dimanche 16 novembre 2008

Rama Yade s’inquiète pour les femmes congolaises

14.11.08 RAMA YADE s'inquiète pour les femmes Congolaises violées ! (F. Mulongo, RévFM/Parisien.fr)
Elles seraient « entre 50 000 et 100 000 » à avoir été violées depuis 2003. La secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l’Homme, RAMA YADE était en République démocratique du Congo (RDC) en juin. RAMA YADE décrit une situation catastrophique, notamment pour les femmes.

A l'occasion de la semaine de solidarité internationale, le Mouvement "Ni putes ni soumises" en partenariat avec l'Action des femmes Africaines Solidaires pour le développement (AFAS), Le Centre de Recherche et de d'information pour le développement (CRID), Plateforme Panafricaine... organise les 19 et 22 novembre prochain, une exposition sur la RDC (Maison de la Mixité, Métro: Jourdain) et un grand colloque sur le thème:" Femmes et filles en RDC: état des lieux des violences sexuelles et perspectives de reconstruction dans le cadre du co-développement et de la solidarité internationale. les enjeux de la situation actuelle de la guerre en RDC. Paris, Mairie du 20 ème, Métro: Gambeta.

Toutes les ONG présentes dans la région parlent de « catastrophe humanitaire ». Quelle est l’urgence ?


Rama YADE: L’urgence, c’est que le cessez-le-feu du 29 octobre décrété par la rébellion de Laurent Nkunda soit respecté. Il faut apaiser les tensions pour revenir à un processus politique. La situation humanitaire, que certains semblent aujourd’hui découvrir, est dramatique. J’étais en juin dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, et ce que j’ai vu là-bas, moi qui ai déjà effectué environ 70 déplacements, je ne l’ai jamais vu ailleurs. Je suis réellement revenue de l’enfer ! C’est une tragédie oubliée.

Abedi, 17 ans, allait chercher de l'eau lorsque des soldats l'ont frappée et violée : "J'ai 17 ans et plus personne ne voudra de moi. Mon fils né du viol a, aujourd'hui, 11 mois. Il s'appelle Kevin, je suis toute seule pour l'élever". Abedi affirme, avec colère, qu'elle a demandé pardon à sa famille, mais que ses proches ne veulent plus la voir, ni entendre parler d'elle.

Hélène, 42 ans. « Le 7 août 2000, des soldats du RDC-Goma* ont arrêté le convoi dans lequel je me trouvais entre Goma et Butembo. Ils frappaient les hommes et volaient la marchandise. Ils ont ensuite utilisé les femmes pour transporter leur butin dans la forêt. Ils m'ont gardée plusieurs jours. Je ne sais plus combien d'hommes m'ont violée... » Aujourd'hui, Hélène est responsable d'une des maisons-refuges de l'association MAODE. Elle accueille les autres femmes victimes de violences sexuelles et les aide à reprendre goût à la vie.

Marie-Donatienne a créé l'association MAODE il y a quatre ans. En avril 2003, elle aussi a été violée par des miliciens Interahamwes devant son mari et ses deux enfants. D'après les estimations d'Human Right Watch, 10 000 femmes et fillettes auraient été violées par les combattants des différentes factions. Actuellement, l'association vient en aide à 197 femmes, en développant, grâce à des micro-crédits, différents petits commerces et en exploitant des champs communautaires.

« Le viol est devenu une arme de guerre »

Et vous êtes rentrée traumatisée…

Rama YADE: Le mot n’est pas trop fort. En République Démocratique du Congo, où l’on compte entre 50 000 et 100 000 femmes violées depuis 2003, j’ai entendu les récits insoutenables de femmes enlevées, transformées en esclaves sexuelles par des bandes armées avant d’être abandonnées à leurs communautés qui, bien évidemment, n’en veulent plus à cause du sida ou de terribles séquelles physiques comme les fistules. A travers ces femmes, ce sont des communautés entières qui sont ainsi détruites. Sous l’effet d’une totale impunité des auteurs, le viol est devenu une arme de guerre au Congo. Et ce phénomène a pris dans ce pays une ampleur effroyable. A l’hôpital de Panzi, j’ai ainsi rencontré un homme remarquable, le Dr Mukwege qui, seul avec quatre aides-soignantes, opère ces femmes brisées à l’aide de moyens dérisoires.

Assiste-t-on à un nouveau conflit ethnique entre Hutus et Tutsis ?

Rama YADE: Il ne s’agit pas à l’origine d’un conflit expressément ethnique. La population congolaise est bien plus diverse que cela. Même si certains rebelles utilisent de temps en temps l’argument ethnique pour justifier leur action. Ce qui est certain, c’est que, depuis la reprise des combats début septembre, on compte plus de 200 000 personnes déplacées qui s’ajoutent aux 800 000 qui croupissent depuis des années dans les camps de réfugiés, à la suite des différents conflits de la région. Sans parler du recrutement d’enfants soldats qui a repris. Il semble que la rébellion de Laurent Nkunda, implantée dans le Nord-Kivu, cherche à asseoir son contrôle sur une région très riche en coltan, un minerai très recherché pour la fabrication de téléphone portables.


La Monuc (Mission des Nations unies au Congo) a-t-elle assez de moyens ?


Rama YADE: Je pense qu’il est plus que temps de renforcer ses moyens d’action. On ne peut plus se contenter de dire que la Monuc, avec ses 17 000 casques bleus, est la plus grande force des Nations unies au monde alors que, sur le terrain, les viols de femmes se poursuivent et les réfugiés se multiplient. Les militaires de la Monuc sont certainement ceux qui en ont le plus conscience car ils sont présents sur le terrain. Le mandat de la Monuc, qui vient d’être renouvelé, spécifie pourtant noir sur blanc qu’elle a mission de protéger les civils.

L’envoi d’une force européenne, c’est en dernier recours ?

Rama YADE:Même si l’Union européenne a décidé que ce n’est pas d’actualité, je pense qu’il est indispensable d’étudier des moyens d’action le plus vite possible. L’Histoire nous regarde.

Le Parisien

Retour

vendredi 7 novembre 2008

CARE s'inquiète des viols et des agressions pour des dizaines de milliers de femmes et de filles en RD Congo

Date: 06 Nov 2008

Les violences sexuelles en RDC ont atteint « des proportions épidémiques », et la nouvelle vague de combats augmente considérablement le risque pour des dizaines de milliers de femmes et jeunes filles. Entre juin et septembre 2008, plus de 3500 cas de violences sexuelles pour le seul nord-Kivu - soit près de 400 par mois ont été recensés.

« Nous savons que le viol est généralement « sous-déclaré », et nous pensons que ce chiffre est encore très loin de refléter la réalité – qui elle est inimaginable », a déclaré Elisabeth Roesch, Chargée du Plaidoyer et du Genre de CARE RDC. « Les femmes ne viennent pas vers nous par peur du rejet, des représailles, ou en raison de la persistance de l'insécurité. Elles ont besoin de sécurité, de soins médicaux, de soutien et d'encouragements, ce qui est aujourd'hui en manque crucial en RDC. »

Le conflit actuel en RDC a créé l'une des plus effroyables guerres envers les femmes dans le monde. Le viol est devenu un outil de guerre, de propagation du VIH et d'autres maladies sexuellement transmissibles, il détruit des familles et traumatise les femmes qui sont attaquées, et leurs enfants qui sont souvent témoins de cette violence ou qui sont eux-mêmes attaqués.

« Les violences sexuelles ont atteint des proportions épidémiques dans le nord-Kivu », a déclaré Elisabeth Roesch. « Il s'agit de femmes qui souffrent déjà depuis longtemps. Les combats et les déplacements de population durent depuis des mois. Leur capacité à faire face est sur le point d'atteindre sa limite, et les poussent au bord du gouffre ».

« Il a été dit qu'il était plus dangereux d'être une femme qu'un soldat en RDC en ce moment – c'est on ne peut plus vrai. Ce n'est pas seulement un problème pour aujourd'hui. Le viol laisse un héritage à vie. »

Dans la région particulièrement touchée de Birambizo, au nord-Kivu, CARE vient de mettre en place un nouveau projet et apporte aux femmes, victimes de violence, une assistance médicale, un soutien psychosocial, et travaille avec les communautés pour aider les femmes à retrouver leur ancienne vie.

En outre CARE vient en aide aux personnes déplacées par le conflit.

Les programmes d'urgence de CARE répondent aux besoins de 2 700 personnes qui se sont réfugiées dans les églises et les écoles de Goma et qui n'ont pas de nourriture, pas d'eau potable, pas d'abri, ni de soutien médical. CARE leur distribue des kits d'urgence contenant des articles d'hygiène, des couvertures, des ustensiles de cuisine et des bâches en plastique et des jerricans pour stocker l'eau potable.

CARE peut mettre à votre disposition des vidéos et des photos des actions de CARE en RDC et arranger des interviews avec Elisabeth Roesch (francophone) ou Sébastien Pennes (français), directeur adjoint de CARE en RDC.

Contacts presse :

Alexandra Banget-Mossaz (Paris), banget-mossaz@carefrance.org; 01 53 19 89 92

Melanie Brooks (Genève), brooks@careinternational.org; +41.795.903.047

lundi 27 octobre 2008

Le Ministre Charles Michel demande en urgence un débat sur la situation à l'Est du Congo au Conseil européen

RDC / Belgique /

KINSHASA, République démocratique du Congo (RDC), 27 octobre 2008/African Press Organization (APO)/ –Ces derniers jours à l’Est du Congo ont été particulièrement meurtriers et le drame humain (violences sexuelles, réfugiés, famine, enlèvement d’enfants, etc.) qui s’y déroule actuellement impose que la communauté internationale prenne ses responsabilités.

C'est pourquoi le Ministre de la Coopération au développement, Charles Michel demande à ce que cette question soit mise d'urgence à l'agenda des réunions internationales et en particulier du Conseil européen qui se tiendra les 10 et 11 novembre prochains à Bruxelles. Il a écrit en ce sens à la Présidence française de l'Union européenne

Il est en effet primordial que l'Union européenne débatte au plus vite de ces questions et que ce débat se tienne de façon concertée entre Ministres des Affaires étrangères, de la Défense et de la Coopération au développement.

En vue de cette réunion, le Ministre Charles Michel a décidé de prendre immédiatement contact avec ces homologues français, britannique et néerlandais qui sont avec la Belgique, les pays les plus présents en matière de coopération au développement en RDC.

Du 21 octobre au 21 décembre, Londres abrite une exposition photographique sur les Congolaises victimes de la guerre

Le quartier dénommé South Bank de Londres en Angleterre abrite depuis hier mardi 21 octobre 2008 l'exposition intitulée " Cheka Kidogo ". Cette expression signifie en Swahili, l'une des langues de la RD Congo, " souris un peu ". C'est le geste qu'on demande généralement à quelqu'un qui se fait photographier.
Cette exposition photographique se déroulera jusqu'au dimanche 21 décembre prochain. Durant deux mois, cette activité est voulue pour exalter le courage des Congolaises et Congolais face à l'adversité.

Rankin, le photographe reconnu pour se produits des célébrités que sont les tops models Kate Moss et la Reine d'Angleterre, a uni ses forces à celle d'Oxfam International pour faire connaître les personnes qui sont affectées par la guerre à l'Est de la RD Congo.

" Je veux montrer que la guerre ce n'est pas des chiffres dans des statistiques, mais qu'il s'agit des êtres humains ".

Ces propos ont été tenu par ce professionnel de la photographie qui tient à faire comprendre à l'opinion l'objectif même de cette exposition. Un témoignage de ce qu'il a vu de ses propres yeux.

Ces congolaises victimes des atrocités, des conflits et autres affrontements barbares ont d "filé devant l'objectif de son appareil photographique.

Cette exposition donnera ainsi au public anglais une belle occasion de voir ses sujets tout à fait différents de ceux que l'on rencontre dans les galeries d'arts.

Il sied de signaler que la présentation photographique " Cheka kidogo " est sponsorisée par une banque anglaise et va se tenir devant le théâtre national. " C'est étonnant que nous n'entendions jamais parler Angleterre de la RD Congo.

Les souffrances vécues là bas sont horribles mais nous ne les suivons pas dans nos journaux. J'ai entendu des choses atroces, des jeunes enfants qui ont été violés et des gens qui ont quitté leurs villages en fuyant les attaques.

Malgré les souffrances dont ils ont été l'objet, ce sont juste des gens comme nous et ils ont besoin de notre aide ", a soutenu Rankin avant d'espérer voir l'exposition de ses photos attirer l'attention des Britanniques sur ce qui se passe en R D Congo.

La Tempête des Tropiques

Yvette Mbuyi
Kinshasa, 23/10/2008 (La Tempête des Tropiques, via mediacongo.net)

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROFONDÉMENT PRÉOCCUPÉ FACE AU REGAIN DE VIOLENCE DANS L’EST DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

21/10/2008 Conseil de sécurité CS/9477
5998e séance – après-midi Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York
--------------------------------------------------------------------------------

Il s’alarme des conséquences humanitaires des combats récents et demande instamment à toutes les parties d’observer immédiatement un cessez-le-feu

Le Président du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre, M. Zhang Yesui(Chine), a fait, cet après-midi, au nom des membres du Conseil, la déclaration suivante:

Le Conseil de sécurité exprime sa profonde préoccupation face au regain de violence qui sévit dans les provinces de l’est de la République démocratique du Congo et aux conséquences qui pourraient s’ensuivre pour la région. Il s’alarme des conséquences humanitaires des combats récents et demande instamment à toutes les parties d’observer immédiatement un cessez-le-feu.

Le Conseil est vivement préoccupé par les menaces qui continuent de peser sur la sécurité de la population civile et la conduite des opérations humanitaires. Il condamne la poursuite du recrutement et de l’emploi d’enfants par des groupes armés, ainsi que la persistance de la violence sexuelle ou à motivation sexiste dans la région est de la République démocratique du Congo. Il demande instamment à toutes les parties de se conformer pleinement aux obligations que leur impose le droit international, notamment le droit international humanitaire, le droit des droits de l’homme et le droit des réfugiés.

Le Conseil affirme à nouveau que la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo doivent être respectées. Il demande à nouveau à tous les groupes armés de déposer immédiatement les armes et de se présenter sans plus tarder et sans conditions préalables aux autorités congolaises et à la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) en vue de leur désarmement, de leur rapatriement, de leur réinstallation ou de leur réintégration, selon le cas.

Le Conseil réaffirme que les processus de Goma et de Nairobi constituent le cadre dans lequel il convient de chercher à stabiliser durablement l’est de la République démocratique du Congo. Il exhorte toutes les parties aux accords de Goma et de Nairobi à s’acquitter de leurs engagements de manière effective et de bonne foi. À ce propos, le Conseil condamne avec force les récentes déclarations de Laurent Nkunda appelant à un soulèvement national.

Le Conseil déclare à nouveau qu’il appuie fortement la MONUC dans le rôle qu’elle joue dans le rétablissement de la paix dans les Kivus, et il l’encourage à renforcer son action pour assurer la protection des civils. Il appuie sans réserve le plan de désengagement qu’elle a élaboré et que le Gouvernement de la République démocratique du Congo a accepté, et demande instamment à toutes les parties de s’y conformer.

Le Conseil se félicite de l’intention de la MONUC de reconfigurer ses forces et d’optimiser leur déploiement de manière à améliorer son efficacité dans le cadre du mandat existant et du plafond de ses forces. Le Conseil de sécurité prend note de la demande de moyens supplémentaires formulée pour la MONUC par le Représentant spécial du Secrétaire général. Il prie le Secrétaire général de lui présenter dans son prochain rapport une analyse complète de la situation et des recommandations.

Le Conseil engage instamment le Gouvernement de la République démocratique du Congo à prendre des mesures efficaces pour faire en sorte qu’il n’y ait aucune coopération entre des éléments des FARDC et les FDLR. Il demande aussi aux gouvernements de la région de cesser tout soutien aux groupes armés de la région est de la République démocratique du Congo.

Le Conseil engage instamment les Gouvernements de la République démocratique du Congo et de la République du Rwanda à s’efforcer d’urgence de régler leurs différends, notamment grâce à la réactivation du Mécanisme conjoint de vérification, et leur demande d’appliquer intégralement le communiqué de Nairobi. Il encourage le Secrétaire général à intensifier l’action qu’il mène pour faciliter le dialogue entre le Rwanda et la République démocratique du Congo.

Le Conseil condamne vigoureusement les récentes attaques lancées par l’Armée de résistance du Seigneur, notamment l’enlèvement de 159 écoliers dans des villages de la province Orientale. Il rappelle les actes d’accusation établis par la Cour pénale internationale contre des dirigeants de l’Armée de résistance du Seigneur, notamment du chef d’enrôlement d’enfants par enlèvement, constitutif de crime de guerre.

* *** *
--------------------------------------------------------------------------------

À l’intention des organes d’information • Document non officiel