01/07/2008
Les équipes de MSF ont observé des violences physiques et des actes dégradants à l'encontre des Congolais refoulés d'Angola.
Depuis le 26 mai, plus de 30.000 Congolais refoulés d'Angola ont passé la frontière à Kahungula, dans la province du Bandundu, au sud-ouest de la République Démocratique du Congo.
En réponse à une alerte donnée par les autorités congolaises, une équipe de MSF s'est immédiatement rendue sur place pour apporter des soins médicaux et évaluer la situation des personnes refoulées.
Cette équipe du Pool d’Urgence Congo (PUC) de MSF – composée d’un coordinateur, d’un médecin et d’une infirmière – a apporté une première assistance médicale auprès des 600 à 700 refoulés quotidiens et a recueilli leurs témoignages. "Le refoulement présentait les caractéristiques d'une action d'envergure menée à partir de l’Angola", explique Bertrand Perrochet, coordinateur de l’équipe. "Les refoulements ont eu lieu à partir des provinces de Malanje et de Lunda Norte, majoritairement par la force, à partir des campements installés sur les sites diamantifères ou volontairement, à partir de certaines zones urbaines."
Selon les témoignages recueillis par MSF, l'armée angolaise entoure les carrières de diamants dans lesquelles de nombreux Congolais clandestins creusent, et leur ordonne de partir. Les hommes sont alors directement emmenés à pied ou par camion dans des campements fermés et de là, sont emmenés par groupes de quelques centaines jusqu'à la frontière congolaise.
La population refoulée que MSF a assistée dans cette zone, composée à 80% d'hommes, n'a pas été victime de violence sexuelle systématique, comme cela avait été le cas en 2007. Cependant, des cas de violences physiques ont été rapportés, ainsi que des cas de fouilles vaginales et anales dégradantes pratiquées par les militaires angolais lors du processus de refoulement. "Le but de ces fouilles est de déposséder la population congolaise des biens de valeurs – argent ou diamants – avant qu'ils ne quittent le territoire angolais", explique Bertrand Perrochet. "Certains patients rapportent également d'autres types de violences physiques – tabassage, blessure à l'arme blanche ou par machette – perpétrées par les forces armées angolaises ou parfois par la population angolaise, toujours pour des motifs de vol et de dépossession de biens. Ainsi, un homme que nous avons rencontré a été battu par des civils angolais car il refusait de leur donner sa ceinture. Il est décédé à Kahungula des suites de ses blessures."
MSF continue de suivre de près la situation des personnes refoulées. Les équipes du PUC, à Kinshasa et à Lubumbashi, appellent chaque jour différents contacts dans les provinces du Bandundu – à Tembo et Kahungula – mais aussi du Kasaï occidental – à Kamonya et Kamako. En effet, plus de 6.200 Congolais refoulés ont également été expulsés de l’Angola via Kamako.
En décembre 2007, MSF avait dénoncé le recours systématique aux viols et violences à l'encontre des Congolais venus travailler dans les carrières de diamants situées dans la province de Lunda Norte, en Angola. L’armée angolaise s’était rendue coupable de viols et violences sur les Congolais durant leur refoulement vers la République démocratique du Congo. MSF s’est engagée à suivre de près les éventuels refoulements depuis l’Angola pour, d’une part, y surveiller l’état de santé des populations sur la frontière et, d’autre part, dénoncer les éventuelles exactions.
dimanche 10 août 2008
L'UNHCR aide les victimes de la guerre au Sud-Kivu
UVIRA, République démocratique du Congo, 17 juilllet (UNHCR) – Issue d'une culture qui marginalise les victimes de viol, Generose se sentait socialement, économiquement et psychologiquement isolée au sein d'une société qui ne lui avait offert aucune aide correspondant à son besoin.
Depuis qu'elle a rencontré des personnes qui s'occupent d'elle et qui lui permettent à nouveau de se sentir en sécurité, à la fois physiquement et émotionnellement, cette Congolaise âgée de 32 ans a pu recommencer à imaginer une nouvelle vie dans la province du Sud-Kivu, après des mois de déplacement interne dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
Generose, qui a été violée dans des conditions brutales il y a deux ans et qui était présente lors du meurtre de son frère, fait partie des quelque 2 400 femmes victimes du conflit, dont beaucoup d'entre elles ont subi des abus sexuels – qui ont bénéficié au Sud-Kivu d'un programme de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés visant à les rendre autonomes.
Dans le cadre du programme géré par l'organisation « Women for Women International (WWI) », qui est un partenaire d'implémentation de l'UNHCR, des formations sont assurées pour aider des femmes rapatriées – qu'elles soient réfugiées ou déplacées internes – à gagner leur vie et à s'intégrer dans la société. L'objectif est aussi de mieux sensibiliser les communautés locales sur l'impact des violences sexuelles et sexistes commises contre les femmes déracinées.
« Ces projets aident des rapatriées et d'autres femmes vulnérables à améliorer leur bien-être, que ce soit du point de vue socio-économique ou mental », a expliqué Jules Barhalegehwa Basimine, qui supervise les opérations WWI dans les villes d'Uvira et de Baraka.
WWI gère ce programme dans 13 centres de formation créés au cours des deux dernières années dans les principales zones de retour au Sud-Kivu pour les réfugiés rentrés de Tanzanie et du Burundi, incluant les régions d'Uvira et de Baraka.
Les femmes apprennent les bases du commerce et du marketing qui leur seront bénéfiques à la fois pour elles-mêmes ainsi que pour leur communauté, alors que celles qui en ont besoin suivent des cours d'alphabétisation. « Une fois qu'une femme apprend à lire et à écrire dans le cadre de notre programme, elle peut monter sa propre affaire et elle pourra aussi alphabétiser ses enfants », a noté Nasir Fernandes, chef du bureau de l'UNHCR à Uvira.
Les femmes discutent également de questions sensibles telles que les violences sexuelles et sexistes alors qu'on leur enseigne leurs droits. « Les femmes participent activement aux séances de formation », dit Sharon Gschaider-Kassahun, expert sur la question des violences sexuelles et sexistes pour l'UNHCR dans l'est de la RDC. « Les formations sur le rôle des femmes et l'importance de devenir une citoyenne active sont toujours animées », a-t-elle ajouté.
Annie a fui la Tanzanie après avoir subi un viol collectif en 2002, au plus fort de la guerre civile qui a duré de 1998 à 2003. Elle apprend l'agriculture au centre de formation de WWI à Uvira. « La vie est toujours difficile, mais j'essaie de gagner ma vie et de subvenir aux besoins élémentaires de ma famille », dit cette femme de 40 ans.
Elle a fait écho aux pensées des autres participantes de ce programme, qui aide aussi d'anciens réfugiés à utiliser les compétences acquises dans les camps à l'étranger mais qu'ils n'avaient jamais pu utiliser. Generose explique que participer au programme l'avait fait « oser espérer avoir une maison, vivre en paix et retrouver sa dignité. »
Le programme WWI mis en oeuvre est particulièrement important car plus de 70 pour cent des personnes rapatriées dans la province relativement stable du Sud-Kivu sont des femmes et des enfants. Des projets qui enseignent un métier aux femmes et accélèrent leur alphabétisation devraient aider à relancer l'économie dans une région qui manque de services de base et d'infrastructures après des années de guerre.
« Les projets d'activités génératrices de revenus devraient recevoir plus d'investissement, en considérant que nous sommes dans une phase de transition depuis une situation d'urgence vers le développement », dit Eusebe Hounsokou, le délégué régional de l'UNHCR à Kinshasa.
« Nous n'aidons pas seulement les femmes à vivre mais aussi à gagner un salaire pour elles et leurs familles, ainsi la réintégration est plus durable en donnant de l'autonomie aux femmes qui sont chefs de famille », a ajouté son collègue, Fernandes.
Par Francesca Fontanini à Uvira, République démocratique du Congo
Depuis qu'elle a rencontré des personnes qui s'occupent d'elle et qui lui permettent à nouveau de se sentir en sécurité, à la fois physiquement et émotionnellement, cette Congolaise âgée de 32 ans a pu recommencer à imaginer une nouvelle vie dans la province du Sud-Kivu, après des mois de déplacement interne dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
Generose, qui a été violée dans des conditions brutales il y a deux ans et qui était présente lors du meurtre de son frère, fait partie des quelque 2 400 femmes victimes du conflit, dont beaucoup d'entre elles ont subi des abus sexuels – qui ont bénéficié au Sud-Kivu d'un programme de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés visant à les rendre autonomes.
Dans le cadre du programme géré par l'organisation « Women for Women International (WWI) », qui est un partenaire d'implémentation de l'UNHCR, des formations sont assurées pour aider des femmes rapatriées – qu'elles soient réfugiées ou déplacées internes – à gagner leur vie et à s'intégrer dans la société. L'objectif est aussi de mieux sensibiliser les communautés locales sur l'impact des violences sexuelles et sexistes commises contre les femmes déracinées.
« Ces projets aident des rapatriées et d'autres femmes vulnérables à améliorer leur bien-être, que ce soit du point de vue socio-économique ou mental », a expliqué Jules Barhalegehwa Basimine, qui supervise les opérations WWI dans les villes d'Uvira et de Baraka.
WWI gère ce programme dans 13 centres de formation créés au cours des deux dernières années dans les principales zones de retour au Sud-Kivu pour les réfugiés rentrés de Tanzanie et du Burundi, incluant les régions d'Uvira et de Baraka.
Les femmes apprennent les bases du commerce et du marketing qui leur seront bénéfiques à la fois pour elles-mêmes ainsi que pour leur communauté, alors que celles qui en ont besoin suivent des cours d'alphabétisation. « Une fois qu'une femme apprend à lire et à écrire dans le cadre de notre programme, elle peut monter sa propre affaire et elle pourra aussi alphabétiser ses enfants », a noté Nasir Fernandes, chef du bureau de l'UNHCR à Uvira.
Les femmes discutent également de questions sensibles telles que les violences sexuelles et sexistes alors qu'on leur enseigne leurs droits. « Les femmes participent activement aux séances de formation », dit Sharon Gschaider-Kassahun, expert sur la question des violences sexuelles et sexistes pour l'UNHCR dans l'est de la RDC. « Les formations sur le rôle des femmes et l'importance de devenir une citoyenne active sont toujours animées », a-t-elle ajouté.
Annie a fui la Tanzanie après avoir subi un viol collectif en 2002, au plus fort de la guerre civile qui a duré de 1998 à 2003. Elle apprend l'agriculture au centre de formation de WWI à Uvira. « La vie est toujours difficile, mais j'essaie de gagner ma vie et de subvenir aux besoins élémentaires de ma famille », dit cette femme de 40 ans.
Elle a fait écho aux pensées des autres participantes de ce programme, qui aide aussi d'anciens réfugiés à utiliser les compétences acquises dans les camps à l'étranger mais qu'ils n'avaient jamais pu utiliser. Generose explique que participer au programme l'avait fait « oser espérer avoir une maison, vivre en paix et retrouver sa dignité. »
Le programme WWI mis en oeuvre est particulièrement important car plus de 70 pour cent des personnes rapatriées dans la province relativement stable du Sud-Kivu sont des femmes et des enfants. Des projets qui enseignent un métier aux femmes et accélèrent leur alphabétisation devraient aider à relancer l'économie dans une région qui manque de services de base et d'infrastructures après des années de guerre.
« Les projets d'activités génératrices de revenus devraient recevoir plus d'investissement, en considérant que nous sommes dans une phase de transition depuis une situation d'urgence vers le développement », dit Eusebe Hounsokou, le délégué régional de l'UNHCR à Kinshasa.
« Nous n'aidons pas seulement les femmes à vivre mais aussi à gagner un salaire pour elles et leurs familles, ainsi la réintégration est plus durable en donnant de l'autonomie aux femmes qui sont chefs de famille », a ajouté son collègue, Fernandes.
Par Francesca Fontanini à Uvira, République démocratique du Congo
La Guerre qui ne dit pas son nom… (Guy De Boeck)
22-07-2008
Les informations que nous recevons, pour ainsi dire quotidiennement, de l'Est du Congo illustrent de manière remarquable que l'une des manières de pratiquer la désinformation, est de noyer les gens sous une abondance apparente de nouvelles. Celles qui occupent le devant de la scène sont contradictoires, et celles qui devraient retenir l'attention par leur importance sont noyées dans la masse. C'est l'histoire de « La Lettre Volée » d'E.A. Poe : où cacher mieux un document que dans amas de documents de rebut ?
La guerre des uns et la guerre des autres
Human Rights Watch vient de publier un rapport. Et, franchement, on se demande quel numéro donner à un rapport sur les atrocités commises dans l'Est du Congo, tant il y en a déjà eu, de toutes provenances : organisations internationales, organisations non-gouvernementales humanitaires, société civile congolaise, autorités provinciales, locales, municipales et jusqu'aux chefs coutumiers…
Tous ces rapports disent la même chose : les meurtres, les pillages et les viols continuent, et ils n'ont jamais cessé, ni jamais diminué d'intensité.
D'autre part, différentes instances, un peu partout dans le monde, et en particulier, très récemment, la Chambre belge des Représentants, ont voté des motions condamnant ces faits et appelant à y mettre un terme de toute urgence.
Le vote des parlementaires belges revêt même un intérêt particulier, non seulement parce que le texte, proposé par le député MR Daniel Ducarme, a été voté à l'unanimité, mais aussi parce qu'il souligne que, dans le contexte qui est depuis une quinzaine d'années celui du Congo oriental, il faut considérer ce que l'on appelle très pudiquement des « viols » ou des « violences sexuelles » et qu'il serait plus approprié de nommer des tortures stérilisantes, sont elles-mêmes des actes de guerre et font donc partie intégrante des opérations militaires.
Nous croyons même qu'il faut aller plus loin et les considérer comme l'acte de guerre par excellence dans cette guerre-là !
Or, l'on continue imperturbablement à considérer ces actes de la même manière qu'on l'aurait fait pour des actes commis, disons, en Europe en 1940/45. Alors, il était logique de considérer que « la guerre » désignait les échanges de tirs et bombardements divers entre les militaires, et que les pillages et les viols, comme toute autre violence exercée contre les civils[1], étaient le plus souvent des actes individuels commis en marge de la guerre proprement dite.
Autrement dit, dans ce contexte-là, l'intensité de la guerre se mesurait à l'intensité de la canonnade, et les exactions étaient un épiphénomène. En outre, les viols étaient des viols au sens classique du mot : des rapports sexuels obtenus sous la contrainte. Ils visaient donc à l'utilisation de la femme comme partenaire sexuelle, non à sa stérilisation, a sa destruction physique, morale ou sociale[2].
Dans le contexte de la guerre congolaise, au contraire, il s'agit moins de jouir de la femme sans lui demander son avis, que de la détruire par des actes qui, d'ailleurs, n'ont plus qu'un lointain rapport avec la sexualité. Forcer un pénis dans un vagin non-consentant peut encore passer pour de la sexualité.
Quand on se met à y planter des piquets, des baïonnettes, des grenades et Dieu seul sait quoi encore, on est dans la torture pure et simple et si un mot vient spontanément à l'esprit, c'est celui de sadisme, et non de sexualité. Et, pour peu que l'on considère la guerre de l'Est du Congo comme ce qu'elle est et ce qu'elle a toujours été dès l'origine : non pas une « guerre civile congolaise[3] » mais une guerre d'agression visant à conquérir de l'espace vital au détriment du Congo (et dans une partie riche du Congo, ce qui ne gâte rien), il est logique qu'il en soit ainsi puisqu'il s'agit de faire de la place en se débarrassant des populations qui encombrent les territoires convoités. La torture stérilisante est donc une sorte de « génocide à retardement ». On se débarrasse des encombrants moins par le massacre direct qu'en compromettant définitivement leurs chances de se reproduire. Il faut donc apprécier la guerre à l'Est du Congo avec des critères et, si l'on veut, une échelle de mesure à l'inverse de celle qui était relevante pour les guerres du passé : l'intensité d'une guerre, désormais, se mesure à l'intensité des tortures stérilisante (et accessoirement à celle des meurtres, pillages et exactions au détriment des populations civiles) et ce sont les coups de canon et autres composantes classiques des affrontements entre soldats qui ne sont qu'une écume secondaire…
Signature
Quelques faits, à propos de ces tortures stérilisantes, devraient être de nature à orienter les réflexions.
1) Des tortures ayant pour but non de profiter sexuellement des femmes ou de corser le sexe par le sadisme, mais de les rendre définitivement incapables d'enfanter ont fait leur apparition historique durant le génocide de 1994 au Rwanda. 2) Les témoignages font également état d'autres méthodes de torture et de meurtre, comme le « shampooing à la rwandaise » qui elles ont agrémenté les luttes ethniques au Rwanda depuis 1959.
3) Un certain nombre de viols (cette fois au sens sexuel du terme) ont concerné des hommes. Il est évident que cela renvoie à des sociétés où l'homosexualité est chose courante.
Or, elle est rarissime au Congo. Elle est par contre bien tolérée, dés avant la colonisation, dans les civilisations des Grands Lacs, notamment au Rwanda et encore plus en Ouganda [4]. Dans ces sociétés, elle était surtout l'attribut des classes dominantes, c'est-à-dire, pour le Rwanda, avant tout des Tutsi. Sans vouloir tirer de ces indices plus qu'ils ne contiennent, n'est-ce pas un peu beaucoup d'éléments « interlacustres » pour une « guerre civile congolaise » ?
La Monuc sur une autre planète
Pendant ce temps, la MONUC, l'ONU et même, parfois, le gouvernement de Kinshasa
[5] continuent à parler de « la situation qui s'améliore » et de « poches résiduaires d'insécurité à l'Est ».
L'ONU a été mise en place pour éviter, si possible, la guerre et, de toute façon, on serait mal venu de reprocher à qui que ce soit d'essayer toutes les solutions, même apparemment absurdes, pour l'éviter ou pour y mettre fin. Certes, les caffouillazibules mal ficelés que l'on a imposés au Congo, depuis la transition et le dinosaure à tête multiples dénommé « 1+4 », jusqu'aux accords de Goma et au « processus Amani » ont toute apparence d'avoir été inventés, au cours d'un cauchemar, par une assemblée de diplomates ivres, mais on aurait tort de reprocher à la MONUC de s'y être embarquée, puisqu'il s'agissait d'éviter la guerre.
On aurait tort de lui reprocher de s'y être embarquée, c'est vrai, mais par contre on ne peut en dire autant de l'optimisme béat avec lequel la MONUC assiste à la poursuite de la guerre (la vraie, celle des tortures stérilisantes) en ne faisant jamais état, tout au plus, que de « retards » dans l'application de ces divers processus alors que même la fausse guerre (celle des combats entre militaires) n'a jamais cessé.
Que l'ONU se sente une obligation de réussir dans ses missions est tout à son honneur. A condition de ne pas proclamer qu'elle a réussi quand elle échoue lamentablement !
Or, c'est ce qu'elle est en train de faire ! Et, bien sûr, des affaires comme celle du colonel Chand Saroha, qui a récemment éclaté, où il s'avère que c'est un admirateur de Nkunda qui a eu la responsabilité de surveiller le point stratégique de Sake, comme diverses affaires de trafic d'armes et de matières précieuses, font que l'on n'est, finalement, pas trop étonné que le rôle de la MONUC soit , finalement, moins celui d'une barrière que d'une passoire.
La question qui se pose est surtout celle-ci : qu'est-ce qui déterminera l'attitude future de la « communauté internationale » et de l'ONU : la situation réelle, la guerre qui continue et Goma /Amani = piège à cons, qui est universellement connue tant les rapports s'accumulent ? Ou la situation rêvée par la MONUC ? Il y aurait urgence à le savoir !
Menaces
Les déclarations de Chand Saroha (ce colonel onusien qui aimait tant Nkunda), surtout si on les met en rapport avec différentes dénonciations, protestations et manifestations de la population locale du Kivu, ne peuvent avoir qu'un seul sens : la MONUC, à plusieurs reprises, a eu un comportement qui n'était pas neutre, mais pro-Nkunda. Ce qui revient à dire pro-rwandais.
Par une de ces coïncidences qu'on a vraiment du mal à attribuer au hasard, le jour-même où le communiqué de la MONUC désavouant Saroha était publié, et faisait donc apparaître ce « nkundisme » de la MONUC au grand jour, un journal anglophone de Kigali (The New Times) publiait un article faisant état des révélations de rapatriés ex-FDLR accusant la MONUC et les FARDC d'un comportement tout à fait opposé. A peu de choses prés, la MONUC et l'armée congolaise sont une sorte de supermarché où les FDLR font leurs petites courses d'armes et de munitions… (Voir à ce sujet, sur CongoForum anglais, l'article http://www.congoforum.be/en/nieuwsdetail.asp?subitem=1&newsid=145838&Actualiteit=selected) On est bien sûr en droit de se poser des questions sur la concordance parfaite, dans le temps, de ces « révélations » avec celles de la MONUC. Incriminer le hasard est malaisé, compte tenu de ce que la presse rwandaise est « aux ordres » ; Quant aux « témoignages » des ex-FDLR rapatriés, qui ont beaucoup à se faire pardonner et maintes raisons de se faire bien voir à leur retour en des lieux où le sort des « génocidaires » est suspendu au-dessus de leurs têtes, on ne peut que les trouver, à tous le moins, fortement sujet à caution !
Le but de cette publication peut bien sûr être, d'abord, à usage interne : faire savoir aux Rwandais qu'il y a au-delà de la frontière Ouest une véritable menace sous les traits de FDLR armés jusqu'aux dents. Il peut aussi tendre à embarrasser la MONUC et à éviter que trop de pression ne soit mise sur Nkunda. Cependant, ces considérations ne sont certainement que secondaires, et le véritable but de ces « révélations sur mesure » apparaît clairement à plusieurs reprises dans l'article : il s'agit de remettre en question les accords de Nairobi, les seuls qui lient le Rwanda et ont été conclus, circonstance aggravante, en présence de Condolezza Rice. Les accords de Goma et le « processus Amani » qui ne mérite vraiment pas son nom ont été des clowneries à l'usage interne des Congolais et Nkunda a montré quotidiennement qu'il se fout de ce chiffon de papier comme de sa première chemise. Nairobi, c'est plus sérieux et il est nécessaire de disposer de « révélations » pour les mettre au panier. Mais il est évident que tout cela ne peut signifier qu'une chose : le Rwanda entend reprendre lui-même la guerre dans l'Est du Congo. Il ya deux jours, la presse ougandaise (aussi peu libre que sa consœur rwandaise) s'est elle aussi mise à faire état des menaces que feraient peser sur sa sécurité les rebelles de l'Armée démocratique de résistance, réfugiés eux aussi dans un « sanctuaire » en RDC.
Faudra-t-il que les agresseurs reprennent la guerre « chaude » sous le nez de la MONUC pour la réveiller ? Et sera-ce suffisant ?
© Guy De Boeck, Dialogue des Peuples, le 21 juillet 2008
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[1] Il y a bien sûr les massacres, comme celui d'Oradour sur Glanes. Il faut toutefois remarquer qu'ils ont souvent été l'œuvre d'unités SS, c'est-à-dire d'unités qui étaient des milices politiques du parti nazi, et que d'autre part ils avaient en général un caractère de représailles, ce qui les liait d'une certaine façon, aux opérations militaires proprement dites.
[2] Les organisations de femmes congolaises ont publié suffisamment de faits, d'explications et de documents à ce sujet pour qu'une description détaillée soit superflue ici.
[3] La « guerre civile congolaise », supposée opposer des camps présentés comme « de valeur (ou non-valeur) égale » a servi à justifier l'attitude d'équidistance adoptée par la communauté internationale en général et la Belgique en particulier. Et, dans le cas de la Belgique, cela eut lieu malgré la prise de position, en 2003, des ONG qui d'ailleurs, par la suite, ne furent pas conséquentes avec ce qu'elles avaient adopté. Les meilleurs historiens sont d'avis que le régime de Léopold II a coûté au Congo entre 4 et 8 millions de vies. Comme il y a déjà eu au bas mot 5 millions de morts dans l'Est du Congo, notre performance actuelle se situe donc dans la même « fourchette » ; Léopold II peut être fier de ses héritiers. Pouvons-nous être fiers de nous-mêmes ? C'est une autre question !
[4] Il n'y a pas de quoi crier à l'homophobie ou au racisme. Le fait de dire qu'il peut y avoir des détraqués sadiques parmi les homosexuels n'affirme rien sur ce groupe dans son ensemble. Et dire que l'homosexualité était pratiquée dans le Rwanda et le Buganda traditionnels signifie simplement que leur attitude ressemblait à celle, par exemple, de la Grèce classique. Etre comparé à Platon et Aristote n'est pas, à notre connaissance, une insulte !
[5] Celui-ci est profondément divisé sur la question. Certains ministres seraient d'avis d'avoir un langage beaucoup plus franc, d'avouer, par exemple, qu'il n'y a pas eu de « défaite » à Masheka, mais bien un ordre de retraite pour ne pas se heurter ouvertement à l'armée rwandaise, ou de faire état des éléments qui prouvent l'implication quotidienne et permanente du Rwanda dans les hostilités. Il semble bien que cette tendance ait eu le dessous. L'un de ses représentants est Lambert Mende, qui l'on vient de découvrir des poux dans la chevelure à propos de sa politique aux Hydrocarbures. Coincidence?
Les informations que nous recevons, pour ainsi dire quotidiennement, de l'Est du Congo illustrent de manière remarquable que l'une des manières de pratiquer la désinformation, est de noyer les gens sous une abondance apparente de nouvelles. Celles qui occupent le devant de la scène sont contradictoires, et celles qui devraient retenir l'attention par leur importance sont noyées dans la masse. C'est l'histoire de « La Lettre Volée » d'E.A. Poe : où cacher mieux un document que dans amas de documents de rebut ?
La guerre des uns et la guerre des autres
Human Rights Watch vient de publier un rapport. Et, franchement, on se demande quel numéro donner à un rapport sur les atrocités commises dans l'Est du Congo, tant il y en a déjà eu, de toutes provenances : organisations internationales, organisations non-gouvernementales humanitaires, société civile congolaise, autorités provinciales, locales, municipales et jusqu'aux chefs coutumiers…
Tous ces rapports disent la même chose : les meurtres, les pillages et les viols continuent, et ils n'ont jamais cessé, ni jamais diminué d'intensité.
D'autre part, différentes instances, un peu partout dans le monde, et en particulier, très récemment, la Chambre belge des Représentants, ont voté des motions condamnant ces faits et appelant à y mettre un terme de toute urgence.
Le vote des parlementaires belges revêt même un intérêt particulier, non seulement parce que le texte, proposé par le député MR Daniel Ducarme, a été voté à l'unanimité, mais aussi parce qu'il souligne que, dans le contexte qui est depuis une quinzaine d'années celui du Congo oriental, il faut considérer ce que l'on appelle très pudiquement des « viols » ou des « violences sexuelles » et qu'il serait plus approprié de nommer des tortures stérilisantes, sont elles-mêmes des actes de guerre et font donc partie intégrante des opérations militaires.
Nous croyons même qu'il faut aller plus loin et les considérer comme l'acte de guerre par excellence dans cette guerre-là !
Or, l'on continue imperturbablement à considérer ces actes de la même manière qu'on l'aurait fait pour des actes commis, disons, en Europe en 1940/45. Alors, il était logique de considérer que « la guerre » désignait les échanges de tirs et bombardements divers entre les militaires, et que les pillages et les viols, comme toute autre violence exercée contre les civils[1], étaient le plus souvent des actes individuels commis en marge de la guerre proprement dite.
Autrement dit, dans ce contexte-là, l'intensité de la guerre se mesurait à l'intensité de la canonnade, et les exactions étaient un épiphénomène. En outre, les viols étaient des viols au sens classique du mot : des rapports sexuels obtenus sous la contrainte. Ils visaient donc à l'utilisation de la femme comme partenaire sexuelle, non à sa stérilisation, a sa destruction physique, morale ou sociale[2].
Dans le contexte de la guerre congolaise, au contraire, il s'agit moins de jouir de la femme sans lui demander son avis, que de la détruire par des actes qui, d'ailleurs, n'ont plus qu'un lointain rapport avec la sexualité. Forcer un pénis dans un vagin non-consentant peut encore passer pour de la sexualité.
Quand on se met à y planter des piquets, des baïonnettes, des grenades et Dieu seul sait quoi encore, on est dans la torture pure et simple et si un mot vient spontanément à l'esprit, c'est celui de sadisme, et non de sexualité. Et, pour peu que l'on considère la guerre de l'Est du Congo comme ce qu'elle est et ce qu'elle a toujours été dès l'origine : non pas une « guerre civile congolaise[3] » mais une guerre d'agression visant à conquérir de l'espace vital au détriment du Congo (et dans une partie riche du Congo, ce qui ne gâte rien), il est logique qu'il en soit ainsi puisqu'il s'agit de faire de la place en se débarrassant des populations qui encombrent les territoires convoités. La torture stérilisante est donc une sorte de « génocide à retardement ». On se débarrasse des encombrants moins par le massacre direct qu'en compromettant définitivement leurs chances de se reproduire. Il faut donc apprécier la guerre à l'Est du Congo avec des critères et, si l'on veut, une échelle de mesure à l'inverse de celle qui était relevante pour les guerres du passé : l'intensité d'une guerre, désormais, se mesure à l'intensité des tortures stérilisante (et accessoirement à celle des meurtres, pillages et exactions au détriment des populations civiles) et ce sont les coups de canon et autres composantes classiques des affrontements entre soldats qui ne sont qu'une écume secondaire…
Signature
Quelques faits, à propos de ces tortures stérilisantes, devraient être de nature à orienter les réflexions.
1) Des tortures ayant pour but non de profiter sexuellement des femmes ou de corser le sexe par le sadisme, mais de les rendre définitivement incapables d'enfanter ont fait leur apparition historique durant le génocide de 1994 au Rwanda. 2) Les témoignages font également état d'autres méthodes de torture et de meurtre, comme le « shampooing à la rwandaise » qui elles ont agrémenté les luttes ethniques au Rwanda depuis 1959.
3) Un certain nombre de viols (cette fois au sens sexuel du terme) ont concerné des hommes. Il est évident que cela renvoie à des sociétés où l'homosexualité est chose courante.
Or, elle est rarissime au Congo. Elle est par contre bien tolérée, dés avant la colonisation, dans les civilisations des Grands Lacs, notamment au Rwanda et encore plus en Ouganda [4]. Dans ces sociétés, elle était surtout l'attribut des classes dominantes, c'est-à-dire, pour le Rwanda, avant tout des Tutsi. Sans vouloir tirer de ces indices plus qu'ils ne contiennent, n'est-ce pas un peu beaucoup d'éléments « interlacustres » pour une « guerre civile congolaise » ?
La Monuc sur une autre planète
Pendant ce temps, la MONUC, l'ONU et même, parfois, le gouvernement de Kinshasa
[5] continuent à parler de « la situation qui s'améliore » et de « poches résiduaires d'insécurité à l'Est ».
L'ONU a été mise en place pour éviter, si possible, la guerre et, de toute façon, on serait mal venu de reprocher à qui que ce soit d'essayer toutes les solutions, même apparemment absurdes, pour l'éviter ou pour y mettre fin. Certes, les caffouillazibules mal ficelés que l'on a imposés au Congo, depuis la transition et le dinosaure à tête multiples dénommé « 1+4 », jusqu'aux accords de Goma et au « processus Amani » ont toute apparence d'avoir été inventés, au cours d'un cauchemar, par une assemblée de diplomates ivres, mais on aurait tort de reprocher à la MONUC de s'y être embarquée, puisqu'il s'agissait d'éviter la guerre.
On aurait tort de lui reprocher de s'y être embarquée, c'est vrai, mais par contre on ne peut en dire autant de l'optimisme béat avec lequel la MONUC assiste à la poursuite de la guerre (la vraie, celle des tortures stérilisantes) en ne faisant jamais état, tout au plus, que de « retards » dans l'application de ces divers processus alors que même la fausse guerre (celle des combats entre militaires) n'a jamais cessé.
Que l'ONU se sente une obligation de réussir dans ses missions est tout à son honneur. A condition de ne pas proclamer qu'elle a réussi quand elle échoue lamentablement !
Or, c'est ce qu'elle est en train de faire ! Et, bien sûr, des affaires comme celle du colonel Chand Saroha, qui a récemment éclaté, où il s'avère que c'est un admirateur de Nkunda qui a eu la responsabilité de surveiller le point stratégique de Sake, comme diverses affaires de trafic d'armes et de matières précieuses, font que l'on n'est, finalement, pas trop étonné que le rôle de la MONUC soit , finalement, moins celui d'une barrière que d'une passoire.
La question qui se pose est surtout celle-ci : qu'est-ce qui déterminera l'attitude future de la « communauté internationale » et de l'ONU : la situation réelle, la guerre qui continue et Goma /Amani = piège à cons, qui est universellement connue tant les rapports s'accumulent ? Ou la situation rêvée par la MONUC ? Il y aurait urgence à le savoir !
Menaces
Les déclarations de Chand Saroha (ce colonel onusien qui aimait tant Nkunda), surtout si on les met en rapport avec différentes dénonciations, protestations et manifestations de la population locale du Kivu, ne peuvent avoir qu'un seul sens : la MONUC, à plusieurs reprises, a eu un comportement qui n'était pas neutre, mais pro-Nkunda. Ce qui revient à dire pro-rwandais.
Par une de ces coïncidences qu'on a vraiment du mal à attribuer au hasard, le jour-même où le communiqué de la MONUC désavouant Saroha était publié, et faisait donc apparaître ce « nkundisme » de la MONUC au grand jour, un journal anglophone de Kigali (The New Times) publiait un article faisant état des révélations de rapatriés ex-FDLR accusant la MONUC et les FARDC d'un comportement tout à fait opposé. A peu de choses prés, la MONUC et l'armée congolaise sont une sorte de supermarché où les FDLR font leurs petites courses d'armes et de munitions… (Voir à ce sujet, sur CongoForum anglais, l'article http://www.congoforum.be/en/nieuwsdetail.asp?subitem=1&newsid=145838&Actualiteit=selected) On est bien sûr en droit de se poser des questions sur la concordance parfaite, dans le temps, de ces « révélations » avec celles de la MONUC. Incriminer le hasard est malaisé, compte tenu de ce que la presse rwandaise est « aux ordres » ; Quant aux « témoignages » des ex-FDLR rapatriés, qui ont beaucoup à se faire pardonner et maintes raisons de se faire bien voir à leur retour en des lieux où le sort des « génocidaires » est suspendu au-dessus de leurs têtes, on ne peut que les trouver, à tous le moins, fortement sujet à caution !
Le but de cette publication peut bien sûr être, d'abord, à usage interne : faire savoir aux Rwandais qu'il y a au-delà de la frontière Ouest une véritable menace sous les traits de FDLR armés jusqu'aux dents. Il peut aussi tendre à embarrasser la MONUC et à éviter que trop de pression ne soit mise sur Nkunda. Cependant, ces considérations ne sont certainement que secondaires, et le véritable but de ces « révélations sur mesure » apparaît clairement à plusieurs reprises dans l'article : il s'agit de remettre en question les accords de Nairobi, les seuls qui lient le Rwanda et ont été conclus, circonstance aggravante, en présence de Condolezza Rice. Les accords de Goma et le « processus Amani » qui ne mérite vraiment pas son nom ont été des clowneries à l'usage interne des Congolais et Nkunda a montré quotidiennement qu'il se fout de ce chiffon de papier comme de sa première chemise. Nairobi, c'est plus sérieux et il est nécessaire de disposer de « révélations » pour les mettre au panier. Mais il est évident que tout cela ne peut signifier qu'une chose : le Rwanda entend reprendre lui-même la guerre dans l'Est du Congo. Il ya deux jours, la presse ougandaise (aussi peu libre que sa consœur rwandaise) s'est elle aussi mise à faire état des menaces que feraient peser sur sa sécurité les rebelles de l'Armée démocratique de résistance, réfugiés eux aussi dans un « sanctuaire » en RDC.
Faudra-t-il que les agresseurs reprennent la guerre « chaude » sous le nez de la MONUC pour la réveiller ? Et sera-ce suffisant ?
© Guy De Boeck, Dialogue des Peuples, le 21 juillet 2008
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[1] Il y a bien sûr les massacres, comme celui d'Oradour sur Glanes. Il faut toutefois remarquer qu'ils ont souvent été l'œuvre d'unités SS, c'est-à-dire d'unités qui étaient des milices politiques du parti nazi, et que d'autre part ils avaient en général un caractère de représailles, ce qui les liait d'une certaine façon, aux opérations militaires proprement dites.
[2] Les organisations de femmes congolaises ont publié suffisamment de faits, d'explications et de documents à ce sujet pour qu'une description détaillée soit superflue ici.
[3] La « guerre civile congolaise », supposée opposer des camps présentés comme « de valeur (ou non-valeur) égale » a servi à justifier l'attitude d'équidistance adoptée par la communauté internationale en général et la Belgique en particulier. Et, dans le cas de la Belgique, cela eut lieu malgré la prise de position, en 2003, des ONG qui d'ailleurs, par la suite, ne furent pas conséquentes avec ce qu'elles avaient adopté. Les meilleurs historiens sont d'avis que le régime de Léopold II a coûté au Congo entre 4 et 8 millions de vies. Comme il y a déjà eu au bas mot 5 millions de morts dans l'Est du Congo, notre performance actuelle se situe donc dans la même « fourchette » ; Léopold II peut être fier de ses héritiers. Pouvons-nous être fiers de nous-mêmes ? C'est une autre question !
[4] Il n'y a pas de quoi crier à l'homophobie ou au racisme. Le fait de dire qu'il peut y avoir des détraqués sadiques parmi les homosexuels n'affirme rien sur ce groupe dans son ensemble. Et dire que l'homosexualité était pratiquée dans le Rwanda et le Buganda traditionnels signifie simplement que leur attitude ressemblait à celle, par exemple, de la Grèce classique. Etre comparé à Platon et Aristote n'est pas, à notre connaissance, une insulte !
[5] Celui-ci est profondément divisé sur la question. Certains ministres seraient d'avis d'avoir un langage beaucoup plus franc, d'avouer, par exemple, qu'il n'y a pas eu de « défaite » à Masheka, mais bien un ordre de retraite pour ne pas se heurter ouvertement à l'armée rwandaise, ou de faire état des éléments qui prouvent l'implication quotidienne et permanente du Rwanda dans les hostilités. Il semble bien que cette tendance ait eu le dessous. L'un de ses représentants est Lambert Mende, qui l'on vient de découvrir des poux dans la chevelure à propos de sa politique aux Hydrocarbures. Coincidence?
Province Orientale : plus de 70 femmes et filles violées en juillet 2007 par des Maï-Maï
C’est le résultat de l’enquête d’une mission conjointe Monuc-FARDC effectuée à Liekelesole, une localité située à 262 kilomètres de Kisangani, chef-lieu de la province Orientale. Les Maï-Maï incriminés sont ceux du commandant « Tongs ».
Quatre jours durant, au cours de cette semaine, les habitants de Liekelesole ont défilé devant la mission conjointe pour apporter leurs témoignages sur les atrocités dont ils avaient été collectivement ou individuellement victimes lors du passage du groupe Maï-Maï du colonel Tongs dans cette localité. Dr Akim Mumeme, membre de la délégation donne le résultat de l’enquête : « J’ai recensé 72 cas de victimes de violences sexuelles, nous avons constaté des avortements, des femmes qui ont fait des fausses couches, 4 femmes ont été violées pendant qu’elles étaient grosses, nous avons encore une dizaine de mineures dont au moins 8 présentent des lésions sévères qu’on doit prendre en charge dans un hôpital de référence. »
Pour sa part, le capitaine Ntow Mutombo, auditeur militaire garnison de Kisangani qui a fait partie de la mission côté FARDC, a indiqué que tout est prêt pour saisir le tribunal militaire. « Quand on viole plus de 20 femmes dans un village, et non seulement ça, on va bastonner la population, la chasser pour qu’elle se retrouve à 5 kilomètres du village, dans la brousse, ce sont des infractions », s’est-il insurgé. « Dès que nous arrivons à Kisangani, nous allons très rapidement fixer le dossier devant le tribunal pour juger les coupables et les condamner », a laissé entendre l’officier FARDC.
Cette mission conjointe a été financée conjointement par le Royaume de Belgique et la coopération canadienne dans le but de rétablir dans leurs droits les victimes de Liekelesole.
Liekelesole(Prov. Orientale), 28/07/2008 (OKAPI/MCN, via mediacongo.net)
Libérons les femmes
Dans les sociétés où les parents, surtout les femmes, ont le temps de s'occuper de leurs enfants, la délinquance juvénile n'est pas aussi inquiétante comme elle semble le devenir dans pratiquement toutes nos grandes villes. L'économie qui ne marche pas comme il se doit, parce qu'elle ne crée pas d'emplois, est une des causes principales de l'ampleur que prend la délinquance, surtout juvénile. Faute d'emplois donc, hommes et femmes, se déversent dans la débrouillardise. Ce qui veut dire, lever tôt et rentrer tard.
Et comme la solidarité du village et des clans ne fonctionnent plus, et en l'absence des crèches, élever les enfants devient de jour au jour pour beaucoup de Congolais, un véritable casse-tête. Et comme les enfants ne sont pas encadrés, c'est la rue qui les prend en charge. Or, dans la rue, toutes les valeurs sont inversées. Au point où, de moins en moins, des parents se reconnaissent dans le discours et le comportement de leurs enfants. La perte de l'autorité sur les enfants achève tout l'édifice.
Pour arrêter le phénomène de la délinquance, ou tout au moins, pour atténuer son ampleur, il y a beaucoup de solutions, mais il y a une seule qui est la meilleure : la stabilité des foyers. Ce qui suppose non pas nécessairement femme au foyer, mais femme très près des enfants. Nous devons donc réfléchir, en faisant une course contre la montre, à la possibilité de décharger les femmes de certaines de leurs occupations dont, généralement, elles ne vivent pas correctement.
Il n'est pas acceptable, en effet, et c'est un exemple parmi tant d'autres, que des mères de familles sortent de leurs maisons à 3 heures du matin pour aller chercher des pains à vendre dans des boulangeries, d'où elles ne sortent généralement qu'entre 6 heures et 9 heures du matin. Et quand elles rentrent à la maison, c'est-à-dire après avoir vendu péniblement leur cargaison de pains, les maris sont déjà partis à la recherche de l'argent. Résultat : les enfants vont à l'école souvent sans une assistance appropriée des parents.
Dans le commerce des pains, comme dans celui des légumes, les mamans se font proprement exploitées. Dans les deux cas, elles ne gagnent pas assez pour ainsi sacrifier l'éducation de leurs enfants. La solution : dans les pains comme dans les légumes, il faut organiser toutes ces mamans en coopérative pour les mettre en position de traiter avec leurs partenaires, les boulangers pour les unes et les acheteurs des légumes, à des prix dérisoires, pour les autres.
Il est bon que l'homme et la femme travaillent. Mais il est bon que cela ne le soit pas au détriment des enfants. Si on ne peut pas s'en occuper comme il faut, il est mieux de s'abstenir d'en faire. Concrètement, qu'est-ce que l'Etat doit faire ? Il doit s'intéresser, en organisant comme il faut, toutes ces activités dans lesquelles les femmes s'engouffrent dans l'espoir, jusqu'ici vain, d'améliorer leur vécu quotidien. Si l'on ne trouve pas de solutions satisfaisantes à la situation des femmes qui travaillent, il nous sera impossible de circonscrire assez rapidement le phénomène de la délinquance juvénile dans nos villes.
Autrement dit, au niveau des communes et des quartiers, l'Etat devra, avec le concours des privés, penser à construire des centres d'encadrement pour des enfants dont les parents, mère et père, travaillent tous les deux. Dans le même ordre d'idées, le système de la bonne à la maison est à revoir de fond en comble. Si on la maintient, il faut qu'on s'assure que les bonnes ont reçu préalablement une petite formation de nature à leur permettre de se substituer aux parents de manière satisfaisante..
Faute de nous engager dans ces pistes, nous ne ferons qu'encourager le phénomène dit " délinquance juvénile ". Première étape donc : Libérons les femmes pour qu'à leur tour elles libèrent leurs enfants de l'emprise des parents de la rue.
Mankenda Voka
Kinshasa, 28/07/2008 (L'Observateur, via mediacongo.net)
Les femmes protestantes du Bas-Congo réfléchissent sur la crise alimentaire
Du 27 au 31 juillet 2008 à Matadi
Les femmes protestantes du Bas-Congo entendent apporter leur contribution à la résolution de la crise alimentaire qui secoue spécialement la République démocratique du Congo. Ainsi le 4ème Congrès provincial de la Fédération des femmes protestantes du Bas-Congo (FFP) se tiendra-t-il à Matadi, chef-lieu du Bas-Congo, du 27 au 31 juillet.
Ce congrès va se tenir sous la direction de Mgr Paul Tekasala Mawa, président provincial de l'Eglise du Christ au Congo (ECC), avec pour thème : " Femme protestante, quelle implication face à la crise mondiale ", rapportent les sources proches de la présidence provinciale de l'ECC du Bas-Congo.
Les assises de Matadi auront pour orateur principal le Rév. Lutonadio de la CBFC/Kinshasa. La problématique de la réduction de la pauvreté, le VIH Sida, la connaissance des droits de la femme et de l'enfant, la gestion de l'environnement et la perspective d'avenir à l'horizon 2015, sont les sous thèmes qui seront également développés par d'autres éminents orateurs pour appuyer le thème principal.
Les participantes sont recrutées parmi les leaders des fédérations locales des femmes protestantes à travers toute la province du Bas-Congo, les représentantes du cercle des théologiennes protestantes ainsi que celles des organismes associés à l'ECC/Bas Congo.
L'objectif poursuivi dans ce 4ème congrès est de conscientiser la femme protestante à s'adapter au mouvement permanent d'évolution du monde.
La séance d'ouverture officielle est intervenue dimanche 27 juillet à 15 heures et les travaux du congrès auront lieu les avant-midi de 9 heures à 13 heures de lundi 28 à jeudi 31 juillet pour les congressistes et le séminaire biblique de 16 heures à 18 heures. Les assises se clôtureront jeudi 31 juillet 2008 à partir de 16 heures.
Voir des femmes congolaises, de surcroît des confessions religieuses, s'impliquer dans la recherche des solutions à la crise alimentaire qui sévit à travers la planète, principalement en République démocratique du Congo, voilà qui montre que cette crise est telle que, y mettre fin, appelle l'effort et le concours de tous, particulièrement des femmes qui connaissent mieux ce qui manque lorsqu'on parle de la crise alimentaire.
Kléber Kungu
Quatre jours durant, au cours de cette semaine, les habitants de Liekelesole ont défilé devant la mission conjointe pour apporter leurs témoignages sur les atrocités dont ils avaient été collectivement ou individuellement victimes lors du passage du groupe Maï-Maï du colonel Tongs dans cette localité. Dr Akim Mumeme, membre de la délégation donne le résultat de l’enquête : « J’ai recensé 72 cas de victimes de violences sexuelles, nous avons constaté des avortements, des femmes qui ont fait des fausses couches, 4 femmes ont été violées pendant qu’elles étaient grosses, nous avons encore une dizaine de mineures dont au moins 8 présentent des lésions sévères qu’on doit prendre en charge dans un hôpital de référence. »
Pour sa part, le capitaine Ntow Mutombo, auditeur militaire garnison de Kisangani qui a fait partie de la mission côté FARDC, a indiqué que tout est prêt pour saisir le tribunal militaire. « Quand on viole plus de 20 femmes dans un village, et non seulement ça, on va bastonner la population, la chasser pour qu’elle se retrouve à 5 kilomètres du village, dans la brousse, ce sont des infractions », s’est-il insurgé. « Dès que nous arrivons à Kisangani, nous allons très rapidement fixer le dossier devant le tribunal pour juger les coupables et les condamner », a laissé entendre l’officier FARDC.
Cette mission conjointe a été financée conjointement par le Royaume de Belgique et la coopération canadienne dans le but de rétablir dans leurs droits les victimes de Liekelesole.
Liekelesole(Prov. Orientale), 28/07/2008 (OKAPI/MCN, via mediacongo.net)
Libérons les femmes
Dans les sociétés où les parents, surtout les femmes, ont le temps de s'occuper de leurs enfants, la délinquance juvénile n'est pas aussi inquiétante comme elle semble le devenir dans pratiquement toutes nos grandes villes. L'économie qui ne marche pas comme il se doit, parce qu'elle ne crée pas d'emplois, est une des causes principales de l'ampleur que prend la délinquance, surtout juvénile. Faute d'emplois donc, hommes et femmes, se déversent dans la débrouillardise. Ce qui veut dire, lever tôt et rentrer tard.
Et comme la solidarité du village et des clans ne fonctionnent plus, et en l'absence des crèches, élever les enfants devient de jour au jour pour beaucoup de Congolais, un véritable casse-tête. Et comme les enfants ne sont pas encadrés, c'est la rue qui les prend en charge. Or, dans la rue, toutes les valeurs sont inversées. Au point où, de moins en moins, des parents se reconnaissent dans le discours et le comportement de leurs enfants. La perte de l'autorité sur les enfants achève tout l'édifice.
Pour arrêter le phénomène de la délinquance, ou tout au moins, pour atténuer son ampleur, il y a beaucoup de solutions, mais il y a une seule qui est la meilleure : la stabilité des foyers. Ce qui suppose non pas nécessairement femme au foyer, mais femme très près des enfants. Nous devons donc réfléchir, en faisant une course contre la montre, à la possibilité de décharger les femmes de certaines de leurs occupations dont, généralement, elles ne vivent pas correctement.
Il n'est pas acceptable, en effet, et c'est un exemple parmi tant d'autres, que des mères de familles sortent de leurs maisons à 3 heures du matin pour aller chercher des pains à vendre dans des boulangeries, d'où elles ne sortent généralement qu'entre 6 heures et 9 heures du matin. Et quand elles rentrent à la maison, c'est-à-dire après avoir vendu péniblement leur cargaison de pains, les maris sont déjà partis à la recherche de l'argent. Résultat : les enfants vont à l'école souvent sans une assistance appropriée des parents.
Dans le commerce des pains, comme dans celui des légumes, les mamans se font proprement exploitées. Dans les deux cas, elles ne gagnent pas assez pour ainsi sacrifier l'éducation de leurs enfants. La solution : dans les pains comme dans les légumes, il faut organiser toutes ces mamans en coopérative pour les mettre en position de traiter avec leurs partenaires, les boulangers pour les unes et les acheteurs des légumes, à des prix dérisoires, pour les autres.
Il est bon que l'homme et la femme travaillent. Mais il est bon que cela ne le soit pas au détriment des enfants. Si on ne peut pas s'en occuper comme il faut, il est mieux de s'abstenir d'en faire. Concrètement, qu'est-ce que l'Etat doit faire ? Il doit s'intéresser, en organisant comme il faut, toutes ces activités dans lesquelles les femmes s'engouffrent dans l'espoir, jusqu'ici vain, d'améliorer leur vécu quotidien. Si l'on ne trouve pas de solutions satisfaisantes à la situation des femmes qui travaillent, il nous sera impossible de circonscrire assez rapidement le phénomène de la délinquance juvénile dans nos villes.
Autrement dit, au niveau des communes et des quartiers, l'Etat devra, avec le concours des privés, penser à construire des centres d'encadrement pour des enfants dont les parents, mère et père, travaillent tous les deux. Dans le même ordre d'idées, le système de la bonne à la maison est à revoir de fond en comble. Si on la maintient, il faut qu'on s'assure que les bonnes ont reçu préalablement une petite formation de nature à leur permettre de se substituer aux parents de manière satisfaisante..
Faute de nous engager dans ces pistes, nous ne ferons qu'encourager le phénomène dit " délinquance juvénile ". Première étape donc : Libérons les femmes pour qu'à leur tour elles libèrent leurs enfants de l'emprise des parents de la rue.
Mankenda Voka
Kinshasa, 28/07/2008 (L'Observateur, via mediacongo.net)
Les femmes protestantes du Bas-Congo réfléchissent sur la crise alimentaire
Du 27 au 31 juillet 2008 à Matadi
Les femmes protestantes du Bas-Congo entendent apporter leur contribution à la résolution de la crise alimentaire qui secoue spécialement la République démocratique du Congo. Ainsi le 4ème Congrès provincial de la Fédération des femmes protestantes du Bas-Congo (FFP) se tiendra-t-il à Matadi, chef-lieu du Bas-Congo, du 27 au 31 juillet.
Ce congrès va se tenir sous la direction de Mgr Paul Tekasala Mawa, président provincial de l'Eglise du Christ au Congo (ECC), avec pour thème : " Femme protestante, quelle implication face à la crise mondiale ", rapportent les sources proches de la présidence provinciale de l'ECC du Bas-Congo.
Les assises de Matadi auront pour orateur principal le Rév. Lutonadio de la CBFC/Kinshasa. La problématique de la réduction de la pauvreté, le VIH Sida, la connaissance des droits de la femme et de l'enfant, la gestion de l'environnement et la perspective d'avenir à l'horizon 2015, sont les sous thèmes qui seront également développés par d'autres éminents orateurs pour appuyer le thème principal.
Les participantes sont recrutées parmi les leaders des fédérations locales des femmes protestantes à travers toute la province du Bas-Congo, les représentantes du cercle des théologiennes protestantes ainsi que celles des organismes associés à l'ECC/Bas Congo.
L'objectif poursuivi dans ce 4ème congrès est de conscientiser la femme protestante à s'adapter au mouvement permanent d'évolution du monde.
La séance d'ouverture officielle est intervenue dimanche 27 juillet à 15 heures et les travaux du congrès auront lieu les avant-midi de 9 heures à 13 heures de lundi 28 à jeudi 31 juillet pour les congressistes et le séminaire biblique de 16 heures à 18 heures. Les assises se clôtureront jeudi 31 juillet 2008 à partir de 16 heures.
Voir des femmes congolaises, de surcroît des confessions religieuses, s'impliquer dans la recherche des solutions à la crise alimentaire qui sévit à travers la planète, principalement en République démocratique du Congo, voilà qui montre que cette crise est telle que, y mettre fin, appelle l'effort et le concours de tous, particulièrement des femmes qui connaissent mieux ce qui manque lorsqu'on parle de la crise alimentaire.
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