALERTE !!!!!!
Correspondante : Coalition pour les droits des femmes en situation de conflit
Publié le : 14/04/2008 à 15h19
Catégorie : Actualités
ALERTE : UNE MILITANTE DES DROITS DES FEMMES ET DE LA LUTTE CONTRE LES VIOLENCES SEXUELLES MENACÉE ET INTIMIDÉE À BENI
La Coalition pour les droits des femmes en situation de conflit, Droits et Démocratie, Femmes autochtones du Québec, la Fédération des femmes du Québec, le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), la Table de concertation sur la Région des Grands Lacs, Amnistie internationale Canada francophone, le Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale et l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI),
Font appel au gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC), les autorités locales compétentes et la MONUC à assurer la protection de Julienne Lusenge, militante des droits des femmes et de la lutte contre les violences sexuelles, et à poursuivre les auteurs des menaces proférées à son encontre.
Alors qu’elle se trouvait en Europe afin de participer à une mission de plaidoyer organisée par la FIDH sur la lutte contre l’impunité et les violences sexuelles en RDC, Mme Julienne Lusenge, coordinatrice de l’association Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral (SOFEPADI) a été informée des menaces proférées à son encontre le 31 mars 2008.
Deux individus non identifiés se sont présentés au domicile de l’une de ses collaboratrices et ont exigé d’obtenir l’adresse de son domicile. Devant le refus de la collaboratrice de divulguer les informations demandées, les menaces suivantes ont été proférées : « Tu refuses de nous ouvrir la porte, sache que la manière que vous aviez quitté Bunia, c’est de cette même manière que vous quitterez Beni. En plus c’est avec tes propres mains que tu nous ouvriras la porte de Julienne ». Ces menaces font allusion au fait que Mme Lusenge, qui habitait à Bunia, a dû fuir en octobre 2002 en raison des actes de harcèlement commis à son encontre par les milices, dont elle dénonçait les agissements, et en particulier les violences faites aux femmes.
Les menaces proférées à l’encontre des militants des droits humains, et plus particulièrement des militantes des droits des femmes, sont particulièrement sérieuses et révélatrices de la situation d’impunité et de violence qui règne à l’Est de la RDC. Par ailleurs, à cette situation d’insécurité créée par la prolifération des groupes armés qui échappent au contrôle de l’État et de la MONUC, s’ajoutent les pressions plus ou moins directes exercées par les représentants du pouvoir ou les hauts-fonctionnaires qui n’hésitent pas à intervenir pour faire cesser toutes critiques émises par les militant(e)s.
Ces situations doivent être fermement dénoncées et condamnées. Elles sont contraires aux prescriptions du droit international et aux engagements internationaux et régionaux souscrits par le gouvernement de la RDC. Elles sont contraires au respect de la dignité des femmes. Elles mettent en péril l’espoir et la capacité de la société congolaise de mettre fin aux violences sexuelles.
La liberté d’expression, la liberté de réunion et d’association ainsi que le droit au respect de l’intégrité physique que doivent mettre en œuvre les autorités gouvernementales sont des éléments essentiels au maintien et au fonctionnement d’une société civile forte et active capable de prendre part à la reconstruction de la paix et de la démocratie.
Par conséquent, c’est d’une seule voix que les organismes de défense des droits humains signataires de cette présente :
DÉNONCENT la situation d’insécurité qui pèse sur les militants et les militantes des droits humains en RDC surtout celles qui luttent contre les violences sexuelles faites aux femmes;
FONT APPEL DE MANIÈRE URGENTE au gouvernement de la RDC et aux autorités compétentes à prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger les militant(e)s des droits humains et leur famille contre tout acte ou toute tentative de représailles, d’atteintes à l’intégrité physique, d’intimidation et de menaces;
DEMANDENT aux forces de police et à la magistrature d’enquêter et de réprimer les auteurs des menaces à l’encontre de Mme Julienne Lusenge et d’assurer la protection de sa famille et de ses collègues de travail de l’association SOFEPADI à Beni et à Bunia;
REQUIÈRENT des représentants de l’ONU, de la MONUC et des organisations régionales concernés par ces violations de prendre les mesures nécessaires à la protection des militant(e)s des droits humains et de travailler avec les autorités nationales et la société civile au renforcement de l’État de droit.
Les organismes signataires,
Montréal, mercredi 9 avril 2008.
--------
Source : Coalition pour les droits des femmes en situation de conflit - http://www.rdcviolencesexuelle.org/site/fr
Publié le : 14/04/2008 à 15h19
Catégorie : Actualités
ALERTE : UNE MILITANTE DES DROITS DES FEMMES ET DE LA LUTTE CONTRE LES VIOLENCES SEXUELLES MENACÉE ET INTIMIDÉE À BENI
La Coalition pour les droits des femmes en situation de conflit, Droits et Démocratie, Femmes autochtones du Québec, la Fédération des femmes du Québec, le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), la Table de concertation sur la Région des Grands Lacs, Amnistie internationale Canada francophone, le Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale et l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI),
Font appel au gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC), les autorités locales compétentes et la MONUC à assurer la protection de Julienne Lusenge, militante des droits des femmes et de la lutte contre les violences sexuelles, et à poursuivre les auteurs des menaces proférées à son encontre.
Alors qu’elle se trouvait en Europe afin de participer à une mission de plaidoyer organisée par la FIDH sur la lutte contre l’impunité et les violences sexuelles en RDC, Mme Julienne Lusenge, coordinatrice de l’association Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral (SOFEPADI) a été informée des menaces proférées à son encontre le 31 mars 2008.
Deux individus non identifiés se sont présentés au domicile de l’une de ses collaboratrices et ont exigé d’obtenir l’adresse de son domicile. Devant le refus de la collaboratrice de divulguer les informations demandées, les menaces suivantes ont été proférées : « Tu refuses de nous ouvrir la porte, sache que la manière que vous aviez quitté Bunia, c’est de cette même manière que vous quitterez Beni. En plus c’est avec tes propres mains que tu nous ouvriras la porte de Julienne ». Ces menaces font allusion au fait que Mme Lusenge, qui habitait à Bunia, a dû fuir en octobre 2002 en raison des actes de harcèlement commis à son encontre par les milices, dont elle dénonçait les agissements, et en particulier les violences faites aux femmes.
Les menaces proférées à l’encontre des militants des droits humains, et plus particulièrement des militantes des droits des femmes, sont particulièrement sérieuses et révélatrices de la situation d’impunité et de violence qui règne à l’Est de la RDC. Par ailleurs, à cette situation d’insécurité créée par la prolifération des groupes armés qui échappent au contrôle de l’État et de la MONUC, s’ajoutent les pressions plus ou moins directes exercées par les représentants du pouvoir ou les hauts-fonctionnaires qui n’hésitent pas à intervenir pour faire cesser toutes critiques émises par les militant(e)s.
Ces situations doivent être fermement dénoncées et condamnées. Elles sont contraires aux prescriptions du droit international et aux engagements internationaux et régionaux souscrits par le gouvernement de la RDC. Elles sont contraires au respect de la dignité des femmes. Elles mettent en péril l’espoir et la capacité de la société congolaise de mettre fin aux violences sexuelles.
La liberté d’expression, la liberté de réunion et d’association ainsi que le droit au respect de l’intégrité physique que doivent mettre en œuvre les autorités gouvernementales sont des éléments essentiels au maintien et au fonctionnement d’une société civile forte et active capable de prendre part à la reconstruction de la paix et de la démocratie.
Par conséquent, c’est d’une seule voix que les organismes de défense des droits humains signataires de cette présente :
DÉNONCENT la situation d’insécurité qui pèse sur les militants et les militantes des droits humains en RDC surtout celles qui luttent contre les violences sexuelles faites aux femmes;
FONT APPEL DE MANIÈRE URGENTE au gouvernement de la RDC et aux autorités compétentes à prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger les militant(e)s des droits humains et leur famille contre tout acte ou toute tentative de représailles, d’atteintes à l’intégrité physique, d’intimidation et de menaces;
DEMANDENT aux forces de police et à la magistrature d’enquêter et de réprimer les auteurs des menaces à l’encontre de Mme Julienne Lusenge et d’assurer la protection de sa famille et de ses collègues de travail de l’association SOFEPADI à Beni et à Bunia;
REQUIÈRENT des représentants de l’ONU, de la MONUC et des organisations régionales concernés par ces violations de prendre les mesures nécessaires à la protection des militant(e)s des droits humains et de travailler avec les autorités nationales et la société civile au renforcement de l’État de droit.
Les organismes signataires,
Montréal, mercredi 9 avril 2008.
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Source : Coalition pour les droits des femmes en situation de conflit - http://www.rdcviolencesexuelle.org/site/fr
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