Date: 06 Nov 2008
Les violences sexuelles en RDC ont atteint « des proportions épidémiques », et la nouvelle vague de combats augmente considérablement le risque pour des dizaines de milliers de femmes et jeunes filles. Entre juin et septembre 2008, plus de 3500 cas de violences sexuelles pour le seul nord-Kivu - soit près de 400 par mois ont été recensés.
« Nous savons que le viol est généralement « sous-déclaré », et nous pensons que ce chiffre est encore très loin de refléter la réalité – qui elle est inimaginable », a déclaré Elisabeth Roesch, Chargée du Plaidoyer et du Genre de CARE RDC. « Les femmes ne viennent pas vers nous par peur du rejet, des représailles, ou en raison de la persistance de l'insécurité. Elles ont besoin de sécurité, de soins médicaux, de soutien et d'encouragements, ce qui est aujourd'hui en manque crucial en RDC. »
Le conflit actuel en RDC a créé l'une des plus effroyables guerres envers les femmes dans le monde. Le viol est devenu un outil de guerre, de propagation du VIH et d'autres maladies sexuellement transmissibles, il détruit des familles et traumatise les femmes qui sont attaquées, et leurs enfants qui sont souvent témoins de cette violence ou qui sont eux-mêmes attaqués.
« Les violences sexuelles ont atteint des proportions épidémiques dans le nord-Kivu », a déclaré Elisabeth Roesch. « Il s'agit de femmes qui souffrent déjà depuis longtemps. Les combats et les déplacements de population durent depuis des mois. Leur capacité à faire face est sur le point d'atteindre sa limite, et les poussent au bord du gouffre ».
« Il a été dit qu'il était plus dangereux d'être une femme qu'un soldat en RDC en ce moment – c'est on ne peut plus vrai. Ce n'est pas seulement un problème pour aujourd'hui. Le viol laisse un héritage à vie. »
Dans la région particulièrement touchée de Birambizo, au nord-Kivu, CARE vient de mettre en place un nouveau projet et apporte aux femmes, victimes de violence, une assistance médicale, un soutien psychosocial, et travaille avec les communautés pour aider les femmes à retrouver leur ancienne vie.
En outre CARE vient en aide aux personnes déplacées par le conflit.
Les programmes d'urgence de CARE répondent aux besoins de 2 700 personnes qui se sont réfugiées dans les églises et les écoles de Goma et qui n'ont pas de nourriture, pas d'eau potable, pas d'abri, ni de soutien médical. CARE leur distribue des kits d'urgence contenant des articles d'hygiène, des couvertures, des ustensiles de cuisine et des bâches en plastique et des jerricans pour stocker l'eau potable.
CARE peut mettre à votre disposition des vidéos et des photos des actions de CARE en RDC et arranger des interviews avec Elisabeth Roesch (francophone) ou Sébastien Pennes (français), directeur adjoint de CARE en RDC.
Contacts presse :
Alexandra Banget-Mossaz (Paris), banget-mossaz@carefrance.org; 01 53 19 89 92
Melanie Brooks (Genève), brooks@careinternational.org; +41.795.903.047
vendredi 7 novembre 2008
lundi 27 octobre 2008
Le Ministre Charles Michel demande en urgence un débat sur la situation à l'Est du Congo au Conseil européen
RDC / Belgique /
KINSHASA, République démocratique du Congo (RDC), 27 octobre 2008/African Press Organization (APO)/ –Ces derniers jours à l’Est du Congo ont été particulièrement meurtriers et le drame humain (violences sexuelles, réfugiés, famine, enlèvement d’enfants, etc.) qui s’y déroule actuellement impose que la communauté internationale prenne ses responsabilités.
C'est pourquoi le Ministre de la Coopération au développement, Charles Michel demande à ce que cette question soit mise d'urgence à l'agenda des réunions internationales et en particulier du Conseil européen qui se tiendra les 10 et 11 novembre prochains à Bruxelles. Il a écrit en ce sens à la Présidence française de l'Union européenne
Il est en effet primordial que l'Union européenne débatte au plus vite de ces questions et que ce débat se tienne de façon concertée entre Ministres des Affaires étrangères, de la Défense et de la Coopération au développement.
En vue de cette réunion, le Ministre Charles Michel a décidé de prendre immédiatement contact avec ces homologues français, britannique et néerlandais qui sont avec la Belgique, les pays les plus présents en matière de coopération au développement en RDC.
Du 21 octobre au 21 décembre, Londres abrite une exposition photographique sur les Congolaises victimes de la guerre
Le quartier dénommé South Bank de Londres en Angleterre abrite depuis hier mardi 21 octobre 2008 l'exposition intitulée " Cheka Kidogo ". Cette expression signifie en Swahili, l'une des langues de la RD Congo, " souris un peu ". C'est le geste qu'on demande généralement à quelqu'un qui se fait photographier.
Cette exposition photographique se déroulera jusqu'au dimanche 21 décembre prochain. Durant deux mois, cette activité est voulue pour exalter le courage des Congolaises et Congolais face à l'adversité.
Rankin, le photographe reconnu pour se produits des célébrités que sont les tops models Kate Moss et la Reine d'Angleterre, a uni ses forces à celle d'Oxfam International pour faire connaître les personnes qui sont affectées par la guerre à l'Est de la RD Congo.
" Je veux montrer que la guerre ce n'est pas des chiffres dans des statistiques, mais qu'il s'agit des êtres humains ".
Ces propos ont été tenu par ce professionnel de la photographie qui tient à faire comprendre à l'opinion l'objectif même de cette exposition. Un témoignage de ce qu'il a vu de ses propres yeux.
Ces congolaises victimes des atrocités, des conflits et autres affrontements barbares ont d "filé devant l'objectif de son appareil photographique.
Cette exposition donnera ainsi au public anglais une belle occasion de voir ses sujets tout à fait différents de ceux que l'on rencontre dans les galeries d'arts.
Il sied de signaler que la présentation photographique " Cheka kidogo " est sponsorisée par une banque anglaise et va se tenir devant le théâtre national. " C'est étonnant que nous n'entendions jamais parler Angleterre de la RD Congo.
Les souffrances vécues là bas sont horribles mais nous ne les suivons pas dans nos journaux. J'ai entendu des choses atroces, des jeunes enfants qui ont été violés et des gens qui ont quitté leurs villages en fuyant les attaques.
Malgré les souffrances dont ils ont été l'objet, ce sont juste des gens comme nous et ils ont besoin de notre aide ", a soutenu Rankin avant d'espérer voir l'exposition de ses photos attirer l'attention des Britanniques sur ce qui se passe en R D Congo.
La Tempête des Tropiques
Yvette Mbuyi
Kinshasa, 23/10/2008 (La Tempête des Tropiques, via mediacongo.net)
KINSHASA, République démocratique du Congo (RDC), 27 octobre 2008/African Press Organization (APO)/ –Ces derniers jours à l’Est du Congo ont été particulièrement meurtriers et le drame humain (violences sexuelles, réfugiés, famine, enlèvement d’enfants, etc.) qui s’y déroule actuellement impose que la communauté internationale prenne ses responsabilités.
C'est pourquoi le Ministre de la Coopération au développement, Charles Michel demande à ce que cette question soit mise d'urgence à l'agenda des réunions internationales et en particulier du Conseil européen qui se tiendra les 10 et 11 novembre prochains à Bruxelles. Il a écrit en ce sens à la Présidence française de l'Union européenne
Il est en effet primordial que l'Union européenne débatte au plus vite de ces questions et que ce débat se tienne de façon concertée entre Ministres des Affaires étrangères, de la Défense et de la Coopération au développement.
En vue de cette réunion, le Ministre Charles Michel a décidé de prendre immédiatement contact avec ces homologues français, britannique et néerlandais qui sont avec la Belgique, les pays les plus présents en matière de coopération au développement en RDC.
Du 21 octobre au 21 décembre, Londres abrite une exposition photographique sur les Congolaises victimes de la guerre
Le quartier dénommé South Bank de Londres en Angleterre abrite depuis hier mardi 21 octobre 2008 l'exposition intitulée " Cheka Kidogo ". Cette expression signifie en Swahili, l'une des langues de la RD Congo, " souris un peu ". C'est le geste qu'on demande généralement à quelqu'un qui se fait photographier.
Cette exposition photographique se déroulera jusqu'au dimanche 21 décembre prochain. Durant deux mois, cette activité est voulue pour exalter le courage des Congolaises et Congolais face à l'adversité.
Rankin, le photographe reconnu pour se produits des célébrités que sont les tops models Kate Moss et la Reine d'Angleterre, a uni ses forces à celle d'Oxfam International pour faire connaître les personnes qui sont affectées par la guerre à l'Est de la RD Congo.
" Je veux montrer que la guerre ce n'est pas des chiffres dans des statistiques, mais qu'il s'agit des êtres humains ".
Ces propos ont été tenu par ce professionnel de la photographie qui tient à faire comprendre à l'opinion l'objectif même de cette exposition. Un témoignage de ce qu'il a vu de ses propres yeux.
Ces congolaises victimes des atrocités, des conflits et autres affrontements barbares ont d "filé devant l'objectif de son appareil photographique.
Cette exposition donnera ainsi au public anglais une belle occasion de voir ses sujets tout à fait différents de ceux que l'on rencontre dans les galeries d'arts.
Il sied de signaler que la présentation photographique " Cheka kidogo " est sponsorisée par une banque anglaise et va se tenir devant le théâtre national. " C'est étonnant que nous n'entendions jamais parler Angleterre de la RD Congo.
Les souffrances vécues là bas sont horribles mais nous ne les suivons pas dans nos journaux. J'ai entendu des choses atroces, des jeunes enfants qui ont été violés et des gens qui ont quitté leurs villages en fuyant les attaques.
Malgré les souffrances dont ils ont été l'objet, ce sont juste des gens comme nous et ils ont besoin de notre aide ", a soutenu Rankin avant d'espérer voir l'exposition de ses photos attirer l'attention des Britanniques sur ce qui se passe en R D Congo.
La Tempête des Tropiques
Yvette Mbuyi
Kinshasa, 23/10/2008 (La Tempête des Tropiques, via mediacongo.net)
LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROFONDÉMENT PRÉOCCUPÉ FACE AU REGAIN DE VIOLENCE DANS L’EST DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
21/10/2008 Conseil de sécurité CS/9477
5998e séance – après-midi Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York
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Il s’alarme des conséquences humanitaires des combats récents et demande instamment à toutes les parties d’observer immédiatement un cessez-le-feu
Le Président du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre, M. Zhang Yesui(Chine), a fait, cet après-midi, au nom des membres du Conseil, la déclaration suivante:
Le Conseil de sécurité exprime sa profonde préoccupation face au regain de violence qui sévit dans les provinces de l’est de la République démocratique du Congo et aux conséquences qui pourraient s’ensuivre pour la région. Il s’alarme des conséquences humanitaires des combats récents et demande instamment à toutes les parties d’observer immédiatement un cessez-le-feu.
Le Conseil est vivement préoccupé par les menaces qui continuent de peser sur la sécurité de la population civile et la conduite des opérations humanitaires. Il condamne la poursuite du recrutement et de l’emploi d’enfants par des groupes armés, ainsi que la persistance de la violence sexuelle ou à motivation sexiste dans la région est de la République démocratique du Congo. Il demande instamment à toutes les parties de se conformer pleinement aux obligations que leur impose le droit international, notamment le droit international humanitaire, le droit des droits de l’homme et le droit des réfugiés.
Le Conseil affirme à nouveau que la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo doivent être respectées. Il demande à nouveau à tous les groupes armés de déposer immédiatement les armes et de se présenter sans plus tarder et sans conditions préalables aux autorités congolaises et à la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) en vue de leur désarmement, de leur rapatriement, de leur réinstallation ou de leur réintégration, selon le cas.
Le Conseil réaffirme que les processus de Goma et de Nairobi constituent le cadre dans lequel il convient de chercher à stabiliser durablement l’est de la République démocratique du Congo. Il exhorte toutes les parties aux accords de Goma et de Nairobi à s’acquitter de leurs engagements de manière effective et de bonne foi. À ce propos, le Conseil condamne avec force les récentes déclarations de Laurent Nkunda appelant à un soulèvement national.
Le Conseil déclare à nouveau qu’il appuie fortement la MONUC dans le rôle qu’elle joue dans le rétablissement de la paix dans les Kivus, et il l’encourage à renforcer son action pour assurer la protection des civils. Il appuie sans réserve le plan de désengagement qu’elle a élaboré et que le Gouvernement de la République démocratique du Congo a accepté, et demande instamment à toutes les parties de s’y conformer.
Le Conseil se félicite de l’intention de la MONUC de reconfigurer ses forces et d’optimiser leur déploiement de manière à améliorer son efficacité dans le cadre du mandat existant et du plafond de ses forces. Le Conseil de sécurité prend note de la demande de moyens supplémentaires formulée pour la MONUC par le Représentant spécial du Secrétaire général. Il prie le Secrétaire général de lui présenter dans son prochain rapport une analyse complète de la situation et des recommandations.
Le Conseil engage instamment le Gouvernement de la République démocratique du Congo à prendre des mesures efficaces pour faire en sorte qu’il n’y ait aucune coopération entre des éléments des FARDC et les FDLR. Il demande aussi aux gouvernements de la région de cesser tout soutien aux groupes armés de la région est de la République démocratique du Congo.
Le Conseil engage instamment les Gouvernements de la République démocratique du Congo et de la République du Rwanda à s’efforcer d’urgence de régler leurs différends, notamment grâce à la réactivation du Mécanisme conjoint de vérification, et leur demande d’appliquer intégralement le communiqué de Nairobi. Il encourage le Secrétaire général à intensifier l’action qu’il mène pour faciliter le dialogue entre le Rwanda et la République démocratique du Congo.
Le Conseil condamne vigoureusement les récentes attaques lancées par l’Armée de résistance du Seigneur, notamment l’enlèvement de 159 écoliers dans des villages de la province Orientale. Il rappelle les actes d’accusation établis par la Cour pénale internationale contre des dirigeants de l’Armée de résistance du Seigneur, notamment du chef d’enrôlement d’enfants par enlèvement, constitutif de crime de guerre.
* *** *
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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
5998e séance – après-midi Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York
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Il s’alarme des conséquences humanitaires des combats récents et demande instamment à toutes les parties d’observer immédiatement un cessez-le-feu
Le Président du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre, M. Zhang Yesui(Chine), a fait, cet après-midi, au nom des membres du Conseil, la déclaration suivante:
Le Conseil de sécurité exprime sa profonde préoccupation face au regain de violence qui sévit dans les provinces de l’est de la République démocratique du Congo et aux conséquences qui pourraient s’ensuivre pour la région. Il s’alarme des conséquences humanitaires des combats récents et demande instamment à toutes les parties d’observer immédiatement un cessez-le-feu.
Le Conseil est vivement préoccupé par les menaces qui continuent de peser sur la sécurité de la population civile et la conduite des opérations humanitaires. Il condamne la poursuite du recrutement et de l’emploi d’enfants par des groupes armés, ainsi que la persistance de la violence sexuelle ou à motivation sexiste dans la région est de la République démocratique du Congo. Il demande instamment à toutes les parties de se conformer pleinement aux obligations que leur impose le droit international, notamment le droit international humanitaire, le droit des droits de l’homme et le droit des réfugiés.
Le Conseil affirme à nouveau que la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo doivent être respectées. Il demande à nouveau à tous les groupes armés de déposer immédiatement les armes et de se présenter sans plus tarder et sans conditions préalables aux autorités congolaises et à la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) en vue de leur désarmement, de leur rapatriement, de leur réinstallation ou de leur réintégration, selon le cas.
Le Conseil réaffirme que les processus de Goma et de Nairobi constituent le cadre dans lequel il convient de chercher à stabiliser durablement l’est de la République démocratique du Congo. Il exhorte toutes les parties aux accords de Goma et de Nairobi à s’acquitter de leurs engagements de manière effective et de bonne foi. À ce propos, le Conseil condamne avec force les récentes déclarations de Laurent Nkunda appelant à un soulèvement national.
Le Conseil déclare à nouveau qu’il appuie fortement la MONUC dans le rôle qu’elle joue dans le rétablissement de la paix dans les Kivus, et il l’encourage à renforcer son action pour assurer la protection des civils. Il appuie sans réserve le plan de désengagement qu’elle a élaboré et que le Gouvernement de la République démocratique du Congo a accepté, et demande instamment à toutes les parties de s’y conformer.
Le Conseil se félicite de l’intention de la MONUC de reconfigurer ses forces et d’optimiser leur déploiement de manière à améliorer son efficacité dans le cadre du mandat existant et du plafond de ses forces. Le Conseil de sécurité prend note de la demande de moyens supplémentaires formulée pour la MONUC par le Représentant spécial du Secrétaire général. Il prie le Secrétaire général de lui présenter dans son prochain rapport une analyse complète de la situation et des recommandations.
Le Conseil engage instamment le Gouvernement de la République démocratique du Congo à prendre des mesures efficaces pour faire en sorte qu’il n’y ait aucune coopération entre des éléments des FARDC et les FDLR. Il demande aussi aux gouvernements de la région de cesser tout soutien aux groupes armés de la région est de la République démocratique du Congo.
Le Conseil engage instamment les Gouvernements de la République démocratique du Congo et de la République du Rwanda à s’efforcer d’urgence de régler leurs différends, notamment grâce à la réactivation du Mécanisme conjoint de vérification, et leur demande d’appliquer intégralement le communiqué de Nairobi. Il encourage le Secrétaire général à intensifier l’action qu’il mène pour faciliter le dialogue entre le Rwanda et la République démocratique du Congo.
Le Conseil condamne vigoureusement les récentes attaques lancées par l’Armée de résistance du Seigneur, notamment l’enlèvement de 159 écoliers dans des villages de la province Orientale. Il rappelle les actes d’accusation établis par la Cour pénale internationale contre des dirigeants de l’Armée de résistance du Seigneur, notamment du chef d’enrôlement d’enfants par enlèvement, constitutif de crime de guerre.
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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
lundi 29 septembre 2008
« No ! », un cri contre le viol des Africaines-Américaines
Le documentaire d’Aishah Simmons décortique les violences sexuelles
jeudi 25 septembre 2008, par Habibou Bangré
Aishah Simmons a réalisé le documentaire No ! pour « rendre visibles » les violences sexuelles commises au sein de la communauté africaine-américaine. Elle-même « survivante » d’un viol, la jeune femme a tourné ce film bouleversant et plein d’espoir sur onze ans, faute de financements. Le fruit de son labeur sera diffusé pour la première fois en France ce samedi, lors du Festival des femmes en résistance.
Aishah Shahidah Simmons le dit et le répète : elle n’est pas une « victime » du viol, mais une « survivante ». Cette jeune femme de 39 ans a souffert de cette agression mais est parvenue à trouver la force de la surmonter. Mieux, en 1994, elle a commencé à tourner un documentaire pour « rendre visibles » les viols perpétrés au sein de la communauté africaine-américaine. « J’ai réalisé "No !" pour sauver ma vie. C’était une thérapie, mais aussi un acte militant. C’était ma contribution pour le combat contre les violences faites aux femmes », explique Aishah Simmons.
Dénoncer, c’était trahir
Lorsque cette activiste parle de la production de son film, elle fait référence à un « voyage ». Un voyage pendant lequel elle a parcouru les Etats-Unis pour interroger des « survivantes » du viol, des universitaires - dont sa mère, elle-même victime d’agression sexuelle -, des théologiennes, des sociologues, des historiennes, des anthropologues et des militants des droits humains, parmi lesquels on compte son père.
Un travail de fourmi qui aura duré onze ans. Pourquoi plus d’une décennie de tournage ? « Enormément d’organismes ont refusé de subventionner un film qui traitait du viol des femmes noires aux Etats-Unis. En fait, c’est grâce au réseau de féministes que j’ai constitué de par le monde que j’ai pu réaliser le film », confie Aishah Simmons.
Le résultat : un documentaire bouleversant et poignant qui dévoile entre autres que le viol d’une Africaine-Américaine par un Africain-Américain n’était pas considéré comme un crime dans la communauté noire au temps de sa lutte pour les droits civiques (années 60). Pire, celles qui s’aventuraient à dénoncer l’abus étaient taxées de « traîtres ». Par les hommes noirs, mais parfois également par les femmes.
« Nous avons le droit de dire "non" »
Quant au viol des lesbiennes africaines-américaines, il repose sur les mêmes justifications que dans les autres communautés homophobes. « Il est utilisé contre les lesbiennes comme une arme par les Africains-Américains machistes, commente Aishah Simmons, qui se qualifie de "féministe et lesbienne qui s’assume complètement". Ils pensent que si une femme est lesbienne, c’est qu’elle n’a pas rencontré le bon homme. Alors ils la violent pour qu’elle devienne hétérosexuelle. »
Ces violences sexuelles contre les Africaines-Américaines, Aishah Simmons les explique notamment par « la colonisation et l’esclavage qui ont participé à l’idée qu’une femme noire ne peut pas être violée ». Elle précise son raisonnement : « Durant cette période, on disait aux Noirs que leur corps ne leur appartenait pas. Cette culture est restée inconsciemment encrée dans la communauté, c’est pourquoi certains considèrent que violer une femme africaine-américaine n’est pas si grave ».
La religion pour soigner la blessure du viol
Si No ! aborde des thèmes durs et difficiles, il est aussi plein d’espoir. Il montre entre autres comment des femmes ont survécu au viol grâce au christianisme ou à l’islam, les religions les plus répandues chez les Africains-Américains. « Lorsque les femmes se font violer, raconte Aishah Simmons, elles ne se rendent pas dans un centre contre le viol mais vont voir un imam ou se rendent dans une église. Et elles trouvent dans la Bible ou le Coran des textes qui les aideront à soigner leur blessure. En fait, elles ont une interprétation "féminine" de ces livres. »
Le documentaire de 94 minutes a été diffusé pour la première fois en 2006 et, depuis, a été projeté aux Etats-Unis, dans des pays d’Amérique latine (Pérou, Brésil, Mexique), d’Europe (Italie, Espagne, Hongrie), du Moyen-Orient (Jordanie) et d’Afrique (Rwanda, Kenya, Afrique du Sud et Burkina Faso). Chaque fois, No !, soutenu par Amnesty International, a participé à « faire prendre conscience que nos corps sont à nous et que nous avons le droit de dire "non" », souligne Aishah Simmons.
Outil de sensibilisation contre le viol
No ! sensibilise par ailleurs au fait qu’un viol commis par une personne que l’on connaît (un mari, un amant, un proche, un collègue…) est un viol au même titre qu’une agression perpétrée par un parfait étranger. Autant de qualité qui font de No ! un outil pédagogique et éducatif utilisé dans des établissements scolaires, des centres de femmes battues, des centres contre le viol, des conférences, des festivals et des prisons.
Preuve que le combat contre les violences sexuelles avance, si des hommes ressentent de la « colère » ou se montrent « agressifs » en regardant No !, d’autres organisent des projections entre eux. « C’est important d’avoir des hommes dans notre combat, conclut Aishah Simmons, car cela montre que, lentement mais sûrement, ils prennent à cœur la question des violences faites aux femmes. Ce qui est primordial car cela a un impact sur toute la communauté et participera, à terme, à mettre fin aux violences. »
Visiter le site de 'No' http://notherapedocumentary.org/
jeudi 25 septembre 2008, par Habibou Bangré
Aishah Simmons a réalisé le documentaire No ! pour « rendre visibles » les violences sexuelles commises au sein de la communauté africaine-américaine. Elle-même « survivante » d’un viol, la jeune femme a tourné ce film bouleversant et plein d’espoir sur onze ans, faute de financements. Le fruit de son labeur sera diffusé pour la première fois en France ce samedi, lors du Festival des femmes en résistance.
Aishah Shahidah Simmons le dit et le répète : elle n’est pas une « victime » du viol, mais une « survivante ». Cette jeune femme de 39 ans a souffert de cette agression mais est parvenue à trouver la force de la surmonter. Mieux, en 1994, elle a commencé à tourner un documentaire pour « rendre visibles » les viols perpétrés au sein de la communauté africaine-américaine. « J’ai réalisé "No !" pour sauver ma vie. C’était une thérapie, mais aussi un acte militant. C’était ma contribution pour le combat contre les violences faites aux femmes », explique Aishah Simmons.
Dénoncer, c’était trahir
Lorsque cette activiste parle de la production de son film, elle fait référence à un « voyage ». Un voyage pendant lequel elle a parcouru les Etats-Unis pour interroger des « survivantes » du viol, des universitaires - dont sa mère, elle-même victime d’agression sexuelle -, des théologiennes, des sociologues, des historiennes, des anthropologues et des militants des droits humains, parmi lesquels on compte son père.
Un travail de fourmi qui aura duré onze ans. Pourquoi plus d’une décennie de tournage ? « Enormément d’organismes ont refusé de subventionner un film qui traitait du viol des femmes noires aux Etats-Unis. En fait, c’est grâce au réseau de féministes que j’ai constitué de par le monde que j’ai pu réaliser le film », confie Aishah Simmons.
Le résultat : un documentaire bouleversant et poignant qui dévoile entre autres que le viol d’une Africaine-Américaine par un Africain-Américain n’était pas considéré comme un crime dans la communauté noire au temps de sa lutte pour les droits civiques (années 60). Pire, celles qui s’aventuraient à dénoncer l’abus étaient taxées de « traîtres ». Par les hommes noirs, mais parfois également par les femmes.
« Nous avons le droit de dire "non" »
Quant au viol des lesbiennes africaines-américaines, il repose sur les mêmes justifications que dans les autres communautés homophobes. « Il est utilisé contre les lesbiennes comme une arme par les Africains-Américains machistes, commente Aishah Simmons, qui se qualifie de "féministe et lesbienne qui s’assume complètement". Ils pensent que si une femme est lesbienne, c’est qu’elle n’a pas rencontré le bon homme. Alors ils la violent pour qu’elle devienne hétérosexuelle. »
Ces violences sexuelles contre les Africaines-Américaines, Aishah Simmons les explique notamment par « la colonisation et l’esclavage qui ont participé à l’idée qu’une femme noire ne peut pas être violée ». Elle précise son raisonnement : « Durant cette période, on disait aux Noirs que leur corps ne leur appartenait pas. Cette culture est restée inconsciemment encrée dans la communauté, c’est pourquoi certains considèrent que violer une femme africaine-américaine n’est pas si grave ».
La religion pour soigner la blessure du viol
Si No ! aborde des thèmes durs et difficiles, il est aussi plein d’espoir. Il montre entre autres comment des femmes ont survécu au viol grâce au christianisme ou à l’islam, les religions les plus répandues chez les Africains-Américains. « Lorsque les femmes se font violer, raconte Aishah Simmons, elles ne se rendent pas dans un centre contre le viol mais vont voir un imam ou se rendent dans une église. Et elles trouvent dans la Bible ou le Coran des textes qui les aideront à soigner leur blessure. En fait, elles ont une interprétation "féminine" de ces livres. »
Le documentaire de 94 minutes a été diffusé pour la première fois en 2006 et, depuis, a été projeté aux Etats-Unis, dans des pays d’Amérique latine (Pérou, Brésil, Mexique), d’Europe (Italie, Espagne, Hongrie), du Moyen-Orient (Jordanie) et d’Afrique (Rwanda, Kenya, Afrique du Sud et Burkina Faso). Chaque fois, No !, soutenu par Amnesty International, a participé à « faire prendre conscience que nos corps sont à nous et que nous avons le droit de dire "non" », souligne Aishah Simmons.
Outil de sensibilisation contre le viol
No ! sensibilise par ailleurs au fait qu’un viol commis par une personne que l’on connaît (un mari, un amant, un proche, un collègue…) est un viol au même titre qu’une agression perpétrée par un parfait étranger. Autant de qualité qui font de No ! un outil pédagogique et éducatif utilisé dans des établissements scolaires, des centres de femmes battues, des centres contre le viol, des conférences, des festivals et des prisons.
Preuve que le combat contre les violences sexuelles avance, si des hommes ressentent de la « colère » ou se montrent « agressifs » en regardant No !, d’autres organisent des projections entre eux. « C’est important d’avoir des hommes dans notre combat, conclut Aishah Simmons, car cela montre que, lentement mais sûrement, ils prennent à cœur la question des violences faites aux femmes. Ce qui est primordial car cela a un impact sur toute la communauté et participera, à terme, à mettre fin aux violences. »
Visiter le site de 'No' http://notherapedocumentary.org/
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