29.07.08 | 17h05
Une coalition de 64 organisations de défense des droits de l'Homme appelle mardi la communauté internationale à accroître les pressions sur les groupes armés qui, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), poursuivent leurs exactions contre les civils.
"Les femmes et les jeunes filles ont été particulièrement touchées par cette violence. Plus de 2.200 cas de viols ont été enregistrés au mois de juin 2008 dans la seule province du Nord-Kivu, ce qui ne reflète qu'une petite partie du nombre total d'agressions", affirme dans un communiqué reçu à Kinshasa la Coalition pour un plaidoyer pour le Congo (Congo Advocacy Coalition, CAC).
Créée en juillet 2008 pour suivre le processus de paix, cette coalition d'associations internationales et congolaises reprend des accusations déjà formulées par d'autres organisations comme la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) et Human Rights Watch (HRW) contre les milices armées qui ne respectent pas l'accord de paix signé en janvier 2008 à Goma (capitale du Nord-Kivu).
Confrontés aux violences dues aux violations du cessez-le-feu, "beaucoup de déplacés trouvent refuge dans des familles d'accueil (...) pendant que d'autres cherchent la sécurité dans des camps pour les personnes déplacées. Le taux de malnutrition aiguë atteint le chiffre alarmant de 17% dans certaines zones, ce qui est bien au delà du seuil d'alerte."
Les attaques se succèdent contre les convois des humanitaires qui veulent aider les déplacés, au nombre de plus d'un million.
"Des organisations humanitaires ont essayé d'étendre leurs programmes depuis l'avènement du processus de paix, mais elles ont subi un nombre croissant d'attaques de divers groupes armés et de bandits. Au moins 36 attaques ont été enregistrées depuis janvier 2008 et prennent pour la majorité la forme d'embuscades armées sur les routes au moment où le personnel humanitaire tente d'atteindre les populations vulnérables", poursuit le texte.
La coalition demande notamment à la communauté internationale de "pousser publiquement tous les groupes armés à respecter les obligations de l'Accord de Goma" et "d'indiquer clairement que les abus contre les civils ne seront pas tolérés et seront passibles de sanctions".
Le programme Amani (paix en kiswahili) a été lancé après l'accord de Goma. Il porte sur un "acte d'engagement" prévoyant un cessez-le-feu immédiat puis un désengagement progressif des troupes sur le terrain avant leur démobilisation.
Mais, selon le coordinateur du programme Amani, l'abbé congolais Apollinaire Malu Malu, ce désengagement n'a pas été accepté par tous les groupes, notamment le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda, acteur majeur de la crise dans le Nord-Kivu, et les Forces révolutionnaires fédéralistes (FRF, regroupement de banyamulenges).
Congo Advocacy Coalition
Point sur la Protection des Civils dans le Processus de Paix à l’Est du Congo
Le 23 janvier 2008, le gouvernement congolais a signé l’accord de cessez-le-feu avec 22 groupes armés à Goma dans la province du Nord-Kivu, avec l’aide de l’Union européenne, des Etats-Unis, de l’Union Africaine et des Nations Unies (voir ci-dessous). Cet Accord faisait suite au communiqué de Nairobi de novembre 2007 entre le gouvernement congolais et le gouvernement du Rwanda. Il avait pour objet d’aborder le problème des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé rwandais dont les combattants avaient aussi attaqué des civils congolais.
Ces deux accords s’ajoutent aux recommandations de la Conférence sur la Paix, la Sécurité et le Développement au Nord et au Sud Kivu qui avait été organisée par le gouvernement au début de l’année 2008. Tous deux forment les bases du programme de paix du gouvernement congolais pour l’Est du pays, mieux connu sous le nom de Programme Amani, et dirigé par le coordinateur national, l’Abbé Apollinaire Malu Malu. Ces accords ont apporté un important fondement pour la paix. Les signataires se sont engagés au cessez-le-feu et ont accepté de protéger les civils, de respecter les droits de l’Homme ainsi que le droit international humanitaire.
En juillet 2008, une coalition d’ONG locales et internationales a constitué le Congo Advocacy Coalition afin de contrôler l’avancement de ces engagements particulièrement dans les zones les plus en difficulté. Cette coalition a décidé de porter spécifiquement son attention sur six engagements clés liés à la protection des civils qui ont été formés par les différentes parties. Ceux-ci incluent :
• Mettre fin aux attaques contre les civils et leurs biens
• Mettre fin à tout nouveau déplacement des populations et aider au retour des déplacés et des réfugiés
• Le désarmement, la fin de l’enrôlement et la démobilisation des enfants soldats
• Le retrait des barrages routiers et la liberté de circulation
• Faciliter l’accès du personnel humanitaire
• La responsabilité des accusés des violations graves des droits de l’Homme
1. Mettre fin aux attaques contre les civils et leurs biens
Les attaques ciblées contre les civils et leurs biens se sont multipliées à une vitesse alarmante durant les six mois qui ont suivi la signature des différents accords de paix. Les estimations des différentes organisations alors établies à l’Est du Congo indiquaient que la population civile subissait encore des attaques ciblées, des violences sexuelles, des pillages et des travaux forcés.
Plus de 200 civils ont été tués lors de tirs indiscriminés par des groupes armés ou lors d’exécutions sommaires dans le Nord-Kivu, et plus particulièrement à Masisi et à l’Ouest du territoire de Rutshuru.
Les violences sexuelles sur les femmes et les filles restent une préoccupation majeure et aucune amélioration de la situation n’a été notée depuis la signature de l’accord de paix. Femmes et filles ont été violées autant par des combattants de groupes armés que par l’armée congolaise, ou même des civils. Plus de 2.200 cas ont été enregistrés en juin 2008 dans la province du Nord-Kivu. Une communauté située à Rutshuru a rapporté plus de 150 cas de viol pour le seul mois d’avril.
2. Mettre fin à tout nouveau déplacement des populations et aider au retour des déplacés et des réfugiés
Les combats et les attaques ciblées contre les civils on conduit au déplacement de près de 100.000 civils pour le Nord-Kivu depuis le mois de janvier 2008 ainsi que de 50.000 autres pour le Sud-Kivu. L’ONU estime à 1,1 million le nombre de personnes actuellement déplacées pour les deux provinces réunies, incluant ceux qui ont fui les conflits précédents. Au Nord-Kivu, près de la moitié des personnes déplacées récemment ont fui le Bukombo groupement dans le territoire de Rutshuru. De nouveaux déplacements ont été enregistrés à Masisi et au Sud du territoire de Lubero, c’est à dire toutes les zones dans lesquelles ont éclaté des combats.
Beaucoup de déplacés ont exprimé leur désir de retourner dans leurs villages à condition d’y être en sécurité, mais très peu ont pu le faire. Ceux qui sont rentrés ont souvent passé la nuit dans les forêts proches de leurs villages en guise de protection. Certains d’entre eux ne sont rentrés que temporairement, fuyant à nouveau quelques jours ou semaines plus tard.
On a constaté peu de retour des réfugiés du Rwanda, de l’Ouganda ou du Burundi au Nord et au Sud-Kivu. Le gouvernement congolais et le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) n’ont pas encore signé d’accord tripartite avec le Rwanda, l’Ouganda ou le Burundi pour faciliter le retour des congolais réfugiés de ces pays. En juillet dernier, un groupe de travail a été constitué pour mettre en place cet accord tripartite avec le Rwanda et planifier ces retours dès que la situation le permettra.
3. Le désarmement, la fin de l’enrôlement et la démobilisation des enfants soldats
Le recrutement de combattants dans les rangs des groupes armés au Nord et au Sud Kivu, qu’ils soient volontaires ou non, n’ont pas cessé malgré le cessez-le-feu et se sont même intensifiés durant ces trois derniers mois. Certains de ces groupes étaient inactifs avant les pourparlers de paix. D’anciens soldats et combattants démobilisés ont été à nouveau enrôlés, remettant ainsi en question l’efficacité et la durabilité des précédents programmes de démobilisation.
Alors qu’il n’existe aucun signalement d’enrôlement massif d’enfants depuis la signature de l’Accord de Goma, certains groupes ont néanmoins continué de recruter de façon sporadique. On n’observe de minces progrès en termes de désarmement pour les quelques 2.500-3.000 enfants qui restaient dans les rangs des groupes armés et de certaines unités de l’armée Congolaise. Les organisations de protection de l’enfant ont commencé un travail de recherche d’enfants soldats parmi les troupes à la mi-avril, mais leurs activités ont été bloquées à cause des problèmes de coordination entre les agences onusiennes, et ces activités n’ont repris que début juillet. Après deux missions conjointes, 47 enfants ont été séparés des groupes armés. Au delà de ces missions, au moins 507 enfants ont été démobilisés depuis janvier. En juin, le gouvernement a lancé un programme national de « tolérance zéro » pour le recrutement et l’utilisation des enfants par les groupes armés et s’est engagé à agir davantage en faveur de la démobilisation des enfants soldats.
Bien que le recrutement continue, 1.200 combattants au Nord Kivu ont répondu à l’appel pour déposer les armes. Selon les officiels à Goma, du mois de janvier au mois de mai 2008, 282 combattants du CNDP, 800 Maï Maï et PARECO combattants, ainsi que 156 combattants du FDLR se sont rendus. Certains ont été envoyés dans les centres de réintégration de l’armée (connu comme le « brassage »), mais d’autres, tels que 334 combattants Maï Maï Mongols de la ville de Bambu, ont été laissés sans aucune assistance pendant des mois. Les programmes d’aide aux combattants démobilisés ne sont pas entièrement opérationnels, conduisant ainsi à de sérieux retards dans la démobilisation des combattants. Certains de ceux qui s’étaient rendus ont été envoyés dans la prison militaire de renseignements de Goma, au lieu d’être dirigés vers les programmes de démobilisation. Beaucoup on été détenus pendants des mois sans chef d’accusation et ont subi des traitements cruels et dégradants ; certains ont été torturés.
Des efforts ont continué à encourager les 6.000 combattants FDLR de l’Est du Congo à abandonner les armes et à retourner au Rwanda. Depuis le mois de janvier, 301 combattants FDLR ont été démobilisés. Après des négociations avec le gouvernement congolais à Kisangani à la fin du mois de juin, un groupe dissident des FDLR, Ralliement pour l'unité et la démocratie (RUD), a accepté de démobiliser 400 hommes et de les rapatrier au Rwanda, avec l’option de les installer temporairement au Congo.
4. Le retrait des barrages routiers et la liberté de circulation
Les civils ne sont pas autorisés à circuler librement et rencontrent souvent sur leur route des barrages improvisés par les groupes armés ou l’armée congolaise et se font alors voler leur argent. Les civils sont forcés de donner de l’argent ou bien un pourcentage de leurs produits au barrage, lorsqu’ils vont au marché ou qu’ils retournent à leurs champs, en guise de « taxe ». Les soldats de l’armée et les groupes armés leur extorquent également de l’argent en leur confisquant les cartes électorales (qui font aussi office de pièce d’identité au Congo) qu’ils ne peuvent récupérer qu’en payant une somme d’argent.
5. Faciliter l’accès du personnel humanitaire
Au moins de 36 attaques sur le personnel humanitaire ont été enregistrées dans la Province du Nord-Kivu depuis la signature des accords de Goma. La plupart prenaient la forme d’embuscades armées sur les routes principales et secondaires. Quinze humanitaires au total ont été blessés dans ces attaques et deux d’entre eux ont été blessés dans des échanges de balles lors de l’attaque d’un groupe armé sur le camp de déplacés de Kinyandoni dans le territoire de Rutshuru. L’activité humanitaire est temporairement suspendue dans certaines zones suite à ces attaques.
Malgré la persistance de ces affrontements, certaines zones précédemment bloquées ont désormais accès à l’aide d’urgence. Malgré tout, d’autres zones restent inaccessibles particulièrement sur les fronts et dans les zones tampons. Le paysage n’est pas statique et le degré d’accessibilité change généralement selon le niveau d’activité militaire ou criminelle qui éclate sur les axes clés.
Depuis mi-juin, l’accès à Masisi depuis Goma est sérieusement entravé suite à plusieurs attaques à main armée contre des humanitaires sur la route principale. On estime que 186.000 personnes vivant au long de cet axe ne reçoivent aucune assistance. Parmi eux il y a 33.000 personnes déplacées qui habitent dans des camps, et des milliers d’autres qui se sont refugié dans des familles d’accueil.
Dans le territoire de Rutshuru, plusieurs milieux enclavés à l’intérieur de la zone de Bwito, à l’Ouest de Nyanzale, sont des accès particulièrement dangereux et problématiques. La population civile de ces zones est souvent trop effrayée et au lieu de passer la nuit dans les villages, elles préfèrent se cacher dans les forêts avoisinantes pour la nuit.
6. La responsabilité des accusés des violations graves des droits de l’Homme
L’impunité face aux violations des droits de l’Homme est très répandue à l’Est du Congo. Depuis le mois de janvier, seul un petit nombre des auteurs de crimes ont été arrêtés pour violences sexuelles et très peu de soldats et policiers congolais ont été jugés et poursuivis pour leurs crimes. Beaucoup de femmes ne demandent pas justice pour les crimes dont elles ont été victimes car elles ont peur que leurs bourreaux ne les visent à nouveau s’ils s’évadent de prison. Celles qui vivent dans des zones reculées n’ont souvent pas accès aux structures judiciaires.
Aucun officiel haut gradé n’a été poursuivi pour les crimes graves que lui-même ou les troupes sous ses ordres auraient commis.
Recommandations
Le Congo Advocacy Coalition formule les recommandations suivantes aux signataires des Accords de paix, aux facilitateurs internationaux, aux coordinateurs du processus de paix et aux bailleurs de fonds internationaux :
1. Les facilitateurs internationaux doivent pousser, tant publiquement qu’en privé, les parties aux différents Accords de paix à respecter scrupuleusement leurs obligations de protection des civils et à respecter le droit international humanitaire ainsi que les droits de l’Homme. Déclarer publiquement que les coupables de violations des droits humains seront passibles de sanctions.
2. Les facilitateurs internationaux, en accord avec le coordinateur du programme Amani, l’Abbé Appolinaire Malu Malu, doivent nommer un conseiller spécial indépendant de haut niveau sur les droits humains pour l’Est du Congo pour que le sujet ne soit pas oublié et s’assurer que des mesures sont prises pour garantir la protection des civils, en particulier les femmes et filles menacées de violences sexuelles. Les bailleurs de fonds internationaux doivent soutenir cette initiative politiquement et financièrement.
3. Les bailleurs de fonds internationaux doivent appuyer les efforts de méditation en finançant les programmes visant à construire une paix durable, à travers le désarmement, la démobilisation et les programmes de réintégration permettant aux combattants de trouver afin des alternatives durables à la violence.
4. S’assurer de la participation des femmes et des déplacés au Programme Amani afin qu’ils contribuent et influencent les décisions qui les concernent.
5. Le gouvernement congolais et les bailleurs de fonds internationaux doivent fournir une assistance technique et financière à l’Observatoire de la bonne Gouvernance et à l’Observatoire National de Réconciliation, établis par le Programme Amani, pour les aider à s’attaquer aux causes du conflit à travers les initiatives de paix, la réconciliation et la résolution des conflits fonciers.
6. Les coordinateurs du programme Amani doivent mieux communiquer sur le processus de paix et le programme Amani pour toucher les communautés, et s’assurer que cette communication est transparente et objective.
7. La communauté internationale doit encourager la MONUC à déployer ses troupes sur les zones à haut risque pour les civils et de fournir un environnement sécurisé permettant l’apport d’aide humanitaire.
8. La MONUC et l’armée congolaise doivent considérer la protection des civils comme la priorité et faire en sorte que les déplacements de population soient limités lors d’éventuelles opérations militaires à venir.
Les signataires de l’Accord de Goma sont: Le gouvernement congolaise, CNDP, PARECO/FAP, Mai Mai Kasindien, Mai Mai Kifuafua, Mai Mai Vurundu, Mai Mai Mongol, UJPS, Mai Mai Rwenzori, Simba, FRF, Group Yakutumba, Groupe Zabuloni, Mai Mai Kirikicho, PARECO/SK, Raia Mutomboki, Mai Mai Ny’kiriba, Mai Mai Kapopo, Mai Mai Mahoro, Mai Mai Shikito, Mudundu 40, Simba Mai Mai, et Mai Mai Shabunda.
CONGO ADVOCACY COALITION
Update on Protection of Civilians in Eastern Congo's Peace Process
The Congo Advocacy Coalition, made up of local and international nongovernmental organizations, was established to focus attention on the protection of civilians and respect for human rights in eastern Congo’s peace process. The coalition advocates that the parties to the Goma Agreement, the Nairobi Communiqué and the Congolese government’s national Amani Program live up to their commitments to respect international human rights law and ensure protection of civilians. The coalition will regularly publish updates with respect to these commitments. The following organizations are members of the coalition’s steering committee: ActionAid, ENOUGH, Human Rights Watch, International Rescue Committee (IRC), Mercy Corps, Norwegian Refugee Council (NRC), Oxfam, Conseil Régional des Organisations Non Gouvernementales de Développement (CRONGD) - North Kivu, Promotion et Appui aux Initiatives Féminines (PAIF) – North Kivu, Initiative Congolaise pour la Justice et la Paix (ICJP) – South Kivu, and Association des Femmes Juristes du Congo (AFEJUCO) – South Kivu.
Other signatories:
International NGOs: Agency for Technical Cooperation and Development (ACTED), Amnesty International, Beati I Costruttori di Pace (Blessed are the Peacemakers), Global Witness, International Alert, La Benevolencija, Premier Urgence, Refugees International, Save the Children – UK, Scottish Catholic International Aid Fund (SCIAF), Trocaire, War Child Holland, World Vision
Congolese NGOs: Action de Promotion et d'Assistance pour l'Amélioration du Niveau des Vies des Populations (APANIVIP), Action Paysanne pour la Reconstruction et le Développement Communautaire (APREDECI), Action pour la Promotion et la Protection de l'Enfant et de la Femme (APPEF)/Nord Kivu, Action pour les Personnes Déshérites et victimes des exactions (APDEV), Action Sociale et Conseil pour le Développement et la Paix (ASCODEPA), Action Sociale pour la Paix et le Développement (ASPD), Alfa Ujuvi, Association Africaine de Défense des Droits de l'Homme (ASADHO)/Sud-Kivu, Association des Jeunes pour la Défense des Droits de l'Enfant et la Lutte contre la Racisme et la Haine (AJERH), Association des Volontaires du Congo (ASVOCO), Association pour le Développement des Initiatives Paysannes (ASSODIP), Blessed Aid, Campagne Pour la Paix (CPP)/RDCongo, Centre d’Appui pour le Développement Rural Communautaire (CADERCO), Centre de Recherche sur l'Environnement, la Démocratie et les Droits de l'Homme (CREDDHO), Centre d'Etudes et de Recherche en Education de Base pour le Développement Intégré (CEREBA), Centre pour la Paix et les Droits de l'Homme - Peace and Human Rights Center (CPDH-PHRC), Change Agents Peace Program (CAPP), Children's Voice, Coalition to Stop the Use of Child Soldiers (Coalition Pour Mettre Fin a L’utilisation d’Enfants Soldats)/RDC, Collectif des Associations des Femmes Pour le Développement (CAFED)/Nord-Kivu, Comité d’Appui au Développement Rural Endogène (CADRE), Construisons la Paix et le Développement (COPADI), Dynamique des Femmes Juristes, Encadrement des Femmes Indigènes et des Ménages Vulnérables (EFIM), Groupement Féminin Nyamulisa, Groupes des voix de sans voix (GSV)/ Uvira, Heritiers de la Justice, Ministère de l'Eglise du Christ au Congo pour le Réfugies et les Urgences (ECC MERU)/ Sud Kivu, Promotion de la Démocratie et Protection des Droits Humains (PDH), Reseau des Associations Intègres dans les Droits Humains (Reseau AI/DH), Reseau d'Initiatives Locales pour le Développement Durable (REID), Réseau Femme et Développement (REFED)/Nord-Kivu, Réseau Provincial des ONGs de Droits de l'Homme (REPRODHOC)/Nord-Kivu, Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI)/Nord-Kivu, Solidarité pour la Promotion sociale et la Paix (SOPROP), SOS Grands Lacs, Synergie des Femmes pour les Victimes des Violences Sexuelles, Union des Eglises Indépendantes du Congo au Sud-Kivu (UEIC), Villages Cobaye (VICO)
La MONUC appuie la justice congolaise dans l'enquête sur les atrocités commises à Lieke Lesole
Codjo Houegniglo / MONUC 29 juil. 08 - 16h01
Du 21 au 26 juillet 2008, le bureau de la MONUC Kisangani a conduit une mission conjointe à Lieke Lesole, dans le district de la Tshopo en Province Orientale. Le but était d’aider la justice congolaise dans son enquête sur les viols massifs, pillages et sévices corporels perpétrés dans cette localité en juillet 2007 par un groupe de miliciens Maï-Maï.
C’est une mission en appui aux investigations en cours à Lieke Lesole, composée de la Monuc qui intervient dans le cadre de son mandat d’accompagnement des autorités congolaises dans la lutte contre l’impunité ; d’une équipe médicale dont le rôle est d’examiner sur place les victimes afin d’aider la justice dans la consolidation des éléments de preuve ; de magistrats de l’auditorat militaire de garnison de Kisangani afin de consigner toutes les plaintes et procurations pouvant permettre l’ouverture de dossiers de justice dans la poursuite des présumés auteurs, et de deux avocats qui avaient pour mission de conseiller et assister les victimes dans la défense de leurs droits.
C’est ce que l’on appelle aujourd’hui l’affaire Lieke Lesole, un dossier que la justice congolaise veut fixer devant le tribunal pour juger et condamner les coupables.
Dans la nuit du 21 juillet 2007, un groupe de miliciens Maï-Maï, avec à sa tête un certain Colonel Thoms, a assiégé le village de Lieke Lesole, situé à 363 km au nord-est de Kisangani dans le secteur de Yawende Loolo, lesquels Maï-Maï se sont livrés à des pillages, à des tortures et à des viols massifs de femmes et de jeunes filles sous le sceau de l’opération « Etakata » (nettoyage ou ville propre) inventée par ces derniers pour des motifs jusqu’ici inavoués.
«Notre village a été humilié. Aucune maison n’a été épargnée,» raconte Marcel Lokua Lesole, chef du secteur de Yawende Loolo, les yeux larmoyants.
«C’est une situation tellement grave que la justice doit faire son travail,» précise de son côté le capitaine Thom Mutombo, auditeur militaire de garnison de Kisangani et du district de la Tshopo.
Ainsi, quatre jours durant, tous les habitants de Lieke Lesole et ses environs ont été fortement mobilisés pour témoigner des atrocités dont ils ont été victimes lors du passage de ces miliciens Maï-Maï. Chacun a raconté son cas à la MONUC, à l’équipe de synergie de la lutte contre les violences sexuelles et aux auditeurs militaires.
«72 cas de violences sexuelles dont quatre femmes enceintes violées, ce qui a provoqué chez elles des fausses couches, tortures et blessures graves sur des hommes. Voilà le résultat de nos examens. Et pour quelle raison ces actes ont-ils été commis ?» s’interroge le docteur Akim Mumeme, responsable de l’unité médicale de cette mission et point focal du volet médico-sanitaire de la synergie provinciale de lutte contre les violences sexuelles.
«Au vu de ces examens, témoignages et plaintes recueillis, tout est prêt désormais pour saisir le tribunal militaire pour que justice soit rendue,» a indiqué le capitaine Mutombo Thom qui informe par ailleurs que les miliciens Maï-Maï déjà arrêtés par l’armée congolaise dans le cadre cette affaire seront soumis à des tests VIH.
Ceci pour permettre à la justice de connaître leur état sérologique, avant l’ouverture des audiences foraines à Lieke Lesole qui permettront de situer clairement les responsabilités.
Tous les villageois, hommes et femmes, ont exprimé leur reconnaissance à la MONUC dont l’appui devrait aider à faire passer rapidemant en jugement les auteurs de ces actes innommables.
Les femmes leaders en formation sur la négociation et la communication politique
Le Potentiel (Kinshasa) Publié sur le web le 29 Juillet 2008
St. Augustin Kinienzi Kinshasa
Il s'est ouvert, hier lundi 28 juillet 2008 au centre Béthanie de la paroisse Sacré Coeur de la Gombe, les travaux de l'atelier de formation des femmes leaders sur le leadership, la négociation et la communication politique.
Organisées avec l'appui financier du Fonds des Nations unies pour la femme (UNIFEM), ces assises se clôturent le jeudi 31 juillet 2008. Elles visent à contribuer au renforcement des capacités des femmes politiques et de la Société civile sur le leadership et les techniques de communication; renforcer le savoir, le savoir-faire et le savoir-être des femmes leaders sociales et politiques, pour un rôle porteur de changement; amener les femmes à construire des passerelles solides, pour devenir des forces incitatrices du changement social.
Dans son allocution, M. Jean-Claude Mwenda, représentant de l'UNIFEM en RDC, s'est félicité d'avoir financé la tenue de ces assises qui se justifie, selon lui, du constat selon lequel les élections organisées en République démocratique du Congo en 2006 n'ont pas tenu leurs promesses en matière de promotion de la femme congolaise. « Les attentes n'ont pas été réalisées, les femmes n'ont pas suffisamment été portées à des postes de responsabilité; peut-être parce qu'elles attendent le dernier moment pour se décider », a regretté le représentant de l'UNIFEM/RDC.
Pour contourner cette difficulté, le bureau sous-régional de l'UNIFEM basé à Kigali a approuvé et financé un projet présenté par Cause Commune, lequel vise le renforcement des capacités des femmes politiques et celles de la Société civile.
Pour sa part, la coordonnatrice de Cause Commune, Mme Marie-Madeline Kalala, a indiqué que depuis plus d'une décennie, les femmes congolaises se sont engagées à marquer de leur présence l'espace public en RDC.
Cependant, les impératifs relatifs au contexte socio-politique actuel poussent les femmes à s'interroger et à explorer de nouvelles pistes susceptibles de renforcer le leadership de la femme. Aussi s'imposent-elles une réflexion profonde tant au niveau individuel que collectif pour consolider leur action dans les sphères publiques et politiques. Car, a argumente Mme Kalala, «le Congo a besoin de se relever avec des femmes et des hommes capables d'exercer un nouveau type de leadership empreint d'éthique». Raison même de la tenue de ces assises qui, espère-t-elle, permettront aux femmes de dynamiser leur participation à tous les niveaux de la vie socio-politique et de devenir des forces d'impulsion du changement attendu par tous.
Enfin, elle a rappelé aux participantes que la portée de cet exercice de réflexion leur impose assiduité et interaction. Et ce, avant de prononcer la traditionnelle formule d'ouverture des travaux de l'atelier.
Une Equipe de Foot des Femmes Violées à Oïcha (Beni)
26-07-2008
Dear friends and colleagues,S'il vous plait, prenez quelques minutes pour lire ce court message :
Une équipe féminine de football appelée « BIJOU SPORT » et composée entièrement de filles mères et de survivantes de crimes de violences sexuelles est entrain de remporter toutes lesjoutes depuis le début de la compétition et gagnera certainement la coupe du tournoi. L’auteur du message renchéri en disant que BIJOU SPORT remportera bientôt la coupe de la Ligue congolaise!Bravo pour les Bijoux Sport de Oïcha, Territoire de Beni, Province du Nord Kivu »Transmis par Pascal Kambale, Beni-Lubero Online
dimanche 10 août 2008
Création d'un centre international de recherche sur les femmes
Les ministres chargés des Affaires féminines des pays de la région des Grands Lacs ont décidé de créer et de soutenir, en collaboration avec l'UNESCO, un centre international de recherche et de documentation sur les femmes qui sera basé à Kinshasa et déploiera son action dans les pays de cette région. Cette décision ressort de la conférence internationale des pays de la région organisée du 24 au 25 juillet 2008 à l'hôtel Memling de Kinshasa par le ministère congolais (République Démocratique du Congo) du Genre, de la famille et de l'enfant en partenariat avec l'UNESCO, la BAD et l'UNFPA.
Elles ont également recommandé d'établir, à travers ce centre, des partenariats avec des institutions de recherche, des réseaux de la région et du continent africain, des réseaux de femmes parlementaires, ministres et universitaires, les ONG des femmes ainsi qu'avec des agences de l'ONU et des organisations internationales qui promeuvent le respect des droits humains de la femme et l'égalité des genres.
Ces femmes ministres ont résolu de contribuer, à travers la mise en place du centre et de ses institutions et centres associés, à soutenir la collaboration intellectuelle entre pays, l'harmonisation des politiques sur les droits des femmes et l'égalité entre les genres dans la région des Grands Lacs ainsi que de soutenir le développement des capacités humaines et institutionnelles qui promeuvent la mise en œuvre efficace d'instruments légaux et d'engagements politiques en faveur des droits de la femme et l'égalité des genres dans la région des Grands Lacs. Elles ont enfin décidé d'établir un forum des ministres en charge des questions du Genre qui se réunira tous les ans afin de discuter de l'harmonisation de politiques et de programmes en faveur des droits de la femme et l'égalité des genres dans la région des Grands Lacs, de servir également de guide/support politique à l'organe directeur du centre, de décerner, en outre, des prix d'excellence pour reconnaître et promouvoir la participation politique des femmes aux instances de prise de décision dans la région des Grands Lacs.
Pour sa part, M. Denis Kalume, ministre d'Etat en charge de l'Intérieur, de la décentralisation et de la sécurité qui a clôturé les travaux, a salué les résolutions issues de ces assises tout en déclarant que cela démontre à suffisance que les ministres et les délégations des experts venus de l'UNESCO et de l'ensemble des pays des Grands Lacs se sont concertés valablement sur la création du centre international de recherche et de documentation sur le genre et la promotion de la femme pour les pays des Grands Lacs.
Il a également fait savoir que le gouvernement de la République Démocratique du Congo assure tout son soutien au centre international, car les droits de la femme sont aussi des droits humains, avant d'indiquer que le gouvernement pourra mettre à la disposition du centre plusieurs hectares de terres dans la périphérie de Kinshasa et que la décision d'implanter ce centre arrive à point nommé pour que des stratégies en faveur de la promotion de la femme et de l'équité du genre soient effectives. La ministre du Genre, de la famille et de l'enfant, Philomène Omatuku, leur a assuré du soutien continu de son ministère pour œuvrer à une opérationnalisation effective des résolutions dans les meilleurs délais. Elle a enfin procédé à la remise des cadeaux à ses pairs ministres.
Kinshasa, 28/07/2008 (ACP, via mediacongo.net)
« Contribuer efficacement à l'élaboration d'un Plan d'Action National sur la résolution 1325 »
C'est l’objectif poursuivi à travers la formation des acteurs de la société civile et des délégués du ministère Genre, femme et enfant venus des 11 provinces du pays. La résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies étudie l'impact de la guerre et des conflits sur les femmes, ainsi que les initiatives et contributions féminines à la résolution des conflits et à l'édification d'une paix durable.Cette formation de 3 jours a débuté samedi. Elle est organisée par le ministère du Genre, avec l’appui du bureau genre de la Monuc, au Centre Catholique Nganda. Selon la représentante du ministre du Genre, femmes et enfants, les acteurs formés devront former à leur tour les membres de la société civile et du gouvernement dans chaque province. Marie Claire Yandju précise que cette formation porte sur la prise en compte de la condition de la femme dans l'élaboration des programmes de développement.
Kinshasa, 28/06/2008 (OKAPI, via mediacongo.net)
Les femmes politiques et de la Société civile autour de la plate-forme " Cause commune "
Les femmes politiques et des associations de la Société civile se sont engagées à renforcer la synergie autour de la plate-forme " Cause commune " en vue de changer leur situation dans la sphère de prise de décisions d'ici 2011, à l'issue de l'atelier sur le thème " leadership, négociation et communication politique " tenu du 28 au 31 juillet 2008 au Centre Béthanie dans la commune de la Gombe à Kinshasa.
Les participantes à ces assises, organisée par " Cause commune " avec l'appui de l'UNIFEM, ont pris l'option de consolider la dynamique des résolutions de cet atelier par la création des relais de communication et d'harmonisation entre associations, réseaux et plates-formes. Elles se sont également engagées à élaborer un plan d'éducation civique et citoyenne ainsi que la cartographie des différentes interventions en vue de renforcer le pouvoir de la femme dans les domaines de la vie nationale et de la reconstruction.
La coordonnatrice nationale de " Cause commune ", Marie-Madeleine Kalala, qui a clôturé l'atelier, s'est félicitée de la qualité des travaux qui ont permis d'explorer de nouvelles pistes de solution pour faire face aux échéances électorales futures. Elle a, en outre, lancé un appel aux participantes à être vigilantes pour ne pas tomber dans le piège de la distraction et de l'opportunisme. Mme Kalala a, enfin, remercié l'UNIFEM de son appui, le ministère du Plan pour avoir délégué un responsable à ces assises, ainsi que les experts Siteke et Buhendua de la qualité de l'animation de celles-ci.
Kinshasa, 5/08/2008 (ACP, via mediacongo.net)
Bas-Congo : Les femmes s'organisent pour les élections urbaines, municipales et locales
Les élections démocratiques, libres et transparentes organisées dernièrement en RDCongo auraient dû en principe voir les femmes occuper enfin la place qui leur revient désormais dans le concert des nouvelles institutions nationales et provinciales issues des urnes. Avec la promulgation de la nouvelle constitution, l'on peut honnêtement penser que tout a été fait pour qu'il en soit ainsi. Mais hélas, sur papier seulement, car, sur le terrain, aucun parti politique n'a respecté la règle constitutionnelle de la parité qui aurait dû fonctionner en amont avant d'en escompter des résultats en aval. Ce qui, néanmoins, n'a pas empêché quelques femmes courageuses de se porter candidates à la députation nationale ou provinciale voire de briguer la Présidence de la République ! Au niveau de l'élection présidentielle, par exemple, 4 femmes dont 3 du Bas-Congo se sont présentées sur un total de 33 candidats. Ce qui est remarquable, même si le score réalisé par ces combattantes de la démocratie au féminin reste insignifiant. Aux législatives, sur 341 candidats à la députation nationale retenus au Bas-Congo sur la liste définitive de la CEI (Commission électorale indépendante), 29 seulement sont des femmes, soit 8,5 %. A l'issue du scrutin, 2 femmes Ne Kongo (seulement) siègent à l'Assemblée nationale, la troisième ayant cédé son mandat de député contre un poste au sein de son parti. Quant à l'actuelle Assemblée provinciale du Bas-Congo, elle compte 5 femmes députées sur un total de 29 élus, tandis que le gouvernement provincial aligne une seule femme sur les dix ministres qui le composent. Ces faibles résultats sont loin de refléter la volonté du législateur et moins encore la légitime aspiration des femmes vers plus de représentativité dans les institutions issues des urnes. Une débâcle qui n'a pas permis à la femme congolaise de renverser les rapports de force afin de se présenter désormais en partenaire de l'homme et non comme l'éternelle " assistante " de ce dernier même dans la gestion de la cité. A la lumière de ces résultats, d'aucuns n'ont pas hésité, à juste titre peut-être, à conclure que non seulement les femmes ont été sous-représentées sur les listes électorales, mais aussi que l'électorat féminin a préféré, pour des raisons obscures liées sans doute à un sentiment d'autodépréciation atavique vis-à-vis des hommes, voter pour ces derniers.Relever le défi
Qu'à cela ne tienne ! Forte de cette expérience, la femme Ne Kongo n'a plus, à la veille des élections urbaines, municipales et locales, qu'une seule ambition : relever le défi de la parité. Prendre enfin sa revanche et ne plus laisser à l'homme le privilège d'occuper indûment l'espace de liberté que lui reconnaît la constitution. Au Bas-Congo, cette volonté des femmes de ne plus se laisser imposer par les hommes se concrétise de plusieurs manières déjà sur le terrain. Dans les états-majors des partis politiques où se concoctent des stratégies pour les prochaines échéances électorales, dans les forums qui débattent des questions propres aux femmes, mais aussi dans les sessions de formation et les campagnes de sensibilisation axées sur une réelle prise de conscience par les femmes de leur responsabilité historique dans la reconstruction du pays, un seul mot d'ordre, une seule devise : Remporter les élections à la base ! Un véritable leadership féminin est en train de voir le jour au Bas-Congo, lequel, depuis l'année dernière, n'a qu'une seule obsession : Tirer la femme de sa longue hibernation politique pour l'amener à participer enfin à la gestion de la cité !C'est dans ce contexte que la vice-présidente de l'Assemblée provinciale du Bas-Congo, Josiane Mfulu Massaka, elle-même figure emblématique de l'émergence de la femme dans les institutions issues des urnes, incitait les femmes Ne Kongo, au cours d'une réception organisée dernièrement en son honneur à Matadi, à " répondre aux signes du temps ", faisant ainsi allusion au principe de parité " Homme -Femme " consigné dans la Constitution de la RDC. Dans le même ordre d'idées, l'atelier pour la promotion de l'approche " Genre " au Bas-Congo, organisé au mois d'octobre de l'année passée dans la capitale provinciale, a formulé un certain nombre de recommandations qui vont dans le même sens : Vulgarisation des stratégies de lutte contre les inégalités subies par la femme, encouragement des candidatures féminines aux prochaines élections locales, municipales et urbaines, renforcement des capacités managériales de la femme : Bref la liste est bien longue des tâches qui restent à accomplir pour secouer la timidité naturelle des femmes afin de les amener à oser assumer enfin leur destin aux côtés des hommes. Mais, si lourd soit-il à relever, un tel défi n'est pas pour décourager Mme Hélène Zola, présidente de la " Commission provinciale du Genre et les Elections municipales et locales ", une structure née du désir d'en découdre avec la gent masculine lors des prochaines échéances électorales. Pour avoir assumé les fonctions de chargée de la communication au sein de l'antenne provinciale de la CEI lors des dernières élections législatives et présidentielles, Mme Zola connaît bien les contours et les enjeux de la problématique de l'électorat féminin et de l'éligibilité de la femme.
Munie d'un solide programme de sensibilisation des femmes, sa commission s'active depuis un certain temps à mobiliser, arguments à l'appui, la communauté féminine du Bas-Congo autour du prochain scrutin, de manière à amener la femme Ne Kongo à apporter, aux côtés de l'homme, sa contribution à la configuration d'une nouvelle société congolaise plus harmonieuse, par conséquent, plus juste et réellement démocratique.
Médard Lema Kilola
Boma, 6/08/2008 (ACP, via mediacongo.net)
Elles ont également recommandé d'établir, à travers ce centre, des partenariats avec des institutions de recherche, des réseaux de la région et du continent africain, des réseaux de femmes parlementaires, ministres et universitaires, les ONG des femmes ainsi qu'avec des agences de l'ONU et des organisations internationales qui promeuvent le respect des droits humains de la femme et l'égalité des genres.
Ces femmes ministres ont résolu de contribuer, à travers la mise en place du centre et de ses institutions et centres associés, à soutenir la collaboration intellectuelle entre pays, l'harmonisation des politiques sur les droits des femmes et l'égalité entre les genres dans la région des Grands Lacs ainsi que de soutenir le développement des capacités humaines et institutionnelles qui promeuvent la mise en œuvre efficace d'instruments légaux et d'engagements politiques en faveur des droits de la femme et l'égalité des genres dans la région des Grands Lacs. Elles ont enfin décidé d'établir un forum des ministres en charge des questions du Genre qui se réunira tous les ans afin de discuter de l'harmonisation de politiques et de programmes en faveur des droits de la femme et l'égalité des genres dans la région des Grands Lacs, de servir également de guide/support politique à l'organe directeur du centre, de décerner, en outre, des prix d'excellence pour reconnaître et promouvoir la participation politique des femmes aux instances de prise de décision dans la région des Grands Lacs.
Pour sa part, M. Denis Kalume, ministre d'Etat en charge de l'Intérieur, de la décentralisation et de la sécurité qui a clôturé les travaux, a salué les résolutions issues de ces assises tout en déclarant que cela démontre à suffisance que les ministres et les délégations des experts venus de l'UNESCO et de l'ensemble des pays des Grands Lacs se sont concertés valablement sur la création du centre international de recherche et de documentation sur le genre et la promotion de la femme pour les pays des Grands Lacs.
Il a également fait savoir que le gouvernement de la République Démocratique du Congo assure tout son soutien au centre international, car les droits de la femme sont aussi des droits humains, avant d'indiquer que le gouvernement pourra mettre à la disposition du centre plusieurs hectares de terres dans la périphérie de Kinshasa et que la décision d'implanter ce centre arrive à point nommé pour que des stratégies en faveur de la promotion de la femme et de l'équité du genre soient effectives. La ministre du Genre, de la famille et de l'enfant, Philomène Omatuku, leur a assuré du soutien continu de son ministère pour œuvrer à une opérationnalisation effective des résolutions dans les meilleurs délais. Elle a enfin procédé à la remise des cadeaux à ses pairs ministres.
Kinshasa, 28/07/2008 (ACP, via mediacongo.net)
« Contribuer efficacement à l'élaboration d'un Plan d'Action National sur la résolution 1325 »
C'est l’objectif poursuivi à travers la formation des acteurs de la société civile et des délégués du ministère Genre, femme et enfant venus des 11 provinces du pays. La résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies étudie l'impact de la guerre et des conflits sur les femmes, ainsi que les initiatives et contributions féminines à la résolution des conflits et à l'édification d'une paix durable.Cette formation de 3 jours a débuté samedi. Elle est organisée par le ministère du Genre, avec l’appui du bureau genre de la Monuc, au Centre Catholique Nganda. Selon la représentante du ministre du Genre, femmes et enfants, les acteurs formés devront former à leur tour les membres de la société civile et du gouvernement dans chaque province. Marie Claire Yandju précise que cette formation porte sur la prise en compte de la condition de la femme dans l'élaboration des programmes de développement.
Kinshasa, 28/06/2008 (OKAPI, via mediacongo.net)
Les femmes politiques et de la Société civile autour de la plate-forme " Cause commune "
Les femmes politiques et des associations de la Société civile se sont engagées à renforcer la synergie autour de la plate-forme " Cause commune " en vue de changer leur situation dans la sphère de prise de décisions d'ici 2011, à l'issue de l'atelier sur le thème " leadership, négociation et communication politique " tenu du 28 au 31 juillet 2008 au Centre Béthanie dans la commune de la Gombe à Kinshasa.
Les participantes à ces assises, organisée par " Cause commune " avec l'appui de l'UNIFEM, ont pris l'option de consolider la dynamique des résolutions de cet atelier par la création des relais de communication et d'harmonisation entre associations, réseaux et plates-formes. Elles se sont également engagées à élaborer un plan d'éducation civique et citoyenne ainsi que la cartographie des différentes interventions en vue de renforcer le pouvoir de la femme dans les domaines de la vie nationale et de la reconstruction.
La coordonnatrice nationale de " Cause commune ", Marie-Madeleine Kalala, qui a clôturé l'atelier, s'est félicitée de la qualité des travaux qui ont permis d'explorer de nouvelles pistes de solution pour faire face aux échéances électorales futures. Elle a, en outre, lancé un appel aux participantes à être vigilantes pour ne pas tomber dans le piège de la distraction et de l'opportunisme. Mme Kalala a, enfin, remercié l'UNIFEM de son appui, le ministère du Plan pour avoir délégué un responsable à ces assises, ainsi que les experts Siteke et Buhendua de la qualité de l'animation de celles-ci.
Kinshasa, 5/08/2008 (ACP, via mediacongo.net)
Bas-Congo : Les femmes s'organisent pour les élections urbaines, municipales et locales
Les élections démocratiques, libres et transparentes organisées dernièrement en RDCongo auraient dû en principe voir les femmes occuper enfin la place qui leur revient désormais dans le concert des nouvelles institutions nationales et provinciales issues des urnes. Avec la promulgation de la nouvelle constitution, l'on peut honnêtement penser que tout a été fait pour qu'il en soit ainsi. Mais hélas, sur papier seulement, car, sur le terrain, aucun parti politique n'a respecté la règle constitutionnelle de la parité qui aurait dû fonctionner en amont avant d'en escompter des résultats en aval. Ce qui, néanmoins, n'a pas empêché quelques femmes courageuses de se porter candidates à la députation nationale ou provinciale voire de briguer la Présidence de la République ! Au niveau de l'élection présidentielle, par exemple, 4 femmes dont 3 du Bas-Congo se sont présentées sur un total de 33 candidats. Ce qui est remarquable, même si le score réalisé par ces combattantes de la démocratie au féminin reste insignifiant. Aux législatives, sur 341 candidats à la députation nationale retenus au Bas-Congo sur la liste définitive de la CEI (Commission électorale indépendante), 29 seulement sont des femmes, soit 8,5 %. A l'issue du scrutin, 2 femmes Ne Kongo (seulement) siègent à l'Assemblée nationale, la troisième ayant cédé son mandat de député contre un poste au sein de son parti. Quant à l'actuelle Assemblée provinciale du Bas-Congo, elle compte 5 femmes députées sur un total de 29 élus, tandis que le gouvernement provincial aligne une seule femme sur les dix ministres qui le composent. Ces faibles résultats sont loin de refléter la volonté du législateur et moins encore la légitime aspiration des femmes vers plus de représentativité dans les institutions issues des urnes. Une débâcle qui n'a pas permis à la femme congolaise de renverser les rapports de force afin de se présenter désormais en partenaire de l'homme et non comme l'éternelle " assistante " de ce dernier même dans la gestion de la cité. A la lumière de ces résultats, d'aucuns n'ont pas hésité, à juste titre peut-être, à conclure que non seulement les femmes ont été sous-représentées sur les listes électorales, mais aussi que l'électorat féminin a préféré, pour des raisons obscures liées sans doute à un sentiment d'autodépréciation atavique vis-à-vis des hommes, voter pour ces derniers.Relever le défi
Qu'à cela ne tienne ! Forte de cette expérience, la femme Ne Kongo n'a plus, à la veille des élections urbaines, municipales et locales, qu'une seule ambition : relever le défi de la parité. Prendre enfin sa revanche et ne plus laisser à l'homme le privilège d'occuper indûment l'espace de liberté que lui reconnaît la constitution. Au Bas-Congo, cette volonté des femmes de ne plus se laisser imposer par les hommes se concrétise de plusieurs manières déjà sur le terrain. Dans les états-majors des partis politiques où se concoctent des stratégies pour les prochaines échéances électorales, dans les forums qui débattent des questions propres aux femmes, mais aussi dans les sessions de formation et les campagnes de sensibilisation axées sur une réelle prise de conscience par les femmes de leur responsabilité historique dans la reconstruction du pays, un seul mot d'ordre, une seule devise : Remporter les élections à la base ! Un véritable leadership féminin est en train de voir le jour au Bas-Congo, lequel, depuis l'année dernière, n'a qu'une seule obsession : Tirer la femme de sa longue hibernation politique pour l'amener à participer enfin à la gestion de la cité !C'est dans ce contexte que la vice-présidente de l'Assemblée provinciale du Bas-Congo, Josiane Mfulu Massaka, elle-même figure emblématique de l'émergence de la femme dans les institutions issues des urnes, incitait les femmes Ne Kongo, au cours d'une réception organisée dernièrement en son honneur à Matadi, à " répondre aux signes du temps ", faisant ainsi allusion au principe de parité " Homme -Femme " consigné dans la Constitution de la RDC. Dans le même ordre d'idées, l'atelier pour la promotion de l'approche " Genre " au Bas-Congo, organisé au mois d'octobre de l'année passée dans la capitale provinciale, a formulé un certain nombre de recommandations qui vont dans le même sens : Vulgarisation des stratégies de lutte contre les inégalités subies par la femme, encouragement des candidatures féminines aux prochaines élections locales, municipales et urbaines, renforcement des capacités managériales de la femme : Bref la liste est bien longue des tâches qui restent à accomplir pour secouer la timidité naturelle des femmes afin de les amener à oser assumer enfin leur destin aux côtés des hommes. Mais, si lourd soit-il à relever, un tel défi n'est pas pour décourager Mme Hélène Zola, présidente de la " Commission provinciale du Genre et les Elections municipales et locales ", une structure née du désir d'en découdre avec la gent masculine lors des prochaines échéances électorales. Pour avoir assumé les fonctions de chargée de la communication au sein de l'antenne provinciale de la CEI lors des dernières élections législatives et présidentielles, Mme Zola connaît bien les contours et les enjeux de la problématique de l'électorat féminin et de l'éligibilité de la femme.
Munie d'un solide programme de sensibilisation des femmes, sa commission s'active depuis un certain temps à mobiliser, arguments à l'appui, la communauté féminine du Bas-Congo autour du prochain scrutin, de manière à amener la femme Ne Kongo à apporter, aux côtés de l'homme, sa contribution à la configuration d'une nouvelle société congolaise plus harmonieuse, par conséquent, plus juste et réellement démocratique.
Médard Lema Kilola
Boma, 6/08/2008 (ACP, via mediacongo.net)
mardi 15 juillet 2008
Même la paix est une affaire d’hommes
Dans un document préparé pour une session spéciale sur les femmes et la guerre, l’actuel président du conseil de sécurité de l’ONU, un Américain, s’étonne que le nombre de femmes présentes au niveau décisionnel lors d’un règlement de conflit ou d’instauration de la paix n’augmente pas, malgré une résolution en ce sens votée en 2000.
Le représentant américain souligne aussi que très peu de femmes sont observatrices militaires, membres de la police civile, envoyées et représentantes spéciales du secrétaire général. Bref, les missions de maintien de la paix de l’ONU sont essentiellement une affaire d’hommes.
Le viol généralisé, organisé et systématique continue de se pratiquer, même dans les zones de conflit où les parties impliquées se sont engagées dans un processus devant mener à la paix, constate l’ONU. Pire, depuis les huit dernières années, malgré l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 1 325 sur les femmes, la paix et la sécurité, « les violences sexuelles en tant qu’arme de guerre ont pu être perpétrées dans une impunité presque totale », écrit le représentant américain.
Dans la seule province du Sud-Kivu de la République démocratique du Congo, le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, John Holmes, a recensé plus de 32 000 cas de viols et autres formes de violence sexuelle.
Deux fois plutôt qu’une
Les femmes subissent souvent doublement la violence : d’abord par les bandes de soldats qui les violent et leur causent en plus souvent de graves blessures, ensuite par la population de leur propre communauté, leurs familles les abandonnant avec leurs enfants et le reste de la communauté les mettant en quarantaine.
Plusieurs femmes ont tellement honte d’avoir été violées qu’elles ne rapportent pas les sévices qu’elles ont subis. Il faut dire que la perspective d’être publiquement humiliées et le peu de foi qu’elles ont envers la justice, ne les incitent pas à dénoncer leurs agresseurs.
Les scandales de casques bleus ayant eux-mêmes agi en bourreau envers des femmes, voire des fillettes, se sont ajoutés à une situation déjà extrêmement compliquée.
Bref, qu’on me pardonne ce mauvais jeu de mots, c’est pire que le bordel !
Il faut davantage de femmes
Une des solutions que propose le représentant américain est de faire intervenir de plus en plus de femmes lors des opérations de l’ONU. Un modèle donné en exemple est le groupe de la police civile indienne au Libéria, composé uniquement de femmes.
Il faut qu’il y ait davantage de femmes soldats de l’ONU, davantage aussi de femmes dans les éléments civils des missions de maintien de la paix, ce qui pourrait amener une amélioration des mécanismes de suivi, de notification et d’intervention en cas de violences sexuelles. Les femmes violées pourraient plus facilement se confier à une autre femme plutôt que devoir le faire, comme c’est pratiquement la règle actuellement, à un homme.
Une autre piste est de tenir responsables les commandants locaux des parties en conflit qui ne prennent pas des mesures pour empêcher les violences sexuelles ou qui ne punissent pas ceux qui les ont commises.
Tout cela est plein de bon sens, sauf que le passé laisse entrevoir peu d’espoir de changement.
À quand une femme à la tête de l’ONU ?
Lettre datée du 4 juin 2008, adressée au secrétaire général par le représentant permanent des États-Unis d’Amérique auprès de l’Organisation des Nations unies (PDF).
http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=S/2008/364&referer=http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=41301&Lang=F
Ban Ki-moon dénonce la « guerre silencieuse » dont sont victimes les femmes et les filles
19 juin 2008 – Huit ans après l'adoption de la résolution historique 1325 du Conseil de sécurité, le Secrétaire général, Ban Ki-moon, a dénoncé ce matin la « guerre silencieuse » dont sont victimes un nombre croissant de femmes et de filles dans les pays en conflit ou sortant d'un conflit.
« La violence à l'égard des femmes a atteint des proportions indicibles et pandémiques dans certaines sociétés qui essayent de se relever d'un conflit, » a-t-il déclaré ce matin à l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.
« Les survivantes sont tellement stigmatisées qu'elles peuvent à peine espérer reprendre une vie normale », a-t-il lancé, pour ensuite dénoncer l'échec des systèmes de justice qui laissent les agresseurs libres, nourrissant ainsi une « culture de l'impunité » et laissant les femmes encore plus vulnérables.
Le Secrétaire général a exhorté les autorités nationales à faire preuve d'initiative et d'établir des stratégies précises pour renverser cette tendance, tout en engageant les membres du Conseil à adopter des résolutions comportant des dispositions très claires sur les femmes et les enfants dans les conflits. Composés ainsi, ces textes permettent aux Nations Unies de réagir avec encore plus de vigueur, a-t-il fait remarquer.
Le Secrétaire général a également annoncé qu'il allait prochainement nommer un messager de la paix chargé du plaidoyer des violences faites aux femmes.
Ban Ki-moon a aussi évoqué le rôle important que peuvent jouer les femmes pour rétablir la stabilité dans les pays ravagés par la guerre.
 cet égard, le Secrétaire général a cité en exemple le groupe de la Police civile indienne au Libéria qui est entièrement constitué de femmes. Cette initiative qui a été couronnée de succès est un excellent exemple de ce que le personnel féminin peut apporter, a-t-il dit.
« En créant une culture qui punit la violence et élève les femmes au rôle qu'elles méritent, nous pourrons établir les bases d'une stabilité durable où les femmes ne seront plus les victimes de la violence, mais des agents pour la paix ».
Ban Ki-moon a également engagé les pays contributeurs de troupes à mettre œuvre des programmes de formation pour prévenir la violence sexuelle.
« Soyons clair : les Nations Unies, et moi-même, sommes fermement engagés à appliquer une politique de tolérance zéro à l'égard des actes d'exploitation sexuelle ou d'abus perpétrés par des membres de notre personnel », a-t-il averti.
Cette réunion du Conseil de sécurité a été convoquée à la demande des Etats-Unis, qui assurent la présidence du Conseil pour le mois de juin.
Condoleeza Rice, la Secrétaire d'état des Etats-Unis, y a rappelé que le viol a des incidences graves non seulement sur la santé des femmes mais aussi sur la stabilité des pays touchés.
Elle a particulièrement dénoncé la brutalité « incroyable » qui frappe les femmes dans des pays comme le Myanmar, ainsi qu'en République démocratique du Congo et au Soudan.
Le Conseil de sécurité a adopté la résolution1325 en 2000 pour protéger les femmes et les filles de violences sexuelles pendant les conflits armés et assurer une plus grande participation des femmes au règlement des différends.
Goma : lancement de la campagne « Zéro enfant associé aux groupes armés »
Nord Kivu | Politique et Citoyen | 21 Juin 2008 à 13:07:56
L’Unité d’exécution du Programme national de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion, UEPN-DDR, a lancé ce samedi matin cette campagne, sous l'égide de l'épouse du chef de l'Etat, Mme Olive Lembe. Cette sensibilisation concerne au moins 3 000 enfants encore dans les groupes armés du Nord et du Sud Kivu alors que ces derniers s'étaient engagés à les libérer, conformément aux accords d'engagement de Goma, rapporte radiookapi.net
Le recrutement d’enfants dans les groupes armés est un crime contre l’humanité. C’est le mot d’ordre de cette campagne lancée ce samedi à Goma par le représentant du gouverneur du Nord Kivu, en présence de plusieurs représentants de la communauté internationale, de ceux des groupes armés du Nord Kivu et de plusieurs dizaines d’enfants vêtus pour la circonstance en couleurs de l’UEPN-DDR et de l’Unicef. C’est dans l’ambiance que discours officiels, saynètes et chansons ont appelé les groupes armés à libérer tous les enfants encore dans leurs rangs. Tous les intervenants n’ont eu qu’un seul message : que chaque groupe armé respecte ses engagements pris le 23 janvier 2008 à Goma et que d’ici la fin 2008, qu’il n’y ait plus d’enfants dans aucun groupe armé. Certes, les moyens doivent suivre. C’est ce qui a expliqué la présence des représentants des organisations comme l’Unicef, la Banque mondiale ou la Monuc.
Grands Lacs : la MONUC accompagne les efforts régionaux contre la violence sexuelle
16 juin 2008 – Une Consultation Régionale de haut niveau sur «l'éradication de la violence sexuelle et l'élimination de l'impunité dans la Région des Grands Lacs» a débuté aujourd'hui à Goma, en République Démocratique du Congo (RDC).
Organisée par la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) et appuyée, entre autres, par la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC), cette Consultation vise à accélérer la mise en œuvre de réponses urgentes au problème de la violence sexuelle, et d'assurer ainsi la prévention, la protection, l'accès aux soins et à la justice des femmes et des enfants de la Région des Grands Lacs, indique un communiqué publié aujourd'hui par la MONUC.
Jusqu'au 18 juin, des décideurs de haut niveau examineront, entre autres, les aspects sociaux, culturels, économiques et politiques de la violence sexuelle, ainsi que des questions liées à la réintégration des victimes de viol, la sensibilisation des jeunes et des hommes, l'accès à la justice et l'autonomisation des femmes.
Les organisateurs espèrent que cette Consultation permettra de forger le tout premier Plan d'Action Régional pour l'Eradication de la Violence Sexuelle et l'Elimination de l'Impunité, et de provoquer ainsi une réduction substantielle, voire l'éradication, du crime de violence sexuelle dans tous les pays de la région.
Cette Consultation est une étape stratégique cruciale en préparation du prochain Sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs.
Nord-Kivu - Des tambours font résonner la paix dans les Grands Lacs
Le Potentiel (Kinshasa) Publié sur le web le 16 Juin 2008 Kinshasa
Congolais, Rwandais, Burundais ont joué du tambour et dansé tous ensemble lors du festival des tambours - Pamoja Kungoma - au Nord-Kivu, montrant à tous ceux qui venaient les voir que la cohabitation pacifique est possible dans la région.
L'esplanade de la paroisse congolaise de Minova, à 50 km de Goma sur la route de Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, ne cesse d'accueillir du monde. Des gens arrivent de partout, tous âges confondus. Hommes, femmes, jeunes et enfants se bousculent. Chacun se faufile dans la foule pour se frayer un chemin jusqu'aux premiers rangs. Sur l'esplanade, devant une petite tribune occasionnelle couverte de bâches en plastique, les danseurs traditionnels se succèdent. Ils sont Rwandais, Congolais, Burundais et viennent se produire à Butare (Rwanda) et à Goma (République démocratique du Congo), chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
Ici à Minova, l'ambiance est au rendez-vous, ce matin d'avril, et le public ne cesse d'applaudir les danseurs entrant en scène au rythme des tambours. Des groupes hunde et havu, deux tribus majoritaires à Minova, se succèdent en premier sur le podium. Le tambour vibre et vibre encore. Le rythme des pas de danse enflamme le public qui en oublie la situation de guerre qu'il vient de traverser. Personne ne résiste à cette ambiance sans pareil.
C'est au tour des groupes burundais et rwandais. Ces derniers sont composés essentiellement de femmes, en tenue traditionnelle rwandaise; jaune, bleu et vert. Leurs pas ressemblent à ceux des défilés militaires. Les danses s'appellent Umugenedo, Umusuko, Ynumvo, Umuerero : des noms qui signifient notamment qu'une seule main ne peut rien faire, qu'ensemble, l'on peut mieux.
«LE CONGOLAIS AIME LE RWANDAIS»
Depuis l'année dernière, le Centre Lokolé, situé à Bukavu et créé par l'Ong internationale Search for common ground, organise des tournées de groupes traditionnels de danse pour consolider les efforts de paix et de cohabitation entre les communautés de la région des Grands Lacs. «Nous souhaiterions aller au plus profond des villages où les populations sont victimes de conflits. Avec le travail déjà abattu, nous restons optimistes quant à son impact sur les relations entre les peuples de la région en général et de chaque pays en particulier», a rappelé Lena Slachmuijlder, directrice du Centre Lokolé. L'optimisme semble, en effet, partagé par tous. «Il est très significatif de voir Congolais, Rwandais et Burundais se produire ensemble. C'est un exemple pour nos peuples», explique Primo Bauma, chef du groupement de Kamuronza, à Sake, au Nord-Kivu
TAMBOUR, SYMBOLE DE PAIX
Ces messages sont allés droit au coeur de l'assistance. A Butare (Rwanda) et à Goma, Minova et Sake en RD Congo, la population se réjouit de cette production commune. «C'est une façon de consolider les efforts de paix et de cohabitation pacifique dans nos régions, où il n'existe pas de différends profonds entre nos populations. Ce sont les politiciens qui cherchent à les manipuler», ajoute Primo Bauma.
Quant à Pendeki Bulondo, une vieille dame de la tribu tembo, déplacée par la guerre, elle témoigne : «Ma joie est grande de voir les Congolais jouer à côté des Rwandais et des Burundais. Il y a peu de temps, nous nous battions. Ces danseurs et leurs tambours prouvent qu'il faut aspirer à la paix, se parler et cohabiter.» Même message du groupe burundais, qui porte les couleurs nationales du Burundi (vert, rouge et blanc) : «Le tambour, qui est un symbole de paix en Afrique, ne peut être joué que là où il y a la paix.»
Malgré cet enthousiasme, tous n'oublient pas leur sort actuel. «Nous voulons que la guerre cesse définitivement, que Nkunda et ses hommes quittent le Masisi et le Rutshuru pour qu'enfin, nous rentrions nous occuper de nos champs, nourrir nos familles et scolariser nos enfants», souhaitent ardemment des nombreux déplacés venus assister aux spectacles
Tanzanie: Bukavu - les associations féminines réfléchissent sur les avancées de la déclaration de Dar es Salaam
Le Potentiel (Kinshasa)Publié sur le web le 9 Juin 2008 Raymonde Senga Kosi
Kinshasa
Cette déclaration de Dar es Salaam est axée sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs. Selon la secrétaire exécutive de COFAS ( Conseil des organisations des femmes agissant en synergie), la déclaration signée en novembre 2004 par 11 chefs d'Etat et de gouvernement de la région des Grands Lacs n'a pas contribué complètement à la stabilité dans les pays concernés, radiookapi.net Cependant, le COFAS encourage les signataires de la convention de Dar es Salaam à ne pas se décourager. Selon cette organisation, la recherche de la paix, la sécurité, la démocratie et le développement est un processus. Prudence Shamavu s'explique : « Dans des processus pareils, malheureusement, il y a toujours ce qu'on appelle des agendas cachés.
Quelque part, cela dénote d'une certaine collaboration avec des niveaux qui ont plutôt d'autres intérêts que nous semblons ignorer. C'est à ce moment-là que la population saura que les politiciens sont en train de faire leurs histoires. Nous, ces choses, on ne les connaît pas. C'est ce qui est dangereux parce qu'à un certain moment, la population peut se fatiguer et se dire, nous nous époumonons pour rien, il y a des choses que nous ne connaissons pas. Il ne faut pas faire des choses jusqu'à faire à ce que les communautés commencent à se méfier des décideurs. Et là, ça ne marche pas ».
Sud-Kivu - Baisse des cas de viol à Panzi
Le Potentiel (Kinshasa)
Publié sur le web le 12 Juin 2008 Regine Kiala Kinshasa
La secrétaire d'Etat française chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'homme a visité lundi l'hôpital de Panzi dans Bukavu. Rama Yade a, à cette occasion, décoré le médecin-directeur de cet hôpital comme activiste des droits de l'homme.
Le docteur Denis Mukwege dont l'hôpital traite de nombreux cas des femmes violées au Sud-Kivu note que les cas de viol sont en baisse, rapporte radiookapi.net. En revanche, souligne-t-il, les cas non traités sont beaucoup plus nombreux que ceux enregistrés et suivis par les médecins : « actuellement, les cas de viol sont en baisse. Par contre, les femmes qui ont été violées il y a quelques années et qui n'ont jamais accédé aux soins continuent à se compter en milliers et, aujourd'hui je pense que nous n'avons pas encore soigné la grande partie.
C'est le constat que nous faisons dans les villages lorsque notre équipe mobile s'y rend. C'est vraiment dramatique, puisqu'il y a pratiquement des villages où toutes les femmes vous disent qu'elles sont violées».
Une vidéo de Panzi il y a quelques mois sept 2007: http://www.youtube.com/watch?v=cXEObkrwVsI
Pour diffusion immédiate: LA FONDATION STEPHEN LEWIS OCTROIE 300,000 $ À L’HÔPITAL DE PANZI AU CONGO
Back to Current News June 9, 2008 by Stephen Lewis Foundation
Le 9 juin 2008 (Toronto, Canada) – La Fondation Stephen Lewis (SLF) a annoncé aujourd’hui un octroi additionnel de 300,000 $ à l’Hôpital de Panzi dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) afin qu’il puisse accroître sa capacité de traiter les femmes brutalement violées – souvent avec des armes et des outils de guerre – et qui, à la suite de ces actes, ont contracté le VIH et autres Maladies Sexuellement Transmissibles. La Fondation a aussi annoncé qu’elle réunira des experts de la RDC, du Zimbabwe, du Rwanda, du Kenya et de l’Afrique du Sud plus tard ce mois-ci pour créer un plan d’action afin d’appuyer les efforts de l’hôpital en vue d’offrir des services psychologiques aux patientes.
« Un Haut Représentant des Nations Unies a décrit l’Est du Congo comme étant le pire endroit au monde pour les femmes » disait Stephen Lewis, président du Conseil d’Administration de la Fondation Stephen Lewis. « Des actes innommables et atroces sont perpétrés sur les femmes de la RDC. Elles vivent dans la terreur d’être violées, torturées, mutilées et infectées par le VIH.»
On estime que 5,4 millions de personnes ont été tuées dans la RDC depuis 1998 – le plus haut taux de mortalité de tous les conflits depuis la Deuxième Guerre Mondiale - et des centaines de femmes et de jeunes filles ont été violées par les multiples forces armées.
L’Hôpital de Panzi offre des soins médicaux gratuits aux victimes de la guerre; on y a traité quelques 15,000 survivantes de la violence sexuelle depuis 1999. On estime que 10% de ses patientes sont infectées du VIH. « L’hôpital est né de la souffrance », disait le Docteur Roger Luhiriri, chirurgien à Panzi, qui est à Toronto ce mois-ci pour suivre un cours sur les droits des femmes. « Pour détruire une nation, on commence par détruire ses femmes. »
La Fondation Stephen Lewis a commencé à financer l’Hôpital de Panzi en Novembre 2007. Le nouvel octroi de 300,000 $ permettra à l’hôpital d’accélérer les tests pour le VIH et autres infections transmises sexuellement, d’accroître sa portée aux communautés pour amener les survivantes de viols à l’hôpital dans les 72 heures afin qu’elles aient accès à des traitement prophylactiques suite à une exposition, en plus d’acheter du matériel chirurgical, d’augmenter les stocks de sang non contaminé, et de fournir de la nourriture aux patientes prenant des médicaments antivirus.
L’équipe de six chirurgiens de Panzi opère près de soixante patientes par semaine. Les médecins effectuent des chirurgies reconstructives pour réparer les systèmes reproducteurs des femmes, mais une seule psychologue est sur les lieux pour leur prodiguer des conseils suite au traumatisme. « Souvent, les femmes sont violées devant leur famille ou les membres de la famille sont forcés de violer l’une des leurs. Les histoires sont déchirantes », expliquait le Dr Luhiriri. « En tant que médecins, nous œuvrons à réparer et guérir le corps des femmes, mais le soutien psychosocial est absolument critique afin que les femmes se rétablissent et soient en mesure de réintégrer la société. »
Pour répondre au besoin urgent de conseils en matière de traumatisme, la Fondation Stephen Lewis (SLF) organise à Toronto une réunion qui aura lieu du 30 juin au 2 juillet et qui réunira des experts d’organismes de femmes africaines qui prodiguent des conseils aux femmes dans un contexte de violence, de VIH/SIDA et de troubles civils pour discuter des façons de venir en appui à l’hôpital de Panzi. Le Girl Child Network (GCN) est un organisme regroupant 700 clubs de jeunes filles à travers le Zimbabwe. GCN aide les jeunes filles à faire face à l’impact de la violence basée sur le sexe et à obtenir des conseils et des soins médicaux et à amener les auteurs de ces atrocités devant la justice.
« Nous croyons que le viol dans la RDC doit arrêter. Ces actes tuent les femmes et les jeunes filles et paralysent le pays » disait Betty Makoni, Fondatrice du GCN, qui se prononçait lors d’une conférence de presse avec M. Lewis et le Dr Luhiriri aujourd’hui au MaRS Collaboration Centre à Toronto. « Depuis dix ans, le GCN offre aux jeunes filles des lieux sécuritaires, les aide à se transformer de victimes à survivantes et, éventuellement, à devenir des leaders communautaires. Nous sommes engagées à appuyer nos sœurs au Congo.”
Au total, la Fondation a fourni 650,000 $ pour venir en aide aux survivantes de la violence sexuelle dans la RDC. De concert avec V-Day, le mouvement global visant à mettre fin à la violence contre les femmes, la Fondation Stephen Lewis appuie également la construction d’une « City of Joy », un complexe d’habitation de transition pour 150 survivantes du viol et de l’abus où elles y seront formées pour devenir des leaders communautaires.
Personne- ressource Montréal
Michèle Poitras
Media Profile
514-750-0886
michele@mediaprofile.com
Personnes-ressources Toronto
Media Profile
1-888-504-8464/416-504-8464
stephanie@mediaprofile.com
erin@mediaprofile.com
La Fondation Stephen Lewis travaille à alléger la souffrance du VIH/SIDA en Afrique. Pour de plus amples informations, visitez www.stephenlewisfoundation.org. SLF tient à remercier MaRS Centre et Media Profile pour avoir généreusement offert leurs services.
Contre la violence au Congo : Avec S.A.F.E.R. les canadiens et canadiennes lèvent leurs voix
Il est dit que la violence au Congo constitue la première Guerre Mondiale de l'Afrique, avec environ 5 millions des congolais sont morts à cause de la violence et de l'absence d'un système de santé efficace. Et pour les jeunes filles ou les femmes congolaises en général, le conflit porte un nom :l' horreur. Les femmes sont utilisées comme un outil de guerre, de chantage et de diffamation. Pour conséquence, elles subissent les viols brutaux, peu importe leur âge. Nombreuses d'entre-elles ont lancé le cri de détresse aux gens de bonne volonté à travers le monde pour assistance.
Y -a-t-il des gens qui les écoutent? Les atrocités qu'elles continuent à subir jusqu'aujourd'hui leur font croire que personne ne semble être à leur secours.
Cependant, plusieurs personnes de bonne volonté à travers le monde notamment, un grand nombre de canadiens et canadiennes, le silence à ces crimes n'est plus une option.
Initiative canadienne
Un petit groupe, commencé vers la fin de l'an 2004, s'est décidé de léver sa voix en vue de soutenir ces femmes violées par des actions concrètes. Pour cette raison, S.A.F.E.R.-Student Aid For the Elimination of Rape/Etudiants Contre le Viol-travaille avec l'hôpital Panzi à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu ,en République Démocratique du Congo où le docteur Denis Mukwege traite les femmes victimes de viols, malgré le climat d'insécurité et d'instabilité politique. Il a développé son expertise ainsi que sa clinique grâce à des fonds européens.
Depuis l'origine du groupe, formé par des étudiants et professionels en collaboration avec quelques membres de la communauté congolaise de Toronto, S.A.F.E.R. a développé des liaisons avec des organisations clés. L'Ambassade du Canada à Kinshasa a accordé un don au groupe d'une valeur de $5,000 CAD, pour l'achat de matériels médicaux de première nécéssité dont l'hôpital Panzi a besoin impérativement. Nous citons notamment, les outils de chirurgie, comme pinces, des fils de sutures, des aiguilles épidurales et un moniteur oxymètre, ont été déjà envoyés à l'hôpital Panzi par le canal de l'Ambassade à la fin du mois de mars 2006.
En plus, Droit et Démocratie, fondé à Montréal, est devenu un lien important pour informer les canadiens et canadiennes à travers le pays de tout ce qui se passe au Congo. En collaboration avec Droit et Démocratie, l'année passée, S.A.F.E.R. a effectué la levée des fonds dont la valeur était de $3000 CAD; fonds qui ont permis à l'achat de presque deux milles fils de sutures spécialisés pour la chirurgie gynécologique. A la fin de juin, les fils de sutures sont arrivés à l'hôpital Panzi grâce à l'Ambassade du Canada à Kinshasa.
L'hôpital Panzi
L'hôpital Panzi était construit par un ONG Suédois (PMU Interlife), grâce à des dons accordés au ONG par The Swedish International Development Agency (SIDA) et The European Commission Humanitarian Office (ECHO). Il est ouvert depuis 1999, et l'année dernière, plus de trois milles femmes blessées par la violence sexuelle ont été traitées. Malheureusement, on ne sait pas si le don de L'ECHO, représentant une partie substantielle du budget de fonctionnement de l'hôpital, sera renouvelée cette année.
Le dévouement de l'hôpital Panzi à la santé des femmes étend son aspect médical à l'aspect social. Pour cela, il est un outil considérable pour accélérer le changement culturel requis dans l'isolement des femmes violées, aussi bien pour arrêter le cycle de la violence sexuelle en RDC. Avec l'assistance des ONGs européens, les femmes qui arrivent à l'hôpital Panzi apprennent des habilités manuelles, comme la couture, pour assurer leur indépendance économique.
Un jour, Dr. Mukwege souhaite qu'un grand Centre Pour Les Femmes soit établi à l'hôpital. Le centre aurait pour but de créer des services de réhabilitation, de rééducation et de réintégration sociale des femmes congolaises traumatisées par les viols sexuels et par la suite qui ont perdu leur confiance en elles. Une fois établie, le centre aura besoin de professionnels qualifiés pour accomplir ces services: notamment des conseillers médicaux, des psychologues,des travailleurs sociaux, etc.
Un mouvement global
Pendant que les fils de sutures envoyés par S.A.F.E.R. ont été acheminés vers le Congo, une autre campagne contre la violence des femmes au Congo grandit rapidement. Une nouvelle initiative pour la levée de fonds avait commencé à Toronto: C'est la vente des disques de frisbee. Cent disques ont été déjà vendus, et en même temps, un autre lot de cent était commandé par des gens en Allemande. L'explosion du soutien pour la campagne en allemande était une grande surprise. Maintenant quelques gens en Italie ont exprimé leur intérêt aussi. Le succès européen du soutien accordé à la campagne indique que la cause que nous défendons devient une affaire globale.
A venir
Et aussi au Canada, l'intérêt pour l'hôpital Panzi s'accommode avec quelques hôpitaux Ontariens qui voudraient bien offrir une collection d'équipements médicaux encore en bon état et qui ne sont plus utilisés ici. Pour l'hôpital Panzi, qui se maintient grâce à des fonds étrangers et le volontariat des organisations locales, chaque équipement médical collectionné serait le bienvenu.
Un contact récent avec un ONG Norvégien, le CRN (Christian Relief Network), a commencé une autre collaboration pour faciliter les efforts du S.A.F.E.R. Le CRN est en train de construire un ajout à l'hôpital Panzi qui peut accommoder un surplus de cent patients. Avec leur assistance, il sera possible de fréter quelques équipements les importants.
S.A.F.E.R. continue de faire la campagne et la levée de fonds pour atteindre ses quatre objectifs principaux : 1) Augmenter la capacité chirurgicale de l'hôpital Panzi; 2) Documenter les données statistiques sur l'origine de la violence sexuelle dans la Province du Sud -Kivu; 3) Attirer l'attention de la communauté internationale sur la guerre et la violence faite aux femmes en République Démocratique du Congo; 4) Arrêter le silence.
Vous êtes invités à contacter S.A.F.E.R. ou de participer à ses événements prochains. Un film sur l'hôpital Panzi et les efforts jusque là consentis par le groupe seront exposés bientôt au public.
Le groupe S.A.F.E.R., prend soins des autres.
Pour tout contact :
Cathy Nangini
Brad MacIntosh
Simon Lunkebila-Mayeto
Mike Tambwe-Lubemba
S.A.F.E.R.
www.medicalreform.ca/congo
congo@medicalreform.ca
Le représentant américain souligne aussi que très peu de femmes sont observatrices militaires, membres de la police civile, envoyées et représentantes spéciales du secrétaire général. Bref, les missions de maintien de la paix de l’ONU sont essentiellement une affaire d’hommes.
Le viol généralisé, organisé et systématique continue de se pratiquer, même dans les zones de conflit où les parties impliquées se sont engagées dans un processus devant mener à la paix, constate l’ONU. Pire, depuis les huit dernières années, malgré l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 1 325 sur les femmes, la paix et la sécurité, « les violences sexuelles en tant qu’arme de guerre ont pu être perpétrées dans une impunité presque totale », écrit le représentant américain.
Dans la seule province du Sud-Kivu de la République démocratique du Congo, le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, John Holmes, a recensé plus de 32 000 cas de viols et autres formes de violence sexuelle.
Deux fois plutôt qu’une
Les femmes subissent souvent doublement la violence : d’abord par les bandes de soldats qui les violent et leur causent en plus souvent de graves blessures, ensuite par la population de leur propre communauté, leurs familles les abandonnant avec leurs enfants et le reste de la communauté les mettant en quarantaine.
Plusieurs femmes ont tellement honte d’avoir été violées qu’elles ne rapportent pas les sévices qu’elles ont subis. Il faut dire que la perspective d’être publiquement humiliées et le peu de foi qu’elles ont envers la justice, ne les incitent pas à dénoncer leurs agresseurs.
Les scandales de casques bleus ayant eux-mêmes agi en bourreau envers des femmes, voire des fillettes, se sont ajoutés à une situation déjà extrêmement compliquée.
Bref, qu’on me pardonne ce mauvais jeu de mots, c’est pire que le bordel !
Il faut davantage de femmes
Une des solutions que propose le représentant américain est de faire intervenir de plus en plus de femmes lors des opérations de l’ONU. Un modèle donné en exemple est le groupe de la police civile indienne au Libéria, composé uniquement de femmes.
Il faut qu’il y ait davantage de femmes soldats de l’ONU, davantage aussi de femmes dans les éléments civils des missions de maintien de la paix, ce qui pourrait amener une amélioration des mécanismes de suivi, de notification et d’intervention en cas de violences sexuelles. Les femmes violées pourraient plus facilement se confier à une autre femme plutôt que devoir le faire, comme c’est pratiquement la règle actuellement, à un homme.
Une autre piste est de tenir responsables les commandants locaux des parties en conflit qui ne prennent pas des mesures pour empêcher les violences sexuelles ou qui ne punissent pas ceux qui les ont commises.
Tout cela est plein de bon sens, sauf que le passé laisse entrevoir peu d’espoir de changement.
À quand une femme à la tête de l’ONU ?
Lettre datée du 4 juin 2008, adressée au secrétaire général par le représentant permanent des États-Unis d’Amérique auprès de l’Organisation des Nations unies (PDF).
http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=S/2008/364&referer=http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=41301&Lang=F
Ban Ki-moon dénonce la « guerre silencieuse » dont sont victimes les femmes et les filles
19 juin 2008 – Huit ans après l'adoption de la résolution historique 1325 du Conseil de sécurité, le Secrétaire général, Ban Ki-moon, a dénoncé ce matin la « guerre silencieuse » dont sont victimes un nombre croissant de femmes et de filles dans les pays en conflit ou sortant d'un conflit.
« La violence à l'égard des femmes a atteint des proportions indicibles et pandémiques dans certaines sociétés qui essayent de se relever d'un conflit, » a-t-il déclaré ce matin à l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.
« Les survivantes sont tellement stigmatisées qu'elles peuvent à peine espérer reprendre une vie normale », a-t-il lancé, pour ensuite dénoncer l'échec des systèmes de justice qui laissent les agresseurs libres, nourrissant ainsi une « culture de l'impunité » et laissant les femmes encore plus vulnérables.
Le Secrétaire général a exhorté les autorités nationales à faire preuve d'initiative et d'établir des stratégies précises pour renverser cette tendance, tout en engageant les membres du Conseil à adopter des résolutions comportant des dispositions très claires sur les femmes et les enfants dans les conflits. Composés ainsi, ces textes permettent aux Nations Unies de réagir avec encore plus de vigueur, a-t-il fait remarquer.
Le Secrétaire général a également annoncé qu'il allait prochainement nommer un messager de la paix chargé du plaidoyer des violences faites aux femmes.
Ban Ki-moon a aussi évoqué le rôle important que peuvent jouer les femmes pour rétablir la stabilité dans les pays ravagés par la guerre.
 cet égard, le Secrétaire général a cité en exemple le groupe de la Police civile indienne au Libéria qui est entièrement constitué de femmes. Cette initiative qui a été couronnée de succès est un excellent exemple de ce que le personnel féminin peut apporter, a-t-il dit.
« En créant une culture qui punit la violence et élève les femmes au rôle qu'elles méritent, nous pourrons établir les bases d'une stabilité durable où les femmes ne seront plus les victimes de la violence, mais des agents pour la paix ».
Ban Ki-moon a également engagé les pays contributeurs de troupes à mettre œuvre des programmes de formation pour prévenir la violence sexuelle.
« Soyons clair : les Nations Unies, et moi-même, sommes fermement engagés à appliquer une politique de tolérance zéro à l'égard des actes d'exploitation sexuelle ou d'abus perpétrés par des membres de notre personnel », a-t-il averti.
Cette réunion du Conseil de sécurité a été convoquée à la demande des Etats-Unis, qui assurent la présidence du Conseil pour le mois de juin.
Condoleeza Rice, la Secrétaire d'état des Etats-Unis, y a rappelé que le viol a des incidences graves non seulement sur la santé des femmes mais aussi sur la stabilité des pays touchés.
Elle a particulièrement dénoncé la brutalité « incroyable » qui frappe les femmes dans des pays comme le Myanmar, ainsi qu'en République démocratique du Congo et au Soudan.
Le Conseil de sécurité a adopté la résolution1325 en 2000 pour protéger les femmes et les filles de violences sexuelles pendant les conflits armés et assurer une plus grande participation des femmes au règlement des différends.
Goma : lancement de la campagne « Zéro enfant associé aux groupes armés »
Nord Kivu | Politique et Citoyen | 21 Juin 2008 à 13:07:56
L’Unité d’exécution du Programme national de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion, UEPN-DDR, a lancé ce samedi matin cette campagne, sous l'égide de l'épouse du chef de l'Etat, Mme Olive Lembe. Cette sensibilisation concerne au moins 3 000 enfants encore dans les groupes armés du Nord et du Sud Kivu alors que ces derniers s'étaient engagés à les libérer, conformément aux accords d'engagement de Goma, rapporte radiookapi.net
Le recrutement d’enfants dans les groupes armés est un crime contre l’humanité. C’est le mot d’ordre de cette campagne lancée ce samedi à Goma par le représentant du gouverneur du Nord Kivu, en présence de plusieurs représentants de la communauté internationale, de ceux des groupes armés du Nord Kivu et de plusieurs dizaines d’enfants vêtus pour la circonstance en couleurs de l’UEPN-DDR et de l’Unicef. C’est dans l’ambiance que discours officiels, saynètes et chansons ont appelé les groupes armés à libérer tous les enfants encore dans leurs rangs. Tous les intervenants n’ont eu qu’un seul message : que chaque groupe armé respecte ses engagements pris le 23 janvier 2008 à Goma et que d’ici la fin 2008, qu’il n’y ait plus d’enfants dans aucun groupe armé. Certes, les moyens doivent suivre. C’est ce qui a expliqué la présence des représentants des organisations comme l’Unicef, la Banque mondiale ou la Monuc.
Grands Lacs : la MONUC accompagne les efforts régionaux contre la violence sexuelle
16 juin 2008 – Une Consultation Régionale de haut niveau sur «l'éradication de la violence sexuelle et l'élimination de l'impunité dans la Région des Grands Lacs» a débuté aujourd'hui à Goma, en République Démocratique du Congo (RDC).
Organisée par la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) et appuyée, entre autres, par la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC), cette Consultation vise à accélérer la mise en œuvre de réponses urgentes au problème de la violence sexuelle, et d'assurer ainsi la prévention, la protection, l'accès aux soins et à la justice des femmes et des enfants de la Région des Grands Lacs, indique un communiqué publié aujourd'hui par la MONUC.
Jusqu'au 18 juin, des décideurs de haut niveau examineront, entre autres, les aspects sociaux, culturels, économiques et politiques de la violence sexuelle, ainsi que des questions liées à la réintégration des victimes de viol, la sensibilisation des jeunes et des hommes, l'accès à la justice et l'autonomisation des femmes.
Les organisateurs espèrent que cette Consultation permettra de forger le tout premier Plan d'Action Régional pour l'Eradication de la Violence Sexuelle et l'Elimination de l'Impunité, et de provoquer ainsi une réduction substantielle, voire l'éradication, du crime de violence sexuelle dans tous les pays de la région.
Cette Consultation est une étape stratégique cruciale en préparation du prochain Sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs.
Nord-Kivu - Des tambours font résonner la paix dans les Grands Lacs
Le Potentiel (Kinshasa) Publié sur le web le 16 Juin 2008 Kinshasa
Congolais, Rwandais, Burundais ont joué du tambour et dansé tous ensemble lors du festival des tambours - Pamoja Kungoma - au Nord-Kivu, montrant à tous ceux qui venaient les voir que la cohabitation pacifique est possible dans la région.
L'esplanade de la paroisse congolaise de Minova, à 50 km de Goma sur la route de Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, ne cesse d'accueillir du monde. Des gens arrivent de partout, tous âges confondus. Hommes, femmes, jeunes et enfants se bousculent. Chacun se faufile dans la foule pour se frayer un chemin jusqu'aux premiers rangs. Sur l'esplanade, devant une petite tribune occasionnelle couverte de bâches en plastique, les danseurs traditionnels se succèdent. Ils sont Rwandais, Congolais, Burundais et viennent se produire à Butare (Rwanda) et à Goma (République démocratique du Congo), chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
Ici à Minova, l'ambiance est au rendez-vous, ce matin d'avril, et le public ne cesse d'applaudir les danseurs entrant en scène au rythme des tambours. Des groupes hunde et havu, deux tribus majoritaires à Minova, se succèdent en premier sur le podium. Le tambour vibre et vibre encore. Le rythme des pas de danse enflamme le public qui en oublie la situation de guerre qu'il vient de traverser. Personne ne résiste à cette ambiance sans pareil.
C'est au tour des groupes burundais et rwandais. Ces derniers sont composés essentiellement de femmes, en tenue traditionnelle rwandaise; jaune, bleu et vert. Leurs pas ressemblent à ceux des défilés militaires. Les danses s'appellent Umugenedo, Umusuko, Ynumvo, Umuerero : des noms qui signifient notamment qu'une seule main ne peut rien faire, qu'ensemble, l'on peut mieux.
«LE CONGOLAIS AIME LE RWANDAIS»
Depuis l'année dernière, le Centre Lokolé, situé à Bukavu et créé par l'Ong internationale Search for common ground, organise des tournées de groupes traditionnels de danse pour consolider les efforts de paix et de cohabitation entre les communautés de la région des Grands Lacs. «Nous souhaiterions aller au plus profond des villages où les populations sont victimes de conflits. Avec le travail déjà abattu, nous restons optimistes quant à son impact sur les relations entre les peuples de la région en général et de chaque pays en particulier», a rappelé Lena Slachmuijlder, directrice du Centre Lokolé. L'optimisme semble, en effet, partagé par tous. «Il est très significatif de voir Congolais, Rwandais et Burundais se produire ensemble. C'est un exemple pour nos peuples», explique Primo Bauma, chef du groupement de Kamuronza, à Sake, au Nord-Kivu
TAMBOUR, SYMBOLE DE PAIX
Ces messages sont allés droit au coeur de l'assistance. A Butare (Rwanda) et à Goma, Minova et Sake en RD Congo, la population se réjouit de cette production commune. «C'est une façon de consolider les efforts de paix et de cohabitation pacifique dans nos régions, où il n'existe pas de différends profonds entre nos populations. Ce sont les politiciens qui cherchent à les manipuler», ajoute Primo Bauma.
Quant à Pendeki Bulondo, une vieille dame de la tribu tembo, déplacée par la guerre, elle témoigne : «Ma joie est grande de voir les Congolais jouer à côté des Rwandais et des Burundais. Il y a peu de temps, nous nous battions. Ces danseurs et leurs tambours prouvent qu'il faut aspirer à la paix, se parler et cohabiter.» Même message du groupe burundais, qui porte les couleurs nationales du Burundi (vert, rouge et blanc) : «Le tambour, qui est un symbole de paix en Afrique, ne peut être joué que là où il y a la paix.»
Malgré cet enthousiasme, tous n'oublient pas leur sort actuel. «Nous voulons que la guerre cesse définitivement, que Nkunda et ses hommes quittent le Masisi et le Rutshuru pour qu'enfin, nous rentrions nous occuper de nos champs, nourrir nos familles et scolariser nos enfants», souhaitent ardemment des nombreux déplacés venus assister aux spectacles
Tanzanie: Bukavu - les associations féminines réfléchissent sur les avancées de la déclaration de Dar es Salaam
Le Potentiel (Kinshasa)Publié sur le web le 9 Juin 2008 Raymonde Senga Kosi
Kinshasa
Cette déclaration de Dar es Salaam est axée sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs. Selon la secrétaire exécutive de COFAS ( Conseil des organisations des femmes agissant en synergie), la déclaration signée en novembre 2004 par 11 chefs d'Etat et de gouvernement de la région des Grands Lacs n'a pas contribué complètement à la stabilité dans les pays concernés, radiookapi.net Cependant, le COFAS encourage les signataires de la convention de Dar es Salaam à ne pas se décourager. Selon cette organisation, la recherche de la paix, la sécurité, la démocratie et le développement est un processus. Prudence Shamavu s'explique : « Dans des processus pareils, malheureusement, il y a toujours ce qu'on appelle des agendas cachés.
Quelque part, cela dénote d'une certaine collaboration avec des niveaux qui ont plutôt d'autres intérêts que nous semblons ignorer. C'est à ce moment-là que la population saura que les politiciens sont en train de faire leurs histoires. Nous, ces choses, on ne les connaît pas. C'est ce qui est dangereux parce qu'à un certain moment, la population peut se fatiguer et se dire, nous nous époumonons pour rien, il y a des choses que nous ne connaissons pas. Il ne faut pas faire des choses jusqu'à faire à ce que les communautés commencent à se méfier des décideurs. Et là, ça ne marche pas ».
Sud-Kivu - Baisse des cas de viol à Panzi
Le Potentiel (Kinshasa)
Publié sur le web le 12 Juin 2008 Regine Kiala Kinshasa
La secrétaire d'Etat française chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'homme a visité lundi l'hôpital de Panzi dans Bukavu. Rama Yade a, à cette occasion, décoré le médecin-directeur de cet hôpital comme activiste des droits de l'homme.
Le docteur Denis Mukwege dont l'hôpital traite de nombreux cas des femmes violées au Sud-Kivu note que les cas de viol sont en baisse, rapporte radiookapi.net. En revanche, souligne-t-il, les cas non traités sont beaucoup plus nombreux que ceux enregistrés et suivis par les médecins : « actuellement, les cas de viol sont en baisse. Par contre, les femmes qui ont été violées il y a quelques années et qui n'ont jamais accédé aux soins continuent à se compter en milliers et, aujourd'hui je pense que nous n'avons pas encore soigné la grande partie.
C'est le constat que nous faisons dans les villages lorsque notre équipe mobile s'y rend. C'est vraiment dramatique, puisqu'il y a pratiquement des villages où toutes les femmes vous disent qu'elles sont violées».
Une vidéo de Panzi il y a quelques mois sept 2007: http://www.youtube.com/watch?v=cXEObkrwVsI
Pour diffusion immédiate: LA FONDATION STEPHEN LEWIS OCTROIE 300,000 $ À L’HÔPITAL DE PANZI AU CONGO
Back to Current News June 9, 2008 by Stephen Lewis Foundation
Le 9 juin 2008 (Toronto, Canada) – La Fondation Stephen Lewis (SLF) a annoncé aujourd’hui un octroi additionnel de 300,000 $ à l’Hôpital de Panzi dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) afin qu’il puisse accroître sa capacité de traiter les femmes brutalement violées – souvent avec des armes et des outils de guerre – et qui, à la suite de ces actes, ont contracté le VIH et autres Maladies Sexuellement Transmissibles. La Fondation a aussi annoncé qu’elle réunira des experts de la RDC, du Zimbabwe, du Rwanda, du Kenya et de l’Afrique du Sud plus tard ce mois-ci pour créer un plan d’action afin d’appuyer les efforts de l’hôpital en vue d’offrir des services psychologiques aux patientes.
« Un Haut Représentant des Nations Unies a décrit l’Est du Congo comme étant le pire endroit au monde pour les femmes » disait Stephen Lewis, président du Conseil d’Administration de la Fondation Stephen Lewis. « Des actes innommables et atroces sont perpétrés sur les femmes de la RDC. Elles vivent dans la terreur d’être violées, torturées, mutilées et infectées par le VIH.»
On estime que 5,4 millions de personnes ont été tuées dans la RDC depuis 1998 – le plus haut taux de mortalité de tous les conflits depuis la Deuxième Guerre Mondiale - et des centaines de femmes et de jeunes filles ont été violées par les multiples forces armées.
L’Hôpital de Panzi offre des soins médicaux gratuits aux victimes de la guerre; on y a traité quelques 15,000 survivantes de la violence sexuelle depuis 1999. On estime que 10% de ses patientes sont infectées du VIH. « L’hôpital est né de la souffrance », disait le Docteur Roger Luhiriri, chirurgien à Panzi, qui est à Toronto ce mois-ci pour suivre un cours sur les droits des femmes. « Pour détruire une nation, on commence par détruire ses femmes. »
La Fondation Stephen Lewis a commencé à financer l’Hôpital de Panzi en Novembre 2007. Le nouvel octroi de 300,000 $ permettra à l’hôpital d’accélérer les tests pour le VIH et autres infections transmises sexuellement, d’accroître sa portée aux communautés pour amener les survivantes de viols à l’hôpital dans les 72 heures afin qu’elles aient accès à des traitement prophylactiques suite à une exposition, en plus d’acheter du matériel chirurgical, d’augmenter les stocks de sang non contaminé, et de fournir de la nourriture aux patientes prenant des médicaments antivirus.
L’équipe de six chirurgiens de Panzi opère près de soixante patientes par semaine. Les médecins effectuent des chirurgies reconstructives pour réparer les systèmes reproducteurs des femmes, mais une seule psychologue est sur les lieux pour leur prodiguer des conseils suite au traumatisme. « Souvent, les femmes sont violées devant leur famille ou les membres de la famille sont forcés de violer l’une des leurs. Les histoires sont déchirantes », expliquait le Dr Luhiriri. « En tant que médecins, nous œuvrons à réparer et guérir le corps des femmes, mais le soutien psychosocial est absolument critique afin que les femmes se rétablissent et soient en mesure de réintégrer la société. »
Pour répondre au besoin urgent de conseils en matière de traumatisme, la Fondation Stephen Lewis (SLF) organise à Toronto une réunion qui aura lieu du 30 juin au 2 juillet et qui réunira des experts d’organismes de femmes africaines qui prodiguent des conseils aux femmes dans un contexte de violence, de VIH/SIDA et de troubles civils pour discuter des façons de venir en appui à l’hôpital de Panzi. Le Girl Child Network (GCN) est un organisme regroupant 700 clubs de jeunes filles à travers le Zimbabwe. GCN aide les jeunes filles à faire face à l’impact de la violence basée sur le sexe et à obtenir des conseils et des soins médicaux et à amener les auteurs de ces atrocités devant la justice.
« Nous croyons que le viol dans la RDC doit arrêter. Ces actes tuent les femmes et les jeunes filles et paralysent le pays » disait Betty Makoni, Fondatrice du GCN, qui se prononçait lors d’une conférence de presse avec M. Lewis et le Dr Luhiriri aujourd’hui au MaRS Collaboration Centre à Toronto. « Depuis dix ans, le GCN offre aux jeunes filles des lieux sécuritaires, les aide à se transformer de victimes à survivantes et, éventuellement, à devenir des leaders communautaires. Nous sommes engagées à appuyer nos sœurs au Congo.”
Au total, la Fondation a fourni 650,000 $ pour venir en aide aux survivantes de la violence sexuelle dans la RDC. De concert avec V-Day, le mouvement global visant à mettre fin à la violence contre les femmes, la Fondation Stephen Lewis appuie également la construction d’une « City of Joy », un complexe d’habitation de transition pour 150 survivantes du viol et de l’abus où elles y seront formées pour devenir des leaders communautaires.
Personne- ressource Montréal
Michèle Poitras
Media Profile
514-750-0886
michele@mediaprofile.com
Personnes-ressources Toronto
Media Profile
1-888-504-8464/416-504-8464
stephanie@mediaprofile.com
erin@mediaprofile.com
La Fondation Stephen Lewis travaille à alléger la souffrance du VIH/SIDA en Afrique. Pour de plus amples informations, visitez www.stephenlewisfoundation.org. SLF tient à remercier MaRS Centre et Media Profile pour avoir généreusement offert leurs services.
Contre la violence au Congo : Avec S.A.F.E.R. les canadiens et canadiennes lèvent leurs voix
Il est dit que la violence au Congo constitue la première Guerre Mondiale de l'Afrique, avec environ 5 millions des congolais sont morts à cause de la violence et de l'absence d'un système de santé efficace. Et pour les jeunes filles ou les femmes congolaises en général, le conflit porte un nom :l' horreur. Les femmes sont utilisées comme un outil de guerre, de chantage et de diffamation. Pour conséquence, elles subissent les viols brutaux, peu importe leur âge. Nombreuses d'entre-elles ont lancé le cri de détresse aux gens de bonne volonté à travers le monde pour assistance.
Y -a-t-il des gens qui les écoutent? Les atrocités qu'elles continuent à subir jusqu'aujourd'hui leur font croire que personne ne semble être à leur secours.
Cependant, plusieurs personnes de bonne volonté à travers le monde notamment, un grand nombre de canadiens et canadiennes, le silence à ces crimes n'est plus une option.
Initiative canadienne
Un petit groupe, commencé vers la fin de l'an 2004, s'est décidé de léver sa voix en vue de soutenir ces femmes violées par des actions concrètes. Pour cette raison, S.A.F.E.R.-Student Aid For the Elimination of Rape/Etudiants Contre le Viol-travaille avec l'hôpital Panzi à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu ,en République Démocratique du Congo où le docteur Denis Mukwege traite les femmes victimes de viols, malgré le climat d'insécurité et d'instabilité politique. Il a développé son expertise ainsi que sa clinique grâce à des fonds européens.
Depuis l'origine du groupe, formé par des étudiants et professionels en collaboration avec quelques membres de la communauté congolaise de Toronto, S.A.F.E.R. a développé des liaisons avec des organisations clés. L'Ambassade du Canada à Kinshasa a accordé un don au groupe d'une valeur de $5,000 CAD, pour l'achat de matériels médicaux de première nécéssité dont l'hôpital Panzi a besoin impérativement. Nous citons notamment, les outils de chirurgie, comme pinces, des fils de sutures, des aiguilles épidurales et un moniteur oxymètre, ont été déjà envoyés à l'hôpital Panzi par le canal de l'Ambassade à la fin du mois de mars 2006.
En plus, Droit et Démocratie, fondé à Montréal, est devenu un lien important pour informer les canadiens et canadiennes à travers le pays de tout ce qui se passe au Congo. En collaboration avec Droit et Démocratie, l'année passée, S.A.F.E.R. a effectué la levée des fonds dont la valeur était de $3000 CAD; fonds qui ont permis à l'achat de presque deux milles fils de sutures spécialisés pour la chirurgie gynécologique. A la fin de juin, les fils de sutures sont arrivés à l'hôpital Panzi grâce à l'Ambassade du Canada à Kinshasa.
L'hôpital Panzi
L'hôpital Panzi était construit par un ONG Suédois (PMU Interlife), grâce à des dons accordés au ONG par The Swedish International Development Agency (SIDA) et The European Commission Humanitarian Office (ECHO). Il est ouvert depuis 1999, et l'année dernière, plus de trois milles femmes blessées par la violence sexuelle ont été traitées. Malheureusement, on ne sait pas si le don de L'ECHO, représentant une partie substantielle du budget de fonctionnement de l'hôpital, sera renouvelée cette année.
Le dévouement de l'hôpital Panzi à la santé des femmes étend son aspect médical à l'aspect social. Pour cela, il est un outil considérable pour accélérer le changement culturel requis dans l'isolement des femmes violées, aussi bien pour arrêter le cycle de la violence sexuelle en RDC. Avec l'assistance des ONGs européens, les femmes qui arrivent à l'hôpital Panzi apprennent des habilités manuelles, comme la couture, pour assurer leur indépendance économique.
Un jour, Dr. Mukwege souhaite qu'un grand Centre Pour Les Femmes soit établi à l'hôpital. Le centre aurait pour but de créer des services de réhabilitation, de rééducation et de réintégration sociale des femmes congolaises traumatisées par les viols sexuels et par la suite qui ont perdu leur confiance en elles. Une fois établie, le centre aura besoin de professionnels qualifiés pour accomplir ces services: notamment des conseillers médicaux, des psychologues,des travailleurs sociaux, etc.
Un mouvement global
Pendant que les fils de sutures envoyés par S.A.F.E.R. ont été acheminés vers le Congo, une autre campagne contre la violence des femmes au Congo grandit rapidement. Une nouvelle initiative pour la levée de fonds avait commencé à Toronto: C'est la vente des disques de frisbee. Cent disques ont été déjà vendus, et en même temps, un autre lot de cent était commandé par des gens en Allemande. L'explosion du soutien pour la campagne en allemande était une grande surprise. Maintenant quelques gens en Italie ont exprimé leur intérêt aussi. Le succès européen du soutien accordé à la campagne indique que la cause que nous défendons devient une affaire globale.
A venir
Et aussi au Canada, l'intérêt pour l'hôpital Panzi s'accommode avec quelques hôpitaux Ontariens qui voudraient bien offrir une collection d'équipements médicaux encore en bon état et qui ne sont plus utilisés ici. Pour l'hôpital Panzi, qui se maintient grâce à des fonds étrangers et le volontariat des organisations locales, chaque équipement médical collectionné serait le bienvenu.
Un contact récent avec un ONG Norvégien, le CRN (Christian Relief Network), a commencé une autre collaboration pour faciliter les efforts du S.A.F.E.R. Le CRN est en train de construire un ajout à l'hôpital Panzi qui peut accommoder un surplus de cent patients. Avec leur assistance, il sera possible de fréter quelques équipements les importants.
S.A.F.E.R. continue de faire la campagne et la levée de fonds pour atteindre ses quatre objectifs principaux : 1) Augmenter la capacité chirurgicale de l'hôpital Panzi; 2) Documenter les données statistiques sur l'origine de la violence sexuelle dans la Province du Sud -Kivu; 3) Attirer l'attention de la communauté internationale sur la guerre et la violence faite aux femmes en République Démocratique du Congo; 4) Arrêter le silence.
Vous êtes invités à contacter S.A.F.E.R. ou de participer à ses événements prochains. Un film sur l'hôpital Panzi et les efforts jusque là consentis par le groupe seront exposés bientôt au public.
Le groupe S.A.F.E.R., prend soins des autres.
Pour tout contact :
Cathy Nangini
Brad MacIntosh
Simon Lunkebila-Mayeto
Mike Tambwe-Lubemba
S.A.F.E.R.
www.medicalreform.ca/congo
congo@medicalreform.ca
Nord-Kivu : chercher le bois à plusieurs évite de se faire violer
par Alain Wandimoyi 10 juillet 2008
(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Pour éviter d'être violées quand elles vont chercher du bois, les femmes déplacées de guerre au Nord-Kivu tentent d'organiser elles-mêmes leur défense en se regroupant.
"Je me rendais dans la forêt pour aller chercher du bois de chauffage lorsque j’ai rencontré ce papa qui travaillait dans un champ, raconte Bonane Germania, une déplacée de guerre du camp de Mugunga II, à l'ouest de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. Il a tenté de me violer. Lorsqu'il a vu que des gens venaient à mon secours, il s'est ravisé et a crié qu’il venait d’attraper un voleur dans son champ. Il avait pourtant déjà enlevé mon pagne et déchiré ma blouse", poursuit-elle. L'homme, tombé dans le filet tendu par les femmes, a par la suite avoué son méfait et est écroué à la prison de Goma.
Depuis quatre mois, les femmes des camps de déplacés, qui ont fui les combats dans la région, s'organisent pour sortir en groupe afin d'éviter les violences sexuelles dont elles sont régulièrement victimes lorsqu'elles vont chercher du bois, unique moyen de cuisson des aliments, dans les forêts avoisinantes. "Comme la Justice et les autorités ne veulent pas s’occuper de nous, désormais nous nous prenons en charge pour nous protéger. Ces violeurs passent leur temps à nous attendre pour faire leur sale besogne. Nous allons nous en sortir, à moins qu’ils utilisent des armes", explique Anastasie Mutokambali, une déplacée parmi les leaders de cette initiative.
Le Nord-Kivu, où les zones de combat sont nombreuses, est particulièrement touché par ces violences contre les femmes, utilisées comme une arme de guerre parmi d'autres. "Des statistiques de toute la RDC montrent que le Nord-Kivu compte à lui seul plus de 40 % des cas de violence sexuelle", souligne Jeannine Mukanirwa, du Centre national d'appui au développement et à la participation populaire. Les auteurs de ces crimes, qui étaient à l'origine les hommes en armes, sont désormais aussi les civils.
L'union fait la force
Conscients de leur devoirs et obligations, "certains hommes ont compris que la protection de leur conjointe repose sur eux et ils accompagnent leur femme pour chercher le bois", explique Romain Baluku, déplacé du camp de Buhimba, à l'ouest de Goma. "À force d’être violées, nous avons tenté de nous faire accompagner par nos maris, mais plusieurs ont été copieusement tabassés. Notre expérience d'y aller en groupe a démontré son efficacité et je demande à toutes les femmes déplacées de respecter la consigne d'aller chercher le bois collectivement, car il est plus difficile de violer un groupe de femmes : l’union fait la force", conclut Adidja, membre du comité de déplacées de Mugunga II. Malgré les risques, les femmes continuent de s'occuper de l'approvisionnement en bois, une tâche essentielle qui leur est dévolue par la tradition alors que les hommes pourraient y aller eux-mêmes en attendant que la zone soit sécurisée...
Le danger reste
Un jour d'avril, alors que les femmes marchaient en file indienne à la recherche de bois, un homme d'une quarantaine d'années a tenté d'en violer deux qui se trouvaient en bout de file. "Mubakaji, Mubakaji ["Au violeur", ndlr]", a alors crié Kahindo, venue au secours de son amie, à l'adresse de l'homme qui s'est enfui. "Je crains que cette initiative soit éphémère, d’autant plus que les malfaiteurs ont plusieurs techniques de nuisance, estime cependant un policier qui a requis l'anonymat. Le danger est encore bien présent. Notre effectif ne peut pas couvrir toutes ces étendues".
Les femmes déplacées ne perdent pas espoir et réclament une assistance supplémentaire. "Nous ne cessons de dénoncer cette situation au gouvernorat comme ailleurs, mais rien n'est fait pour régler cette question de l'approvisionnement en bois de chauffage", souligne Adidja, membre du comité de déplacées du camp de Mugunga II, face à l'indifférence des uns et des autres.
L'Assemblée adopte une loi d'amnistie pour les faits de guerre au Kivu
L'Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC) a adopté samedi une loi "portant amnistie" pour des faits de guerre commis dans les deux provinces du Kivu (est), en proie à des troubles armés depuis des années.
"L'Assemblée adopte la loi accordant à tous les Congolais résidant au Congo ou à l'étranger une amnistie pour les faits de guerre et insurrectionnels commis dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu", a déclaré le président de la chambre basse du parlement, Vital Kamerhe, à l'issue d'un vote retransmis en direct par la télévision publique.
Ce texte a été adopté par 257 voix (49 contre et 30 abstentions) par les 336 députés présents dans l'hémicycle.
Cette loi "exclut de son champ d'application le crime de génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité", mais "n'empêche pas les réparations et restitutions consécutives aux faits infractionnels amnistiés".
Elle a été votée en l'absence de plusieurs dizaines de députés de l'opposition, dont ceux du Mouvement de libération du Congo (MLC) de l'ancien rebelle et ex-vice-président de RDC, Jean-Pierre Bemba.
Ces derniers ont décidé de boycotter les activités du parlement et de l'assemblée provinciale de Kinshasa pour protester contre l'assassinat d'un de leurs élus provinciaux, Daniel Boteti, abattu le 6 juillet dans la capitale par un groupe d'hommes armés.
"Les fait amnistiés sont ceux commis pendant la période allant du mois de juin 2003 à la date de la promulgation de cette loi", précise le texte.
Après de violents combats entre des groupes armés locaux et l'armée nationale (qui fut sévèrement défaite) au Nord-Kivu fin 2007, le gouvernement congolais a organisé de fin décembre 2007 à fin janvier 2008, à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, une conférence sur la paix, la sécurité et le développement de ces deux provinces des Kivu.
La conférence avait recommandé l'élaboration d'un projet de loi d'amnistie "dans le but de mettre fin à la guerre, à l'insécurité et de sceller la réconciliation des fils et filles de ces deux provinces".
Cette conférence avait par ailleurs abouti à la signature d'un cessez-le feu par tous les groupes armés congolais des Nord et Sud-Kivu, qui s'étaient engagés à retirer progressivement leurs troupes des lignes de front et à les démobiliser.
Ce processus de paix, dit de Goma, peine à se mettre en oeuvre. Le cessez-le-feu est encore violé presque quotidiennement au Nord-Kivu, province qui compte à elle-seule plus de 850.000 déplacés de guerre.
Le vote de la loi d'amnistie était une des conditions posées par le mouvement du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda, acteur majeur de la crise, pour maintenir sa participation au processus de paix.
Kinshasa, 12/07/2008 (AFP/MCN, via mediacongo.net)
R.D.C. - Etats-Unis : L’acteur américain Ben Affleck dans un reportage sur l’est du Congo
La chaîne américaine ABC a diffusé jeudi un reportage qui montre Ben Affleck lors d’un voyage en RDC, selon L’Express. L’acteur veut sensibiliser l’opinion publique sur "la situation désespérée de l’Est du Congo". Le documentaire met en avant la situation de famine, de violences et de maladie qui fait de nombreux morts quotidiennement dans ce pays. Ben Affleck s’est dit conscient de l’idée que peut renvoyer le militantisme d’un acteur connu, mais a assuré qu’il n’avait pas agi pour son image. A l’instar de George Clooney ou de Brad Pitt, il a dit souhaiter s’engager pour défendre une cause et attirer l’attention sur des problèmes qu’on ne peut ignorer. (Vendredi 27 Juin - 12:09)
Ateliers de formation des enseignants en éducation à la paix et à la citoyenneté
Eoin Young / MONUC 09 juil. 08 - 17h13
Des ateliers de formations des enseignants en éducation à la paix et à la citoyenneté par le développement des compétences de la vie courante ont été organisés du 27 juin au 9 juillet 2008 par le ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel avec l’appui de l’UNICEF.
Les participants étaient repartis en cinq sites dont trois au centre ville.
L’objectif de cette formation était de renforcer les capacités individuelles des enseignants sur la promotion de la paix et de la non-violence.
Au cours de ces ateliers, plusieurs sujets ont été abordés comme la résolution de conflit, l’identité et la diversité, préjugé et la discrimination ainsi que les droits et les devoirs des citoyens.
Le représentant de l’UNICEF, Bertim Gbayoro, a exprimé sa satisfaction au regard des résultats de ses ateliers qui ont permis aux enseignants «désormais outillés, disposant des connaissances et des modules appropriés pour former les élèves éducateurs, d’intégrer la notion relative à la paix et à la citoyenneté».
Les premiers bénéficiaires de cette formation assurée par le pool des formateurs nationaux sont les 125 inspecteurs itinérants et professeurs du secondaire pour les 45 écoles ciblées.
Pour sa part, le directeur des services pédagogiques des écoles primaires et secondaires, Timothy Nlanda a souligné que la RDC qui est dans une situation post conflit a besoin d’un tel thématique. «J’ai la grande conviction que les objectifs de cet atelier ont été atteints et que les résultats satisfaisants sont palpables», a-t-il dit.
Cette formation vient compléter la formation (durant l’année passée) des inspecteurs et des enseignants en éducation aux VIH et Sida par le développement des compétences de la vie courante.
(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Pour éviter d'être violées quand elles vont chercher du bois, les femmes déplacées de guerre au Nord-Kivu tentent d'organiser elles-mêmes leur défense en se regroupant.
"Je me rendais dans la forêt pour aller chercher du bois de chauffage lorsque j’ai rencontré ce papa qui travaillait dans un champ, raconte Bonane Germania, une déplacée de guerre du camp de Mugunga II, à l'ouest de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. Il a tenté de me violer. Lorsqu'il a vu que des gens venaient à mon secours, il s'est ravisé et a crié qu’il venait d’attraper un voleur dans son champ. Il avait pourtant déjà enlevé mon pagne et déchiré ma blouse", poursuit-elle. L'homme, tombé dans le filet tendu par les femmes, a par la suite avoué son méfait et est écroué à la prison de Goma.
Depuis quatre mois, les femmes des camps de déplacés, qui ont fui les combats dans la région, s'organisent pour sortir en groupe afin d'éviter les violences sexuelles dont elles sont régulièrement victimes lorsqu'elles vont chercher du bois, unique moyen de cuisson des aliments, dans les forêts avoisinantes. "Comme la Justice et les autorités ne veulent pas s’occuper de nous, désormais nous nous prenons en charge pour nous protéger. Ces violeurs passent leur temps à nous attendre pour faire leur sale besogne. Nous allons nous en sortir, à moins qu’ils utilisent des armes", explique Anastasie Mutokambali, une déplacée parmi les leaders de cette initiative.
Le Nord-Kivu, où les zones de combat sont nombreuses, est particulièrement touché par ces violences contre les femmes, utilisées comme une arme de guerre parmi d'autres. "Des statistiques de toute la RDC montrent que le Nord-Kivu compte à lui seul plus de 40 % des cas de violence sexuelle", souligne Jeannine Mukanirwa, du Centre national d'appui au développement et à la participation populaire. Les auteurs de ces crimes, qui étaient à l'origine les hommes en armes, sont désormais aussi les civils.
L'union fait la force
Conscients de leur devoirs et obligations, "certains hommes ont compris que la protection de leur conjointe repose sur eux et ils accompagnent leur femme pour chercher le bois", explique Romain Baluku, déplacé du camp de Buhimba, à l'ouest de Goma. "À force d’être violées, nous avons tenté de nous faire accompagner par nos maris, mais plusieurs ont été copieusement tabassés. Notre expérience d'y aller en groupe a démontré son efficacité et je demande à toutes les femmes déplacées de respecter la consigne d'aller chercher le bois collectivement, car il est plus difficile de violer un groupe de femmes : l’union fait la force", conclut Adidja, membre du comité de déplacées de Mugunga II. Malgré les risques, les femmes continuent de s'occuper de l'approvisionnement en bois, une tâche essentielle qui leur est dévolue par la tradition alors que les hommes pourraient y aller eux-mêmes en attendant que la zone soit sécurisée...
Le danger reste
Un jour d'avril, alors que les femmes marchaient en file indienne à la recherche de bois, un homme d'une quarantaine d'années a tenté d'en violer deux qui se trouvaient en bout de file. "Mubakaji, Mubakaji ["Au violeur", ndlr]", a alors crié Kahindo, venue au secours de son amie, à l'adresse de l'homme qui s'est enfui. "Je crains que cette initiative soit éphémère, d’autant plus que les malfaiteurs ont plusieurs techniques de nuisance, estime cependant un policier qui a requis l'anonymat. Le danger est encore bien présent. Notre effectif ne peut pas couvrir toutes ces étendues".
Les femmes déplacées ne perdent pas espoir et réclament une assistance supplémentaire. "Nous ne cessons de dénoncer cette situation au gouvernorat comme ailleurs, mais rien n'est fait pour régler cette question de l'approvisionnement en bois de chauffage", souligne Adidja, membre du comité de déplacées du camp de Mugunga II, face à l'indifférence des uns et des autres.
L'Assemblée adopte une loi d'amnistie pour les faits de guerre au Kivu
L'Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC) a adopté samedi une loi "portant amnistie" pour des faits de guerre commis dans les deux provinces du Kivu (est), en proie à des troubles armés depuis des années.
"L'Assemblée adopte la loi accordant à tous les Congolais résidant au Congo ou à l'étranger une amnistie pour les faits de guerre et insurrectionnels commis dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu", a déclaré le président de la chambre basse du parlement, Vital Kamerhe, à l'issue d'un vote retransmis en direct par la télévision publique.
Ce texte a été adopté par 257 voix (49 contre et 30 abstentions) par les 336 députés présents dans l'hémicycle.
Cette loi "exclut de son champ d'application le crime de génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité", mais "n'empêche pas les réparations et restitutions consécutives aux faits infractionnels amnistiés".
Elle a été votée en l'absence de plusieurs dizaines de députés de l'opposition, dont ceux du Mouvement de libération du Congo (MLC) de l'ancien rebelle et ex-vice-président de RDC, Jean-Pierre Bemba.
Ces derniers ont décidé de boycotter les activités du parlement et de l'assemblée provinciale de Kinshasa pour protester contre l'assassinat d'un de leurs élus provinciaux, Daniel Boteti, abattu le 6 juillet dans la capitale par un groupe d'hommes armés.
"Les fait amnistiés sont ceux commis pendant la période allant du mois de juin 2003 à la date de la promulgation de cette loi", précise le texte.
Après de violents combats entre des groupes armés locaux et l'armée nationale (qui fut sévèrement défaite) au Nord-Kivu fin 2007, le gouvernement congolais a organisé de fin décembre 2007 à fin janvier 2008, à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, une conférence sur la paix, la sécurité et le développement de ces deux provinces des Kivu.
La conférence avait recommandé l'élaboration d'un projet de loi d'amnistie "dans le but de mettre fin à la guerre, à l'insécurité et de sceller la réconciliation des fils et filles de ces deux provinces".
Cette conférence avait par ailleurs abouti à la signature d'un cessez-le feu par tous les groupes armés congolais des Nord et Sud-Kivu, qui s'étaient engagés à retirer progressivement leurs troupes des lignes de front et à les démobiliser.
Ce processus de paix, dit de Goma, peine à se mettre en oeuvre. Le cessez-le-feu est encore violé presque quotidiennement au Nord-Kivu, province qui compte à elle-seule plus de 850.000 déplacés de guerre.
Le vote de la loi d'amnistie était une des conditions posées par le mouvement du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda, acteur majeur de la crise, pour maintenir sa participation au processus de paix.
Kinshasa, 12/07/2008 (AFP/MCN, via mediacongo.net)
R.D.C. - Etats-Unis : L’acteur américain Ben Affleck dans un reportage sur l’est du Congo
La chaîne américaine ABC a diffusé jeudi un reportage qui montre Ben Affleck lors d’un voyage en RDC, selon L’Express. L’acteur veut sensibiliser l’opinion publique sur "la situation désespérée de l’Est du Congo". Le documentaire met en avant la situation de famine, de violences et de maladie qui fait de nombreux morts quotidiennement dans ce pays. Ben Affleck s’est dit conscient de l’idée que peut renvoyer le militantisme d’un acteur connu, mais a assuré qu’il n’avait pas agi pour son image. A l’instar de George Clooney ou de Brad Pitt, il a dit souhaiter s’engager pour défendre une cause et attirer l’attention sur des problèmes qu’on ne peut ignorer. (Vendredi 27 Juin - 12:09)
Ateliers de formation des enseignants en éducation à la paix et à la citoyenneté
Eoin Young / MONUC 09 juil. 08 - 17h13
Des ateliers de formations des enseignants en éducation à la paix et à la citoyenneté par le développement des compétences de la vie courante ont été organisés du 27 juin au 9 juillet 2008 par le ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel avec l’appui de l’UNICEF.
Les participants étaient repartis en cinq sites dont trois au centre ville.
L’objectif de cette formation était de renforcer les capacités individuelles des enseignants sur la promotion de la paix et de la non-violence.
Au cours de ces ateliers, plusieurs sujets ont été abordés comme la résolution de conflit, l’identité et la diversité, préjugé et la discrimination ainsi que les droits et les devoirs des citoyens.
Le représentant de l’UNICEF, Bertim Gbayoro, a exprimé sa satisfaction au regard des résultats de ses ateliers qui ont permis aux enseignants «désormais outillés, disposant des connaissances et des modules appropriés pour former les élèves éducateurs, d’intégrer la notion relative à la paix et à la citoyenneté».
Les premiers bénéficiaires de cette formation assurée par le pool des formateurs nationaux sont les 125 inspecteurs itinérants et professeurs du secondaire pour les 45 écoles ciblées.
Pour sa part, le directeur des services pédagogiques des écoles primaires et secondaires, Timothy Nlanda a souligné que la RDC qui est dans une situation post conflit a besoin d’un tel thématique. «J’ai la grande conviction que les objectifs de cet atelier ont été atteints et que les résultats satisfaisants sont palpables», a-t-il dit.
Cette formation vient compléter la formation (durant l’année passée) des inspecteurs et des enseignants en éducation aux VIH et Sida par le développement des compétences de la vie courante.
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